Barrage de Saint-Léger-des-Vignes

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Plans du barrage
  • En 1834, l'ingénieur Poirée a construit à Basseville, pour permettre la traversée de l'Yonne, un barrage mobile à fermettes. Deux ans plus tard, un ouvrage similaire est construit en aval de Decize ; le site choisi est situé juste à l'entrée du Canal du Nivernais, en face de la Verrerie de Saint-Léger, à 500 mètres en aval de la pointe des Halles. Sur la rive gauche de la Loire, une chevrette submersible permet l'écoulement des fortes crues ; 97 fermettes mobiles, espacées entre elles de 96 centimètres, permettent de barrer la passe ; des aiguilles verticales en bois s'appuient contre ces fermettes. Selon le débit de la Loire, on remonte ou on baisse le nombre de fermettes nécessaire pour assurer un niveau suffisant dans le chenal navigable, et pour laisser passer les eaux du fleuve.
  • Le chenal navigable, long de 2100 mètres, permet aux péniches de rejoindre la Jonction. Les bateaux sont halés par des ânes, des chevaux, ou des hommes ; pour franchir la Loire entre le barrage et la pointe des Halles, une barque transporte une extrémité d'une longue corde, qui est reprise par des haleurs situés le long de la promenade des Halles ; une manœuvre similaire se fait pour rejoindre la rive gauche après le pont du faubourg d'Allier. Plus tard, un toueur à vapeur sera installé entre la Jonction et le barrage.
  • En 1860, la chevrette est exhaussée. Cinq ans plus tard, le barrage est divisé en deux passes de respectivement 35 mètres et 62 mètres (Cf. Serge Roland, Le Barrage de Decize sur la Loire, dossier d'études.). Pendant cette période, le travail du barragiste et de ses adjoints est très dangereux : il leur faut, à la moindre alerte de crue, abaisser les aiguilles ; cela se fait au moyen de gaffes (le treuil ne sera installé qu'en 1865) ; le relevage est encore plus délicat ; l'opération doit se faire très rapidement et de nombreux ouvriers - souvent des verriers - viennent donner de l'aide, moyennant une rétribution. La cloche qui surmonte la maison du barragiste sert aussi à alerter les sauveteurs en cas de noyade ou lorsqu'un chaland descendant se met en travers.
  • Cent ans après sa construction, le barrage reçoit plusieurs aménagements. Les aiguilles en bois équipaient toujours la passe principale et des hausses Chanoine (panneaux rectangulaires en bois) la passe proche de Saint-Léger. Leur maniement était long et dangereux. Des hausses Chanoine en acier leur sont substituées. Pour les relever ou les abattre plus commodément, une passerelle supérieure est bâtie sur toute la longueur du barrage ; un chariot se déplace sur rails et supporte un treuil et une flèche articulée, nécessaires au maniement des hausses (ou portes métalliques). Ces travaux sont exécutés en juillet eu août 1933 par les établissements Baudin de Châteauneuf-sur-Loire pour la passerelle et Applevage pour la fourniture du chariot et des appareils électriques.
  • En 1985, une micro-centrale a été construite sur la rive de Caquerêt, avec deux turbines. Sa puissance installée est de 3,5 MW. La digue submersible ou chevrette a été modifiée pour laisser à l'eau un accès sous la centrale ; une grille permet de bloquer les bois flottants et détritus charriés par le fleuve.
Saint Léger des Vignes barrage 04.jpg


  • un timbre (timbramoi) a été émis par le Cercle Philatélique de Decize et Saint-Léger en février 2015


Poseurs d'aiguilles
De nuit en 2008
De jour en 2015





Sources :
- ROLAND Serge, Le Barrage de Decize sur la Loire, dossier d'études, plans
- VOLUT Pierre, Decize et son canton au XIXe siècle et à la Belle Epoque, 1999, pp. 67-69 ; et CD-ROM Histoire de Decize, XIX, 214.
Texte et images proposés par Pierre Volut et mis en page par Michel Mirault le 15 novembre 2016