Corancy église
Le patronage de la cure appartenait à l'évêque diocésain ; les dîmes étaient perçues par le curé et les seigneurs.
La paroisse semble une des plus anciennes de la contrée.
Théobald, curé de Corancy, presbiter de Corentiaco, souscrivit une charte avec le prieur de Dompierre en Morvand, en 1130. Jean Moreau, pourvu en cour de Rome, mérita, par ses éminentes qualités, d'être honoré du titre d'archiprêtre d'Anost. Il fit, en conséquence, la visite des paroisses de cette circonscription en 1660. A cette époque, il était d'usage que la paroisse se rendit, en procession générale, le 1er mai, en la chapelle de Beauregard, près d'Arleuf, et le jour de Saint Laurent au prieuré de St Christophe à Château Chinon.
L'église paroissiale, bâtie dans la partie la plus élevée du village, est sous l'invocation de St Euphrone, évêque d'Autun ; on célèbre sa fête le 4 août. Elle fut reconstruite au 15e siècle, sur les ruines d'une autre, qui datait de 1115. Le maître-autel, date de 1858 et les vitraux, fondus à Tours, furent posés l'année suivante.
On y remarquait en 1667, 5 chapelles érigées en l'honneur de Notre Dame, de St Jean Baptiste, de St Fiacre, de St Blaise et de St Sébastien. Les deux que l'on voit à droite et à gauche du chœur étaient seigneuriales ; Elles portent encore les noms de chapelles de Maison Comte et de Lorien. Dans Celle de droite, on voit une tombe, sur laquelle est gravée une croix et portant sur un cartouche, la date MIL. VI. V. On y lit « Xy dedans gist et repose discrète personne, messire Philippe Berceret premier chanoine,... Dieu luy fasse pardon. »
Il existait autrefois, dans cette église, une confrérie de la Ste Tirnité, composée de 22 membres, qui distribuaient, ce jour là, du pain aux pauvres des environs. On remarquait naguère plusieurs magnifiques sullys (arbres plantés d'après les ordres de Sully, comme en forêt de Fontainebleau) ou ormes sur l'ancien cimetière, contigu à l'église, au sud. Le nouveau, situé à l'est du village, a été établie en 1859.
Le presbytère, bâti près du portail, est dans une magnifique situation, d'où il domine toute la vallée de l'Yonne. Vendu dans la révolution, il fut acquis par le vénérable Charles Morey, curé de Corancy pendant plus d'un demi siècle. Pourvu de la paroisse en 1791, Charles Morey prêta, comme tant d'autres, le serment schismatique, alors exigé du clergé. Il servit même la révolution en qualité de commissaire de police, charge qui l'exposait alors à diverses missions épineuses. Accusé plus tard de complicité dans un crime, il fut traîné devant les tribunaux et reconnu innocent.
A la suite de cette triste affaire, il publia un mémoire justificatif, que nous regrettons de ne plus posséder. Peu de prêtre, sur la fin de leur carrière, ont été entourés d'autant de respect et d'amour. Sa générosité était proverbiale et sa maison l'hôtellerie non seulement des ecclésiastiques du voisinage, mais encore d'une foule de laïques de toutes conditions. Nommé chanoine honoraire de Nevers, il se retira, quelque temps après, à Château Chinon, où il mourut le 1er janvier 1851 à 86 ans.
La Fontaine
A l'est de Corancy, sur un rocher qui s'élève au milieu des forêts, et dont le ruisseau de Reinach baigne le pied, on rencontre une antique chapelle dédiée à la Ste Vierge. Elle y est honorée d'un culte tout particulier, sous le nom de Notre Dame de Grâce de Faubouloin. On croit communément que cet oratoire remplaça un autel druidique, et que la fontaine voisine, pour laquelle le peuple professe une grande dévotion, était elle même sacrée parmi les Celtes du Morvan.
Elle fut interdite le 27 janvier 1812, par suite d'un assassinat commis le jour de la fête, et rendue au culte 4 ans après, le 2 août. Quelques personnes ont prétendu que la chapelle de Faubouloin avait été construite lors de l'érection de la terre de La Tournelle en marquisat, c'est à dire vers 1680, pour servir de 5e clocher. C'est une grave erreur. Les archives de l'évêché d'Autun prouvent qu'elle est beaucoup plus ancienne.
Informations tirées de Le Morvand par Jean François Baudiau en 1867
L'église Saint Euphrone
- Église paroissiale de Saint Euphrone, construite, à la fin du XVè siècle , sur l'ancienne église romane.
- Plan cruciforme, avec deux chapelles aux côtés du chœur ; chœur carré, voûté sur ogives prismatiques ; une fenêtre garnie de meneaux ouverte dans le mur du fond ; les autres baies refaites sans caractère à une époque moderne ; le transept avait une voûte semblable à celle du chœur ; nef non voûtée.
- Clocher carré central.
- Toute l'église a été restaurée avec goût ; autel sculpté et vitraux.
- Dans le bras sud de la croisée, tombe d'un chanoine avec inscription de 1605.
- Statue de saint Euphrone, évêque d'Autun, en bois, XVIè siècle.
- Groupe de Notre Dame de la Pitié, du XVIIè siècle.
- Croix de procession en cuivre, XVIè siècle.
Sources : Répertoire archéologique du département de la Nièvre rédigé sous les auspices de la Société nivernaise des Lettres, sciences et arts par M. le comte de Soultrait ; impr. nationale (Paris) – 1875 et Patrimoine des communes de la Nièvre (Éditions Flohic)
Photo : Éric Monnier (GenNièvre)
--m mirault 23 octobre 2010 à 07:21 (UTC)
