Decize Archéologie

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Les fouilles archéologiques à Decize

  • Il est plus facile de découvrir des vestiges de voies ou des villas romaines dans la campagne que sous une ville. À Decize, depuis plus de deux mille ans, des constructions se sont superposées. Ce n'est que lors de travaux de voirie ou après une décision des autorités locales que l'on a des chances de trouver des substructures d'habitations anciennes.
  • Jusqu'au milieu du XXe siècle, dans la ville de Decize et ses faubourgs, des pièces ou de menus fragments de poteries gallo-romaines ou médiévales ont été identifiées par des collectionneurs plus ou moins experts.
  • Le 19 février 1969, l'entreprise Gérard effectuait des travaux d'assainissement dans la rue du Docteur Turigny. La pelleteuse a buté sur de gros blocs de pierre. Il s'agissait d'un sarcophage. Après élargissement de la tranchée, cinq sarcophages ont été dégagés à trois mètres de profondeur, dont deux étaient presque intacts ; ils étaient tous orientés tête au nord nord-ouest ; divers objets ont été recueillis, une bague en bronze, un manche en fer et une lame, des morceaux d'assiette vernissée noire, de la céramique, un pied d'amphore gallo-romaine ; les nombreux squelettes retrouvés à proximité prouvent que ce site était celui d'une nécropole. Un sarcophage est décoré de grandes croix gravées ; on peut penser que cette nécropole témoigne d'un lieu de culte important aux premiers siècles de la christianisation de la région, avant même la fondation l'ancien prieuré bénédictin de Saint-Privé.
  • Un groupe local de recherches archéologiques s'est constitué autour du docteur Alain Pagès. Plusieurs petits chantiers de fouilles ont été menés au cours des deux décennies suivantes. Au numéo 11 de la rue Virlogeux, des travaux d'adduction à l'entrée d'une petite résidence en construction ont permis d'effectuer plusieurs sondages : deux niveaux gallo-romains successifs ont été repérés, un mobilier intéressant a été recueilli (céramique, monnaies, fibules).
  • Après l'incendie de l'ancienne église des Minimes (novembre 1979), une rapide fouille menée dans la cour et le cloître a été entreprise ; plusieurs niveaux d'occupation antérieures au Moyen-Age ont été observés, un bâtiment gallo-romain, plusieurs sépultures.
  • Rue des Fossés, sous les anciens remparts de la ville, Alain Pagès a repéré un niveau d'occupation du 1er siècle avant J.-C. : il a recueilli des fragments de vases en céramique peinte, des monnaies émises par les Lingons, Séquanes et Eduens, peuplades gauloises qui occupaient l'actuelle Bourgogne.(1)
  • Les fouilles les plus importantes ont été effectuées de décembre 1991 à mars 1992 dans la cour du groupe scolaire du Centre-Ville. L'école primaire Lakanal et l'école maternelle Marguerite Monnot sont bâties sur l'emplacement de l'ancien couvent Sainte-Claire. La municipalité de Decize a décidé de détruire deux bâtiments vétustes (anciens logements des instituteurs) afin de reconstruire une cantine scolaire et un centre de documentation. En accord avec le Service Régional de l'Archéologie, la ville de Decize a financé cette campagne de recherches et mis des moyens mécaniques à la disposition de l'équipe dirigée par Frédéric Conche.
  • Le site fouillé a révélé une succession ininterrompue d'occupation humaine depuis le 1er siècle avant J.C. jusqu'au XXe siècle :
- des céramiques, des trous de poteaux, des cendres, des débris de charbon de bois, des ossements, dans la fosse la plus profonde (phase 1 : époque gauloise) ;
- des gobelets, des céramiques peintes, une lampe à huile à bec triangulaire, une cruche (phases 2 et 3 : époque gallo-romaine et Haut Moyen-Age) ;
- des constructions en pierres calcaires liées au mortier de chaux, des monnaies médiévales (phase 4) ;
- de nombreux objets de l'ancien couvent : vaisselle, usagée jetée dans une latrine (phases 5 et 6 : occupation moderne et contemporaine) (2).


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  • En septembre 2006, l'Association Si Decize m'était contée a présenté une exposition intitulée « Decize au Temps des Gaulois ». Cette association s'est constituée autour de Caroline Coqueugniot et elle a regroupé pendant quatre ans plusieurs professeurs et amateurs d'histoire (3) ; l'exposition, destinée en priorité aux scolaires, était ouverte à la population de la ville et de contacter des personnes qui possédaient des pièces de monnaie ou des poteries anciennes.
  • Un CD-ROM a été réalisé par la Cyberbase de Decize ; des pages sont consacrées à la vie quotidienne, aux transports, au calendrier gaulois, à la nourriture et aux vêtements des Eduens ; les photos des objets exposés sont reproduites sur ce CD, qui permet d'avoir une vue synthétique des découvertes d'archéologie effectuées à Decize (4).

