Retour des prisonniers de guerre
De Wiki58
Aller à la navigationAller à la recherche
- Certains ont été pris par les Allemands dès les premiers combats, autour de Sarrebourg, du 20 au 25 août 1914. D'autres ont été pris dans les dernières grandes opérations de la guerre, en août 1918 ; le dernier a été fait prisonnier le 14 octobre 1918. Ils ont été détenus dans l'un des grands K.G. Lager répartis sur le territoire du Reich(1).
Quelques uns sont revenus avant la fin des hostilités. Les personnels sanitaires, médecins, infirmiers et brancardiers, ainsi que certains grands blessés, ont été libérés sous le contrôle de la Croix-Rouge suisse ; il s'agissait d'un échange de prisonniers entre belligérants.
- - Maurice Thévenot, de Champvert, est revenu du camp de Königsbrück le 22 juillet 1915 ;
- - Le même jour est revenu Émile Bergerat, de Druy-Parigny, amputé de la jambe droite ;
- - Henri Rochard, de Saint-Léger, est rentré de Münsingen le 31 octobre 1916 ;
- - Jean Houry, de Decize, grièvement blessé, est rentré en France le 7 juillet 1917 ;
- - Claude Gueugneau, de Devay, est rentré de Rastatt le 25 août 1917 ;
- - Jean Bruet, de La Machine, est rentré de Meschede le 25 décembre 1917 ;
- - Hubert Montaron, soldat au 134e R.I., prisonnier dès le 12 décembre 1915, a été interné à Montana, en Suisse ; il revient en France le 6 juillet 1918 ; près de 800 soldats français, malades ou blessés, ont été transférés de camps allemands vers la station climatique suisse de Montana.
- - Émile Roch, de Decize, soldat au 13e R.I. ; prisonnier le 20 août 1914 à Hoff, en Lorraine, a été d'abord détenu à Landshut, en Bavière, puis hospitalisé à Genève ; il est revenu en France le 20 juillet 1918.
- - Maurice Thévenot, de Champvert, est revenu du camp de Königsbrück le 22 juillet 1915 ;
- Deux soldats se sont évadés :
- - Pierre Marceaut, de La Machine, prisonnier depuis le 25 février 1916, s'est échappé de son camp en juin 1918 ;
- - Georges Férié, de Decize, prisonnier depuis le 27 mai 1918, a réussi à quitter en Belgique le convoi qui l'emmenait vers un camp ; il est rentré en France le 7 octobre 1918.
- - Pierre Marceaut, de La Machine, prisonnier depuis le 25 février 1916, s'est échappé de son camp en juin 1918 ;
- Deux soldats sont morts en captivité :
- - Annet Petit, de Sougy, blessé au combat de Dolvingen le 20 août 1914, est décédé au Lazaret (hôpital militaire) de Saaraltroff trois jours plus tard ;
- - Louis Martin, de Saint-Léger, prisonnier depuis le 13 septembre 1914, est décédé à Passau le 12 janvier 1915.
- - Annet Petit, de Sougy, blessé au combat de Dolvingen le 20 août 1914, est décédé au Lazaret (hôpital militaire) de Saaraltroff trois jours plus tard ;
- Autres cas particuliers : deux jeunes gens n'ont pas pu rejoindre les régiments où ils étaient incorporés, car ils étaient prisonniers civils des Allemands.
- - André Gautheron, de Sougy, fils du général François Abel Gautheron, se trouvait dans la zone conquise par l'ennemi dans les premiers mois de la guerre : il est déporté le 9 novembre 1914 ; il rentre en France le 16 juin 1918, en application de la convention de Berne ;
- - Charles Lafaille, de La Machine, a connu une situation semblable : prisonnier civil, il ne rentre en France que le 22 janvier 1919.
