Les Evêques de Nevers

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Les Evêques de Nevers

Document publié en 1927 par Mgr Pierre CHATELUS, évêque de Nevers

Les anciens Conciles nationaux, etc., nous ont conservé quelques noms d'évêques. D'autres sont connus par les chartes émanées d'eux ou à eux données par les rois. Les notes dites Annales Nivernenses (1) qui sont contemporaines des événements pour les XIe et XIIe siècles sont d'un précieux secours. La Hierarchia Catholica du R. P. Eubel nous aide à débrouiller la période 1200-1600. Pour les XVIIe et XVIIIe siècles les auteurs contemporains (Gallia Christ, de Robert de Langres ; Gall. Christ, des Sainte-Marthe ; Gallia Christ, des Bénédictins ; Parmentier, Histoire des Evêques de Nevers) suffisent à la besogne. Du VIe au IXe siècle, nous n'avions qu'à suivre Mgr Duchesne (Fastes Episcopaux, t. II. 2e éd., p. 479, etc.). Le plus ancien catalogue épiscopal de Nevers remonte au XIe siècle. On le trouve dans le Sacramentaire (2) d'Hugue-le-Grand (n° 17.333 des manuscrits du fonds latin de la Bibliothèque Nationale, à Paris), en marge du Mémento des Morts L'auteur présente ainsi son œuvre : « Hæc sunt nomina episcoporum aecclesiae nivernensis quæ inuenire potuimus ». Il nous offre le fruit de ses recherches et non pas la copie d'un document traditionnel. Ce catalogue a été reproduit (Mgr Duchesne contre L. Delisie qui donne la priorité à l'Evangéliaire) sur l'Evangéliaire Nivernais du IXe siècle, conservé au Bristish Musœum (3). Dans les deux catalogues le premier nom a été gratté avec cette différence que, dans leSacramentaire le grattage est radical, tandis que, dans l'Evangéliaire, il a laissé subsister les deux dernières lettres du nom. C'en est assez pour permettre de constater que ce premier nom est de la même main que les suivants et qu'il comportait onze lettres (4).

Nous donnons ici le texte de l'Evangéliaire parce qu'il est plus facile à reproduire dans sa forme originale : /us, S. Arigius, S. Eulalius, S. Gislebertus, S. Rorgus, S. Icterius, S. Euladius, S. Agricola, S. Oportunus. S. Nictarius, S. Waldo, S. Deodatus, S. Evartius, S. Hieronimus, Jonas, Heneas, Guineredus, Hugo, Bertarius, Herimannus, Raginus, Ragimfredus, Abbo, Eumenus, Franco... (La liste continue jusqu'à Hugo secundus inclusivement. Nous l'arrêtons ici, puisqu'elle n'offre plus de difficulté sérieuse depuis Franco). La plupart de ces noms reparaîtront dans la liste chronologique (voir plus loin), où plusieurs garderont la place relative qu'ils ont dans la liste ancienne. Un nom, emprunté au Vita Severini Agaunensis qui est un faux, n'a pas été maintenu. Quelques noms semblent être des doublets. Le nom de Ragimfredus est connu par une charte d'Hériman (charte 3 du Cartul. de Saint-Cyr) où il est qualifié « quondam vocatus episcopus », ce qui peut indiquer qu'il n'a pas été consacré. En tout cas, il a certainement précédé Hériman. Restent Gislebertus, Oportunus, Waldo, S. Deodatus (5), Evartius, Heneas, Guineredus, Hugo, Bertarius, Raginus, sur lesquels on est mal documenté et à qui il est difficile d'assigner une place dans la liste chronologique, sans compter qu'elle laisse peu de places vides, sauf au VIIIe siècle. On pensera, si l'on veut, que nos deux anciennes listes, avant grattage, commençaient par Tauricianus ; en tout cas, elles ont ignoré quelques noms qui réclament leur place dans la liste chronologique.

(1) Les Annales Nivernenses sont des notes mises en marge d'un traité de Comput provenant de la cathédrale de Nevers et actuellement au Bristish Musœum à Londres, n° 3091 du fonds Harléien. Ce traité est du IXe siècle. Les notes ont été ajoutées aux XIe et XIIe siècles. (Bull. Soc Niv t. XIII, p. 253). (2) II a été édité chez Fay, imprimeur à Nevers, en 1873, aux frais et par les soins de la Société Nivernaise des lettres, sciences et arts, sous ce titre : Sacramentarium ad usum Œcclesiœ Nivernensis. Le catalogue épiscopal s'y lit à la page 141, sur deux colonnes, alors que dans l'original les noms sont sur une seule colonne. Il va de première main jusqu'à Hugo secondas exclusivement. Il a été continué ensuite par diverses mains et avec des lacunes jusqu'à Gilles II du Châtelet. Il se termine dans l'original par cette mention négligée par les éditeurs nivernais : Predicta [nomina] scripta sunt in pariete aule de Ursiaco (XIVe siècle). (3) N° 2790 du fonds Harléien. (4) Bail. Soc. Nivern., t. XIII., p. 217, etc. (5) L'identification de ce Saint avec Saint Die des Vosges n'a pas été établie jusqu'ici.


Liste chronologique des évêques de l'ancien Diocèse de Nevers

Faute de connaître le nombre des évêques, il est impossible de leur donner un classement définitif; il faut donc se contenter de simples nos d'ordre.

1. TAURICIEN. — A souscrit au concile d'Epaone en 517.

2. RUSTIQUE. — A souscrit au 3e concile d'Orléans en 538 et au 4e en 541.

3. S. ARE — Assista au 5e concile d'Orléans en 549 et au 2e de Paris en 551. Le Martyrologe de l'abbaye Notre-Dame de Nevers (XIVe s.) place sa mort à Decize (Bull. Soc. Nivem. des lettres, etc., t. XXIIe, p. 45).

4. S. EULADE — Assista au 2e concile de Lyon, en 570, où il a signé Æoladius. C'est l'évêque Euladius des listes du XIe siècle.

5. S. ARIGLE (Agricola). - Assista en 581 aux conciles de Lyon et de Mâcon et, en 585, à celui de Mâcon; figura, en 590, parmi les enquêteurs dans l'affaire des religieuses de Poitiers.

