Juillet 1917

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Les informations dans la presse départementale  :

  • Ce mois, les trois journaux La Tribune, Paris-Centre et La Semaine Religieuse publient pour Decize et son canton des informations strictement militaires.

  • Lundi 2 juillet : Charles Larges, de Devay, a obtenu une citation pour un acte de bravoure : « Le 12 mars 1917, au cours d'un bombardement d'une extrême violence, s'est acquitté avec le plus grand courage de sa mission d'observation. »
  • Mercredi 11 juillet : Citation décernée au comte Antoine Léonard Paul Benoist d'Azy, de Verneuil, capitaine de la 1ère compagnie du 41e Régiment d'Infanterie Territoriale : « Type de capitaine consciencieux, dévoué prêt à tout. Tire un excellent parti d'une solide compagnie qui, animée du meilleur esprit, donne un effort continu dans un secteur où la nature du sol nécessite des travaux incessants et où l'activité de l'ennemi impose la plus stricte vigilance. » Il a également obtenu la croix de guerre.
  • Mardi 17 juillet : En Allemagne, changement de chancelier. Georg Michaelis succède à Theobald von Bethmann-Hollweg.
    Un violent orage de grêle a dévasté les villages de Béard, Le Port des Bois, Saint-Ouen et Trois-Vesvres. Une croix de pierre d'un poids de 250 kilos a été arrachée du clocher de Béard.
  • Vendredi 20 juillet : Maurice Vaillaud, de Saint-Germain-Chassenay, a été admis au concours de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr.
  • Mercredi 25 juillet : Citation obtenue par le canonnier Auguste Convers, originaire de Saint-Ouen :
    « Avec un dévouement inlassable et un mépris absolu du danger, a assuré le service de la pièce et les liaisons. S'est particulièrement signalé au cours des opérations menées depuis le 17 avril en accompagnant l'infanterie dans sa progression. »
  • Samedi 28 juillet : La 6e compagnie du 13e R.I., commandée par le capitaine Rendu, a obtenu une citation(1) : « Dans la nuit du 17 au 18 juillet, à la suite d'un violent bombardement exécuté par l'ennemi, a repoussé brillamment un coup de main, fait cinq prisonniers, tué quatre Allemands dont un sous-officier, pris un flammenwerfer. A réussi cette opération sans subir de pertes, grâce au sang-froid et au courage des hommes, au calme, à l'habileté et à l'intelligence des chefs. »

  • Conseil de Guerre du 8e Corps. Audience du 24 juillet.

DESERTION. - Lebas François, du 13e régiment d'infanterie de Nevers, a été blessé à deux reprises différentes étant sur le front ; à sa dernière sortie de l'hôpital, il est venu s'installer tranquillement à Nevers et est resté chez lui près de deux ans en état de désertion. Cependant, au mois de juin dernier, ayant eu une violente altercation avec sa femme, cette dernière, aveuglée par la colère, le dénonça à l'autorité militaire, et il fut arrêté. Pour cette longue absence, le Conseil lui inflige trois ans de travaux publics.

L’effort industriel.