- - André Gautheron, de Sougy, fils du général François Abel Gautheron, se trouvait dans la zone conquise par l'ennemi dans les premiers mois de la guerre : il est déporté le 9 novembre 1914 ; il rentre en France le 16 juin 1918, en application de la convention de Berne ;
- Après la signature de l'armistice, les prisonniers obtiennent leur libération, mais leur retour en France sera échelonné sur quatre mois, en fonction de l'éloignement des camps ou des troubles qui vont agiter l'Allemagne. Voici une liste de prisonniers revenus en novembre et décembre 1918 :
- Le 23 novembre :
- - Jean-Marie Barbier, La Machine, 70e R.I., pr. 31 mai 1918 à Cerisy ;
- Le 24 novembre :
- - Étienne Bonnot, La Machine, 9e R. Génie, pr. 10 juin 1918, détenu à Longwy ;
- - Jules Blanchard, Saint-Léger, 134e R.I., pr. 31 mai 1918 à Cerisy ;
- - Étienne Bonnot, La Machine, 9e R. Génie, pr. 10 juin 1918, détenu à Longwy ;
- Le 25 novembre :
- - Joseph Guyot, Saint-Léger, 134e R.I., pr. 25 février 1916 à Douaumont, détenu à Mannheim ;
- Le 26 novembre :
- - Louis Moreau, Devay, 46e R.I., pr. 9 juin 1918 à Roye-sur-Matz, détenu à Soltau ;
- - Charles Saintard, Saint-Germain, 281e R.I., pr. 9 juin 1918 à Cuvilly ;
- - Antoine Douard, Druy-Parigny, 56e R.I., pr. 1er mars 1918 à la Butte du Mesnil ;
- - André Durand, Avril, 85e R.I., pr. 26 février 1916 à Verdun, détenu à Friedrichsfeld ;
- - Louis Moreau, Devay, 46e R.I., pr. 9 juin 1918 à Roye-sur-Matz, détenu à Soltau ;
- Le 27 novembre :
- - Victor Aimard, Saint-Léger, 52e R.I., pr. 27 mai 1918 à Longueval ;
- Le 28 novembre :
- Le 30 novembre :
- - François Crauland, Saint-Léger, 13e R.I., pr. 9 mars 1916 à Douaumont, détenu à Peitz ;
- - Nicolas Livet, La Machine, 134e R.I., pr. 20 août 1914 à Gosselmingen ;
- - Marcel Ansberque, Verneuil, 105e R.I., pr. 24 juillet 1918 ;
- - François Crauland, Saint-Léger, 13e R.I., pr. 9 mars 1916 à Douaumont, détenu à Peitz ;
- Le 3 décembre :
- - Émile Savre, Verneuil, caporal 270e R.I., pr. 18 septembre 1917 dans la Meuse ;
- - Louis Blot, Decize, 13e R.I., pr. 7 juillet 1915 à la Tête-à-Vache, détenu à Landau ;
- - Ernest Alphonse, Saint-Léger, 31e BCP, pr 15 juillet 1918 à Perthes, détenu à Giessen ;
- - Henri Houry, Decize, 89e R.I., pr. 5 août 1918 à Montigny, détenu à Darmstadt ;
- - Émile Savre, Verneuil, caporal 270e R.I., pr. 18 septembre 1917 dans la Meuse ;
- Le 5 décembre :
- - Auguste Lang, Saint-Germain, 296e R.I., pr. 21 mai 1916, détenu à Limburg ;
- - Eugène Ravier, La Machine, adjudant 85e R.I., pr. 26 février 1916 à Verdun, détenu à Soltau ;
- - Antoine Roy, Champvert, 85e R.I., pr. 20 août 1914 à Sarrebourg, détenu à Münsingen ;
- - Henri Vigneron, Decize, 363e R.I., pr. 15 juillet 1918 au Mesnil, détenu à Giessen ;
- - François Leblanc, Verneuil,13e R.I., pr. 14 octobre 1918 à Nizy-le-Comte ;
- - Auguste Lang, Saint-Germain, 296e R.I., pr. 21 mai 1916, détenu à Limburg ;
- Le 6 décembre :
- - Claude Sirop, Sougy, 10e R.I., pr. 28 mars 1917 à Maisons-de-Champagne, détenu à Germesheim ;
- - Louis Champroux, Saint-Germain, 73e R.I., pr. 13 juillet 1918 à Montournet ;
- - Claude Sirop, Sougy, 10e R.I., pr. 28 mars 1917 à Maisons-de-Champagne, détenu à Germesheim ;
- Le 7 décembre :
- - Étienne Rouher, Decize, 134e R.I., pr. 21 août 1914, Lorraine, détenu à Gmünd ;
- - Blaise Rainat, La Machine, 26e R.I., pr. 6 décembre 1914 à Ypres, détenu à Werslow ;
- - Jean-Baptiste Beugnon, La Machine, 21e BCP, pr. 10 mai 1915 à N.D. de Lorette, détenu à Münster ;
- - Adolphe Martin, Thianges, 56e R.I., pr. 20 août 1914 à Gosselmingen ;
- - Étienne Rouher, Decize, 134e R.I., pr. 21 août 1914, Lorraine, détenu à Gmünd ;
- Le 9 décembre :
- - Émile Blanchard, Saint-Léger, 10e R.I., pr. 20 décembre 1914 au Bois d'Ailly, détenu à Landau ;