6. RAURECUS (Rauracus). — Siégea aux conciles de Paris en 614 de Clichy en 627, de Chalon-sur-Saône en 650 ; signa, en 654, le privilège de Clovis II pour Saint-Denis. Il est le Rorgus des listes du XIe siècle.

7. LEOBAUDUS. - Signa, en 660, aux deux privilèges d'Emmon, métropolitain de Sens, en faveur de Sainte-Colombe et de Saint-Pierre-le-Vif de Sens, dans celui-ci sous le nom de Leodebaldus et sans indication de siège.

8. S. ITHIER — A signé « Hectarius » à la confirmation du privilège de Sainte-Colombe de Sens en 695. On pense que ce nom a donné naissance aux doublets « Nectarius » et « Nictanus ».

9. S. JEROME. — Contemporain de Charlemagne qui lui délivra une charte de restitution des biens de son Eglise. La charte 28 (Cartul. de Saint-Cyr), datée de 817, parle de lui en ces termes : « ...bonæ memoriæ domnus quondam Hiéronymus episcopus ». Il n'a donc guère survécu à Charlemagne et peut-être était-il évêque dès la fin du VIIIe siècle.

10. JONAS. — Mentionné dans la charte de 817. Il obtint des lettres de Louis-le-Pieux et de Pépin I d'Aquitaine ; on le trouve en 829 au concile de Paris.

11. GERFREDUS. — Figure parmi les signataires du privilège d'Aldric de Sens en 833 (?).

12. HERIMAN (Herman : Germain). — II obtint de Charles-le-Chauve plusieurs chartes relatives aux biens et aux droits de son Eglise. La plus ancienne est du 12 janvier 841. Il prit part aussi à divers actes synodaux, mais son état de santé (démence intermittente) finit par le mettre dans l'impossibilité de remplir ses fonctions. En 858, l'archevêque de Sens Wenilo et ses autres suffragants écrivirent à ce sujet au Pape Nicolas. Son anniversaire était commémoré à Nevers le 22 juillet.

13. ABBON. — Sa signature figure au bas des deux privilèges pour Saint-Denis, délivrés à Soissons, en 862, par les évêques précédemment réunis à Pistes. Il est sûr qu'Abbon assista, en 866, au concile de Soissons ; il est ensuite mentionné dans les chartes jusqu'au 12 janvier 881.

14. EUMENE. — Une des notes du Sacramentaire allègue une charte de 885 où il était nommé (2) Mgr Crosnier (Monogr. de la Cathédrale, p. 354) a publié une charte de Charles-le-Gros, datée de 888, qui est pour le moins suspecte (Mgr Duchesne, Fastes, II, p. 485, note 7). C'est la charte 34 du Cartulaire de Saint-Cyr.. Il est mentionné aussi dans un diplôme authentique de Charles-le-Chauve, daté du 17 août 886. En juillet 891, il assista au concile de Mehun-sur-Loire.

15. FRANCO. — Chartes du roi Eudes, 11 juillet 894, et de Franco lui-même, en 897 et 903.

16. ATTON. — A signé à Bourges, le 11 septembre 910, la charte par laquelle Guillaume, duc d'Aquitaine et comte d'Auvergne, donna Cluny à l'abbé Bernon pour y établir des moines de l'Ordre de S. Benoît (A. Bruel, Recueil des chartes de Cluny, t. I, p. 12.4).

NB: Le manuscrit de Robert d'Auxerre lui donne le surnom de « Cooperator » dont on n'a pu fournir jusqu'ici une explication satisfaisante.

17. LAUNON. — « 921. Ordinatio Launi episcopi... 928. Obiit Launo episcopus 7 idus augusti » (Annales Nivernenses).

18. TEDALGRIN. — « In ipso anno [928] ordinatio Tedelgrini episcopi... 949. Mortuus est autem Tedalgrinus episcopus 3 idus maii » (Ann. Niv.).

19. GOSBERTUS. — La date de son ordination n'est pas indiquée dans Annales Nivernenses. « 958. Obiit Gauzbertus episcopus kalendas septembris » (Ann. Niv.) (3) Quelques listes placent, après Gosbert. un évêque Girard en alléguant une charte du Cartul. de Saint-Cyr (charte 53). Cette charte parle bien d'un évêque Girard, mais ne dit pas qu'il était évêque de Nevers..

20. NATRAN. — Moine bénédictin, abbé de Saint-Rémi, puis de Saint-Héraclée, de Saint-Pierre-de-Ferrières et de Saint-Pierre-le-Vif de Sens. « 959. Hoc anno ordinatus est Natrannus episcopus 13 kal. aprilis... 978. Hoc anno obiit Natrannus episcopus 6 kal. martii » (Ann. Niv.).

21. ROCLENE. — « 978. In ipso anno ordinatio Rocleni jun. 29 episcopi missa sancti Pétri 3 kal. jul. die dominica (4) C'est en 979, non en 978, que le 29 juin est tombé un dimanche.... 1011. In hoc anno obiit Roclenus episcopus non. marcii diem mercuris post mediam quadragesiman » (Ann. Niv.).

22. GIRARD - « 1015. In hoc anno fuit ordinatio Girardi Nivernensis episcopi et defunctio ejusdem » (Ann. Niv.).

23. HUGUES. dit le Vieux (5) Cette expression est de Guy Coquille. Elle est basée, à tort, sur les 54 ans de règne de cet évêque qui fut élu à l'âge de 4 ans, dit-on, par la simonie de ses parents. Hugues-le-Grand fit construire une cathédrale dont il reste l'abside occidentale : « 1058. Hoc anno 7 kal. novembris dedicato Nivernis matris ecclesiœ ab Hugone eiusdem civitatis episcopo cum duobus alils episcopis et permaxima clericorum et liaïcorum turba in honorem sanctorum martyrum Ciryci et Julittœ matris eius sociorumque eorum » (//Annales Nivernenses//). Hugues-le-Grand était de la famille des seigneurs de Champallement, apparentée aux Comtes de Nevers. ou le Grand. — «1016. Hoc anno fuit intronizatio Hugonis episcopi Nivernensis 8 kal. Nov. natale sanctorum Crispini et Crispiniani mar.. 1069. Hoc anno obiit Domnus persul Hugo nonas mali » (Ann. Niv.). — Il faut peut-être rapporter cette note à 1068 ou admettre que Hugues-le-Grand avait donné sa démission (Voir le suivant).

