Babaud de la Chaussade Pierre

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1706

  • Pierre Babaud De La Chaussade est né le 27 septembre 1706 à Bellac (département de la Haute-Vienne, région Limousin). Il est le fruit de l'union entre Pierre Babaud, sieur de Beaupré, et de Marguerite Jouhinot. Il a un frère aîné Jean Babaud et une sœur Louise Babaud. Jean Babaud marié en 1728 à Marie Boesnier meurt en 1738 de la tuberculose. Il laissera deux filles, Marie Jeanne Charlotte et Angélique Dorothée. Marie Jeanne Charlotte épouse le 24 septembre 1748 à Marly le Roi, Louis Jacques Gilbert Robert de Lézardière. Louise Babaud épouse Pierre Galicher qui sera parfois associé aux affaires. Elle décède le 9 octobre 1747 à Guérigny.
  • Participant activement dès son plus jeune âge au travail de son père, marchand de bois en gros, il est placé au côté du banquier Jacques Masson, baptisé le 21 janvier 1693 à Genève et mort le 12 juin 1741. Fils de Louis-Simon Masson et de Catherine Faron, il se marie à Marie-Anne Duru (1696-1732) en novembre 1719, se remarie à Marie Boesnier, veuve de Jean Babaud, en 1739. Alexandre Frédéric Jacques sera issu de ce mariage et deviendra le Marquis de Pezay).
Les Forges de Guérigny


1722

  • Masson acquiert, le 11 octobre 1722, les forges de Guérigny. Pierre Babaud, quoique très jeune, dirigeait l'exploitation des bois nécessaires à l'architecture navale à Bitche en Lorraine.
  • Le riche banquier, comprenant bientôt qu'il pouvait tirer un meilleur parti de ce jeune homme actif et intelligent, l'attacha à ses manufactures, lesquelles, loin de péricliter entre ses mains, prospérèrent si bien qu'il décidera en 1732, à la mort de son épouse Marie Anne Duru, de lui promettre en mariage sa fille unique Jacqueline Anne-Marie.


1724

  • Reconstruction des forges de Marcy qui tombaient en ruines, par des appareils et outils les plus perfectionnés du temps.


1734

  • Les Babaud et Masson font l'acquisition des forges de Cosne produisant des ancres depuis la fin du XVIIème siècle. La présence de la Loire, de minerai de fer et des forêts de chênes, sont d'une utilité primordiale pour approvisionner les fourneaux en vue de façonner des ancres pour les ports de Lorient et de Brest entre autre.
  • Le 4 mars 1734, Pierre Babaud se marie avec Jacqueline Anne-Marie Masson (1720-1744). De cette union, naîtra trois enfants :
- Antoinette-Rosalie née en 1735, décédée le 20 juillet 1759 , mariée le 5 avril 1752 par contrat, au Marquis Charles-Jean-Louis-Claude Goujon de Gasville, appelé d'Iville, chevalier et seigneur. Deux enfants naissent de cette union, Pierre-Charles-Auguste, le 14 novembre 1753 et Jean-Prosper-Camille, le 4 décembre 1754.
- Jean-Pierre de la Chaussade de Guérigny né en 1737, décédé en 1775, célibataire et sans postérité.
- Marie-Cécile, née en 1740, décédée en janvier 1759, mariée en 1756 au Marquis Claude-Charles, marquis de Guiry (1723-1796)
Pierre Babaud de la Chaussade
ils ont une fille, Cécile-Rose-Françoise née en 1753 et décédée en 1792.
  • A partir de cette période commence la fortune de Pierre Babaud de la Chaussade.

