Octobre 1914

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Informations générales et locales du mois d'octobre 1914.

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  • Journaux départementaux utilisés : La Tribune Républicaine, Le Journal de la Nièvre, Paris-Centre, La Semaine Religieuse.
  • Dimanche 4 octobre :
    On apprend la mort au champ d'honneur de l'acteur Max Linder.
  • Lundi 5 octobre :
    Mise au ban de la Kultur allemande. Un article de Léon Daudet, repris dans la Semaine Religieuse, dénonce les barbares germaniques et leur pseudo-kultur, l'influence pernicieuse de Kant et celle du juif allemand Heine ; il propose que les enfants n'apprennent plus jamais la langue allemande, mais se tournent vers les autres langues étrangères ou régionales...
  • Mercredi 7 octobre :
    Accident mortel à Saint-Ouen : le soldat Camus, garde des voies de communication, est écrasé par le train Cercy-Nevers.
  • Jeudi 8 octobre :
    La Tribune Républicaine reparaît après un mois de suspension. La ligne éditoriale sera désormais la suivante : « A l'heure où nos soldats font si héroïquement le sacrifice de leur vie pour chasser les barbares qui ont envahi notre pays, il est bon de s'abstenir de toutes récriminations et de toutes critiques. »
    Situation ce jour-là : combats à Lille-La Bassée, autour de Roye, autour de Verdun, à Hattonchâtel ; Saint-Mihiel est occupé par les Allemands ; statu quo dans les Vosges.
  • Samedi 10 octobre :
    Le docteur Petitjean, sénateur de la Nièvre, soigne les blessés dans un hôpital de Nevers. Il a reçu une lettre d'un de ses deux fils mobilisés, publiée par la Tribune Républicaine : « Tout va bien ! Nous faisons de la bonne besogne. C'est dur, mais le moral est bon. Et puis tu sais, être blessé ou tué, c'est sans importance. L'essentiel, c'est de vaincre. »
  • 13 octobre :
    Chute d'Anvers.
    Vingt bombes ont été lâchées sur Paris.
    Violents combats de cavalerie dans le Nord.
    On apprend les décès : du capitaine Fernand Anginieur, de Millay, qui s'est illustré récemment par plusieurs grandes explorations ; du commandant Blainville, beau-frère de M. Salin, directeur des mines de La Machine ; du lieutenant de réserve Pierre Regnault, maire de Neuville-lès-Decize, avocat à la Cour d'Appel de Paris.
  • 15 octobre :
    Le gouvernement belge s'installe au Havre.
    La religion de la patrie : un hommage est rendu aux catholiques patriotes ; le gouvernement a engagé dans les services de santé des ministres des différents cultes, mais il les met en garde contre le prosélytisme religieux.
  • 16 octobre :
    Visite de l'hôpital militaire du Pavillon des Bois (mis à la disposition des services de santé par Mme de Pange), près de La Machine.
  • 17 octobre :
    Pourquoi nous serons vainqueurs : dans le Nord la rive gauche de la Lys a été reprise, l'offensive allemande a été enrayée dans les Vosges.
    Quête pour l'équipement d'hiver de nos soldats : on demande des chandails, des écharpes, des couvertures, des caleçons, des gants...
  • Mardi 20 octobre :
    La ville d'Armentières a été reprise.
    Il faut boycotter les articles allemands et austro-hongrois : les bouillons KUB, les crayons FABER, les gommes ELEPHANT...
    L'infanterie va recevoir une nouvelle tenue ; elle abandonnera le pantalon rouge et la capote bleu indigo pour des vêtements uniformes de couleur bleu de Chine.
  • Jeudi 22 octobre :
    Lancement à Saint-Nazaire du super-cuirassé Normandie, long de 175 m, jaugeant 25200 tonneaux.
    Les Allemands sont courageux quand ils ont bu, ils attaquent saoûls d'eau-de-vie.
    Sur le front du Nord, les Canadiens arrivent, les Ecossais ont lancé une violente charge contre les lignes ennemies.
  • Mercredi 28 octobre :
    Les Allemands, repoussés sur l'Yser, bombardent Nieuport.
  • Jeudi 29 octobre :
    Les troupes anglo-françaises progressent au Kamerun.
  • Vendredi 30 octobre :
    Arrivée à Nevers d'un nouveau groupe de réfugiés.
    La victoire est certaine. Les dernières convulsions de la bête. Les Allemands quittent Bruxelles. Von Moltke est dans un état désespéré(1).
    La Tribune Républicaine publie encore une lettre héroïque : « C'est la charge à la baïonnette qui est horrible, lorsque l'on y réfléchit après coup. Après être arrivé à peu de distance : « En avant ! » Les Allemands prennent peur, jettent leur fourniment et se sauvent. Ils vont si vite qu'on ne peut pas toujours les piquer dans les reins. Ils poussent des cris horribles, comme des bêtes féroces ; Ceux qui sont surpris se mettent à genoux et lèvent les bras en criant : « Franzosen ! Franzosen ! » On est comme fou et la mort vous prend dans un drôle de transport. »
  • Après la victoire de la Marne et le recul de l'armée allemande, le front se stabilise. La guerre des tranchées commence... elle va durer plus de quatre ans.

(1) Bobard, ou intox : la presse va annoncer régulièrement la faillite de l'Allemagne, la mort du Kronprintz, la famine à Berlin...

Texte de Pierre Volut http://histoiresdedecize.pagesperso-orange.fr/index.htm et http://lesbleuetsdecizois.blogspot.fr/ mis en page par --Mnoel 9 octobre 2014 à 11:34 (CEST)