24. MAULGUIN. — Archidiacre de Nevers. Les Annales Nivern. n'ont pas conservé son nom. Il donna en 1068 à l'abbé de Cluny le monastère de Saint-Etienne de Nevers. Le Nécrologe marquait sa mort au 1er juin. Les chroniques manuscrites du prieuré Saint-Etienne disent qu'il est enterré dans cette église (Parmentier, Hist. des Evêq.).

25. HUGUES III, neveu de Hugues-le-Grand. — « 1074. Electio domni Hugonis presulis 3 kal. julii die dominico » (Ann. Nivern.). Intronisé la même année, le samedi 1er novembre. Par son testament, daté du même jour, il avait choisi Saint-Etienne comme lieu de sa sépulture (Cartul. de Saint-Cyr, charte 75).

26. GUY. — « 1097. Ordinatio Widonis episcopi 8 id. decemb... 1099. Obiit Wido episcopus 4 kal maii [28 avril] ». Sa mort était marquée au 29 avril dans le Martyrologe.

27. HERVE. — « 1099. Et ordinacio Hervei episcopi » (Ann.. Niver.). Voir la lettre 76 d'Yves de Chartres. « 1110. Hoc anno migravit ex hoc mundo domnus Hervæus presul 6 idus augusti feria 2 [lundi 8 août] » (Ann. Niver.).

28 HUGUES IV. — « 1110. Et ordinatio Hugonis episcopi... 1119. Hoc anno obiit Hugo IIIIus episcopus Nivernensis... » (Ann. Niver.). Le Martyrologe marquait sa mort au V des cal. de mars.

29 FROMOND. — Abbé de Saint-Martin de Nevers. « 1119. Et intronizatio Fromundi presulis... 1145. Hoc anno obiit Fromundus presul. » (Ann. Niver.).Le Nécrologe marquait sa mort au 3 des cal. de décembre, contre le Martyrologe qui la marquait aux cal. de décembre.

30. GEOFFROY — Dans les Annales Nivern. on lit entre les années 1146 et 1147 : « Hoc anno intronizatio Gaufredi presulis...1159. Obiit Gaufridus presul ».

31. Bernard de SAINT-SAULGE. — « 1159. Eodem anno intronizatio domini Bernardi.... 1176. Obiit Bemardus presul V idus januarii » (Ann. Niver.).

32. THIBAULT —Doyen du Chapitre. « 1176. Et electus est T [eobaldus] decanus in eodemÏ mense [januario] et intronizatus m eodem anno... 1188. Hoc anno obiit felicis memorie Teobaldus Nivernensis episcopus » (Ann. Niver.).

33 JEAN — Etait évêque dès 1188 puisque cette année-là il confirma au prévôt de Chambon la propriété de l'église Sainte-Valière au faubourg de Nevers. « 1196. Hoc anno defunctus est Johannes prœsul, XII kal. julii [jeudi 20 juin] » (Ann. Niver.). Inhumé dans le chœur de l'église de Prémery (Parmentier).

34 GAUTHIER DE POUGY. - Archidiacre de Troyes. « 1196, Atque electus est V idus augusti [9 août] Galterius presul » (Annales Nivernenses, qui se terminent ici). - Mort avant le 3 des ides de janvier 1202 (nouveau style).

35. GUILLAUME DE SAINT-LAZARE.— C'est, dit-on, le premier évêque de Nevers élu par le Chapitre seul. Le 17 des cal. d'avril [16 mars], indict. V [1202], Innocent III écrivit à l'archevêque de Sens de suspendre ad cautelam l'évêque de Nevers (Gall. Christ. t. XII, col. 641). — II mourut le 10 mai 1221 (Nécrol. et Martyrol.). Enterré au milieu du chœur de la cathédrale dans un tombeau « élevé » qui fut ôté le mercredi 27 décembre 1769 (Parmentier).

36. GERVAIS DE CHATEAUNEUF. — Chanoine de Chartres. Elu avant le 12 janvier 1222 (Voir Bulle d'Honorius III, Latran 2 des ides de janvier, 6e année du pontificat). Il fut consacré par Honorius III, dans la 7e année de ce pape (Eubel, t. I., 2e édit.) — II mourut le 4 décembre [1222] d'après le Nécrologe, contre le Martyrologe qui dit 7 décembre.

Curieuse note additionnelle [XIIIe siècle] du manuscrit de Robert d'Auxerre : « Cui Guilllelmo [de Sancto Lazaro] successit Gervasius de Castro, moribus ornatus, genere nobilis, qui consecratus in episcopum, mensibus sex, diebus tribus tanfum rexit ecclesiam. Cui successit Philippus » (Bibl. de l'Ecole de Chartres, t. LVIII p 54 et Hist. litt. de la France, t. XXXII, p. 530). Ce Philippe est une énigme.

37. REGNAUD. — Par une lettre du 8 février 1223, le doyen de Nevers annonce à Philippe-Auguste l'élection à l'épiscopat de Regnaud « concanonicum nostrum » (Layettes du Trésor des Chartes I, 558 : cité par R. de Lespinasse dans Comtes de Nevers, t. II, p. 131, n° 1). D'après le Martyrol., il serait mort le 5 des cal. d'août [28 juillet] 1230 ; mais un acte de décembre 1229 (Abbé Boutillier, Invent. des Arch. communales de Nevers, GG. 29) oblige de placer cette mort en 1229.

38. RAOUL DE BEAUVAIS. — Grégoire IX nomma, le jour de Pâques 1232 [11 avril], comme évêque de Nevers. Raoul de Beauvais, qui était alors près de lui. — Le Martyrol. marquait sa mort au 12 des cal. de décembre [21 novembre]. Une charte de la Collégiale de Prémery (Parmentier) prouve que le siège était vacant en décembre 1239. Raoul serait mort, dit-on, en route pour la 6e croisade.

39. ROBERT CORNU. — On mentionne de lui 2 actes datés de décembre 1240. Le Nécrol. met sa mort au 19 des cal. de février [14 janvier] 1252. — Henri Cornu, archidiacre de Chartres et trésorier de Nevers, fut nommé administrateur de l'évêché de Nevers pour un an par Innocent IV, le 9 juin 1253. Il fut pourvu de l'archevêché de Sens le 24 mai 1254.

