Prémery

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Histoire

L’origine du nom de cette petite ville vient du celte prem, proche, et ry, rivière.

En 802, Charlemagne restitue à l’évêque de Nevers les terres de Prémery, Parzy et Urzy dont l’évêché avait été dépossédé. Cette possession est confirmée par un cartulaire de Charles le Gros le 18 décembre 887, année de création de la paroisse.

Jusqu’à la Révolution, Prémery reste terre des évêques de Nevers qui portent le titre de comtes de Prémery. En 1196 un collège de neuf chanoines est créé. Ce chapitre dessert la collégiale. C’est l’évêque Renaud qui, en 1225, accorde une charte aux Prémecycois permettant ainsi le développement économique de la ville.

Guy, comte de Nevers, accorda à Bernard de Saint-Saulge alors évêque de Nevers, la faculté de clore de murs (cette charte est datée de Coulanges la Vineuse en l’année 1173) mais sous la condition que ni lui, ni ses successeurs ne pourraient se prévaloir desdites fortifications ni en aider ses ennemis. C'est le même évêque qui, vers l’an 1174 fit bâtir le château et, cinquante ans après, c’est-à-dire en 1225, les habitants de Prémery furent affranchis par Regnault, soixante-cinquième évêque de Nevers, leur seigneur.

Il y avait dans Prémery, une collégiale sous l’invocation de saint Marceau. Elle fut réduite à une simple cure, commune aux habitants de Sichamps. Après la mort de Bertrand, quarante-sixième évêque de Nevers, ses neveux furent assiégés dans le château de Prémery par une troupe de brigands commandée par Grimond de Faval. Ces aventuriers, ayant obtenu la remise du château, s’en firent une retraite pour avoir occasion de piller et de dévaster tous les environs. Erard de Giry et quelques autres gentilshommes du voisinage voulant mettre fin à leurs déprédations, traitèrent avec Grimond et réussirent à lui faire évacuer le château moyennant une décharge générale des richesses et du butin qu’ils y avaient trouvés ou dont ils avaient pu s’emparer dans le pays.

Regnault ou Renaud, successeur de Bertrand, prétendit que la succession de son prédécesseur ayant donné cette décharge, il ne devait pas en souffrir parce qu'il n’était pas cause de la prise et de la reddition de la place que, d’ailleurs, cette succession devait être chargée de remettre tous les biens en bon état et de lui en restituer les fruits à compter du jour de ses bulles. Cette affaire, néanmoins se concilia et du consentement du Pape il fit une remise aux exécuteurs testamentaires de Bertrand d’une somme de quatre cents florins de Florence par acte notarié du 14 août 1360. Pierre de Fontenay qui fut évêque de Nevers de 1462 jusqu’en 1499, fit réparer la plus grande partie des murs de Prémery, les deux portes, les fossés et les canaux qui entourent la ville. Il lui en coûta plus de six cents livres dont il se fit donner une reconnaissance par les habitants le 25 mai 1494 et, par le même acte, ils s’obligèrent à construire deux porteaux, l’un à la fontaine de Saint Marcel et l’autre à l’extrémité de la ville du côté de Nevers, à parfaire les ouvrages commencés, à entretenir les portes, poternes et murailles.

Il fut encore convenu que l’évêque ou son fondé de pouvoir aurait la clef de la principale porte, que celle de l’autre porte resterait aux habitants ou à l’un d’eux par lui choisi, qu’ils continueraient à faire le guet, à monter la garde comme par le passé et n’éliraient aucuns officiers municipaux sans son exprès consentement. C’est ce même évêque qui fit canoniser Nicolas d’Apleine chanoine de Prémery, lequel se rendit illustre au quinzième siècle par ses vertus et édifia ses concitoyens par sa piété. Il y mourut en odeur de sainteté en l’année 1466.

Le château de Prémery fut la maison de plaisance des évêques de Nevers jusqu’au milieu du dix septième siècle.

Prémery est situé entre des collines élevées et resserrées sur la rive gauche de la branche de la Nièvre dite de Saint Benin des Bois et aussi sur la route de Clamecy et de Corbigny à Nevers.

Pendant la Révolution et depuis 1789, Prémery avait une administration de district. Il y avait un juge de paix, deux notaires, un receveur de contrée qui recevait aussi les impositions de Sichamps et de Lurcy le Bourg, un bureau d’enregistrement, un autre pour les réunis et une brigade de gendarmerie. Le territoire est fertile en grains et en pâturages. On y voyait des vignes sur le penchant de quelques collines et leur cime couronnée de vastes forêts. A peu de distance de Prémery, il existait un haut fourneau pour la fonte du minerai de ce canton et trois forges, mais le fer qu’elles fabriquaient était aigre et cassant.

Le marché se tenait à Prémery tous les mardis et, d’ordinaire il était abondamment pourvu de grains. En outre on y avait établi trois foires par an, les 2 mai, 27 août et 6 septembre et le commerce s’y pourvoyait de grains, de bestiaux, de fer, de bois et de chanvre.


Source

  • Département de la Nièvre et des petites contrées qui en dépendent. Tome 1 par Jean Née de La Rochelle et Pierre Gillet (1827)
  • Le patrimoine des communes de France. Flohic éditions
  • Martine NOËL (discussion)

Notes et références

Notes


References