(1) Cf. Hélène Bigeard et Alain Bouthier, Carte archéologique de la Gaule, La Nièvre, pp. 129-130 ; références précises des relevés et articles consacrés à ces fouilles.
(2) Frédéric Conche, Nathalie Busseuil, Michel Droin et Jacques Roger, Rapport de fouille de sauvetage, Decize, restructuration du groupe scolaire Marguerite Monnot.
(3) Membres de l'association en 2006 : Caroline Coqueugniot, Nadine Benoît, Jean-François Bridou, Pierre Péré, Michel Saillant, Pierre Volut, Claude et Michèle Roux, M. Grier. L'association a présenté deux autres expositions : en septembre 2007 « Decize au Moyen-Age et à la Renaissance » ; en septembre 2009 Decize aux XVIIe et XVIIIe siècles ».
(4) CD-ROM compatible Mac et PC. Réalisation : Sandy Julien, Cyberbase de Decize.
Article proposé par Pierre Volut et mis en page par m mirault 28 juillet 2015 à 10:30 (CEST)

La Source Saint-Aré

Source Saint-Aré
  • La tradition orale veut que la source des Eaux-Salées, ou source Saint Aré, remonte à l'époque gallo-romaine, donc bien avant la venue du saint évêque de Nevers dans les parages de l'antique Decetia. Des premières analyses de l'eau ont été pratiquées au milieu du XIXe siècle par le chimiste Balard.
  • M.Gandoulf, propriétaire de la source Saint-Aré, a fait effectuer des fouilles à plusieurs reprises depuis 1881. A la fin de l'année 1913 et au début de l'année suivante, il confie diverses pièces de monnaies anciennes à deux éminents spécialistes, M. Héron de Villefosse et M. Francis Pérot. Trois d'entre elles sont particulièrement intéressantes. Deux sont des tétradrachmes d'origine grecque, et l'une un as romain du Haut-Empire. Francis Pérot en a donné la description dans le Journal de Decize (n°11, 14 juin 1914).
  • Francis Pérot conclut son étude par une évocation de la source antique : « Sur le territoire et au sud de Decize [...] jaillissait au temps de Domitien et même auparavant, une source minérale dite de Crotes [sic], de Saulx, de Saint-Aré, et enfin Eau-Salée, qui s'échappait d'un captage gallo-romain. [...] La source de Crotes, dont un faubourg de Decize a gardé le nom, était une fontaine sacrée guérissant les fièvres, c'est-à-dire souveraine pour beaucoup de maladies. [...] Des pèlerinages y étaient organisés, et des pauvres malades se rendaient individuellement pour aller boire, non plus à la fontaine disparue depuis des siècles, mais à un étang bourbeux alimenté par cette même source(1).
  • Des fouilles plus importantes ont permis de découvrir le captage primitif : trois cuvettes superposées et s'élargissant à leur sommet, l'ensemble atteignant une profondeur d'environ 12 mètres ; dans les fondations, une poutre équarrie à la hache ; tout autour, des débris de vases, des monnaies, des canalisations de terre cuite, une pierre gravée portant l'inscription COCCEIAN VS DOMIT VS (un ex voto ?) et une grande pierre circulaire percée en son centre(2).
  • Une société s'est constituée afin de mettre en valeur le site et d'assurer la commercialisation de l'eau de Saint-Aré : plusieurs analyses et études comparatives ont été effectuées par les docteurs Ranglaret(3), Urbain, Moureu, Lepape et Bardet, membres de l'Institut d'Hydrologie. L'eau de Saint-Aré, sulfatée et sodique à 6 pour mille, a été comparée aux eaux minérales de Carlsbad et Marienbad en Bohème(4). La toute nouvelle Société des Eaux Minérales de Decize, en association avec le Comité permanent d'Initiative et des Fêtes (ébauche du Syndicat d'Initiative), a imaginé de créer une nouvelle station thermale, rivale de Bourbon-Lancy ou de Saint-Honoré-les-Bains. L'avenir touristique de Decize semble tout tracé. «Quoi de plus propice au repos des vacances que l'ombre de nos grands bois nivernais? Trouve-t-on souvent un plus joli point de vue que celui de Decize(5)... ?

(1) Francis Pérot, Une Source antique minérale retrouvée en 1914 près de Decize, Nièvre, Autun, Dejussieu et Xavier, 1914, p. 2.
(2) Cf. Jean Hanoteau, Guide de Decize, pp. 109-111 et Francis Pérot, op. cit., Procès-verbal pour la Société d’histoire Naturelle d’Autun, 1914, et Revue Scientifique du Bourbonnais, 1914, pp. 80-82.
(3) Docteur Ranglaret, Le Marienbad français, communication à la Société des Sciences Médicales, Gannat, le 5 avril 1914. Brochure de 16 pages, et revue Centre Médical, 1913 et 1914.
(4) Etudes du docteur Bardet, Hydrologie générale, Saint-Aré près Decize, et Existence en France d’eaux minérales de type Carlsbad-Marienbad, in Bulletin général de thérapeutique, n°22, juin 1916, 47 pages.
(5) Le Journal de Decize, n° 2, août 1913.


Texte de Pierre Volut http://histoiresdedecize.pagesperso-orange.fr/index.htm


Médailles et monnaies

Dans plusieurs cantons du Nivernais, et en particulier auprès de Decize, on trouve de temps à autres des médailles antiques représentants les Empereurs romains et les évènements mémorables de leur règne. On en a vu de Néron, Trajan, Adrien et plus encore d'Antonin le Pieux et d'Aurélus Antoninus le Philisophe. J'en eus deux en ma possession, dit le judicieux Coquille Guy, en airain de Corinthe ; l'une de Néron représentant d'un côté la clôture d'un temple de Janus, avec cette légende : Pace Populo Romano terra marique parta janum claussit. L'autre était de Marc Antoine le Philosophe et de Lucius-Elius Verus, surnommés Divi fratres ; au revers est le type de ceux de deux monarques se touchant la main, avec cet exorde : Concordia Augustorum.

J'ai donné ces deux pièces remarquables à M. de Langes, lieutenant général en la sénéchaussée de Lyon, homme très docte, et curieux rechercheur de ces antiquités.

  • Source : Mémoires pourr servir à l'histoire politique et littéraire à la géographie du Département de la Nièvre - J.B. Née de la Rochelle 1827
  • Transcripteur : Mabalivet (discussion) 26 avril 2020 à 14:22 (CEST)