40. GUILLAUME DE GRANDPUY. — Le 8 mars 1255, Alexandre V lui consfirme l'évêché de Nevers et ordonne en même temps une enquête sur lui sous le rapport tant de la « littérature » que de la « vue » (Eubel, I). Guillaume assista comme « évêque élu de Nevers » à l'assemblée du 31 juillet 1256 touchant les disputes entre Guillaume de Saint-Amour et les Dominicains (Chartularium Universitatis Parisien, par Denifle et Châtelain, t. I, p. 329 — Le Nécrol. Marquait sa mort au 31 mai 1260.

41 ROBERT DE MARIZY. - Le siège était vacant le 25 juin 1260 (Arch. Dép. Nièvre, G, chapitre. — Satinges). Mais, dès octobre 1260, Robert, évêque de Nevers, paraît dans un dénombrement donné à l'évêque d'Autun (De Charmasse, Cartulaire de l'Evêché d'Autun, p. 113. — Le Nécrol. place sa mort au 4 des cal. de janvier [29 décembre] ; l'année est nécessairement 1275 (Voir Parmentier).

42. GILLES DE CHATEAU-RENAUD. - Archidiacre de Gâtinais au diocèse de Sens. Son élection fut confirmée le 26 février 1279 par Nicolas III. Serait mort le 17 des cal. de septembre [16 août] d'après le Nécrologe (copie de Baluze, dans Cartul. de Saint-Cyr, p. 215) — Voir aussi Gall. Christ., t. XII, charte LXVII de l'Eglise de Nevers.

43. GILLES DU CHATELET. — Notaire du Souverain Pontife. Nommé à Nevers par Honorius III, le 23 juillet 1285. - Mort le 28 juillet 1294 (Eubel, t. I). Le Nécrologe (Baluze, dans Cartul. Saint-Cyr, loc. cit.) la place au 30 juillet.

44. JEAN DE SAVIGNY. — Chanoine de Chartres, chapelain du Souverain Pontife. Nommé à Nevers, le 28 mars 1295, par Boniface VIII. — Fit son testament le samedi après la Pentecôte, 1er iuin 1314. Le Nécrol., 4 juin, dit : « Eodem die Johannes de Savigniaco episcopus Nivernensis ».

45 GUILLAUME BEAUFILS, de La Charité-sur-Loire. — Elu avant le 28 septembre 1315, puisqu'il approuve à cette date la fondation de la chapelle Saint-Louis à la Cathédrale. « Joyeuse entrée » le 6 janvier 1315/1316 (6) Le premier millésime est la date du document, le second est la traduction de cette date en style actuel dit nouveau style. (Bull. Soc. Niv., t. XVIII, p. 360). — Mort (7) On accusa le cuisinier du chanoine Fauveau d'avoir empoisonné l'évêque (Boutaric, Invent, des Actes du Parlement, n° 6438). en 1319, le 29 décembre (Nécrol., Baluze) ou le 2 février (Eubel, I).

46. PIERRE BERTRAND (8) Bertrand est le nom de famille. Petrus Bertrandi = Petrus [filius] Bertrandi.. — Archidiacre de Billom dans l'Eglise de Clermont. Nommé à Nevers, le 28 juin 1320, par Jean XXII (Eubel, I). — Transféré à Autun, le 19 mars 1322. Devint Cardinal.

47. BERTRAND, dit le Gascon. — Archidiacre « de Bariaco » dans l'Eglise de Comminges. Nommé à Nevers, le 19 mai 1322 par Jean XXII (Eubel, I). « Entrée » le 25 mars, dimanche Judica me, 1329/1330 (9) Pourquoi a-t-il fait son « entrée » à Nevers si tardivement? Peut-être à cause des travaux de la cathédrale dont le chœur et le sanctuaire avaient été détruits par l'incendie général de 1308. L'évêché avait peut-être souffert aussi de l'incendie.. Mais, dès 1323 et années suivantes, il donna des chartes datées des châteaux de Prémery, Parzy, Urzy (10) On reconnaît ici trois des quatre châteaux de l'évêché. Le quatrième était à Aubigny-sur-Loire, en Berry, mais dans le diocèse de Nevers., ou du faubourg de Martelet, près Nevers. Sa dernière charte connue est du 4 septembre 1332 (Parmentier). Il était encore vivant le lundi avant la Madeleine, 19 juillet 1333 (Voir Archives de la Porte du Croux, charte n° 126, .Fonds de Bellev.).

48. JEAN MANDEVILLAIN. — Assiste en qualité d'évêque élu de Nevers, le 19 décembre 1333, à l'Assemblée de Vincennes, convoquée par Philippe de Valois (Cartul. Univers. Parisien., par Denifle et Châtelain, t. II, p. 42). — Transféré à Arras, le 12 septembre 1334, par Jean XXII (Eubel, I).

49. PIERRE DE COLOMBIERS. — Doyen de l'Eglise de Saint-Quentin de Noyon, sous-diacre, neveu de l'évêque Pierre Bertrand. Nommé à Nevers par Benoît XII, le 20 janvier 1335 (Eubel, I). « Entrée » le 23 février, dim. de la Quinquagésime 1338. — Transféré à Arras par le même, le 15 mars 1339. — Devint Cardinal.

50. BERTRAND TISSANDIER. — Evêque de Bologne ; transféré à Nevers par Benoît XII, le 15 mars 1339 (Eubel, I). « Entrée » 1e 4 mars, mardi après les Brandons, 1342/1343 (Copie du Livre Noir, à l'Evêché). Le 10 juillet 1359, Innocent VI le chargea de fulminer l'excommunication contre les hérétiques d'Autun (Mém. de la Soc. Eduenne, nouv. série, t. XXVI, p. 101). Il mourut peu après.

51. RENAUD DE MOULINS. — Archidiacre d'Etampes dans l'Eglise de Sens. Nommé à Nevers, le 6 novembre 1359, par Innocent VI. N'était pas encore consacré quand il mourut apud sanctam Sedem (Eubel, I).

52. PIERRE-AYCELIN DE MONTAIGU. — Prieur de Saint-Sauveur, 0. B., diocèse de Vienne, diacre, docteur en décrets. Nommé à Nevers, le 2 août 1361, par Innocent VI (Eubel, I). — Transféré à Laon, le 8 janvier 1371, par Grégoire XI. Devint Cardinal.