- - Maurice Woetter, La Machine, 167e R.I., pr. 11 juillet 1916 à Fleury, détenu à Wahn ;
- - Émile Blanchard, Saint-Léger, 10e R.I., pr. 20 décembre 1914 au Bois d'Ailly, détenu à Landau ;
- Le 11 décembre :
- - Eugène Rollot, Decize, 85e R.I., pr. Le 20 août 1914 à Brühl, détenu à Münsingen ;
- Le 12 décembre :
- - Joseph Julien, Decize, 342e R.I., pr. 25 janvier 1917 à la Cote 304, détenu à Landau ;
- Le 13 décembre :
- - Pierre Chevrier, La Machine, 29e R.I., pr. 23 avril 1915, détenu à Würzburg ;
- - Louis Perrodin, Decize, 134e R.I., pr. 15 octobre 1915 au Vieil-Armand, détenu à Mannheim ;
- - Gabriel Droin, La Machine, 21e BCP, pr. 24 août 1914 à Badonvilliers, détenu à Giessen ;
- - Stanislas Lafaille, La Machine, 134e R.I., pr. 20 août 1914 à Sarrebourg, détenu à Landshut ;
- - Pierre Chevrier, La Machine, 29e R.I., pr. 23 avril 1915, détenu à Würzburg ;
- Le 14 décembre : - Louis Dodin, Saint-Léger, 85e R.I., pr. 26 février 1916 à Verdun, détenu au camp de Friedrichsfeld, près de Wesel ;
- - François Papon, Sougy, 85e R.I., pr. 20 août 1914 à Sarrebourg ; détenu à Münsingen ;
- - Charles Rapiat, Decize, 63e BCP, pr. 13 juin 1918 au Mont-Kemmel, détenu à Dülmen ;
- - Jacques Vincent, Verneuil, 6e R.I.Col., pr. 20 mars 1918 ; détenu à Darmstadt ;
- - Maurice Laroze, Decize, 32e R.I., pr. 10 décembre 1917 à Bures, détenu à Limburg ;
- - François Papon, Sougy, 85e R.I., pr. 20 août 1914 à Sarrebourg ; détenu à Münsingen ;
- Le 15 décembre :
- Le 16 décembre :
- - Auguste David, Béard, 29e R.I., pr 20 août 1914 à Sarrebourg ;
- - Gabriel Prévost, Fleury, 85e R.I., pr. 20 août 1914 à Sarrebourg, détenu à Münsingen ;
- - Jean Alezaïs, Decize, 85e R.I., pr. 20 août 1914 à Sarrebourg, détenu à Grafenwohr ;
- - François Narquin, Sougy, 56e R.I., pr. 20 août 1914 à Gosselmingen ;
- - Auguste David, Béard, 29e R.I., pr 20 août 1914 à Sarrebourg ;
- Le 17 décembre :
- - Pierre Saunier, Champvert, 95e R.I., pr. 15 janvier 1915 à Apremont, détenu au camp de Tauberbischofsheim, duché de Bade ;
- - Émery Dhiry, La Machine, 21e BCP, pr. 8 juillet 1917 à Laffaux, détenu à Dülmen ;
- - Pierre Saunier, Champvert, 95e R.I., pr. 15 janvier 1915 à Apremont, détenu au camp de Tauberbischofsheim, duché de Bade ;
- Le 18 décembre :
- - Pierre Michel, Saint-Germain, 95e R.I., pr. 25 février 1916 à Douaumont, détenu à Heusberg, duché de Bade ;
- Le 19 décembre :
- - Étienne Maillard, Saint-Germain, 85e R.I., pr. 21 août 1914 à Sarrebourg, il décède à l'hôpital de dijon le 27 décembre ;
- Le 22 décembre :
- - Louis Broisson, Saint-Germain, sergent 121e BCP, pr. 23 juin 1916 à Thiaumont, détenu à Landau ;
- Le 24 décembre :
- - Louis Villard, Saint-Ouen, 85e R.I., pr. 20 août 1914 à Sarrebourg, détenu à Landshut ;
- - André Lapointe, Fleury, 13e R.I., pr. 23 juillet 1918 à Passy, détenu à Sprottau ;
- - Louis Villard, Saint-Ouen, 85e R.I., pr. 20 août 1914 à Sarrebourg, détenu à Landshut ;
- Le 26 décembre :
- - Michel Journot, La Machine, 13e R.I., pr. 29 juin 1917 à Corbiny, détenu à Sprottau ;
- Le 27 décembre :
- - Émile Prajoux, Saint-Léger, 281e R.I., pr. 9 août 1916, détenu à Dülmen ;
- - Antoine Perrin, Decize, 20e BCP, pr. 12 octobre 1915 à Souchez ;
- - Émile Prajoux, Saint-Léger, 281e R.I., pr. 9 août 1916, détenu à Dülmen ;
- Le 28 décembre :
- - Jean Darnay, Decize, 29e R.I., pr. 20 août 1914 à Sarrebourg, détenu à Percklein ;
- - Jean-Baptiste Renaud, La Machine, 13e R.I., pr. 9 juin 1918 à Rubescourt ;
- - Jean Darnay, Decize, 29e R.I., pr. 20 août 1914 à Sarrebourg, détenu à Percklein ;
- Le 29 décembre :
- - Pierre Martin, La Machine, 13e R.I., pr. 15 octobre 1915 à Saint-Hilaire-le-Grand, détenu à Weimar ;
- - Jean-Baptiste Bertin, La Machine, 329e R.I., pr. 24 mars 1918 dans l'Aisne.
