Tannay

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Histoire

Tannay qui a été désigné aussi sous le nom de Tannay en Morvan est déjà mentionné en 849. Les habitants furent affranchis en 1352. En 1356, Tannay ayant été saccagé par les routiers de Charles Le Mauvais, roi de Navarre, les habitants obtinrent l'autorisation d'entourer la ville de murailles.


Petite ville dont la population était portée à 1.278 habitants. Elle a été longtemps la commune principale d'une châtellenie du duché de Nevers avec un juge, un procureur fiscal, une élection, un notaire, etc.

Pendant la Révolution, elle eut une administration de district. Ensuite, il ne lui resta que son administration municipale, son juge de paix, un bureau d'enregistrement, deux notaires, un receveur des impositions qui percevait aussi celles d’Amazy, Lys, Saint-Didier, ainsi que quelques autres employés du Gouvernement. Elle est assez bien bâtie, dans une situation agréable, sur le plateau d'une colline dont la pente est douce, et à une petite demi-lieue de la rive gauche de l'Yonne. On y jouit d'un air pur et d’une vue qui s'étend des montagnes voisines de Clamecy, jusqu'à celles plus hautes du Morvan, dans une longueur de 8 à 10 lieues. Son sol argilo-calcaire est fertile en grains nourriciers, en pâturages excellents, en chanvres et en bons bois de chauffage. On y cultive la navette et les noyers pour en tirer de l'huile et ses vins rouges, provenant de la côte de Cuzy, ou blancs, produits par la côte de Tannay même, sont de bonne qualité et s'exportent pour Paris. C'est la patrie du savant jésuite Gabriel Brotier et d'André Charles Brotier son neveu. Celui-ci mort à la fleur de son âge à Sinnamary (Guyane), où il avait été déporté avec quelques hommes déjà plus célèbres que lui.

La ville de Tannay fut entourée de murs dans le 15e siècle et possédait une collégiale régie par l'évêque de Nevers et composée de douze chanoines et d'un prévôt. Cette église fut fondée en 1201 par plusieurs ecclésiastiques domiciliés à Tannay, où ils aidaient le chapelain et le curé dans les fonctions relatives au culte catholique. L'acte de leur association a sans doute été vu par le grand père de Jean Née de La Rochelle car il est dit qu'elle est en parchemin et porte trois grands sceaux de cire verte autour desquels on lit :

  1. Sigillum Gualterii episc. Niver.
  2. Sigillum capit. Nivern.
  3. Sigillum Guillelmi archid. Nivern.

Cet historien ajoute : Ce Guillaume, archidiacre de Nevers, est vraisemblablement Guillelmus de Santo Lazaro qui succéda, pendant cette même année 1201, à Gaultier dans l'évêché de Nevers, ce qui a donné lieu à Coquille, dans son histoire du Nivernais, d'attribuer l'établissement du chapitre de Tannay à ce Guillaume de Sancto Lazaro.

Il est dit dans ce titre, que le nombre des chanoines pourra être porté jusqu'à trente et, qu'ensuite, il sera réduit à douze non compris le prévôt. On permit aux chanoines fondateurs de disposer de leurs canonicats en faveur de leurs parents ou amis, mais on ajouta que cette faculté ne s'étendrait pas à leurs successeurs, après la mort desquels le prévôt nommerait seul aux canonicats. La nomination de ce prévôt fut accordée aux chanoines, à condition de le choisir parmi les chanoines de l'église cathédrale de Nevers.

Avant que ce prévôt soit installé dans ses fonctions, il doit prêter deux serments :

l'un de foi et hommage à l'évêque et l'autre à son chapitre,
de lui payer exactement et fidèlement la somme de 5 livres par an en deux paiements égaux : l'un de 50 sous au synode d'hiver, et l'autre de pareille somme au synode d'été pour acquitter la fondation faite par l'évêque Fromond, d'un anniversaire au jour de son décès.

Il paraît que le chapitre de Nevers imposa ces conditions en reconnaissance des droits qu'il cédait sur la paroisse de Tannay, dont le curé n'était que leur vicaire, suivant l'usage de ces temps.

De son côté l'évêque, par la même charte, exempta les chanoines de Tannay de tous droits de quête et de procuration. Il restreignit même les droits de visite à une seule pendant la vie de chaque évêque et de chaque archidiacre.

Le chapitre de Tannay fut très jaloux de la conservation de ces droits et les défendit avec fermeté quand Philippe de Clèves, quatre-vingt-cinquième évêque de Nevers, voulut les en dépouiller. Alors le chapitre se pourvut au Conseil d'Etat et le roi Louis XII, quoique parent de l'évêque, maintint le chapitre dans ses exemptions par arrêt du 7 septembre 1510.

Le chapelain ou curé, dont l'évêque s'était aussi réservé la présentation, eut rang de chanoine. Ses droits furent fixés au revenu d'une prébende et à quelques autres dont jouirent ses successeurs, quand ils ne furent pas chanoines.

Quoique le chapitre de Tannay ait perdu plusieurs titres dans des incendies et dans les guerres qui eurent lieu quelques années après son établissement, il reste encore dans son trésor quelques chartes qui furent importantes autrefois. La première, du mois de mai 1217, est revêtue du sceau de l'archidiacre de Nevers, alors prévôt de leur chapitre. Elle contient un règlement entre le chapitre de Tannay et les deux chapelains qui desservaient alors la paroisse. Il y est dit :

que toutes les dîmes sans exception, les censives, les oblations et les fondations appartiendront au chapitre qu'après le décès de l'un ou de l'autre des chapelains ou curés. Il n'y en aura plus qu'un seul à l'avenir et que la prébende dont ils partageaient entre eux le produit appartiendrait en entier au survivant.

