Toponymie et loups

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La présence des loups a tellement marqué les hommes qu'ils ont donné leur nom à beaucoup d'endroits.

Les bois, les prés

Il existe notamment un grand nombre de prés et de bois dénommés « La chaume aux loups» ou «Comme aux loups». A Saint Agnan, par exemple, « le Bois du Loup » avec un camping et un village vacances. Qui aurait songé il y a deux siècles en faire un lieu de loisirs ?
Le Pré Danloup à Ourouër s’est appelé successivement Nemus de Sancto-Lupo en 1266 (arch. des Bordes), Pré Danlou en 1285 (arch. des Bordes), Pratum Domini Lupi en 1293 (arch. des Bordes). Dans la même commune au 17ème siècle, on mentionne le Bois Danloup.
A Raveau, les Chaumes de Peteloup se situent dans le lieu-dit éponyme.
La Chaume au Loup à Isenay et le bois de la Fontaine au Loup à La Maison Dieu complètent la liste.

Les plans d’eau

On a dû y voir des animaux boire. Plusieurs étangs sont connus : l'Etang du Loup à Mhère et à Limanton, l’étang du Moulin au Loup à Saint Hilaire Fontaine.
Dans le grand bois de la Verne à Rémilly, une petite source descendait de la montagne pour se jeter dans une fontaine. Tous les jours, les loups se retrouvaient avant 8 heures du matin autour du trou d'eau. Pendant la journée, ils ne bougeaient pas. La nuit venue, ils repartaient chasser en bande ou en solitaire. Ces bêtes qui venaient rôder autour des maisons ne voulaient absolument pas faire de mal aux hommes, mais suivaient les pistes de leurs proies. Le repas pris, ces carnassiers retournaient avant le lever du jour autour de "la fontaine Ficheloup". C’est ainsi que l'on surnommait cette petite mare.» (Almanach du Morvan 1983). On cite également une fontaine de Pisseloup à Rémilly. Peut-être le même lieu ?
La Fontaine du Loup à Marigny sur Yonne figure également dans un relevé. A Neuffontaines, l’eau sort de la fontaine par une statuette en pierre appelée la Gueule de Loup.
Dans un ancien ouvrage «la Lieut-mer », consacré à la région de Moulins-Engilbert, M. JAUBERT aîné (1857) cite une belle cascade de la commune de Villapourçon nommée le Saut du Loup.
Enfin, à Decize un bord de Loire est nommé le Gué du Loup et on note un lieu-dit Le Crot au Loup à Préporché.

Bâtiments

Des bâtiments portent ou portaient également le nom du loup comme la Tour aux Loups, dernière des tours de fortification de Lormes vers 1905

La tour aux Loups à Lormes

Hugues III signa en 1223 un acte d'affranchissement de la ville en faveur des habitants. Aussitôt ceux-ci érigèrent des fortifications. Malgré cela, la ville fut prise en 1412 par les Armagnacs qui brûlèrent les deux châteaux. Celui situé sur la rive gauche de la rivière ne fut jamais reconstruit. Depuis la destruction de la Tour au Loup, il n'en subsiste que la chapelle.

On trouve un Domaine de Loup à Limanton, un Domaine du Loup à Anlezy et à Sermages.
Le Moulin de Nataloup est à Montsauche, le Moulin au Loup à Saint Hilaire Fontaine.
A noter encore le Château de Chanteloup à Guipy, le Grange aux Loups à Corbigny, le Gîte du Loup Blanc à Lavault de Frétoy et la Crotte au Loup, maison isolée aux Brulées à Saint Aubin les Forges
Pour terminer, la Maisonnette de Saint Loup à Asnois qui n’est pas au lieu-dit Saint Loup.