- - Pierre Martin, La Machine, 13e R.I., pr. 15 octobre 1915 à Saint-Hilaire-le-Grand, détenu à Weimar ;
- Autres retours en décembre, sans précision de jour :
- - François Millien, Druy-Parigny, 13e R.I., pr. 9 mars 1916 à Douaumont, détenu à Meschede ;
- - Eugène Lhéritier, Saint-Ouen, 408e R.I., pr. 9 juin 1918 à Orvilliers-Sorel, détenu à Soltau ;
- - Charles Petit, La Machine, 408e R.I., pr. 8 mars 1916 à Vaux, détenu à Münster ;
- - Arthur Rouvet, Verneuil, 408e R.I., pr. 8 mars 1916 à Vaux, détenu à Paderborn ;
- - André Caron, Saint-Germain, 95e R.I., pr. premier janvier 1915 au Bois Brûlé, détenu à Meschede.
- - François Millien, Druy-Parigny, 13e R.I., pr. 9 mars 1916 à Douaumont, détenu à Meschede ;
L’exemple d’un prisonnier de guerre nivernais.
- Pierre Bonnot, originaire d'Alluy, mobilisé au 27e R.I. en décembre 1914, a effectué toute la guerre. En juillet 1918, il est affecté au 16e Régiment d'Infanterie, cantonné près de Verberie, dans l'Oise(2).
Le régiment est acheminé sur le front, à Oulchy-le-Château, entre Villers-Cotterets et Château-Thierry. Fin juillet, il reçoit l'ordre de se porter sur la ferme de Mory et Haute Fontaine et de prendre le village de Grand-Rozoy. L'attaque est déclenchée le 29 juillet à 4 h 15 du matin, sans préparation d'artillerie. Elle se heurte à une forte résistance allemande ; malgré tout, ce combat est un succès, le village et la côte 205 ont été pris. Mais le régiment a perdu 30 officiers et 1100 hommes pendant le mois, 6 officiers et 266 hommes sont déclarés disparus, prisonniers des Allemands pour la plupart (J.M.O. du 16e R.I., juillet 1918).
Pierre Bonnot est prisonnier, sa mère s'inquiète.
- Lettre de Madame Bonnot aux chefs militaires, 13 août 1918.
- « Monsieur, Veuillez avoir la complaisance de me donner le plus tôt possible les renseignements que vous savez sur le soldat Bonnot Pierre, du 16e d'Inf. 6e Comp. Je suis sans nouvelles de lui depuis le 28 juillet. Veuillez agréer Monsieur l'expression de mes meilleurs sentiments. Bonnot.
- Mme Bonnot à la Fontaine par Châtillon-en-Bazois (Nièvre). »
- Mme Bonnot à la Fontaine par Châtillon-en-Bazois (Nièvre). »
- « Monsieur, Veuillez avoir la complaisance de me donner le plus tôt possible les renseignements que vous savez sur le soldat Bonnot Pierre, du 16e d'Inf. 6e Comp. Je suis sans nouvelles de lui depuis le 28 juillet. Veuillez agréer Monsieur l'expression de mes meilleurs sentiments. Bonnot.
Retour de captivité :
- Lettre, Belfort, 19 novembre 1918.
