Mines de charbon de La Machine

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Les origines

  • La commune de La Machine existe seulement depuis la fin du 18e siècle ou le début du 19e siècle. Seules quelques maisons isolées et des baraques en bois s’élevaient dans les quartiers de La Chaume, des Baraques et des Marizys. Ces lieux dépendaient des localités avoisinantes : Champvert, Thianges, Ville-Langy et Sougy-sur-Loire. Les premières découvertes de houille se situent dans les environs des lieux-dits Marizys et Les Écots rattachés alors à la commune de Thianges. Une découverte de charbon est signalée en 1481. Un contrat, enregistré par Claude Piga notaire à Decize, entre le 1er et le 3 mai 1489, fait état d’un marché passé entre Jehan Bergeron, bourgeois à Decize et Didier Mérot, de Marly, d’une part, et Gillet Loison et Girard Gaulthier de La Meule, de la paroisse de Moustier-en-Glenon, (aujourd’hui disparue), d’autre part. Gillet et Gaulthier promettent de rendre, chaque semaine pendant un an, à Bergeron et Mérot, dix charretées de charbon de pierre à prendre à la charbonnière des Écots, appelée la charbonnière Huguenin Coquille. Ils devront les conduire sur la rivière de Loire à La Loge. À cette époque, le charbon de terre est d’un usage courant chez les forgerons.
    À Decize il existe des minières de charbon de pierre. Ce charbon entretient bien le feu comme le fait le charbon de bois mais il procure un feu plus ardent et les ferronniers l’utilisent plus volontiers. Le transport se fait sur la Loire.
  • C’est seulement au 17e siècle que l’on commence l’exploitation de ces mines. Colbert, ministre de Louis XIV, parcourt le Nivernais en 1659 afin de repérer les ressources industrielles et les minières de Decize ne lui échappent pas. Au vu de son rapport, le roi veut surpasser la marine anglaise et ne plus être tributaire de la Grande-Bretagne pour la fourniture de la houille nécessaire aux ateliers de constructions navales. Il considère le charbon nivernais comme le meilleur de France et le prescrit dans les arsenaux militaires de Brest, du Havre et de Rochefort. Par arrêté du 16 juillet 1689, il concède à Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier, l’exploitation de toutes les mines de charbon de terre situées aux environs de Decize, et ce, pour une durée de 15 ans. Il fera une exception pour celles situées dans la forêt des Minimes dépendantes du duché de Nevers.
  • Le système d’exploitation employé dans le pays, à cette époque, ne permet pas de répondre aux exigences du ministre de la marine et il faut faire appel à des ouvriers Belges, plus expérimentés. C’est le duc de Montausier qui, pressé par Louis XIV, s’en charge.
    La direction des travaux est confiée à un ingénieur nommé Daniel Michel, venu de Liège. Il dirigera l’exploitation située dans le fief des Écots dépendant de la seigneurie de Thianges. Il installe sur un puits à houille « la machine » qui a donné son nom aux mines et à la ville. Cette « machine » était un manège semblable à ceux utilisés dans les mines en Belgique, composé d’un arbre vertical muni d’un long levier à l’extrémité duquel on attelait plusieurs chevaux. Daniel Michel mourra quelques années plus tard et sera inhumé dans l’église de Thianges le 20 novembre 1693. Venu avec sa famille, celle-ci restera dans le Nivernais ainsi que d’autres familles belges. Indépendamment des Liégeois, d’autres ouvriers sont venus notamment de l’Auvergne, du Limousin, de la Savoie, pour prêter main forte.
  • Malgré les perfectionnements apportés par les Liégeois, les accidents sont fréquents en raison du nombre d’ouvriers employés dans les mines.
    À cette époque de guerres fréquentes, la consommation de houille est importante et le charbon nivernais doit soutenir la concurrence avec celui de l’Angleterre. La houille de La Machine, appelée ainsi à partir de 1691, est transportée par bateau sur la Loire au départ de Decize jusqu’à Nantes et, de là, expédiée en divers endroits. Suite à un arrêt du conseil du roi en date du 13 mars 1698, tous les propriétaires de terrains sur lesquels il y avait du charbon ont la possibilité d’ouvrir des mines sans permission et de les exploiter à leur profit. L’extraction à La Machine se fait alors sur trois points différents :
1. Au nord, dans la seigneurie des Écots et la partie appelée la Petite Machine. Un puits est béni le 30 janvier 1726,
2. Au sud-ouest, sur les dépendances des religieux Minimes de Decize,
3. Au sud-est, dans la région des Glénons alors au duc de Nevers.
