Forges de Guérigny

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Guérigny et la métallurgie

Dessin des forges

Arnaud de Lange, seigneur de Villemenant, dont la famille exploite déjà un petit établissement métallurgique, achète la terre de Guérigny au chapitre de Nevers le 7 mai 1638 et y installe une grosse forge, au confluent des deux Nièvre. Cette forge fonctionne en 1642.

En 1681, la forge de Guérigny est affermée à un bourgeois et marchand de Nevers, Jean Thomas, dit Maslin, qui entreprend le commerce des fers à grande échelle et tonne de centraliser les forges appartenant à de multiples propriétaires en les affermant ou en achetant leur production.

Afin de payer ses dettes, Guillaume de Lange, le petit fils d'Arnaud de Lange, vend la forge de Guérigny à un banquier, Jacques Masson, en 1722.
De nombreux achats sont ensuite faits en Nivernais, par Masson, en commun avec Jean Babaud et son jeune frère, Pierre Babaud de la Chaussade.

Dessin des forges
Les forges aujourd'hui

Après la mort de Masson en 1741, Babaud de la Chaussade, qui avait épousé sa fille Jacqueline Anne Marie en 1734, devient l'unique propriétaire jusqu'en 1781, son frère étant décédé en 1738.

L'usine de Guérigny consacrera ensuite une section des forges royales, impériales ou nationales, selon les régimes.

Ses activités métallurgiques seront transférées sur le site de Villemenant et la menuiserie dans le groupe central à la fin des années 1920.
Le vieux Guérigny ou Usine des Câbles demeurera une dépendance de l'établissement de Guérigny jusqu'à sa fermeture en 1971.

NOTICE SUR LES FORGES IMPÉRIALES DE LA MARINE
Texte complémentaire communiqué par Pierre Volut

  • Parmi les établissements essentiellement utiles à l'État, celui des Forges impériales de la Marine, à Guérigny, département de la Nièvre, y occupe un rang distingué.
    Les forges et arsenaux de la Marine sont le fruit de 60 ans de travaux pénibles, de soins assidus de la part de M. Masson, alors seigneur de Guérigny, de M. Babaud de la Chaussade son gendre, et de M. de Sionville, mort régisseur général, en 1791. Les deux premiers, depuis 1720 jusqu'en 1780, ont fait valoir les Forges et Arsenaux pour leur compte ; ils fournissaient leur fabrication à la Marine de l'État.
    Jusqu'en 1793, cet établissement a fait partie des attributions du ministère des Finances ; et par un décret du 11 avril 1793, il a été placé sous les ordres immédiats du ministre de la Marine : les règles de son administration sont les mêmes que celle des ports.
    Les ancres se fabriquaient à bras, dans les ports, avant la création des grosses forges spéciales pour cette fabrication. Cette époque remonte au moins à 1720. Alors on fabriquait déjà des ancres à Imphy et à Cosne. On n'a commencé à en fabriquer à Guérigny qu'en 1747.
    Cet Établissement se divise en cinq sections : Guérigny, Demeurs, Cosne, La Vache, Frasnay.
    Il consiste en deux hauts fourneaux, quatre grosses forges à fer, huit petites forges à fer, cinq forges aux ancres, des martinets pour grands clous et pour petits fers, deux fenderies ou applatisseries, une fonderie à réverbère, une scierie à eau, des clouteries à bras, des serrureries et taillanderies, deux tuileries, treize domaines, un moulin à blé, cent hectares de prairies en réserve.
    Il y a deux entrepôts, l'un à Nevers, et l'autre à Cosne, pour mettre en sûreté les objets fabriqués.
    Le combustible habituel des forges et arsenaux de la Marine est le charbon de bois et le charbon de terre. Jusqu'en 1783, les fours de fenderie ou d'applatisserie s'échauffaient avec du bois de corde ; depuis cette époque, on y a substitué le charbon de terre, et il est employé avec le même succès pour les forges aux ancres, la fenderie à réverbère, les feux de clouterie, taillanderie, serrurerie et martinets.
    Le nombre des ouvriers employés peut s'élever à 1050 ; 400 dans l'intérieur, 650 à l'extérieur.
    Les fontes produites par les hauts fourneaux se convertissent en fers, qui sont employés à la fabrication des ancres, des clous, chaînes d'amarrage et autres fers œuvrés.
    Les ancres, clous et tous les fers œuvrés s'expédient dans les différents ports, pour être employés à la construction, radoub et à l'armement des vaisseaux de la Marine impériale.
    Les forges et arsenaux de Guérigny communiquent avec tous les ports de l'Empire.
    Les ancres, clous et autres fers œuvrés s'expédient par eau, de Nevers et de Cosne, savoir :
Pour la Méditerranée, par la Loire, le Canal du Centre, la Saône et le Rhône.
Pour l'Océan, par la Loire, jusqu'à Nantes.
Pour la Manche, par la Loire, les canaux de Briare et de Loing, et la Seine jusqu'au Hâvre.
Pour la Mer du Nord, Anvers et Flessingue, Amsterdam et Rotterdam, par la Loire, les canaux de Briare et de Loing, la Seine, l'Oise, le Canal de Saint-Quentin et l'Escaut.
Au moyen des conditions imposées aux différents fermiers, tous les transports quelconques se trouvent assurés d'une manière invariable.
(Almanach de la Nièvre, 1813, pp 77-79)