1741

  • Après la mort de Jean Babaud, et celle aussi de Jacques Masson le 1 juin 1741, qui à eux trois avaient fondé une entreprise de bois, De la Chaussade délaisse cette entreprise et s'emploie à l'industrie métallurgique. Il devient le seul propriétaire de l'ensemble des forges acquises par Masson et son frère.
  • Il fait bâtir des entrepôts, des écuries, des remises, greniers, logements à Nevers, marchande pour avoir d'autres forges et s'édifie un empire industriel en Nivernais (ancienne province qui forme aujourd'hui une partie de la Nièvre).
  • C'est aussi à cette époque que l'antique village, la vieille église St Amand, le presbytère et le cimetière, groupés dans un bas fond exposé aux crues de la Nièvre, furent entièrement démolis.
  • S'élèvent alors sur un terrain assaini des logements ou casernes capables d'abriter cent familles, avec toitures de tuiles, carrelées de briques et larges ouvertures à la place de maisons couvertes de paille, pavées de dalles grossières et mal éclairées.
  • Guérigny, en un mot, complètement transformé, devient le Versailles de M. de la Chaussade, surtout à partir de son second mariage.

1743

  • De la Chaussade se fait anoblir avec son frère Jean Babaud par un charge de secrétaire du roi. Il devient donc écuyer, conseiller-secrétaire du Roi, Maison et Couronne de France et de ses Finances, seigneur de Guérigny, Vérille, Demeurs, Berlière, la Vache, Ouvrault, Richeraud et Médine, baron de Villemenant et de Frasnay-les-Chanoines, châtelain de Marcy et propriétaire des forges de Cosne.

1744

  • Alors connu de Louis XVI par le biais du ministre de la Marine Jean Frédéric Phélypeaux, Comte de Maurepas, le roi lui passe commande pour la Marine royale. En conséquence, son entreprise produit beaucoup. Comme par exemple, des clous, des pièces moulées, des enclumes, et bien évidemment des ancres et chaînes pour la marine ainsi que d'autres instruments de 1744 à 1781.
  • Son épouse, Jacqueline Anne-Marie Masson décède en juin 1744, alors qu'il n'a que 38 ans.

1746

  • En 1746, il s'unit avec Anne-Rose Le Comte Nonant de Pierrecourt (1715-1778) à Rouen. Cette dernière lui donne deux enfants:
- une fille, Louise Rose née le 31 mars 1747, décédée en 1817, mariée le 25 novembre 1765 à Etienne François, comte de Berthier de Bizy, mousquetaire du roi, seigneur de Fougis, né lui-même en 1749 ; ils ont ensemble deux fils, Louis-Etienne-Pierre né le 24 mars 1770, décédé en 1833 et Jean-Pompone-Alexis né en 1777 décédé en 1831.
- un garçon, Pierre-Marie-Pompone De La Chaussade né le 21 décembre 1751, décédé 9 mars 1808, marié le 18 mars 1783 à Marie Josèphe de Rothe, fille de François de Rothe, ancien directeur de la Compagnie des Indes. Ils n'auront pas d'enfants. Il deviendra baron de Villemenant, capitaine dans la Cavalerie Royale en 1772, exempt des Cent-Suisses de la garde en 1777. Il figure à l'Assemblée de Nevers 1789 député de la Loire).

1749

  • De graves évènements se préparent : les anglais commencent à s'emparer du Canada.

Une nouvelle guerre est pressentie : la guerre de Sept Ans.

1750

  • Acquisition de la terre et seigneurie de Villemenant, vendu par le baron Joseph Hyacinthe de Lange, qui avait vendu précédemment les forges de Guérigny.

1754

  • En 1754, il fait régler ses armoiries par d'Hozier « D'or à un arbre grenadier de sinople, terrassé de même, chargé de fruits de gueules. »

1763

  • À l'aboutissement de la guerre de Sept Ans, grâce au traité de Paris qui rétabli la paix entre la Grande-Bretagne, l'Espagne et la France en février 1763, l'État français diminue les frais de la Marine. De la Chaussade, doit rembourser les emprunts qu'il a contracté pour garantir ses prestations. Il en sort amoindri.

1769

  • A 63 ans, il propose au roi de racheter ses forges pour 2,4 millions de livres. L'abbé Terray, contrôleur général des Finances, décline l'offre.

1775-1783

  • Les colons britanniques d'Amérique du Nord réclamant plus de liberté à la Grande-Bretagne, la guerre d'indépendance des États-Unis d'Amérique (1775 à 1783) éclate. De La Chaussade sentant l'affaiblissement de son activité, amorça des discussions avec l'État pour le rachat de ses forges.

