Vandenesse

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Histoire des seigneurs de Vandenesse par le comte F. de La Roche Aymon

Les seigneurs de Vandenesse jouissaient de droits et de privilèges considérables. Ils avaient également des devoirs importants, le moindre d’entre eux n’était pas de soutenir la cause de leur roi, de leur épée et de leurs deniers, ils s’en acquittèrent toujours fidèlement, fut-ce au prix de leur propre vie. Néanmoins, les seigneurs de Vandenesse devaient aveu de foi et hommage aux seigneurs de Château Chinon, ils s’en acquittèrent toujours en rechignant car ils ont très tôt opté pour le service de la maison de Bourbon, Ils ne furent définitivement déliés de cette obligation que par le roi Louis XIV qui, en érigeant la Terre de Vandenesse en marquisat, en décembre 1663, fit “défense au marquis de Vandenesse de reconnaître d’autre seigneur que le roi, à peine de faux aveu”.

Les premiers seigneurs de Vandenesse dont les noms sont venus jusqu’à nous semblent avoir été les sieurs Pierre et Bernard Boccard en 1323, Ensuite, la seigneurie de Vandenesse passa à la maison de Nourry, Pierre et Étienne de Nourry étant successivement conseillers et chambellans du duc de Bourbon. Une fille de cet Étienne de Nourry, Jehanne fit passer, par mariage, la terre de Vandenesse dans la maison de Beaufort Canillac qui ne la garda que durant deux générations. En effet, le dernier de février 1488, Jacques de Beaufort, seigneur de Canillac et vicomte de La Motte vendit la seigneurie de Vandenesse à messire Geoffroy de Chabannes, chevalier, seigneur de Charlus et de La Palice; depuis lors, de père en fils ou en fille, d’oncle à neveu, la terre de Vandenesse est toujours demeurée dans la même descendance.

Deux fils de Geoffroy de Chabannes se sont particulièrement illustrés durant les guerres d’Italie. Le premier, Jean fut surnommé “Le petit lion de Vandenesse” en raison de son courage, il fut tué à la retraite de Rebec en 1524 par la même décharge de mousquetterie qui emporta le célèbre chevalier Bayard. Le second, Jacques de Chabannes, ne fut autre que le célèbre maréchal de La Palice dont la postérité a tendance à oublier les actions d’éclat pour ne se remémorer que certaines facéties qui lui furent attribuées à tort puisqu’elles ne furent point de son chef mais de celui d’un certain sieur La Panice qui fut avocat au Parlement de Riom. Le maréchal de La Palice servit brillamment son roi, il fut tué à la bataille de Pavie qui fut engagée contre son avis.

Une petite fille du maréchal, Suzanne de Chabannes fit passer Vandenesse dans les mains de la famille Du Bois de Fiennes, ancienne maison des confins de la Flandre et de la Picardie dont les origines, suivant l’Hozier, remontent à l’ancienne maison de Luxembourg. Par mariage également, la seigneurie de Vandenesse échut successivement aux maisons de Leuville, de Poyanne et de Talleyrand-Périgord. Le prince de Chalais, chef de la maison de Talleyrand-Périgord, était marquis de Vandenesse et propriétaire de cette terre très importante lors de la Révolution de 1789. Si le château fut partiellement détruit, si son mobilier fut entièrement vendu, une partie de la Terre fut néanmoins sauvée, ceci grâce au dévouement de la famille Bonneau du Martray qui rendit ses biens à ses légitimes propriétaires.

Largement écornée par les successions, ce qui demeure de la terre de Vandenesse échut dans les dernières années du XIXe siècle à la petite fille du dernier duc de Périgord, Marie Nicolette, Princesse d’Arenberg, épouse du comte de Mérode Westerloo, président du sénat du royaume de Belgique. Elle était la grand-mère du propriétaire actuel, le marquis de La Roche Aymon.

Décimées par les guerres, les maisons qui se sont succédées sur la terre de Vandenesse s’attachèrent cependant à son administration quand ils n’étaient pas aux armées, quand ils avaient la chance de pouvoir prendre leur retraite, les seigneurs de Vandenesse firent tous leurs efforts pour développer l’agriculture, la sylviculture et l’élevage des chevaux. Le marquis de Poyanne, en 1767, créa un haras à Vandenesse. Il y fit venir des étalons arabes que le Grand-Turc avait donné au roi Louis XV ; on peut penser que ces chevaux eurent la meilleure influence sur la cavalerie du pays.

La famille Bonneau du Martray qui administra la terre de Vandenesse pour le compte de la maison de Périgord le fit avec beaucoup de compétence, d'intelligence et de dévouement. Deux membres de cette famille furent successivement ingénieurs des Ponts, issus de la fameuse École Polytechnique. Ils furent maires de Vandenesse et conseillers généraux. Ils contribuèrent grandement à doter la région du réseau routier actuel.

Depuis bientôt un demi-millénaire, les descendants du maréchal de Chabannes ont combattu sur tous les champs de bataille de la vieille Europe ; ils les ont souvent abreuvés de leur sang ; ils ont aussi défendu ce château, cette terre qui étaient leur héritage en même temps que celui de la nation.


--Patrick Raynal 11 décembre 2013 à 18:15 (CET)