Ravitaillement des maquis

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... et "banditisme"

Les besoins du maquis

  • En plus des armes et des munitions qui leur sont parachutées, les maquisards ont besoin d'argent, de cartes de ravitaillement et de documents divers. Certains reçoivent une aide importante des réseaux Buckmaster (le budget du maquis Louis s'est élevé à 5 millions de francs pour quatre mois de fonctionnement, l'argent est venu d'Angleterre, via la Suisse et le Jura). La plupart des groupes de résistants sont obligés de se débrouiller, aidés par des sympathisants, par les familles des résistants, dans l'attente de parachutages.
  • D'habiles faussaires parviennent parfois à contrefaire des tickets d'alimentation, des cartes d'identité, des permis de conduire et même des Ausweis. Des employés de mairie fournissent des tickets qu'ils obtiennent en majorant le nombre d'habitants de leurs communes. Mais la méthode la plus simple est d'attaquer les mairies, les postes, les bureaux de tabac, les entrepôts. La mairie de Decize reçoit la visite de cambrioleurs le 28 septembre 1943 ; des cachets sont dérobés.

La multiplication des cambriolages

  • Voici quelques cambriolages que le journal Paris-Centre attribue évidemment à des bandits (il est possible que de simples délinquants ou trafiquants se soient mêlés aux résistants pour certaines opérations):
- Mardi 18 janvier 1944 : une ferme est attaquée à Sauvigny-les-Bois, les assaillants dérobent de l'argent et des denrées alimentaires.
- Vendredi 28 janvier : à Chantenay-Saint-Imbert, deux individus masqués et armés volent la totalité des tickets d'alimentation de février. Même chose le lendemain à Saint-Germain-Chassenay. Pendant le mois de janvier, les mairies de Chevenon, Thianges, Trois-Vèvres, Rouy, Champvert et Azy-le-Vif sont cambriolées.
- Le 27 mars, deux individus armés de pistolets et de mitraillettes font irruption dans la mairie de La Machine et s'emparent des titres de rationnement du mois d'avril. Dans la nuit du 30 au 31 mars, le chantier de charbon de bois Desmarais, situé aux Fromageots (commune de La Machine) est cambriolé : de l'huile et des objets divers sont dérobés.
- Jeudi premier juin : attaque de la mairie de Saint-Parize-le-Châtel ; vol des titres de rationnement de juin.
- Mercredi 14 juin : attaque de la mairie d'Azy-le-Vif par des individus armés qui ont dérobé les titres de rationnement de juillet.
- Vendredi 30 juin : "deux individus armés de mitraillettes ont arrêté le courrier postal entre Saint-Pierre-le-Moûtier et Azy-le-Vif et dérobé des titres d'alimentation du mois de juillet."
- Lundi 10 juillet : la buraliste de Saint-Benin-d'Azy, Mme Merle, 59 ans, est assassinée ; son stock de tabac et de cigarettes est volé.
- En juillet, les postes de Luthenay-Uxeloup, Dornes, La Machine (deux fois), Charrin, Sougy, Saint-Hilaire-Fontaine et Cercy-la-Tour sont dévalisées.
- Le 4 août, le bureau de poste d'Imphy est attaqué.
- Le 11 août, à Thianges, la ferme Maillot est pillée : des marchandises d'une valeur de 100000 francs sont volées.
  • Le préfet recense, mois par mois, ces agressions. S'il n'en compte que 20 en décembre 1943 et 17 en janvier 1944 (ce qui correspond à peu près à la délinquance en temps de paix), il en dénombre plus de 600 en juin et juillet.
  • Toutes ces actions ne correspondent pas exactement aux termes de vols et cambriolages. Les fermiers et les commerçants obtiennent souvent des reçus qu'ils pourront présenter plus tard pour un éventuel remboursement.



Texte et images proposés par Pierre Volut et mis en page par Michel Mirault le 29 décembre 2016