Constructions de la nature ou humaines

M. Jaubert aîné (1857) évoque des constructions de la nature: «Dans les forêts situées au nord-est de Lormes, il existait naguère deux beaux dolmens nommés vulgairement La Roche au Loup et la Pierre de la Vierge. Le premier était situé dans un lieu entrecoupé de montagnes et de vallées profondes, d'un aspect extrêmement sauvage. Il se dressait au centre d'une demi-lune où l'on reconnaissait facilement, dit un vieux manuscrit, le travail de l'homme. Le bloc supérieur portait à sa surface l'empreinte bien caractérisée d'un cadavre humain couché à la renverse, ayant les pieds à l'orient et la tête à l'occident. Ces deux monuments druidiques ont été, comme tant d'autres, brisés pour daller les trottoirs de la capitale.»

M. Jaubert cite également la Maison du Loup à Château Chinon : «Ce monument se compose, comme tous ceux que l'on connaît, d'une large pierre plate en forme de table. Celle-ci paraît avoir 11 pieds de long et 9 de large. Son épaisseur est assez considérable, elle est supportée par 3 pierres verticales enfoncées dans la terre jusqu'à une certaine profondeur. Ce dolmen est connu sous le nom de la Maison du Loup. Son entrée, ainsi que celle de toutes les grottes de ce genre, est tournée du côté du levant. On y arrive, en suivant cette charmante promenade qui enlace le Vieux-Château dans ses plis tortueux et pittoresques.»

A Bona, en partant vers Saint Benin des Bois, on passe devant le monument aux morts. Depuis 2002, une énorme pierre de calcaire creusée lui tient compagnie; c'est la Maie aux Loups qui se trouvait sur le parcours d'une source dans les bois de Lichy. Son origine est encore inconnue.
Le Siège du Loup, au hameau des Prins sur la commune d’Alligny en Morvan est appelé aussi Pierre du Loup ou Chaise du Loup.

Saint Loup

Le patron des louvetiers c'est Saint-Loup (ou Saint-Leu), évêque de Bayeux, très habile à tuer les loups. Il est considéré comme le protecteur des bergers et des moutons. Il organisait, tout comme les seigneurs, des huées, c'est-à-dire des chasses aux loups. Ceux-ci étaient souvent pendus dans les arbres, comme l'attestent les nombreux toponymes "loups-pendus". De nombreux vieux arbres portaient, comme celui du Plantis, le nom de" Chêne-au-loup".

Deux autres évêques répondent au nom de Saint Loup: le premier était évêque de Troyes et a défendu la ville contre les Huns au 5ème siècle, le second était évêque de Sens au 6ème siècle (décédé en 723) et loué pour sa charité.

On trouve plusieurs lieux : la commune de Saint Loup des Bois, un hameau de Saint Germain Chassenay et un d’Asnois se nomment Saint Loup.

Faut-il voir dans ces noms de lieux une évocation de l’animal, du saint, de l’animal à travers l’homme ?

En tout cas, concernant Saint Loup des Bois, le nom est en rapport avec une très importante zone boisée qui entoure le village jusqu'au milieu du 20ème siècle et un culte de toujours aux évêques de Sens et de Troyes.

Les hameaux présents sur la nomenclature INSEE de 1951

Les hameaux détruits, les lieux oubliés

  • Le Chesne au Loup, commune de Chatillon en Bazois, mentionné en 1520
  • Melleloup, hameau détruit de Chiddes, mentionné en 1688
  • Champteloup, hameau détruit près de Druy Parigny, mentionné en 1405 (AD)
  • Champteloup, hameau détruit à Isenay, mentionné en 1621 (AN)
  • Hauteloup, hameau détruit à Fertrève, figure sur la carte de Cassini
  • Le Carrouge au Loup, lieu détruit entre Garchizy et Pougues les Eaux, mentionné en 1462 (AN)
  • La Loupière, hameau détruit à La Celle sur Nièvre, figure sur la carte de Cassini
  • Le Pavillon d’Uxeloup à Luthenay, hameau mentionné en 1675
  • Gratteloup à Luzy, écrit Grateloup en 1401
  • Chargeloup à Maux, Chardeloup sur la carte de Cassini
  • Jappeloup à Menou, sur un document d’archives de 1689, sur le cadastre communal en 1935
  • Le Loup Mort à Menou, sur un document d’archives de 1689
  • Le Cul du Loup à Oisy sur la montagne Saint Aubin
  • La Charge aux Loups à Semelay

Les lieux cités, à vérifier

Pour toute cette liste, il est fait appel à la mémoire et aux connaissances de tous afin de confirmer ou d’infirmer ce qui est énuméré ci-dessous. Merci pour votre participation.

