Saint Aubin des Forges hameaux

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La Balangerie

A 5 km ouest A 1 km de Saint-Aubin ; 2 maisons, 10 habitants. Le nom de ce hameau peut venir des premiers possesseurs du sol sur lequel il est bâti ; on trouve encore dans la commune une famille du nom Balanger. La faible distance qui sépare la Balangerie du hameau de Frasnay, fait souvent réunir les deux groupes en un seul.

Le Bocard

A 0,5 km de Saint-Aubin ; 2 maisons, 10 habitants. Ce moulin situé sur la Nièvre, doit son nom à un ancien bocard qui a dû être autrefois établi. Cette conjoncture se fonde sur un amas de laitier provenant d’une ancienne forge qui occupait autrefois l’emplacement du moulin actuel.

Les Brulées

A 5 km ouest de Saint-Aubin ; 8 maisons, 29 habitants. L’étymologie du nom de ce hameau vient du bas latin Brolium (petit bois près de la maison) ou d’un incendie qui aurait produit dans la Forêt des Bertranges la trouée dans laquelle il a été construit. Une maison isolée, souvent comprise dans le groupe des Brulées, porte le nom spécial de Crotte-au-Loup. Nombreux arbres fruitiers.

Chamilly

A 2 km du sud de Saint-Aubin ; 15 maisons, 57 habitants. En 1855 ce hameau portait le nom de Chamilly, il dépendait de la Seigneurie de Frasnay et possédait une forge à bras que les seigneurs louaient annuellement à un marteleur. Les maisons voisines du moulin servaient de résidence aux forgerons. Près de là sur le territoire de la commune de Poiseux, belle carrière de pierre à bâtir. Le Domaine du Colombier situé à l’extrémité sud du hameau, dépendait aussi de Frasnay : la maison de ferme remonte au XVe siècle.

Le Crot

A 0,2 km nord-ouest de Saint Aubin ; 8 maisons, 36 habitants. Ce hameau doit son nom à une pièce d'eau (crot dans le patois local) autour de laquelle il est construit. On y voyait il y a quelques années une briqueterie renommée par ses produits d'argile réfractaire ; elle est aujourd'hui abandonnée.

Le Crot Maugrat

A 0,1 km sud-ouest de Saint-Aubin ; 2 maisons, 10 habitants. Ferme et briqueterie aujourd’hui détruite. Près de là infiltration d’une rigole d’écoulement venant de la Forêt des Bertranges.

Les Crémelles

A 0,8 km de Saint-Aubin ; 4 maisons, 16 habitants. Localité prenant le nom du terrain sur lequel elle a été construite. Le chemin qui la dessert était autrefois celui de Saint-Aubin à Poiseux, et les voyageurs qui le suivaient devaient franchir la Nièvre à gué en dessous du Bocard.

Les Comtes

A 4 km nord-est de Saint-Aubin ; 20 maisons, 76 habitants. Ce hameau est situé à la limite des communes de Saint-Aubin, Beaumont, Poiseux et chacune y compte des habitants. Pays pauvre, habité par des familles de bucherons qui préfèrent volontiers leur travail de la forêt à la culture du sol ; aussi est-ce là, la partie de la commune où l’agriculture est la plus négligée. Nombreux arbres fruitiers plantés, des terrains fertiles auprès des habitations et rappelant les Ouches du Morvan. La Mirandole et les Comtes ne forment aujourd’hui qu’une seule agglomération.

La Doué

A 2,5 km nord-ouest de Saint-Aubin ; 8 maisons, 27 habitants. L’orthographe du nom de ce hameau a subi de nombreuses transformations et on a écrit successivement : La Doué (1651), La Douhée (1679), La Douhé (1658), La Dhouée (1680), La Doué (1780). La Doué était un fief de Frasnay. C’est la plus ancienne et ce fut jadis la plus importante forge du pays. Après avoir fabriqué des armes et porté le nom d’arsenal, elle fut ensuite convertie en scierie. Elle appartenait alors aux Bourgoing qui déployèrent dans la direction de leurs ateliers des talents et une compétence qui valurent à l’établissement sa plus brillante époque de prospérité. Depuis lors elle a partagé les destinées du manoir dont elle dépendait ; vendue à l’Etat en même temps que lui, elle changea plusieurs fois de maîtres et son établissement métallurgique déclina jusqu’à sa disparition. Aujourd’hui les bâtiments de la Forge-Neuve tombent en ruines ; le vieux château est seul habité et a conservé son aspect d’autrefois. C’est un vieux bâtiment bas situé au bord du ruisseau, dont l’eau arrêtée par une digue forme un petit étang caché par une abondante végétation aquatique. Les autres réservoirs bien plus importants, qui alimentaient autrefois les forges sont maintenant à sec. En amont, à la source même du ruisseau, on voit près d’un moulin, les derniers vestiges de construction remontant à une haute antiquité et en aval sur le penchant d’un coteau exposé au midi les bâtiments abandonnés du Bois-Henri, jadis terre importante dont le propriétaire prenait le nom du Seigneur.

Les Essarts

A 5 km sud-ouest de Saint-Aubin ; 1 maison, 5 habitants. Maison de garde construite dans un défrichement ou essartis (patois local), d’où vient son nom.

