Les réfugiés

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La première vague de réfugiés(1).

  • Après trois semaines d'offensives françaises en Alsace, dans les Vosges et autour de Sarrebourg, c'est au tour de l'armée allemande d'attaquer. Le front est enfoncé, de la Flandre au Luxembourg. Les places-fortes réputées imprenables de Longwy, Sedan, Lille, Reims sont occupées. Les troupes françaises refluent jusque sur la Marne. Avant même cette débâcle, des milliers d'habitants des départements menacés sont dirigés vers des zones plus sûres, en particulier vers le Centre.
  • Le premier train d'évacués arrive à Nevers le 27 août. Puis viennent des habitants des villes de Reims, Soissons, Tergnier, Vervins, Crépy-en-Valois, Lens, Maubeuge, du bassin minier du Nord...
  • Dans la dernière semaine du mois de septembre, les municipalités du canton de Decize établissent des listes (souvent incomplètes, comme le reconnaissent certains maires). La commune de Thianges a reçu 22 réfugiés originaires de la Seine-et-Marne et de l'agglomération parisienne. A Verneuil, ils sont 23, tous venus de Crépy-en-Valois, tout comme les 55 personnes installées à Decize ; mais plusieurs sont prêts à regagner leur domicile dès l'annonce de la Victoire de la Marne. A Saint-Léger-des-Vignes, ils sont 126 ; à Champvert 30 ; à Avril-sur-Loire 17 ; à Béard, il y a 16 réfugiés venus d'Epernay ; à Devay 24 venus de Château-Thierry ; à La Machine 19 réfugiés des Ardennes et de Château-Thierry auxquels s'ajoutent un nombre important de Machinois de Paris(2) ; à Druy-Parigny 59 ; à Sougy 25, venus de Ligny-en-Barrois, Champigny et Nantouillet...
  • Il n'y a pas que des citoyens français dans cette première vague. Les Luxembourgeois Pesch et Marcillet, les familles belges Denis et Doffagne figurent sur ces listes ; un groupe d'Italiens est venu de Tronville (Meuse) : Elie-Santo Cortesi et sa famille, Nicolas Dalmassa, Archimède Tuo, Giovanni Monaci et son épouse.
  • Tous les réfugiés venus de villes qui n'ont pas été occupées repartent de la fin du mois de septembre jusqu'en décembre.
  • Dans son registre, le curé Girard donne d'autres informations :
« Dans les mêmes jours, un grand nombre de familles fuyant devant l'invasion et se repliant dans le Centre de la France viennent demander un refuge à Decize. Beaucoup sont hospitalisées [sic], à leurs frais, dans les hôtels ou les maisons particulières ; deux groupes nous arrivent, expédiés par le Gouvernement, et sont installés, aux frais publics, dans deux maisons aménagées à cet effet par les soins de l'administration municipale. On leur fournit un coucher sommaire, et des vivres en quantité très suffisante pour leur subsistance. Mais le champ reste largement ouvert à la charité privée pour les munir de linge et autres objets qui font défaut à des gens de condition modeste, surpris par l'invasion comme par l'orage et partis de chez eux sans vêtements de rechange. Le clergé les visite dès la première heure, et les enfants sont orientés vers la salle d'asile de l'école libre. »

(1) Archives Départementales de la Nièvre, série 8 R : 8 R 2422, 2423, 2429, 2430, 2431, 2432.
(2) Une importante colonie de Machinois et de natifs des villages voisins résidait alors dans la région parisienne. Ils avaient constitué une amicale, La Machinoise.


Texte de Pierre VOLUT http://histoiresdedecize.pagesperso-orange.fr/index.htm et http://lesbleuetsdecizois.blogspot.fr/
mis en page par --Mnoel 10 septembre 2014 à 14:02 (CEST)