Les noms de rues

à Coulanges

Les fosses aux loups étaient des pièges à l’entrée des villes, le plus souvent, destinés à capturer les animaux qui s’approcheraient un peu trop des lieux habités.
Ci-dessous, un plan de Louis Liger paru dans La Nouvelle maison rustique en 1790.

Fosse à loup.png

«On prend le loup dans des fosses dont l’ouverture est de neuf à dix pieds en carré et de pareille profondeur ; il est bon qu’elles soient plus larges dans le fond et de tous les côtés que par le haut, afin que le loup ne puisse pas sauter ni monter pour en sortir.
Il faut faire un carré de quatre pièces de bois de la grandeur de l’ouverture de la fosse (lettre A sur la figure) ; il serait même à propos de le poser en place sur la terre à l’endroit destiné, creuser la fosse en dedans, et enfoncer les pièces de bois dans la terre, de manière qu’elles soient à niveau du terrain. (...) Après cela, on fait le couvercle de planches minces qui remplissent l’ouverture du carré B B . Ce couvercle doit être partagé en deux parties égales, et on fait en sorte qu’il s’ouvre en dedans la fosse par le milieu. (...) Quelques-uns se servent, pour former le couvercle, de deux claies qu’ils accommodent juste, au lieu de planches, (...) puis ils y passent et fourrent au travers des vides, des herbes, des brins de fougère, du genêt ou de la bruyère, afin que cela paraisse comme le terrain même qui est autour ; et s’il n’y en avait point, on ne ferait pas mal d’en piquer et d’en répandre aux environs, pour que l’animal ne se méfie point.
Il faut que le couvercle B B se referme de lui-même ; pour cela, on attache à chaque côté du couvercle un contre-poids, comme il est marqué en la figure suivante C C , et à chaque contre-poids une petite ficelle E E , qu’on noue à un piquet F F , afin que le couvercle se referme, et que la ficelle le retienne, de peur qu’il n’ouvre trop et qu’il ne puisse pas se refermer de lui-même.
Quand tout cela est fait et mis en place, on chasse dans la terre tout autour et proche du carré, des piquets de bois (...) qui se joignent par le haut comme un toit de maison : on attache au haut des deux rangées de piquets une perche ou gaule qu’on lie fortement avec des barres, qui forme comme le faîte d’une charpente, et cela des quatre côtés ; ce qui compose une galerie tout autour de la fosse (voir le dessin de droite), où l’on met un mâtin (un chien de garde robuste et massif), qui est accoutumé à être toujours libre, et qui, en se promenant dans cette galerie, s’ennuie et hurle toute la nuit. Au lieu de chien, on y peut mettre un mouton, qui bêle toute la nuit : cela attire le loup, qui tourne en dehors de la galerie pour poursuivre l’animal qui est enfermé et qu’il espère prendre ; l’animal fuit en voyant le loup ; et celui-ci ennuyé de tourner toujours en dehors, saute par dessus la galerie de piquets, dans l’espérance de lui couper le chemin, et tombe dans la fosse.
Les piquets ont encore l’avantage d’empêcher que des hommes ou des bestiaux ne tombent dans la fosse. Il s’y prend quelquefois plusieurs loups en une nuit. »

Une légende, pour terminer

A Neuffontaines, sur la butte du Mont Sabot est perchée une chapelle du 12ème siècle, célèbre par une légende du 13ème siècle d’après laquelle une chèvre, poursuive par un loup, aurait enfermé celui-ci dans l’église en trainant sa corde attachée à la porte. A l’intérieur, une sculpture primitive commémore cette légende.



--Patrick Raynal 18 avril 2015 à 11:22 (CEST)


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