  • Ces exploitations sont tantôt isolées, tantôt groupées, les unes restent plus ou moins actives, d’autres sont complètement abandonnées. De tous les exploitants particuliers qui se sont succédé dans ces mines et jusqu’au moment où l’autorité souveraine intervient pour les régir, seul de Valizendor est celui qui a laissé le plus de souvenirs dans le pays. Seigneur des Écots, c’est lui qui fait construire l’ancien château qui porte ce nom. Propriétaire des plus importantes mines de La Machine il fait construire des logements pour ses ouvriers ainsi qu’une chapelle certainement érigée dans les premières années du 18e siècle. Elle deviendra plus tard une église paroissiale.
  • En 1776, le duc de Nevers concède pour trente ans, ses droits sur la châtellenie de Decize aux dénommés Pinet, seigneur des Écots, et Gonnet, exploitant de mines et fils de propriétaire minier. Se basant sur un arrêt du 14 janvier 1748, ils demandent au roi l’autorisation d’exploiter sous la raison sociale Gonnet et associé, toutes les mines situées aux environs de Decize. L’autorisation leur est accordée le 13 mai 1780 pour trente ans, moyennant le paiement annuel de 400 livres à l’École des Mines. Cette société cédera son activité en 1782 à Baudard de Saint-James moyennant 264000 livres. Un nouveau bail lui est consenti par le roi en 1784. Il s’associe avec Périer. Ils fondent la société Périer et Cie. En 1785, le roi lui donne l’autorisation de construire une verrerie et une faïencerie près du faubourg Saint-Privé à Decize. Cette autorisation est soumise à la condition de n’employer que du charbon de terre.
    Cette association s’avérera difficile et ne tiendra pas dans le temps. Périer se retire et Baudard de Sainte-James subit des revers de fortune. L’exploitation périclite, tous ses biens sont adjugés par arrêt de la cour des aides du 5 août 1789 à un certain Mintier, menuisier à Paris. Il cédera l’affaire dès le 20 janvier 1790 à M. de Mallevault moyennant le paiement de d’adjudication qui, à son tour, s’associe avec une dame Marconney.
    Baudard de Saint-James laissera pour tout souvenir un puits appelé le crot Saint-James. Les derniers propriétaires émigrent en 1792, le séquestre est apposé sur les mines de La Machine et le sieur Viard Vauxmaine est chargé de les gérer en tant que fermier de la République. Un état daté du 21 messidor an 2 (9 juillet 1794) indique que toutes les expéditions de houille sont dirigées sur Paris, conformément à un arrêté du Comité de salut public.
    Vauxmaine suspend les travaux et les reprend seulement au bout de quatorze mois. Des poursuites sont engagées contre lui par l’administration, un jugement du 8 frimaire an 10 (22 novembre 1801) prononce l’annulation de son bail. Un arrêté du 2 fructidor an 11 (20 août 1803) déclare que les mines de Decize sont rentrées à la disposition du Gouvernement et qu’il sera procédé à une nouvelle concession. Celle-ci est donnée à M. de Mallevault pour cinq ans, par décret impérial du 2 août 1806. Il a été amnistié le 20 vendémiaire an 11 (12 octobre 1802) et réintégré dans ses propriétés non vendues. La concession devient alors perpétuelle par la loi du 21 avril 1810 et comprend tous les gîtes houillers connus dans les environs de Decize.
  • Avec le 19e siècle, La Machine prend un essor de plus en plus considérable. Jusque vers 1840, il y a un bon nombre de puits ou crots nouveaux, dont le nom a été conservé pour les sept ou huit puits les plus importants qui ont tous été abandonnés ou comblés depuis.
    C’est à partir de cette année 1840 que se fait la première installation du puits des Zagots, l’approfondissement de celui de la Haute-Meule. C’est aussi à cette époque qu’est construit le chemin de fer. Il remplacera le transport fait par des chevaux et servira à transporter les charbons au port de La Copine, sur le canal du Nivernais près de Champvert.
    La mine, quant à elle, appartient à une société anonyme dont le siège social se situe à Metz. Son développement est dû à la bonne administration de M. Schaerff sous la direction technique de Jean-Baptiste Machecourt, ingénieur de l’École des Mines de St Étienne et né à La Machine le 6 septembre 1803.
    En 1850 est commencé le creusement du puits Marguerite, en 1854 c’est le creusement du puits Saint-Jean, en 1858 c’est au tour de celui des Coupes. L’extraction de la houille se fait par les puits Glénons, Chapelle, Zagots, Marguerite et Haute-Meule au moyen de machines à vapeur. Tous communiquent intérieurement par des galeries, véritables corridors souterrains. En 1855, sont construits les ateliers d’ajustage, tournage, forgeage, chaudronnerie, charpenterie et menuiserie.
    La Société anonyme des mines de Decize vend la houillère de La Machine à la Compagnie Schneider en 1868. Elle est propriétaire des usines du Creusot.

