Saint Honoré les Bains

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D'Arbandal à Saint Honoré les Bains en sept étapes

Il faut se reporter à l'époque des cités celtiques pour supposer que l'agglomération éduenne nommée, ainsi que le suppose Léonard Berthaud, Arbandal, s'élevait à proximité de l'emplacement de l'église actuelle. Quelques débris de poterie, des pièces et des fragments de bronze furent retrouvés sur la déclivité en direction de Préporché.

La cité gallo-romaine exploitant les thermes prendra le nom d'Aquae Nisinaei. Une statuette en argent d'origine romaine fut découverte en 1902 lors de l'agrandissement de l'église. Les multiples invasions et destructions qui suivront verront disparaître définitivement Aquae Nisinaei. En 731, les Sarrasins appelés par Moronte, gouverneur de Marseille, favorisés semble-t-il par les seigneurs de Bourgogne, parachèveront cette oeuvre destructrice. Pendant quatre siècles un modeste bourg mérovingien subsistera sur les vestiges de la ville gallo-romaine.

Au 12ème siècle, Hugues de Chatillon, alors propriétaire des terres de la Montagne, décide de la construction d'un prieuré, placé sous la dépendance des moines Bénédictins de la Charité sur Loire. Ce prieuré sera placé sous le vocable de Saint Honorat.

Autour de ce prieuré se développera le village dont le nom évoluera vers Saint-Honoré que l'on trouve en 1668 dans les premiers registres paroissiaux.

A partir de 1778, les mêmes registres désigneront le lieu sous le nom de Saint-Honoré la Montagne, consacrant ainsi l'union entre le village et le château qui le défendait.

A partir de 1789, la doctrine révolutionnaire supprime le mot "Saint", le nom du village devenant Honoré la Montagne.

Ce n'est qu'à compter de 1810, après la réutilisation des thermes, que le nom de Saint Honoré les Bains sera adopté.

