L'effort de guerre

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L'heure est à l'effort de guerre.

  • Tout doit être entrepris pour aider l'armée à repousser l'envahisseur. Un groupe de vieux Machinois demande l'embauche de tous les anciens mineurs, afin d'augmenter la production (8 septembre).
  • Les Français de la Belle-Epoque avaient trop souvent montré leur égoïsme, si l'on se fie aux romanciers, aux chroniqueurs des journaux. Toutefois, quand le péril arrive, ils se montrent capables de magnifiques élans de solidarité. La collectivité vient en aide aux familles nécessiteuses dont les soutiens sont sous les drapeaux. A Decize, la mairie organise une première souscription. M. Michel Argence, médaillé de 1870, est cité en exemple : cinq fils et quatre gendres de ce héros sont sous les drapeaux ; l'un d'entre eux, Pierre Argence, ancien spahi, a rempilé, il est désormais artilleur au 59e R.A.
  • Toujours pour soulager les familles les plus pauvres, un moratoire sur les loyers est décrété. Le Prix Colin de Serzat, destiné à récompensé un enfant ou adolescent méritant de Decize récompense le petit Édouard Michel(1).
  • Les 400 habitants de la commune de Fleury-sur-Loire donnent 470,45 francs pour l'effort de guerre. L’œuvre de l’œuf du soldat blessé se met en place dans chaque hôpital militaire : la population se cotise pour donner à chaque soldat blessé ou convalescent un œuf par jour.
  • La Croix-Rouge demande aussi de l'aide. Les Machinois se montrent généreux : 822 francs sont collectés, ainsi que 190 draps, 464 torchons, 320 chemises, 186 mouchoirs et 600 bandes. L’œuvre du Tricot du Soldat a confectionné quelque 843 caleçons, 1201 gilets et 357 chemises... regroupés par son instance départementale à Nevers. Les habitants de Champvert envoient du linge à l'hôpital des Minimes de Decize. La commune de Béard verse 203,20 francs pour nos blessés.
  • Les vieilles querelles se taisent. Les radicaux rendent hommage aux prêtres qui, dès le mois d'octobre, se sont engagés en masse dans les services de santé, conformément à un appel du gouvernement.
  • Mais la solidarité a aussi ses inconvénients. Lors du passage de trains de blessés, des comités de bénévoles, installés dans les gares de Decize et Cercy-la-Tour, distribuent du ravitaillement en eau, en fruits et en bouillons. Une intention très louable, mais qui est détournée par quelques individus indélicats. Car ces relais attirent aussi bon nombre de désœuvrés...
  • Profitant du vin distribué aux soldats qui stationnent dans un train à la gare de Decize, le sieur Pinot, habitant de Saint-Léger, s'est enivré puis il s'est livré à des actes indécents et à des insultes envers un gendarme. Il est incarcéré et doit répondre de ses actes devant le juge. (Le Journal de la Nièvre, samedi 12 septembre 1914).

(1) Le Prix Magdelaine Herminie Colin de Serzat a été institué en 1912, en application du testament de Mme Anne Herminie Bernard, veuve du comte de Vaugelet. Elle a légué 25000 francs à l’Académie Française, à condition que celle-ci récompense chaque année un enfant méritant natif de Decize. Cf. Decize et son canton à la Belle Epoque, 1912.

Texte de Pierre VOLUT http://histoiresdedecize.pagesperso-orange.fr/index.htm et http://lesbleuetsdecizois.blogspot.fr/
mis en page par --Mnoel 10 septembre 2014 à 14:32 (CEST)