Source : Thianges par l'abbé Ad. Chauve

Martine NOËL (discussion) 9 mai 2020 à 13:28 (CEST)

L'histoire

Le charbon a été pendant près de deux cents ans la principale ressource de la ville de La Machine. Son exploitation, contrôlée après 1865 par la Compagnie Schneider et Cie, a entraîné le forage de puits jusqu’à une profondeur de 700 mètres, la construction de plusieurs cités ouvrières et le recrutement de centaines de gueules noires.

Au moment de la fermeture du dernier puits des Minimes en 1974, de nombreux mineurs ont voulu garder la mémoire de leur métier en créant un musée, lieu éducatif, pédagogique mais aussi captivant.

L'exploitation du charbon fut un moteur économique pour la région. De 1869 à 1946, la houillère de La Machine jouit d'une grande prospérité et le développement de la ville s'accélère. Au moment de la nationalisation, la ville compte plus de 6 000 habitants dont un quart est employé dans la mine. Ces derniers sont logés, pour la plupart, dans des cités ouvrières construites par la Compagnie à proximité des puits :

  • Cité Sainte-Marie (1856-1857)
  • Cité Sainte-Eudoxie (1878)
  • Cité des Zagots (1917-1918)
  • Cité des Minimes (1922-1938)

L'histoire a été marquée par la catastrophe minière du 18 février 1890, où un coup de grisou fait 43 morts.

Entre 1917 et 1927, environ 300 Chinois seront employés à La Machine. Ils font partie des 140 000 Chinois que la France et la Grande-Bretagne avaient fait venir pour travailler à l'arrière du front pendant la Première Guerre mondiale. Certains travaillaient avant leur arrivée dans les usines d'armement Schneider également propriétaire de la mine. Mais seule une vingtaine reste dans les années 1930. Ils seront suivis par les Polonais, les Italiens, les Yougoslaves et les Maghrébins.

30 % de la population est d'origine étrangère en 1936 (dont : 1184 Polonais, 231 Yougoslaves, 43 Tchécoslovaques, 60 Italiens, 22 Allemands, 26 Espagnols, 21 Chinois, 15 Nord-Africains, 5 Belges).

La ville atteint son maximum de population dans les années 1950 et devient la 4e agglomération du département, derrière Nevers, Cosne sur Loire et Decize.

Après une modernisation des mines, et la centralisation de l'extraction du charbon au puits des Minimes (dernier puits en date), La Machine a dû cesser son activité en raison de la crise du charbon en France. Le dernier mineur remonta en 1975, après trois siècles d'exploitation du charbon.

Sources:

  • mairie-la-machine.fr
  • fr.wikipedia.org

Le musée

Ouvert depuis 1983, le Musée de la Mine est composé de deux sites:

  • la partie musée dans l’ancien siège administratif des « Houillères », retrace l’histoire du charbon et la vie des mineurs
  • le puits des Glénons et sa galerie de mine, pour comprendre les dures conditions de travail des mineurs, des femmes, des enfants et des animaux.


Praynal (discussion) 8 septembre 2019 à 13:50 (CEST)