Source: Cercle culturel Diogène - Saint Honoré

Description de Saint Honoré en Morvan en 1827

Saint Honoré les Bains sur la carte de Cassini
  • Commune importante du canton de Moulins Engilbert, par sa position, ses eaux minérales, ses bains et son ancienneté. Elle est située dans un pays très montueux, entre Vandenesse et Préporché, à un myriamètre de Moulins Engilbert, 2 myriamètre 5 kilomètres de Château-Chinon, et à 7 myriamètres 5 kilomètres de Nevers. Elle est du nord au sud entourée de montagnes plus ou moins élevées ; mais la partie occidentale est découverte et lui procure un aspect fort agréable. On lui attribue une population de 925 habitants, ayant une église et un desservant.
  • Il y a dans cette commune des eaux minérales et thermales de même qualité que celles de Pougues. Auprès de leur fontaine s'élève une grosse masse de basalte, qui sans doute fut poussée à l'extérieur par des feux souterrains qui se sont éteints depuis. La principale source de ces eaux, qui sont thermales, sulfureuses et savonneuses, est à un demi-quart de lieue du bourg. On y a construit un petit bassin carré revêtu en bois. Sa température constante est de 27 degrés de chaleur, au thermomètre de Réaumur. Il s'en échappe un ruisseau qui court avec un autre jusqu'à l'Aron, qu'il rejoint auprès de Pouligny, et nourrit des poissons excellents parmi lesquels la truite est le plus recherché par sa délicatesse. En 1815, M. GF. Pillien, originaire de Decise, médecin connu par son expérience, sa sagacité et par quelques cures heureuses, a fait imprimer chez JP. Lecoq, à Auxerre, un Essai topographique, historique et médical, sur les eaux thermales de Saint-Honoré, et dans un précis très bien rédigé il en a fait connaître l‘analyse et les propriétés. Il est nécessaire de l'indiquer aux habitants de la Nièvre, afin qu'ils n'aillent pas chercher hors du département une guérison qu'ils peuvent y trouver sans beaucoup de frais. Avant M. Pillien, le docteur Regnault, médecin à Lormes, avait, en 1786, visité ces eaux dont il fit l'analyse, opération qui fut ensuite répétée avec plus d'exactitude en 1813, par M. Vauquelin, chimiste célèbre à Paris. Le château de la montagne est une belle maison, située auprès de ces eaux, et dont le propriétaire peut procurer des facilités pour les prendre. M. Louis Bacon, fils du propriétaire de ces eaux, m‘écrivait, le 19 août 1811, que le bourg de Saint-Honoré fut autrefois une ville importante qui devait sa célébrité aux eaux thermales de son territoire. Jules César la détruisit entièrement lorsqu'il conquit les Gaules. Elle ne dut alors sa ruine qu'à l'opiniâtreté de ses habitants et à leur courage. Ils étaient habiles à tirer de l'arc, et fiers de ce talent ; ce qui les conduisit à opposer une résistance très vive à ce grand capitaine, mais inutile, puisqu'ils furent vaincus.
  • Les Romains, ayant éprouvé la salubrité des eaux de Saint-Honoré, élevèrent de superbes édifices dans son enceinte, y fondèrent même un hospice militaire où les bains se prenaient dans dix-neuf bassins qui ont disparu, et dont il ne reste aucun vestige. M. Legoube, substitut de M. le procureur du roi, membre de la commission des antiquités établie à Nevers auprès de M. le préfet, a fait parvenir, en 1819 ou 1820, à Son Excellence le ministre de l'intérieur, un mémoire manuscrit sur l'antiquité des bains de Saint-Honoré. Il a été indiqué, en 1821, dans le rapport imprimé de la commission d'histoire et d'antiquités de la France.
  • On écrivait de Château-Chinon, le 24 mai de l'an 1821, que le jour de la naissance de Mgr. le duc de Bordeaux, jour de faveur et de prospérité pour la France, on avait découvert dans la Nièvre un établissement romain servant à prendre des bains d'eaux minérales ; que cet établissement semblait avoir été magnifique, à en juger par une très grande salle revêtue en marbre, au milieu de laquelle sont trois réservoirs en grès, d'où l'eau jaillit avec abondance. Ce monument ancien existe au pied des montagnes du Morvan, dans un pays agréable, à sept lieues d'Autun, et à douze de Nevers ; ce qui coïncide assez avec les eaux thermales de Saint-Honoré ou de Montreuillon, celui-ci dans le canton même de Château-Chinon, à 17 lieues de Nevers, tandis que Saint Honoré n'en est qu'à quinze et à 8 lieues d'Autun.
  • Quand la religion chrétienne eut été établie dans les Gaules, cette cité perdit le nom d'Arbandata, sous lequel elle était connue alors, et prit celui de Saint-Honoré un peu plus tard, par suite de la dévotion particulière des habitants pour un saint de ce nom, ou peut-être pour un théologal de l'église d'Autun, très respectable par la pureté de ses mœurs, et connu par des ouvrages de théologie, publiés sous le nom d'Honoré le Solitaire, vers l'an 1120, temps auquel il vivait.
  • Il paraît qu'il se fait à Saint-Honoré un peu de commerce sur les bestiaux, car il s'y tient deux foires par an : l'une le 15 mai et l'autre le 15 ‘novembre.
  • Il y avait dans le Morvan un ancien prieuré connu sous le nom de Saint-Honoré de Montreuillon, dont les moines, en petit nombre, desservaient certaines chapelles établies sous leur dépendance. Le prieur de cette communauté était à la nomination du prieur des bénédictins de La Charité.
(Source : Mémoires pour servir à l'histoire du département de la Nièvre par JF Née de la Rochelle – 1827)
Note : 1 myriamètre = 10 kilomètres


