Montigny en Morvan

De Wiki58

Relevé dans la presse

  • Tentative d'assassinat :
    Une tentative d'assassinat a été commise dans la soirée de vendredi par le nommé François Moreau, âgé de 30 ans, cultivateur aux Vouas, commune de Corancy, sur la personne de la dame Pauline Dufour, veuve Duruisseau, sa belle-mère, propriétaire à l'Huy-Gourdin, commune de Montigny-en-Morvan.
    La justice s'est transportée samedi matin, à 7 heures et demie, sur les lieux. Nous ne connaissons encore de ce crime que la déclaration de l'inculpé qui est venu vendredi soir se constituer prisonnier à la gendarmerie de Château-Chinon.
    Depuis longtemps, Moreau vivait en très mauvaise intelligence avec sa femme et surtout avec sa belle-mère qu'il accusait de monter la tête à sa fille. A la suite de plusieurs scènes violentes, occasionnées par les habitudes d'intempérance de son mari, la femme Moreau intentait contre lui une action en divorce. Le jour même de la tentative de conciliation devant M. le Président, Moreau achetait un revolver chez M. Praslon, à Château-Chinon.
    Sa femme ayant obtenu l'autorisation de résider provisoirement chez sa mère, Moreau tenta vainement à plusieurs reprises un rapprochement. Chaque fois, dit-il, il trouvait sa femme disposée à pardonner ; seule la belle mère ne voulait rien entendre et l'influence qu'elle exerçait sur sa fille rendit vaines toutes démarches. Sur ces entrefaites, la femme Moreau partit se placer à Paris quelque temps, puis revint chez sa mère.
    Vendredi, décidé à en finir, Moreau se rendit à l'Huy-Gourdin. Il trouva sa belle-mère dans un champ, occupée à l'arrachage des pommes de terre et. toujours d'après lui, il renouvela ses vives instances pour obtenir d'elle qu'elle donne un bon conseil à sa fille. La femme Duruisseau l'aurait traité de vaurien, de soûlard, puis l'aurait menacé de sa pioche. C'est alors, qu'exaspéré, Moreau avait sorti son revolver et, à deux mètres de distance, il aurait fait feu cinq fois. Quand il vit sa victime chanceler et le sang couler à la tête, Moreau retourna son arme contre lui et, à la hauteur de la tempe droite, pressa la détente : la balle ne fit que contourner le crâne, endommageant le cuir chevelu.
    Comme plusieurs personnes accouraient, attirées par les coups de feu et les cris, Moreau prit la fuite, jeta son revolver dans une haie et alla dormir dans un petit bois. Il en repartit à quatre heures pour se constituer prisonnier.
    Sur l'avis du médecin, la veuve Duruisseau a été transportée à l'hôpital de Nevers.
    Elle avait été atteinte par deux balles à la tête et à la hanche droite.
    La première est restée logée dans la mâchoire et l'extraction qui a été tentée n'a pas réussi.
    On croit, néanmoins, que les blessures de Mme Duruisseau ne mettent pas sa vie en danger.
(Le Courrier de la Nièvre du 20/09/1903)