Frasnay

A 1,4 km sud-ouest de Saint-Aubin ; 29 maisons, 108 habitants. Fraxiniacum (1059), Fraxinetum (1185), Frasnayus (1287), Frasnay les Chanoines (1403), Frasnoy (1456), Cura de Frasnayo Canonicorum (1517), Frasnay les Chanoines doit son surnom religieux à la fondation au XIe siècle d’une collégiale composée de douze chanoines et d’un doyen.

Le château situé sur le penchant d’un coteau qui domine la plaine où serpente la la Nièvre offre encore une tourelle faisant partie d’un fort donjon du XIIIe siècle et une aile du commencement de la Renaissance. Suivant une charte de 1231 donné par Mathilde de Courtenay comtesse de Nevers, le castel de Frasnay et les terres qui en dépendent porte le nom de troisième baronnie de Nivernais et son possesseur avait le droit de haute justice. Ithier en était alors le Seigneur et suivant la coutume du Moyen-Age, les serfs étaient alors taillables et corvéables à merci. Le Seigneur est « mestre » de tout le ressort, sur veste et col, vent et prairie ; tout est à lui : forêts, chaumes, oiseau dans l’air, poisson dans l’eau, bête ou buisson, cloche qui roule, onde qui coule (Cl. Corbier, Notice sur Guérigny). Le Seigneur Ithier avait pour vassal le sire d’Ourouër, suzerain lui-même à celui de Villemenant. A titre de redevance au comte de Nevers, il payait annuellement aux Chanoines de Frasnay en rentes foncières 30 livres et au curé 10 quarteaux, moitié froment, moitié seigle, plus un tiers des dîmes de la paroisse, moyennant quoi des prières étaient dites chaque dimanche et jour de fête à la fin de l’office pour sa prospérité et celle du manoir.

Les successeurs du baron Ithier sont peu connus. Au XIVe siècle, le fief de Frasnay appartient à Philibert de la Platière d’une des familles les plus puissantes du Nivernais. Celui-ci cède à un marteleur en 1437 par bail à perpétuité moyennant une redevance annuelle de 128 livres tournées « plus une géline grasse et puissante. La forge à fer de Chamilly avec celles de Forgebas et de Vingeux qui existaient dans la Baronnie, occupait la majeure partie de la population. En travaillant constamment dans les bois et les usines, celle-ci avait pris un caractère passionné, querelleur et indépendant dont les Seigneurs n’eurent pas toujours facilement raison. Après avoir usé de douceur et accordé à titre de concession la libre jouissance d’un moulin banal et la pêche dans la la Nièvre, ils furent obligés de recourir à une autre voie.

En 1696, le cardinal de Montigny, de la famille de La Grange poursuit judiciairement les habitants et les forces à rabattre de leurs prétentions. Après lui, le château passe à sa nièce, Marie-Casimire de la Grange d’Arquian qui épousa en secondes noces le grand Sobiesky, roi de Pologne. Les héritiers de cette femme illustre vendirent la terre en 1729 à François de Simiane, abbé de Marcillac, maître de l’oratoire du Régent ; mais l’abbé ne jouit pas longtemps du titre de baron et en 1723 la propriété de Frasnay fut cédée par son frère à Claude Berger grenetier du grenier à sel de La Charité sur Loire. C’est ce dernier qui dans l’espoir de découvrir un trésor fit démolir l’une des tours du château ; trompé dans son attente il porta d’un autre côté ses investigations aux forges que possédait la terre de Frasnay, il adjoignit l’aciérie de La Doué achetée à Antoine Bourgoing, et pendant 18 ans déploya toutes les qualités d’un bon maître de forges. En 1741 il cède pour deux cent mille livres ses manufactures et ses domaines à Masson, gendre de Pierre Babaud de la Chaussade, déjà propriétaire de Villemenant et de Guérigny.

A partir de cette époque la terre de Frasnay partagea les destinées de celle de Guérigny, achetée par l’Etat en 1781 avec toutes ses dépendances pour la somme de 1.043.922 francs. Elle a été morcelée et revendue à divers particuliers en 1845 . L’ancienne collégiale dont les revenus avaient été fort diminués par les évêques a été supprimée en 1766 et la paroisse réunie à celle de Saint-Aubin. Cette collégiale a donné un saint au martyrologue : c’est le diacre de Saint Maurice. L’église de Frasnay détruite durant la Guerre de Cent Ans par les Anglais fut aussitôt reconstruite en partie, mais ne fut achevée qu’au siècle suivant. La dédicace en fut faite le 26 juillet 1314 par Imbert de la Platrière qui y consacra trois autels. Il n’en reste plus aujourd’hui de vestiges et l’on ignore aujourd’hui quelle place exacte elle occupait. Près du château subsistent encore l’ancienne demeure du charpentier et l’ancienne maison féodale de Montigny.


Source : Extrait des anciennes et nouvelles Archives de la mairie de cette commune par Monsieur NAMY, instituteur le 25 avril 1887. Recopié par François POULIN le 17 février 1888.


--Patrick Raynal 26 juillet 2014 à 11:00 (CEST)