Les thermes


Relevé dans la presse

  • Un incendie meurtrier:
    Hier (20 juin 1865), dans la matinée, un incendie a dévoré en moins de deux heures un tout petit village, voisin du bourg de Saint-Honoré-les-Eaux.
    Les flammes, activées par une brise violente, se propageaient d'une maison à une autre avec une rapidité foudroyante. L'eau manquait, la terreur paralysait tous les bras ; et, d'ailleurs, les secours, quels qu'ils fussent, eussent été impuissants. II a fallu se condamner à regarder avec stupeur le fléau accomplir son œuvre de destruction.
    De pareilles scènes ne se peuvent décrire et l'on ne trouve pas de mots pour rendre l'horreur de tels spectacles. Ici ce sont de malheureuses femmes affolées, qui emportent leurs petits enfants dans leurs bras et traversent les flammes en poussant des cris déchirants ; là, c'est un fils qui court éperdu, à travers un immense brasier, pour chercher, sous les décombres, sa vieille mère que l'on a vue y tomber ; plus loin, c'est un homme qui, en essayant de sauver son bétail, est atteint par le feu et consumé presque sur place ; les cris de douleur, les gémissements, les sanglots, les beuglements plaintifs des bœufs ensevelis sous les poutres incandescentes, se mêlent, se confondent et portent l'effroi dans les âmes.
    Enfin, les secours s'organisent sons la direction de l'adjoint au maire de Saint-Honoré, M. Martin-Noury et du docteur Collin, médecin-inspecteur des eaux, assistés de MM. Pommeret, architecte et de M. Boyer, intendant de M. le sénateur d'Espeuilles. Les uns et les autres rivalisent de zèle, de dévouement et de courage ; une pompe fonctionne activement ; une immense chaîne s'est formée, tout le monde y a sa place, paysans, baigneurs, hommes, femmes, enfants, aident au sauvetage.
    Les sapeurs-pompiers et la gendarmerie de Moulins-en-Gilbert, mandés par le télégraphe, arrivent bientôt après sur le lieu du sinistre, et l'on réussit à se rendre maître du feu qui menaçait de se propager dans les champs et de gagner la magnifique forêt qui entoure le château de M. le marquis d'Espeuilles. Après avoir rendu hommage à la belle conduite de l'adjoint au maire, de M. le docteur Collin, de MM. Pommeret, Boyer, des pompiers et des gendarmes envoyés de Moulins-en-Gilbert, il est équitable d'accorder une mention spéciale à l'héroïsme déployé dans ces douloureuses conjonctures par un pauvre ouvrier terrassier, le sieur Fargeau, qui, pendant le plus fort de l'incendie, a mille fois exposé sa vie avec une admirable insouciance du danger.
    On a retiré des décombres une partie carbonisée du cadavre de la vieille femme, que son fils et son mari ont essayé vainement d'arracher aux flammes. Le mari a succombé hier soir, au milieu d'atroces souffrances. Les funérailles de ces deux tristes victimes seront célébrées demain. Ce sera un jour de deuil pour tout le pays, et la date néfaste d'hier ne s'effacera jamais de la mémoire des habitants de Saint-Honoré-les-Eaux et des baigneurs témoins de ce drame lugubre.
    A cette heure, plusieurs familles sont dans le dénuement le plus absolu. L'une surtout, composée de sept personnes, la grand-mère, le père, la mère et quatre jeunes enfants, dont le dernier a huit mois à peine, est digne de toute commisération. Une quête a été faite immédiatement parmi les baigneurs, mais le produit en est, hélas bien insuffisant pour tant de poignantes douleurs à soulager.
(Le Petit Journal du 24/06/1865)
  • Un ouragan s'est abattu à Saint-Honoré-les-Bains, dans le parc de l'établissement thermal. Sur une largeur d'environ soixante mètres, et en moins d'une minute, le parc a été jonché d'énormes branches et même d'arbres entiers. On a craint un instant que les chalets et magasins construits dans le parc ne fussent engloutis. La partie la plus éprouvée est celle comprise entre le magasin de bijouterie et celui de coiffure. Le manège Bertrand, qui était tout à coté, s'est affaissé. A l'étang du Seu, prés Saint-Honoré, le lavoir s'est effondré ; il y avait dedans onze femmes qui n'ont eu, heureusement, aucun mal. A Moulins-Engilbert, un bâtiment dépendant du domaine de Siole a été incendié par la foudre. D'autres incendies ont éclaté presque simultanément sur plusieurs points du canton assez éloignés les uns des autres.
(Le Gaulois du 02/09/1890)
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