La seconde charte du mois de février 1234, est un rescrit du doyen d'Auxerre portant que son cousin et son confrère Geoffroy de Ceriaque a déclaré, de la part de Saint-Louis (Louis IX), roi de France, qu'il plaisait à ce prince que les chanoines de Tannay poursuivissent le droit de dîmer sur les vignes nouvellement plantées dans les terres à froment, sur lesquelles ils levaient la dîme avant la plantation.

La troisième est de Gille de Castro-Regnaudi[not 1], évêque de Nevers, du mois de janvier 1258. Elle porte que le chapitre de Tannay, encore composé de quinze chanoines et d'un prévôt, sera réduit au nombre de douze non compris le prévôt, à cause de la modicité de leurs revenus dont ils s'étaient plaints à cet évêque et à son chapitre, mais que si leurs biens augmentaient, on augmenterait le nombre des chanoines à proportion. Personne n'a encore contesté l'authenticité de cette charte. Elle a été exécutée et l'on doit croire qu'elle n'est pas supposée.

La quatrième est de l'an 1313, le jeudi après Quasimodo. Jean de Savigny, alors évêque de Nevers, fit ce jour là la consécration et dédicace de l'église collégiale de Tannay, nouvellement construite sous l'invocation de saint Léger et accorde par cette charte des indulgences à ceux qui assisteront à cette solennité.

Par la cinquième, datée de Tannay même le 14 juillet 1461, Charles de Bourgogne, comte de Nevers et baron de Donzy, déclare prendre sous sa protection et sauvegarde le chapitre de Tannay qui s'était plaint à lui des violences qui lui avaient été faites par différents particuliers. Il promet de leur donner un sergent-général pour les garder eux et leurs biens. Il se met au lieu et place de leurs fondateurs dont la lignée est éteinte et leur promet toute espèce de secours contre ceux qui, dans des moments de trouble, oseraient les inquiéter attendu qu'ils sont nés ses sujets et justiciables. En reconnaissance de cette protection accordée, les chanoines offrent d'aller au devant de lui, de sa compagne la comtesse de Nevers et de ses hoirs, lors de la joyeuse venue à Tannay, tous revêtus des ornements de l'église et de la croix jusque hors la ville et du côté par où ils arriveront. Il paraît cependant que le comte de Nevers étant mort en 1464, le chapitre de Tannay fut inquiété de nouveau par ses ennemis. Dans un bref du pape Jules II donné en 1509, la sixième année de son pontificat, le pape se plaint du pillage des biens et possessions du chapitre de Tannay, fulmine contre ceux qui ont enlevé ses titres, ses reliques, les vases sacrés et les ornements de cette église. Il exhorte le roi et les grands de l'Etat à faire tous leurs efforts pour que le tout soit réintégré fidèlement.

Il faut bien que l'on ait obéi à cette invitation du Saint Père, car le chapitre de Tannay possédait encore avant 1789 deux croix, l'une d'argent doré dans laquelle sont enchâssées deux épines de la couronne de Jésus-Christ, et l'autre, couverte d'argent, renferme un fragment du bois de la vraie croix de notre Seigneur. Il possède aussi une portion du chef de saint Léger, évêque d'Autun et martyr, enfermé dans une châsse de cuivre doré, une partie du chef de sainte Agathe, vierge et martyre à Catane, enfermée dans une grande châsse d'argent.

Les habitants de Tannay révèrent cette sainte comme une seconde patronne. Ils lui ont fait construire une chapelle hors des murs et proche de l'une des portes de la ville. Le chapitre y va souvent célébrer des offices et faire des processions depuis Pâques jusqu'à la Pentecôte.

Les chanoines sont curés primitifs de la paroisse. En 1548, un chanoine perpétuel ou curé, ayant voulu leur disputer ce droit et plusieurs autres encore, fut obligé de transiger avec eux et de reconnaître leur possession. Ils nomment leur prévôt et sont nommés par lui. Malgré la modicité de leurs revenus, soutiennent et font avec exactitude et décence tous les offices, conformément aux usages du chapitre de l'église cathédrale de Nevers, avec lesquels ils sont affiliés.

La famille de MM. de Bèze établie à Tannay depuis près de trois siècles, a fait don au chapitre de cette ville de plusieurs biens et quelques membres de cette famille ont été prévôts de ce chapitre ou conseillers aux cours de Parlement et des aides de Paris.

Il se tenait, à Tannay, un marché le lundi de chaque semaine et sept foires par an fixées au 27 janvier, dite de saint Paul ; au 22 février, dite du Carnaval ; au 8 mai, 27 juin, dite de saint Pierre ; au 6 août, au lundi après le 8 septembre et le 25 novembre.

Service téléphonique

La date d'inauguration du service téléphonique à Tannay a été fixée au 25 août courant.


Source

  • Le Morvan coeur de la France - J. Bruley - Tome III, page 205
  • Le Courrier de la Nièvre du 23/08/1903
  • Département de la Nièvre et des petites contrées qui en dépendent. Tome 2 par Jean Née de La Rochelle et Pierre Gillet (1827)
  • Transcripteur : Mabalivet (discussion) 10 avril 2020 à 11:22 (CEST)
  • Martine NOËL (discussion) 20 mai 2021 à 11:58 (CEST)

Notes et références

Notes

  1. Gille de Château-Renaud

References