Hôpitaux militaires 14-18

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  • Le premier juin 1896, une Société de Secours aux Blessés Militaires des Armées de Terre et de Mer a été créée à Decize sous le pavillon de la Croix-Rouge. Cet organisme comprend deux comités : le comité des hommes présidé par le comte Etienne de Dreux-Brézé, et le comité des dames, présidé par la comtesse de Dreux-Brézé.
  • En 1903, un hôpital auxiliaire pour 20 blessés militaires est organisé dans les locaux de l'école des Minimes, appartenant au comte de Dreux-Brézé. Le ministère de la Guerre autorise cet hôpital le 11 juin 1905. Le 29 octobre 1913, l'assemblée générale extraordinaire de la S.S.B.M. de Decize nomme le comte de Dreux-Brézé administrateur de l'Hôpital Auxiliaire du Territoire n° 3.
  • « Un premier convoi de blessés.
  • Dans la deuxième quinzaine du mois d'août nous arrive un premier convoi de 20 blessés, la plupart atteints aux bras ou aux jambes. En septembre, ce nombre augmente dès la seconde semaine. [...]
  • Le lundi 21 septembre, il nous arrive 42 nouveaux blessés, appartenant pour la plupart à l'armée de l'Est qui a si vaillamment combattu, tous ces temps derniers, en Lorraine.
  • En même temps, on installe à l'école laïque des garçons et à celle des filles divers contingents du 37e de ligne. Une partie de l'infirmerie est établie dans les aménagements organisés à l'école supérieure par la Section des Dames Françaises(1). »
  • A La Machine, un hôpital a été installé dans le petit château dénommé Le Pavillon des Bois. 15 soldats, déjà soignés à Decize, y effectuent leur convalescence, soignés par les docteurs Dézautières et Petit, Mlles Arnaud et Pélissier, Mmes Sirop et Guérault et M. Edouard Sirop.

Visite de l'Hôpital Américain de Mars-sur-Allier.

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  • « Un hôpital susceptible de recevoir plus de quarante mille blessés ! Le projet pouvait paraître d'une exécution difficile et l'on conçoit aisément que la plupart de nos compatriotes soient restés sceptiques à l'annonce des travaux entrepris il y a quelques mois à deux endroits de notre région.
    Ils sont pourtant maintenant en bonne voie d'achèvement, aussi nous avons pensé qu'il serait agréable à nos lecteurs d'être renseignés à ce sujet-ci de savoir exactement à quoi s'en tenir sur leur importance.
    Le plus proche de ces établissements est situé à une quinzaine de kilomètres de Nevers, sur le vaste plateau assis entre Magny-Cours, Moiry et Saint-Parize-le-Châtel, au milieu duquel la tour d'un ancien moulin à vent met sa note des plus pittoresques. L'endroit est bien connu des promeneurs. C'est là qu'au mois de février dernier nos alliés commencèrent, avec une poignée d'hommes, l'édification de quelques constructions destinées à recevoir une dizaine de mille lits. Puis ce chiffre fut doublé, d'autres terrassements furent entrepris, tout un matériel fut amené sur les lieux en même temps que la main-d'œuvre, augmentant dans une grande proportion. Aujourd'hui, l'établissement est prévu pour l'hospitalisation de quarante mille blessés, et plus de trois mille ouvriers sont occupés à son édification.
    Vue de quelques kilomètres, l'agglomération présente l'aspect d'un gros village. L'impression en est encore davantage ressentie par le visiteur qui y pénètre pour la première fois par une des larges routes qui la sillonnent.
    La circulation y est intense : ce ne sont que camions apportant des provisions, autos et side-cars à l'allure rapide, le tout surveillé par l'œil tranquille des policemans [sic] échelonnés de 50 en 50 mètres.
    Car la cité a déjà sa police bien à elle. C'est du reste chez son commissaire que nous nous sommes rendus tout d'abord. A lui n'incombe pas la moindre tâche, car c'est dans son office que sont concentrés les documents et les renseignements concernant les 3000 ouvriers étrangers, pour la plupart espagnols, employés aux différents chantiers. Et l'on se rend compte que dans une pareille entreprise, les règlements ne doivent pas toujours s'effectuer à l'amiable ! Du reste, l'aspect des constructions, le spectacle bizarre offert par la confusion des races, l'entremêlement des langages, où l'anglais se mêle à l'espagnol, au grec, à l'annamite, rendent parfaitement l'impression que chacun de nous a pu se faire des campements de chercheurs d'or du Klondike ou de Californie.
    L'attention du visiteur arrivant sur la route de Saint-Parize est tout de suite attirée par un vaste magasin qui sert d'entrepôt. Là sont accumulées les denrées nécessaires à l'alimentation de tout ce monde. On y trouve également les douceurs destinées à remplacer pour nos amis yankees le colis que la longueur du trajet ne permet pas à leur famille de leur faire parvenir.
    « Les Américains ne peuvent pas comme les Français aller en permission tous les quatre mois, nous dit-on, aussi il faut que nous puissions choyer un peu nos soldats. » Ils le sont en effet.
    Nous voici maintenant en plein milieu du chantier proprement dit. De tous côtés, les files de baraquements s'allongent. Fidèles à leurs principes, nos amis font tout leur travail sur place. Tout près de nous, ronflent les machines à vapeur actionnant une scierie qui débite et façonne les planches et les rend toutes prêtes à être enfoncées en terre pour former des constructions d'une quarantaine de mètres de longueur. Les planches sont à leur tour recouvertes de briques. Une toiture en tuiles complète l'édifice.
    Une quarantaine de ces bâtiments sont d'ailleurs terminés, installés, dans lesquels environ deux mille blessés américains sont actuellement soignés. Nous en avons visité quelques uns. L'intérieur offrirait, sans l'expression de douleur que l'on peut lire sur plus d'un visage, le même spectacle riant que l'extérieur. Tout y est blanc : les lits, les infirmières, le costume des blessés qui circulent entre les rangées de lits. De larges baies vitrées laissent pénétrer de la lumière. Nous passons vite, sans bruit, car la plupart dorment, pour aller visiter le réfectoire, la pharmacie où rien ne manque, les cuisines où tout brille et dont l'emplacement est parfaitement reconnaissable aux bonnes odeurs de pot-au-feu qui s'en dégagent.
    Un instant, nous assistons à la visite du médecin. Autour de ce dernier s'empressent des infirmières, d'autres blessés qui l'aident dans ses pansements.
    Notre visite est terminée.
    « Les travaux seront vraisemblablement achevés avant la fin de l'hiver, mais, s'il le faut, nous saurons les pousser davantage », nous dit notre cicérone, en nous désignant le vaste plateau qui s'étend vers Saint-Parize.
    Espérons cependant que nos frères américains ne seront pas dans l'obligation de donner toute la mesure de leur gigantesque effort. Le succès des alliés Anglais et Français et leurs propres succès nous permettent d'envisager une plus prompte issue de la guerre qu'on ne l'espérait. »

M. Laurent. Paris-Centre, jeudi 5 septembre 1918.

(1) Témoignage du curé Girard.

Texte de Pierre VOLUT http://histoiresdedecize.pagesperso-orange.fr/index.htm et http://lesbleuetsdecizois.blogspot.fr/
mis en page par --Mnoel 10 septembre 2014 à 13:52 (CEST)