Entreprise Fragny
  • L'armée a besoin de canons, d'obus, de fusils, d'armes de toutes sortes. Des officiers du génie et de l'artillerie ont été envoyés dans tous les départements de l'arrière, afin d'inventorier avec les élus locaux et les industriels toutes les ressources à exploiter.
    On vient de découvrir des minerais dans le Morvan, les filons de Grandry, ils contiennent du cuivre aurifère, du plomb et de la galène. "Des canons ! des munitions !" s'exclame l'éditorialiste de La Tribune qui imagine déjà une nouvelle Ruhr dans le Nivernais (11 juin 1916).
  • Les usines susceptibles de participer à la fabrication d'armes et de munitions sont mobilisées et mises sous contrôle de l'armée en septembre 1915. À Decize, deux entreprises sont concernées. Le groupement Georges Fragny, installé près du pont d'Aron, embauche : "On demande de bons tourneurs sur métaux. Georges Fragny, Decize." (La Tribune Républicaine, 24 novembre 1915). L'usine produit des caisses destinées au transport des obus et des éléments de canons. Elle possède un générateur de courant électrique.
  • À Brain, Joseph Boigues installe un atelier de mécanique destiné à la fabrication d'obus et de pièces de canons. Les fournitures de guerre consacrent le développement de l'Usine de Brain. Pour remplacer la ligne de chemin de fer Moulins-Decize-Saint-Saulge annulée, M. Boigues obtient l'installation d'une ligne Decauville entre l'usine de Brain, la gare et le canal du Nivernais. Ce tacot remplace le lourd tractomobile à vapeur. Derrière l'abattoir est établi un garage avec aiguillage. En échange d'une modeste redevance versée à la ville et au Canal du Nivernais, M. Boigues contrôle désormais l'acheminement efficace de tous les produits qui sortiront de son usine (Registre des Délibérations Municipales de Decize, 25 juin 1916).
  • Les femmes sont mobilisées pour l'économie de guerre et elles font leur entrée dans les usines métallurgiques (elles travaillaient déjà depuis longtemps au triage de charbon du Pré Charpin).
    L'Usine Boigues obtient le droit d'employer une main-d'œuvre féminine en février 1917.
  • Pour augmenter le rendement et la qualité de ces entreprises stratégiques, il convient d'assurer de bons salaires au personnel. En avril 1915, le Sénat vote un salaire minimum pour certaines catégories de salariés.
    Deux ans plus tard dans les Usines travaillant pour la Défense, les salaires sont les suivants :
- manœuvres hommes : 0,55 F/h ; femmes : 0,30 à 0,35 F/h
- ouvriers qualifiés (toupilleurs, fraiseurs, chaudronniers) : 0,80 F/h. (La Tribune Républicaine, 28-2-1917).
  • Avant guerre, la plupart des salaires industriels se situaient entre 0,30 F et 0,55 F par heure, pour 10 heures de travail par jour.
  • D'autres secteurs de l'économie profitent de la guerre, même s'ils ne sont pas directement reliés à la Défense. À partir de décembre 1915, la Verrerie de Saint-Léger relance la production, grâce à l'appoint d'ouvriers de Reims réfugiés dans le Nivernais. La concurrence des verreries de Picardie, du Nord et de Champagne est momentanément supprimée par l'occupation allemande ; ce sera la dernière chance offerte à la Verrerie de Saint-Léger...
  • Afin de concurrencer les eaux allemandes, une campagne promotionnelle est organisée par le journal Paris-Centre(2) : les eaux salées de Decize sont déclarées supérieures à toutes celles d'Allemagne et d'Autriche. On reprend les projets développés par feu Gaston Laporte, député-maire de Nevers, qui avait voulu mettre en valeur une source près d'Avril-sur-Loire, la source Saint-Just. Il avait alors subi une obstruction venant d'industriels allemands et il avait dû abandonner. Il faut maintenant venger sa mémoire. Paul Meunier lit à la Société Nivernaise une communication sur la Source Saint-Aré, d'après les recherches du Docteur Ranglaret. "On peut espérer qu'une ville nouvelle s'élèvera un jour sur le plateau de Saint-Aré, en face de Decize" pronostique M. Ardouin-Dumazet. Le sous-lieutenant Bélice prononce à Decize et à Nevers une intéressante conférence avec projection de photos.
    Malgré tous ces efforts, la production de la Source Saint-Aré reste limitée à la clientèle locale. La station thermale reviendra dans les délibérations du conseil municipal jusqu'à la fin des années vingt.
    Quand la guerre se termine, une nouvelle industrie s'installe à Decize : la boulonnerie Picard qui a acheté un enclos aux Halles, près du kiosque (La Tribune Républicaine, 20 juin 1918). "Et déjà plusieurs ouvriers de cet établissement sont venus chercher des logements". Cette implantation offre de nombreux avantages pour la classe ouvrière et pour le commerce local (Le Socialiste Nivernais, 22 juin 1918).

(1) Cf. historique du 13e R.I., chapitre VI.
(2) Paris-Centre, 2 février, 1er, 2 et 8 juin 1915.


Texte de Pierre Volut http://histoiresdedecize.pagesperso-orange.fr/index.htm et http://lesbleuetsdecizois.blogspot.fr/ mis en page par Martine NOËL le 25 juillet 2017