Saint Saulge

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Description de Saint-Saulge en 1827

Saint Saulge sur la carte de Cassini
  • Petite ville du Bazois, à 4 myriamètres de Nevers et dans l'arrondissement communal de cette capitale du département, dont elle est devenue chef-lieu de canton. Ce canton est composé de onze communes, dont la population s'élève à 9.458 habitants, et Saint-Saulge en retient pour sa part 1.948 (911 en 2011). Autrefois elle fut une des trente-deux châtellenies du duché de Nevers, avec un juge et un procureur fiscal ; on y avait même placé un grenier à sel d'une faible étendue, tout cela a disparu devant l'ordre nouveau ; mais il y reste un juge de paix, un greffier et tout ce qui tient à cette justice : deux notaires, un receveur des impositions, qui perçoit aussi celles de Jailly, Montapas et Saint-Maurice. Elle est située dans un vallon entouré de montagnes chargées de bois ; on la dit malsaine et mal bâtie, quoique placée au pied d'une montagne qui fait partie d'une petite chaîne granitique isolée. Cette petite contrée , d'un sol primitif, s'étend depuis Saint-Révérien jusqu'à Rouy, c'est-à-dire dans une longueur de quatre lieues, en allant du N. au S. Elle offre, vers la rive méridionale de l'étang d'Aron, des réunions de feldspath, de quartz et de mica écailleux. Le sol est argilo-calcaire et fertile en pâturages comme en grains ; il s'y fait en outre quelque commerce sur les bois, les vins, les bestiaux et les grains.
  • Coquille donne à cette petite ville une assez haute antiquité, sans néanmoins nous indiquer avec précision son origine ; mais elle emprunte son nom de saint Salvi, ou Salvius, ou saint Sauge, personnage dont on ne connaît ni le temps, ni le lieu de naissance. D'abord , dit-on, il fut moine, puis abbé du monastère où il vivait, ensuite il vécut dans la solitude, enfin il occupa le siège d‘Albi depuis l'an 575, jusqu'en 584 ou 585, époque à laquelle on prétend qu'il mourut. Contemporain de saint Grégoire de Tours, il assista au concile de Braine, dans le Soissonnais, où ce saint évêque, père de notre histoire, fut justifié de l'accusation que Riculfe y porta contre lui. Les reliques de saint Sauge furent transportées, du temps de Charlemagne, dans la petite ville du Nivernais, qui porte le nom de ce saint. Une église fut bâtie en son honneur, dans le lieu où elles furent déposées. Rodolphe, comte de la Bourgogne transjurane, qui, sous les faibles descendants de Charlemagne, osa prendre le titre de roi, a, par une charte datée de Châlons, le 8 des ides d'avril, indiction XV, année 924, accordé ou concédé l'église de Saint-Sauge à l'abbaye Saint-Martin d'Autun , et en outre y fonda un prieuré de bénédictins, qui fut longtemps un monastère ; mais, avant la révolution de 1789, ce n'était plus qu'un simple prieuré.
  • La ville de Saint-Sauge donna à celle de Nevers, en l'an 1170, pour évêque, un de ses concitoyens nommé Bernard de Saint-Sauge, prélat distingué par ses talents et ses vertus. Il en a été parlé dans la liste des évêques de Nevers.
  • Pierre de Courtenay, comte de Nevers, du chef d'Agnès de Nevers, son épouse, possédait le château de Saint-Sauge. En 1203, il vendit cette châtellenie à Hervé de Donzy, pour une somme de 1.340 francs monnaie de Provins, par égard pour ce seigneur qui avait épousé Mahaut, sa fille. Cette seigneurie passa aux enfants de ces derniers, car on voit, en 1255, la même comtesse Mahaut, alors veuve d'Hervé de Donzy, faire un accord avec son arrière petite-fille, Mathilde de Bourgogne, épouse d'Eudes, fils du duc de Bourgogne, par lequel elle cède à ces deux époux le château de Saint-Sauge de Saint Sauge, pour en jouir de la manière dont elle jouissait de celui de Cosne. Depuis cette époque jusqu'à l'an 1789, la châtellenie de Saint-Sauge n'a cessé de dépendre des comté et duché de Nevers.
  • Ce fut un sacristain du prieuré de Saint-Sauge, nommé Jean Delavenne, natif de ce lieu, qui, vers l'an 1685, commença l'institution des Sœurs de la congrégation de la Charité chrétienne, dont la supérieure générale réside à Nevers dans la maison principale de cette congrégation. Cette communauté de religieuses a survécu à la révolution de 1789, et même a pris un nouveau lustre par le zèle de ses sœurs à secourir et soigner les malades dans les hôpitaux. On vient de leur accorder l'usage et la propriété des bâtiments qu'occupaient à Nevers les religieuses de la Visitation.
    On fait dans la Nièvre et les départements voisins beaucoup de contes risibles sur les balourdises et l'ineptie des habitants de Saint-Sauge, mais une ville qui est la patrie de plusieurs hommes célèbres par leurs talents et leur esprit, comme l'évêque de Nevers, Bernard déjà cité, Ravisius Textor, J. Arnolet, Bault, Jérôme de Paris, de Marchangy et autres, ne peut être considérée comme dépourvue de tous les dons de l'esprit. Il serait même à souhaiter que toutes les villes de la Nièvre aient donné à l'état autant de sujets distingués qu'en a produit jusqu'à ce jour la ville de Saint-Sauge.
  • Il se tient chaque année huit foires à Saint-Sauge ; savoir : les 22 janvier, premier lundi de carême, vendredi saint ; 14 juin, pour la saint Cyr ; 10 août, dite de saint Laurent ; 1er octobre, 11 novembre pour la saint Martin, et 21 décembre pour la saint Thomas.
Source : Mémoires pour servir à l'histoire du département de la Nièvre par JF Née de la Rochelle – 1827

Note :
- 1 myriamètre = 10 kilomètres
- Les 11 communes du canton sont alors Bona-Huez-Lichy, Crux, Jailly, Montapas, Rouy, Saint Benin des Bois, Sainte Marie, Saint Franchy, Saint Maurice et Saxi Bourdon sans oublier Saint-Saulge.

Relevé dans la presse

  • Incendie :
    Un bâtiment comprenant écuries et remise, appartenant à M. Joseph Parrot, entrepreneur de maçonnerie à Saint-Saulge, a été détruit, mercredi soir, par un incendie, avec tout ce qu'il renfermait.
    Les pertes sont évaluées à 5.000 fr. et couvertes par une assurance.
    La gendarmerie fait une enquête sur les causes de ce sinistre que la rumeur publique attribue à la malveillance.
(Le Courrier de la Nièvre du 08/11/1903)
  • Incendie :
    Dimanche soir, vers six heures, un incendie s'est déclaré à St-Saulge, dans un corps de bâtiments comprenant une grange, trois écuries et une maison d'habitation, appartenant à M. Crêpet, propriétaire à Avallon, et loué à M. Ravizy.
    Une partie de l'immeuble a été détruite, seule la maison d'habitation a été préservée, grâce au concours des pompiers de St-Saulge et de Châtillon-en-Bazois.
    On croit, dans le pays, que ces incendies sont dus à la malveillance.
    Les pertes s'élèvent à 24.000 francs et sont assurées.
(Le Courrier de la Nièvre du 22/11/1903)