53. JEAN DE NEUFCHATEAU. — Trésorier de l'Eglise de Besançon, docteur en décret, minoré. Nommé à Nevers, le 10 février 1371, par Grégoire XI (Eubel, I). « Entrée » en août 1372 (Parmentier). — Transféré à Toul, le 27 août 1372, par Grégoire XI. Devint Cardinal.

54 PIERRE DE VILLIERS. — Né à. Villiers-Herbisse (cant. d'Arcis-sur-Aube, dép. de l'Aube) ; de l'ordre des Frères-Prêcheurs Nommé à Nevers, le 27 août 1372, par Grégoire XI (Eubel, I). — Transféré à Troyes par le même, le 12 septembre 1375.

55 PIERRE DE JAUCOURT, seigneur de Dinteville. — Trésorier de l'église de Besançon, docteur in utroque. Nommé à Nevers par Grégoire XI, le 12 septembre 1375 (Eubel, I). La date de sa mort n est pas connue.

56. MAURICE DE COULANGES-LA-VINEUSE. — De l'ordre des Frères-Prêcheurs, couvent d'Auxerre. Nommé à Nevers, le 1er avril 1384, par Clément VII d'Avignon (Eubel, I). — Mort le 16 janvier 1394/1395. Inhumé dans le sanctuaire de la cathédrale, côté de l'Evangile, où sa dalle (11) Aujourd'hui dans la chapelle de l'Assomption. de marbre noir se vit jusqu'en 1905.

57. PHILIPPE FROMENT. — De l'ordre des Frères-Prêcheurs. Nommé à Nevers, le 1er février 1395, par Benoît XIII d'Avignon (Eubel, I). — Mort le 20 janvier 1400/1401. Inhumé au milieu du chœur de la Cathédrale. Il jeûnait et priait continuellement pour son troupeau, disaient les contemporains.

58. ROBERT DE DANGEUL (alias Dangeau). — Doyen de Chartres archidiacre de Paris. Elu le 18 mars, vendredi après Lætare, 1400/1401. Consacré à Conflans, chez le Duc de Bourgogne (12) Le duc fit les frais de la fête. (E. Petit, Itinéraire des Ducs de Bourgogne, p. 342). le 29 mai 1401, par Guillaume de Dormans, archevêque de Sens — Mort le 22 juillet 1430. Inhumé à la Cathédrale au côté droit du maître-autel, entre deux piliers, dans un tombeau élevé (Parmentier).

59. JEAN GERMAIN. — Maître en théologie, doyen de l'église de Dijon appelée Chapelle Ducale, au diocèse de Langres. Nommé à Nevers par Martin V, le 15 décembre 1430 (Eubel, I). — Transféré à Chalon-sur-Saône, le 20 août 1536, par Eugène IV (Eubel, II).

60. JEAN VIVIEN. — Archidiacre de Beaune dans l'Eglise d'Autun. S'engage, le 26 septembre 1436, à payer les servitia communia (Eubel, II) pour l'évêché de Nevers auquel il aurait été nommé, le 30 août 1436, par Eugène IV (Fisquet). Son dernier acte connu est du 12 août 1444 (Parmentier). En juillet 1445, les chanoines furent mis en possession de ses meubles que le procureur du roi avait fait saisir et les firent inventorier (Parmentier).

61 JEAN TRONSON (alias Troufon). — Archidiacre de Bruxelles en l'Eglise de Cambrai, acolythe du Souverain Pontife, licencié in utroque. Nommé à Nevers par Eugène IV, le 17 septembre 1445 (Parmentier). S'engage, le 8 octobre 1445, à payer les communia servitia (Eubel, II). Ne peut s'installer par suite de l'intrusion de Jean d'Etampes dont le roi de France soutenait l'élection (13) Le comte de Nevers était du parti du Pape et de Tronson.. Le diocèse fut troublé par ces luttes qui cessèrent par la mort ou par le désistement de Jean Tronson.

62. JEAN D'ETAMPES. — Trésorier de Nevers. « Intrus le 29 mai 1446, consacré sans lettres apostoliques, maintenant absous de toute sentence », s'oblige, le 15 janvier 1448, à payer les communia servitia (Eubel, II). — Résigna au suivant. Mort le 24 décembre 1462. Inhumé à la Cathédrale, chapelle de Saint-André (14) Abbé Sery, Petit Guide de la Basilique Saint-Cyr, p. 33..

63. PIERRE DE FONTENAY. — Neveu du précédent. Docteur in utroque, trésorier de Nevers. abbé de Bellevaux. Nommé à Nevers par Pie II, le 23 septembre 1461 (Eubel, II). « Entrée » le 4 avril 1462. — Mort le 3 juin 1499 (Parmentier). Michel Cotignon dit qu'il fut enterré devant le grand autel, à la Cathédrale (15) Michel Cotignon, Catalogue historial, p. 91..

64. FERNAND COTIGNUS(?) ou d'Almeïda. — Evêque de Ceuta. Pourvu de l'évêché de Nevers, le 19 juin 1499, sur la recommandation de Louis XII. — Mort le 7 janvier suivant (Parmentier) sans avoir pris possession.

65. PHILIPPE DE CLEVES. — Protonotaire apostolique. Eubel (t. II, passim) dit de lui : Pourvu de l'évêché de Nevers le 24 janvier 1500 ; chargé de l'administration de l'évêché d'Amiens le 14 juin 1501 — Transféré à Autun le 29 août 1503 (Eubel, II). Il semble s'être réservé la maison épiscopale de Nevers, puisqu'il y mourut le 4 mars 1504/1505.

Nicolas, cardinal de Fiesque, évêque de Fréjus, fut nommé administrateur de Nevers après le 9 août 1503 (Eubel, III).Il résigna deux ans après, reservato regressu (Id.).

66. ANTOINE DE FEURS. — Le Chapitre, après la mort de Philippe de Clèves, partagea ses voix entre Antoine de Feurs, doyen de Lyon. et Imbert de la Platière, doyen de Nevers, homme peu recommandable (Parmentier). Antoine de Feurs fut pourvu par le Pape le 31 mars 1505 (Eubel, III).