- « Je vous envoie seulement quelques lignes que je pense qui vous feront bien plaisir pour vous dire que je suis rentré en France depuis ce matin. C'est une grande joie pour nous autres prisonniers d'être libérés d'avec ces sales Boches qui nous en ont fait pas mal voir le temps qu'ils nous eus.
Je désirerais bien avoir de vos nouvelles tout de suite, mais ça m'est impossible du moment que je n'ai pas d'adresse. Je compte aller vous voir pour quelque temps un de ces jours, que je ne sais pas encore, mais que je compte pas loin car ce soir on repart pour aller plus loin.
C'est tout ce que j'ai à vous dire. Malgré tout je suis en bonne santé, ce qui est le principal ; je compte vous retrouver de même et bientôt. Je vous embrasse de tout cœur en attendant ce jour. P. Bonnot. »
- « Je vous envoie seulement quelques lignes que je pense qui vous feront bien plaisir pour vous dire que je suis rentré en France depuis ce matin. C'est une grande joie pour nous autres prisonniers d'être libérés d'avec ces sales Boches qui nous en ont fait pas mal voir le temps qu'ils nous eus.
- Lettre, 25 novembre 1918.
- « Vous allez m'attendre tous les jours à présent.... J'ai un appétit féroce... Nous sommes dans un petit pays à 3 km de Belfort, dans une maison de gens assez gentils, nous couchons à la maison à côté d'un bon feu...' »
- « Vous allez m'attendre tous les jours à présent.... J'ai un appétit féroce... Nous sommes dans un petit pays à 3 km de Belfort, dans une maison de gens assez gentils, nous couchons à la maison à côté d'un bon feu...' »
- Lettre, 24 novembre 1918.
- « … Je ne sais pas quand ils nous expédieront...Je compte tout au moins passer Noël et le Jour de l'An avec vous... »
- « … Je ne sais pas quand ils nous expédieront...Je compte tout au moins passer Noël et le Jour de l'An avec vous... »
Libéré des camps ne signifie pas libéré des obligations militaires.
- Après un court séjour à Belfort, Pierre Bonnot est envoyé à Nevers ; il est maintenant au 13e R.I. Au début de janvier, il loge dans un camp construit sur le champ de foire. Il ne sait pas ce qu'il adviendra ; la guerre est terminée depuis le 11 novembre 1918, mais la démobilisation n'est pas encore envisagée ; le gouvernement veut maintenir sous les drapeaux le maximum de soldats jusqu'à la conclusion du traité de paix. Certains sont envoyés dans la zone d'occupation en Allemagne, sur la rive gauche du Rhin ; d'autres sont affectés à la garde des prisonniers allemands ; d'autres à la remise en état des territoires libérés, à la reconstruction de lignes de chemin de fer et d'usines...
Pierre Bonnot demande à plusieurs reprises des permissions pour retrouver sa mère et sa sœur. Mais il n'obtient que des permissions d'une journée et doit se contenter de flâner dans les rues de Nevers. Il demande ensuite une affectation à la gare de Cercy-la-Tour, assez proche d'Alluy pour permettre de courts séjours chez lui. Il est envoyé le 19 février à... Vierzon, dans un camp de stockage, il appartient à une section d'infirmiers.
Le logement est convenable, les soldats disposent de lits d'hôpitaux, mais ils s'ennuient : ils surveillent des prisonniers qui montent des baraques en bois, et la nourriture est insuffisante.
La démobilisation est bloquée pour faire pression sur les plénipotentiaires allemands qui tardent à signer les préliminaires de paix.
Le 22 juin Pierre Bonnot revient à Nevers. Il a refusé une affectation spéciale au P.L.M. ; il aurait dû travailler à Paris, avec une solde de 12 francs et des difficultés de logement. Il essaie de faire intervenir le maire d'Alluy pour obtenir un sursis pour nécessité de travaux agricoles, qui pourrait être prolongé jusqu'à la démobilisation. Le 3 juillet, il est à Dijon : il va conduire des prisonniers allemands dans l'Aisne.
Il est enfin démobilisé le 19 août 1919.
(1) Cf. prisonniers-de-guerre-1914-1918.chez-alice.fr/leslieuxdedetention.htm
(2) La correspondance de Pierre Bonnot avec sa mère et sa sœur m'a été confiée par M. Edgard Bonnot, son fils, qui réside à Decize.
Texte de Pierre Volut http://histoiresdedecize.pagesperso-orange.fr/index.htm et http://lesbleuetsdecizois.blogspot.fr/ mis en page par Martine NOËL (discussion) 22 décembre 2018 à 14:41 (CET)