Auvert Louis

De Wiki58

René Louis naît à Moulins Engilbert le 6 mars 1857, de Jules-Achille Auvert, notaire, alors âgé de 35 ans, et de Joséphine-Louise Miron, 26 ans, qui est la sœur d’Arthur Miron. Les déclarants sont le grand-père, Jean-Baptiste Théodore Miron qui demeure au vieux château de Lévault à Onlay et l’oncle, Simon-Arthur Miron, président du tribunal civil, alors âgé de 22 ans.

Comme François Miron son cousin germain, Auvert est passionné par la recherche dans le domaine de l’électricité et va avoir l’occasion de mettre en application les dernières découvertes faites dans ce domaine.

Il est ingénieur principal et responsable des premiers essais de traction électrique au PLM (Paris-Lyon-Méditerranée). Il met au point, à partir de 1897, la traction ferroviaire électrique, notamment sur la ligne du Fayet à Chamonix et Vallorcine, pour la Compagnie PLM. C'est en 1908 que cette ligne express est inaugurée. Ce nouveau système permet aux locomotives de pouvoir gravir les pentes sans l'aide de crémaillères.
Le conducteur est placé en tête du train de véhicules automoteurs, avec un système d'asservissement pneumatique.
Dans le cas de déclivités très importantes, un rail central de sécurité permet d'assurer le freinage.

Avec l’aimable autorisation de Michel Pauty, directeur de la publication  Les physiciens en Bourgogne, nous reproduisons ici des passages de cette aventure :

Louis Auvert « est un véritable pionnier de la traction électrique auprès de la compagnie PLM. Faisant suite au tracteur alimenté par un troisième rail qui circula à partir de 1894 sur l’embranchement minier Montmartre-La Béraudière à Saint Etienne. Sa locomotive prototype à accumulateurs E-1 est soumise dès 1897 à une série d’essais à grande vitesse. Afin d’obtenir la puissance et l’adhérence nécessaires pour gravir des rampes de 90 mm/m sans l’aide de crémaillère, les convois sont formés de véhicules tous automoteurs, d’un poids assez élevé, commandés par un seul conducteur placé en tête du train, grâce à un système d’asservissement pneumatique. Les sections comportant les plus fortes déclivités sont équipées d’un rail central de sécurité sur lequel viennent se serrer des pinces portées par les véhicules, afin de garantir un freinage satisfaisant, quelles que soient les circonstances. Ces dispositions uniques donnèrent satisfaction pendant plus de 50 ans. A partir de 1901, la ligne métrique de Haute Savoie vit donc la première application à grande échelle de ce mode de traction avec alimentation en courant continu par rail latéral et commande en « unités multiples » d’une formation de véhicules automoteurs. Les choix faits permirent d’adopter un tracé restant dans la vallée de l’Arve, remontant les gorges de Châtelard au prix de fortes déclivités mais avec un profil plus facile à partir des Houches.

En 1910 la locomotive 2 BB 2, système Auvert et Ferrand teste sous caténaires les possibilités du courant monophasé entre Mouans-Sartroux et Grasse.

Après la première guerre mondiale, l’ingénieur Auvert s’implique, entre 1923 et 1925, dans l’équipement en courant continu de la ligne de Maurienne qui resta finalement la seule grande artère électrifiée du réseau PLM. Pour cela, Louis Auvert conçoit une locomotive prototype, la 242 CE 1 (PLM) construite par Fives-Lille (partie mécanique et électrique) en 1926. Elle comporte deux caisses, elle est de configuration 2B1+1B2. Elle ne possède ni rhéostat, ni contacteur. Ces dispositifs sont remplacés par un système de traction autorégulé (STAR) essayé sur des motrices du métro parisien. Elle comporte un moteur électrique dans chaque demi-machine. La transmission s’effectue par des bielles motrices et d’accouplement pour chaque groupe d’essieux. La machine pèse 164 tonnes, c’est la plus lourde machine réalisée en France. Un incendie met fin prématurément à sa carrière, en 1927, après qu’elle eût parcouru seulement 6.889 km. »

Louis Auvert meurt en 1930.


Sources:

  • Physiciens en Bourgogne, Editions SODECOM
  • Jacqueline et Serge BERNARD - « Des Morvandiaux de l’Ombre à la Lumière » Tome 1


Brigitte Foudrier - octobre 2008
Patrick Raynal 14 janvier 2016