67. JEAN BOHIER. — Chanoine de Paris, frère de l'archevêque de Bourges. Pou'rvu de Nevers le 7 février 1508 (Eubel. III). « Entrée » le 29 octobre 1508. — Mort le 31 juillet 1512 au château de Prémery. Inhumé à Nevers (Parmentier).

68. IMBERT DE LA PLATIERE. — Doyen de Nevers. Dernier évêque de Nevers nommé par l'élection. Consacré le 9 janvier 1513 (Abbé Chartraire, Cartulaire de Sens, p. 213). Son testament, où il répare les fautes du Doyen, est du 30 janvier 1518/1519, maison épiscopale de Nevers (16) Arch. dép. Nièvre, Fonds du château des Bordes.. C'est là, et non à Paris, qu'il mourut le 12 février 1519. Enterré in medio chori ante pedes Apostolorum (Martyrol.).

69. JACQUES, bâtard D'ALBRET. — Prêtre du dioc. de Limoges. Pourvu le 14 mars 1519. — Mort le 22 février, dimanche Reminiscere, 1539/1540, à Saint-Amand, dioc. de Bourges.

70. CHARLES DE BOURBON. — Clerc du dioc. de Meaux, âgé de 16 ans, prince du sang. Nommé par le Roi ; pourvu de Nevers le 5 juillet 1540 (Eubel, III). Semble n'avoir pas résidé.

Thaddée Fumer, abbé 0. S. B., évêque de Sélivri, en Thrace, est chargé, en 1542, de l'administration de Nevers (Eubel, III, App. I).

71. JACQUES-PAUL SPIFAME. — Chanoine de Paris, docteur in utroque [candidat indigne], nommé par le Roi. Pourvu de Nevers le 5 mai 1546. Résigna en faveur du suivant (Eubel, III). Après la nomination de celui-ci, il s'enfuit subrepticement à Genève. Il y fut décapité comme adultère et faussaire en 1566.

72. GILLES SPIFAME (17) II assista au synode de Poissy en 1561. En novembre 1562, il partit pour le Concile de Trente et assista aux trois dernières sessions. C'est lui qui célébra la messe ordonnée par le Concile en action de grâce de la victoire de Dreux remportée par les Catholiques français sur les Huguenots..— Neveu du précédent ; Doyen de Soissons, licencié en décret. Le Roi Henri II attaqua la résignation de Jacques Spifame comme frauduleuse. Pie IV frappa Gilles de suspense ad cautelam puis ayant reconnu l'intégrité du suspect, il maintint la nomination, le 20 juin 1560 (Eubel, III). — Mort à Paris, le 7 avril 1578. Son corps, ramené à Nevers, resta trente jours à Sainte-Valière. Inhumé à droite du maître-autel, à la Cathédrale (Parmentier).

73. ARNAUD SORBIN, dit de Sainte-Foy (18) Appelé ainsi à-cause de la paroisse de Sainte-Foy, dans le diocèse de Toulouse, où il avait été curé. Prédicateur fameux de son temps.. — Théologien, prédicateur du Roi. Nommé par Henri III. Pourvu de l'évêché de Nevers le 26 mai 1578. — Mort à Nevers, le 1er mars 1606, à 74 ans (Parmentier).

74. EUSTACHE DU LYS (19) Né d'une famille établie en Nivernais depuis 1505 (Nobiliaire Nivern., t. II, p. 608). — Trésorier du Chapitre dès 1582. Vicaire général de Nevers. Prieur de Saint-Gildard en 1589. Consacré le 19 novembre 1606 dans la Collégiale de Melun. « Entrée et intronisation » les 9 et 10 décembre suivant. Consacra en 1634, à la Cathédrale, son neveu et filleul Eustache de Chéry. évêque de Philadelphie et coadjuteur de Nevers. — Mort au château de Prémery, le 17 juin 1643, à l'âge de 82 ans. Inhumé le 28 juillet dans le chœur de la Cathédrale ; ses entrailles proche le grand autel de l'église de Prémery, son cœur aux Capucins de Nevers (Parm.).

75. EUSTACHE DE CHERY. — Né à Rigny, près Nolay, le lundi 23 novembre 1592. Trésorier de Nevers à l'âge de 17 ans, coadjuteur de Nevers à l'âge de 42 ans. Le 17 juin 1643, deux heures après la mort de son oncle, il prit possession du siège en présence du Chapitre convoqué à cet effet. Le 27 avril 1659, il consacra dans l'église Sainte-Geneviève, à Paris, son neveu, Laurent de Chéry, évêque de Tripoli et coadjuteur de Nevers. Celui-ci étant mort en 1666, Eustache de Chéry se démit de l'évêché en faveur d'Edouard Valot, prieur de Saint-Révérien, qui lui céda son prieuré. — Mort au château de Prémery. qu'il s'était réservé, le dimanche 10 novembre 1669. Ses entrailles dans l'église de Prémery, son cœur dans le sanctuaire de l'abbaye Saint-Martin de Nevers (Parmentier) (20) II avait établi un séminaire à Saint-Martin, en 1567. Voir R. P. Ch. Payrard, Notes pour servir à l'histoire du grand séminaire de Nevers (1563-1793), dans Bull. Soc. Nivern.. t. XXI, pages 1 et suivantes..

76. EDOUARD VALOT. — Fils d'Antoine Valot, premier médecin de Louis XIV. Docteur en théologie, prieur de Saint-Révérien, abbé commendataire de Saint-Maurin, dioc. d'Agen, et de Saint-Aubin-des-Bois, dioc. de Saint-Brieuc. Nommé à Nevers le 8 septembre 1666. Consacré le 28 août suivant dans la chapelle de la Sorbonne. — En Juin -1705, il démissionna en faveur du suivant qu'il venait de choisir pour coadjuteur et se retira à Paris où il mourut le 3 septembre de la même année. Inhumé dans le sanctuaire des religieuses de l'Ave Maria du côté de l'Epître (Parmentier) (21) II avait transféré son séminaire à l'Oratoire en 1687 (Idem)..

