Saint Amand en Puisaye

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Histoire

Petite ville située à l’extrémité du nord-est du département dans l’arrondissement de Cosne Cours sur Loire. Saint Amand en Puisaye a occupé le rang de chef lieu de canton jusqu’en 2015.

Elle avait une justice de paix, un notaire, un receveur des impositions qui percevait aussi celles de Bitry, Bouhy et Dampierre sous Bouhy ; un autre pour l’enregistrement et les domaines, une paroisse et un assez beau château. Ce canton était seulement composé de six municipalités et de sept mille trois habitants dans le nombre desquels Saint Amand et Argenou, réunis ensemble pour l’administration et pour le culte, en retiennent seize cent quarante sept. La paroisse d’Argenou a été supprimée en 1791. Elle était divisée entre les communes de Saint Amand, Bitry et Arquian.

Il y avait, avant 1789, élection et justice seigneuriale qui ont été supprimées par suite de la Révolution. La petite rivière appelée la Vrille, qui prend sa source à Treigny dans le département de l’Yonne, passe à Saint Amand. Elle faisait mouvoir une belle forge dont le travail annuel produisait plus de cent milliers de fer. La même rivière arrose dans son cours Arquian, Annay et tombe dans la Loire au dessous de Neuvy. Elle prêtait ses eaux à différentes usines.

On ignore quel fut l’ancien nom de cette ville et pourquoi on lui a donné celui de Saint Amand. L’abbé Lebeuf semble insinuer que c’est le Laoderus[not 1] des statuts de saint Aunaire nommé avec Gien dans ceux de saint Tetrice. D’autres la disent nommée Nantiniacum et pensent que la région a été sans doute habitée depuis longtemps puisque des fouilles ont permis de découvrir des monnaies et des poteries de l’époque gallo-romaine. Ce qu’il y a de certain c’est que Saint Amand a été la principale ville de la Puisaye, petite contrée qui faisait partie du Donziois et quelques portions comme Saint Amand, Pouilly, Mêves ont été incorporées dans le département de la Nièvre. Le reste a été réparti dans les départements de l’Yonne et du Loiret. Le tout dépendait du diocèse d’Auxerre depuis le treizième siècle et a formé le second archidiaconé de cette église cathédrale.

Il est à croire que la Puisaye eut autrefois ses seigneurs particuliers. Le testament en vers du seigneur de Chiron dit que le premier abbé de Roches près Mienne fut Godefroy.

Sorti de la maison ancienne des comtes et marquis de la Puisaye

En 1015, Utier de Narbonne, baron de Toucy, est seigneur de Saint Amand. Jean de Toucy, d’une famille noble et puissante de l’Auxerrois, du Nivernais et du Bourbonnais qui vivait en 1252 était aussi seigneur de Puisaye. Dans ce même 13e siècle, un chevalier, Renaud, y demeure. A cette époque une maison forte protège le lieu mais elle est détruite au cours de la guerre de Cent Ans. Un autre point fortifié appelé de Buseron et possession de Jeanne de Toucy, existait dans la forêt située au nord du territoire. Cette contrée se divisait en deux parties bien distinctes dont l’une était arrosée par les rivières d’Yonne et de Cure et l’autre où l’on ne voyait que des étangs et des petits ruisseaux. Cette dernière qui comprend Saint Amand, était la Puisaye dont l’étymologie podium ou puteus veut dire un puits où l’eau est facile à puiser. La Puisaye est donc nécessairement un pays humide où l’eau doit abonder.

Son territoire est argileux, fertile et surtout très favorable à la fabrication d’une multitude de poteries dont on fait grand usage à la ville et à la campagne et qui ont un grand débit dans toutes les provinces voisines. Saint Amand comptait dans son enceinte neuf fabriques de ce genre et Argenou en contenait sept autres. La production de poteries de grès a commencé dès 1316. Elle s’est industrialisée et accrue au point d’être frappée d’une crise de surproduction en 1734.

Une école nationale de la poterie en perpétue la tradition encore aujourd’hui.

Il se tenait à Saint Amand sept foires par an, les lundi après les Rois, 18 février, lundi Saint, 15 juin, premier lundi d’août, 14 septembre et premier lundi après la Toussaint. En outre, un marché public était ouvert le lundi de chaque semaine.


Source

  • Département de la Nièvre et des petites contrées qui en dépendent. Tome 2 par Jean Née de La Rochelle et Pierre Gillet (1827)
  • Le patrimoine des communes de France. Flohic éditions
  • Martine NOËL (discussion)

Notes et références

Notes

  1. Il s'agit peut-être d'un village nommé Latré proche de Saint Martin des Champs (Cher). Aunaire assigne chaque jour de janvier aux trente principales paroisses du diocèse afin que chaque paroisse à son tour récite des prières spéciales destinées à préserver ses ouailles contre les accidents et périls en général. Concernant Leodarus, le jour retenu était le 23ème.

References