1780

  • A 74 ans, en 1780, cette fois-ci il monnaie à une entreprise financière ses forges.
Entrée des Forges de la Chaussade

1781

  • À la fin de la période de développement de son empire, en 1781, il produit jusqu'à 2 000 tonnes de fers pour la Marine ainsi que pour la Compagnie des Indes. Pour faire fonctionner tous les hauts fourneaux, les forges, et les forges aux ancres il emploie plus de 2 000 ouvriers, tout confondu.

1782

  • A la requête du roi Louis XVI, le directeur général du Trésor royal, Jacques Necker fait annuler la vente et rachète par la même occasion les forges le 10 juillet 1782 pour 3,7 millions de livres. Par le biais d'une ordonnance royale du 19 novembre 1814, les forges prennent le nom de « Forges De La Chaussade » pour gratifier De la Chaussade des services qu'il a rendu à la France.

1789

  • 1789, De la Chaussade prend part aux assemblées de la noblesse du Nivernais à grâce à ses seigneuries de Beaumont la Ferrière et de Sichamps.
  • Tout au long de sa vie, Pierre Babaud De La Chaussade aura était propriétaire des :

forges de Guérigny (1722)
terres et seigneurie de Villemenant (1722)
forges de Cosne (1734)
forges de Forgebas, de Chamilly et de Vingeux ainsi que de la forge à acier de la Douée qui sont dans la seigneurie de Frasnay-les-Chanoines (1741)
des forges du haut fourneau de La Vache rattachées à la commune de Raveau (1744)
forges de Marteauneuf (1744)
les terres de Richerand et d'Ouvrault (1744)
châtellenie et forges de Demeurs (1752)
forges de Marcy
la châtellenie de Narcy (1755)
haut fourneau de Chantemerle

  • Toutes ses acquisitions n’ont pas obligatoirement été faites par Pierre Babaud seul, les copropriétaires pouvaient être son frère, Jean Babaud, ou encore son beau-père, Jacques Masson.
  • Cela représentait en 1777 :
Arsenaux

2 hauts fourneaux fabriquant fontes en gueuses non compris les mouleries de première fusion,
4 grosses forges, 8 petites forges fabriquant fers martelés et aciers,
5 ateliers à ancres ou de corroyage, fabriquant ancres, enclumes et autres gros objets corroyés,
ateliers de martinets pour les gros outils, petits fers ouvrés et grands clous,
2 fonderies fabriquant fers feuillard et en verges,
forges à bras (taillanderie et serrurerie) pour les chaînes d'amarrage, boulets ramés, grappins, outils et fers ouvrés de toute sorte,
des clouteries, fabriquant des clous moyens et petits.

Propriété territoriale proprement dite

6 manoirs avec leurs dépendances en fermes, écuries, granges, champs, prés, enclos et vergers,
18 domaines avec leurs dépendances en fermes, écuries, granges, champs, prés, enclos et vergers,
2 hôtels : l'un à Paris, l'autre à Nevers,
2 maisons qui servaient d'auberges à Guérigny : l'une dite Grande Auberge avec une boucherie, l'autre Petite Auberge,
2 tuileries,
2 moulins à blé,
4 étangs,
6 000 arpents de bois,
Vignes, minières et castinières, droits de justice, de seigneurie, de chasse, de pêche, de pacage et d'usage, droits honorifiques, de patronage et nomination à plusieurs cures, office de notaire royal, directes tant bordelières que censivières, dîmes (froment et avoine).

1792

  • Malade, avancé en âge, ne pouvant plus régir son exploitation, il décède le 12 août 1792 à Paris.
  • Ce grand industriel, aujourd'hui trop peu connu, même de la marine, et que le département de la Nièvre regarde comme l'un de ses hommes célèbres, bien qu'il n'y soit pas né, mourut dans son hôtel à Paris.
  • Le vœu qu'il avait exprimé dans son contrat de vente 'de reposer dans le caveau de l'église paroissiale de Guérigny' ne s'est jamais accompli.
La roue à Aube

Complété par Martine NOËL