77. EDOUARD BARGEDE, — Fils de Gaspard Bargedé, bailli de Saint-Léonard de Corbigny-en-Nivernois, dioc. d'Autun. Elevé à Nevers. Successivement curé de Montreuillon, de Saint-Arigle de Nevers ; vicaire général et official en 1694. Chantre du Chapitre en 1701. Nommé à l'évêché de Nevers le 1er novembre 1705. Consacré, le 2 mai 1706, à Paris, dans la chapelle du Noviciat des Jésuites. Arrivé à Nevers le 13 juin suivant. — Mort le 20 juillet 1719, à l'âge de 68 ans. Inhumé à la Cathédrale, entre la balustrade et l'Oratoire des Ducs (22) C'est-à-dire, près du trône épiscopal.. Ses entrailles à Saint-Sauveur (23) En 1709, ayant enlevé son séminaire aux Oratoriens, il le confia aux Jésuites après l'avoir établi à Saint-Sauveur de Nevers..

78. CHARLES-FONTAINE DES MONTEES. — Docteur en théologie, Doyen d'Orléans. Nommé à Nevers le 27 août 1719. Consacré à Paris dans l'église des Carmes-Déchaux. Arrivé à Nevers le 30 janvier 1720.— Mort le 20 février 1740 à Paris, où sa famille l'avait emmené • malade. Inhumé dans la maison de l'Oratoire dite de l'Institution, à Paris. Son cœur aux Carmes-Déchaux, même ville (24) II avait établi une école de théologie à l'abbaye Saint-Martin de Nevers, en laissant aux étudiants de son diocèse le choix entre cette école et le séminaire de Saint-Sauveur..

79. GUILLAUME D'HUGUES. — Né le 14 juillet 1687 au château de la Motte, en Provence. Vicaire général et official d'Embrun. Nommé à Nevers en septembre 1740. Consacré à Paris, chapelle du Séminaire de Saint-Sulpice, le 5 mars 1741. Arrivé à Nevers le 9 juin. — Transféré le 4 avril 1751 à l'archevêché de Vienne où il mourut en janvier 1772 ou 1774.

80. JEAN-ANTOINE TINSEAU. — Évêque de Belley en 1745. Transféré à Nevers le 4 avril 1751. Arrivé à Nevers le 9 novembre suivant. — Mort à Nevers le 24 septembre 1782 (25) En 1762, après le départ des Jésuites, il confia aux prêtres du diocèse le séminaire de Saint-Sauveur. — Sa notice est en blanc dans le manuscrit de Parmentier. Il avait engagé Parmentier à écrire l'Histoire des Évêques de Nevers. Parmentier lui faisait porter les feuilles de son travail au fur et à mesure. L'évêque déchira sa propre notice en disant : « Je ne veux pas être loué en face »..

81. PIERRE DE SEGUIRAN. — Né à Aix-en-Provence le 19 avril 1735. Jésuite, jusqu'en 1762, date de la suppression de la Compagnie. Puis vicaire général de Narbonne. Coadjuteur de Nevers le 14 juillet 1782. Consacré, le 5 janvier 1788, dans l'église de Villejuif, près Paris. Arrivé à Nevers le 17 avril 1788. — Mort à Nevers le vendredi 3 avril 1789, en rentrant des Etats du Bailliage de Saint-Pierre-le-Moûtier qu'il avait présidés. Inhumé à la Cathédrale.

82. LOUIS-JÉRÔME DE SUFFREN DE SAINT-TROPEZ. — Né au diocèse d'Arles en 1722, il était frère du bailli de Suffren. Evêque de Sisteron depuis 1764. Transféré à Nevers en juin 1789. Arrivé en novembre. Refusa le serment constitutionnel et se réfugia à Turin en 1794. — Mort le mardi 21 juin 1796. Inhumé à la Cathédrale de Turin dans le caveau du Chapitre. Il fut le dernier évêque de l'ancien diocèse de Nevers.


Le nombre des prêtres assermentés fut environ des 2/3 dans le département de la Nièvre ; mais un certain nombre ne prêtèrent le serment qu'avec des restrictions. L'évêque « intrus » fut Tollet, curé de Vandenesse, élu le 20 février 1791. — Cinq prêtres nivernais tombèrent dans les massacres des 2 et 3 septembre 1792 à Paris. Ce sont les Bienheureux Desprez de Roche, né à Decize, vicaire général de Nevers, puis de Paris ; Fougère, de Paris, curé de Saint-Laurent de Nevers, député aux Etats-Généraux ; Balmain, de Luzy, jésuite ; Thomas Bonotte, d'Entrains, jésuite : et un cinquième, Guillaumot, dont la cause est encore en suspens (1927). — En février 1794, soixante-un prêtres nivernais furent déportés de Nevers à Brest dans des conditions atroces. Quatorze seulement survécurent.


La Nièvre réunie au diocèse d'Autun (1801-1823) - Les évêques d'Autun de cette période

1. GABRIEL-FRANÇOIS MOREAU — Dernier évêque du diocèse supprimé de Mâcon. Transféré à Autun après le Concordat de 1801. Prit possession le 30 mai 1802. Mort le 8 septembre 1802 à l'âge de 82 ans.

Philibert-Claude Groult. — Docteur de l'ancienne Sorbonne, vicaire général de Mâcon. Insermenté. Exilé pendant la Révolution. Le cardinal légat le nomma, le 15 septembre 1802, administrateur apostolique du diocèse d'Autun pendant la vacance du siège. Devint ensuite vicaire général d'Autun sous Fr. de Fontanges et ses successeurs.

2. FRANÇOIS DE FONTANGES (1) Sous son épiscopat Pie VII passe à Nevers en allant, à Paris pour le sacre de Napoléon Ier. Mgr de Fontanges vint à Cosne pour le recevoir. — Le 19 juin 1812, Pie VII, prisonnier, s'arrêta quelques instants à Barbeloup, à l'endroit où l'on a élevé la Croix du Pape, (Abbé J.-M. Meunier, Les Passages du Pape VII dans la Nièvre).. — Ancien archevêque de Toulouse. Prit possession d'Autun le 30 mars 1803. — Mort à Autun, le 6 janvier 1806, victime de son dévouement pendant une épidémie.

3. FABIEN-SÉBASTIEN IMBERTIES. — Né à Cahors. Ancien jésuite. Sacré dans la chapelle des Tuileries le 8 décembre 1806. Visita en septembre et octobre 1808 les principales paroisses de la Nièvre et y administra la Confirmation (2) Sous son épiscopat, en 1817, une mission prêchée à Nevers donna lieu à des manifestions religieuses splendides».. — Mort à Autun le 25 janvier 1819.

