Thuriot Joseph

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Joseph THURIOT, "lapin radical" ou "carpe anarchiste ?"

Joseph, dit Victor, THURIOT, né à Chougny le 22 juillet 1857, 7ème enfant du couple Thuriot-Merlin, serait celui qui apporterait le plus de surprises.

On relève notamment, dans un journal de début du 20ème siècle, en 1906, un article le concernant dont le titre est : "l'alliance du lapin radical et de la carpe anarchiste" !


En 1892-93, il prit une part active dans l'organisation des ouvriers bûcherons du Bazois; il fut, à ce titre, délégué auprès du préfet en 1893.

Il mena une vie politique municipale particulièrement mouvementée.

Jugeons plutôt de son parcours à Tamnay-en-Bazois mis en évidence par les procès-verbaux des élections :

  • 3 mai 1896 : alors épicier en gros à Tamnay, il est élu conseiller municipal.
  • 17 mai 1896 : lors de l'élection du maire, il est battu après le 3ème tour de scrutin au bénéfice de l'âge pour son adversaire. Il sera tout de même désigné premier adjoint.
  • 21 mai 1897 : après une séance du conseil municipal, il fait publier, au nom des élus de la commune, un "blâme à Mr le Maire" en posant les trois accusations suivantes :
    • manque d'initiative et d'énergie,
    • ne demande jamais avis au conseil pour son administration communale,
    • refuse de mettre à exécution les décisions proposées et adoptées en délibération.

L'affiche rouge, datée et timbrée, vaut le coup d'œil !

  • 24 mai 1900 : il est élu conseiller municipal, puis adjoint.
  • 31 octobre 1901 : il démissionne de son poste d'adjoint.
  • 8 août 1903 : il est élu maire pour finir son mandat, jusqu'au renouvellement du conseil en 1904.

A voir : l'édition du 19 juin 1903 du Journal de la Nièvre, page 2 : trois refus consécutifs du conseil municipal de siéger, les comptes 1902 ne sont pas présentés, il ne peut se voter de budget pour 1903. Le maire en place était en difficulté.

  • 1er mai 1904 : il est à nouveau conseiller; il est alors propriétaire et toujours épicier en gros.
  • 15 mai 1904 : il retrouve son fauteuil de maire.
  • 27 août 1905 : il démissionne de sa fonction de maire, et redevient conseiller.
  • 3 mai 1908 : il sera réélu conseiller pour son dernier mandat. Sa profession déclarée à l'époque est : rentier.

Anecdote : une lettre anonyme du 15 juillet 1910 dénonce l'absentéisme de Joseph. Le sous-préfet, saisi de l'enquête, rend compte au préfet en ces termes : "il est exact que Mr Thuriau, conseiller municipal de Tamnay, a quitté cette commune pour aller se fixer à Paris, mais il n'est pas démissionnaire. Il est vrai qu'au terme de l'article 60 de la loi municipale, le conseiller municipal qui a manqué à trois sessions consécutives […] peut être déclaré démissionnaire d'office; mais je ne vois pas la nécessité de prendre cette mesure contre Mr Thuriau qui toute sa vie a lutté pour l'idée républicaine, et a amené à la République la commune de Tamnay dont il a été maire pendant longtemps".

Entre temps, il assiste au 2ème congrès de la Fédération Nationale des Bûcherons à Nevers, le 30 août 1903, et y représenta le syndicat de Tamnay-en-Bazois.

Lors de la campagne électorale de 1906, il s'opposa à Combemorel et aux socialistes de la fédération de la Nièvre. Il était qualifié dans le numéro du 1er mai 1906 de l'Observateur du Centre (alors journal de ma fédération socialiste de la Nièvre), de "libertaire", "ancien partisan de l'action directe", "anarchiste".



Joseph THURIOT est l'un de mes arrière grands-oncles paternels, au même titre que Jean-Baptiste et Henri.


--Jean-Michel Th. 20 septembre 2008 à 09:11 (UTC)