4. ROCH-ETIENNE DE VICHY. — Ancien vicaire général d'Evreux. Aumônier de la reine Marie-Antoinette et de la duchesse d'Angoulême. Évêque de Soissons en 1817. Transféré à Autun le 30 juillet 1819. Administra la Confirmation à Nevers en septembre 1820.


Les évêques du nouveau diocèse de Nevers

1. JEAN-BAPTISTE-FRANÇOIS-NICOLAS MILLAUX. — Né à Rennes le 26 novembre 1756. Insermenté et exilé pendant la Révolution. En 1809 supérieur du Grand Séminaire de Rennes et vicaire général. Nommé à Nevers en 1823. Sacré à Paris le 6 juillet. Il fit son entrée à Nevers le 31 juillet. — Mort à Nevers le 19 février 1829.

2. CHARLES DE DOUHET D'AUZERS. — Né au château d'Auzers en Auvergne, le 11 mai 1774. Simple minoré à la Révolution. Exilé. Ordonné au Séminaire de Saint-Sulpice où il entra en 1806. Chanoine et vicaire général d'Amiens en 1822. Nommé à Nevers en 1820. Sacré au Séminaire Saint-Sulpice le 6 septembre 1829. — Mort à Nevers le 9 février 1834.

3 PAUL NAUDO. — Né aux Angles (Pyrénées-Orientales), le 22 octobre 1794. Nommé à Nevers le 22 juin 1834. Sacré à Paris le 9 novembre 1834. « Entrée » en décembre même année. — Transféré à l'archevêché d'Avignon en août 1842.

4. DOMINIQUE-AUGUSTIN DUFETRE. — Né à Lyon le 17 avril 1796. Vicaire général de Tours. Nommé à Nevers le 13 septembre 1842. Préconisé le 27 janvier 1843. Sacré dans la primatiale à Lyon le 12 mars 1843. Entrée à Nevers le 21 du même mois. — Mort à Nevers le 6 novembre 1860.

5. THÉODORE-AUGUSTIN FORCADE. — Né à Versailles le 2 mars 1816. Évêque de la Basse-Terre (Guadeloupe). Tranféré à Nevers en 1861. — Transféré le 21 mars 1873 à l'archevêché d'Aix. Mort le 12 septembre 1885 victime de son dévouement pendant le choléra.

6. THOMAS-CASIMIR-FRANÇOIS DE LADOUE. — Né à Saint-Sever (Landes), le 23 juillet 1817. Vicaire général d'Amiens, puis d'Auch. Nommé à Nevers en juillet 1873. Sacré à Lourdes le 21 septembre 1873. — Mort le 23 juillet 1877. Inhumé suivant son désir devant l'autel de N.-D. de Lourdes à la Cathédrale.

7. ETIENNE-ANTOINE-ALFRED LELONG. — Né à Chalon-sur-Saône le 3 décembre 1834. Vicaire général d'Autun. Nommé à Nevers le 21 août 1877. Préconisé le 21 septembre. Sacré le 21 novembre. — Mort le 16 novembre 1903. Inhumé le jeudi 19 novembre.

8. FRANÇOIS-LÉON GAUTHEY. — Né à Chalon-sur-Saône en 1848. Vïcaire général d'Autun en 1889. Préconisé à Nevers le 21 février 1906. Sacré le 25 février à Saint-Pierre de Rome par Pie X. Prise de possession par Mgr Garnier, vicaire général de Nevers, le 4 mars. Intronisé le 5 avril 1906. — Transféré à l'archevêché de Besançon le 20 janvier 1910. Mort le 25 juillet 1918. Inhumé à la Cathédrale de Besançon.

9. PIERRE CHATELUS. — Né le 27 novembre 1854, à Saint-Romain-le-Puy (Loire). Ordonné prêtre le 16 juin 1878 ; vicaire à Saint-Etienne en 1880 ; recteur de la basilique de Fourvière en 1893 ; chanoine titulaire de Lyon en 1901 : curé de Saint-François-de-Sales à Lyon en 1906. Nommé évêque de Nevers par Bref du 13 avril 1910 ; prise de possession par M. Garnier, vicaire général, le12 juin 1910 ; sacré le 29 juin 1910, dans l'église primatiale de Saint-Jean de Lyon ; intronisé à Nevers le 7 juillet 1910.

X. FRANCIS DENIAU. - Évêque de Nevers de 1998 à 2011, est décédé dimanche 12 janvier 2014 à la maison médicale Jeanne Garnier suite à un cancer.
Il est né le 3 octobre 1936 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) et a vécu sa formation sacerdotale au Séminaire Saint-Sulpice d’Issy-les Moulineaux. Il fut ordonné prêtre le 29 juin 1961 pour le diocèse de Paris, puis rattaché (à sa création en 1965) au diocèse de Nanterre.
Il fut nommé évêque de Nevers par le Pape Jean-Paul II le 26 juin 1998, suite à la nomination comme archevêque de Tours de Mgr Michel Moutel et il fut consacré évêque le 4 octobre 1998 en la cathédrale de Nevers.
Ses 13 années d’épiscopat furent marquées, entre autres, par le synode diocésain en 2005-2006 et par le dossier « toutes les raisons d’espérer en Nièvre » en 2010. Au sein de la conférence des évêques de France, il a été président du Comité épiscopal pour les relations avec le judaïsme de 2000 à 2005, puis membre du comité Études et projets de 2005 à 2011.
Il était Coprésident de l’Association œcuménique pour la recherche biblique. Il a publié « Mariage, approches pastorales » (Le Chalet, 1985), « Jésus, l’ami déroutant » (DDB, 2002), « Bernadette et nous, entre Lourdes et Nevers » (DDB-Lethielleux, 2008) et récemment « Un évêque en toute bonne foi » (Fayard, 2011) et « Chemins de vie, chemins de Dieu » (DDB, 2014).
Il s'était retiré dans le diocèse de Nanterre à la remise de sa charge en 2011, lorsque Mgr Thierry Brac de la Perrière fut nommé évêque de Nevers le 27 août 2011.
Ses funérailles ont été célébrées le vendredi 17 janvier 2014 à 14h30 en la cathédrale de Nevers.

Source:Le Journal du Centre du 13/01/2014

X.THIERRY BRAC de la PERRIERE. - Nommé évêque de Nevers le 27 août 2011.


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