Commagny église

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L'église de Commagny

Description technique

Ancien prieuré conventuel de l'ordre de Saint Benoît, grande et belle église, première moitié du XIIe siècle.

Plan cruciforme.

Absides voûtées en cul-de-four ; les parois de la principale, garnies de cinq arcatures cintrées, retombent sur des colonnettes engagées, portées sur un stylobate continu, dont les chapiteaux soutiennent en outre de courts pieds-droits qui font partie d'un système de petites arcatures régnant à la hauteur de la naissance du cul-de-four.

Larges baies cintrées simples ouvertes sous trois des arcatures.

Chœur voûté en berceau cintré, communiquant par des arcades avec des collatéraux voûtes d'arête.

Coupole sur le transept.

Arcs-doubleaux cintrés sur colonnes engagées ; bras de la croisée fort courts, voûtés en berceau cintré, communiquant avec la nef par de petits passages ménagés derrière les piliers de la partie centrale.

Dans le mur ouest du bras sud, porte en plein cintre, maintenant bouchée, qui donnait dans le cloître.

Nef sans collatéraux, non voûtée.

Chapiteaux imités de l'antique ou décorés d'ornements romans ; l'un porte deux aigles, un autre des guerriers qui, le bouclier pointu passé au bras gauche, percent de leur lance un personnage couché à leurs pieds.

A l'extérieur du mur terminal du bras droit de la croisée qui joignait les bâtiments claustraux, on remarque une porte bouchée, placée à une certaine hauteur, et deux petites armoires pratiquées dans le mur.

Deux rangs de corbeaux, faisant saillie sur le mur sud de la nef à l'extérieur, portaient le toit du cloître, dont il ne reste pas de traces.

Baies cintrées assez larges.

Corniche à moulures aux absides.

Beau clocher central à trois étages : sur chaque face, une baie bouchée assez large, deux petites baies au-dessus ; ensuite, au 3ème étage, quatre baies cintrées disposées deux à deux, séparées par des colonnettes.

Vilaine petite flèche en bardeau.

Dans le tympan de la porte bouchée du croisillon sud, traces de peintures romanes.

Dans le croisillon nord, joli autel décoré de tierce-feuilles inscrites dans des orles et d'une croix fleuronnée cantonnée de quatre-feuilles, XVe siècle.

Quelques fragments d'inscriptions tumulaires du XIVe siècle : épitaphes de la fin du XVIIIe.

Retable du XVIIe siècle.

Cloche avec inscription du XVIIe siècle.

Les bâtiments claustraux se trouvaient au sud de l'église ; il n'en reste qu'un petit bâtiment renfermant un four, fin du XVe siècle.

Logis du prieur au nord, à la hauteur du transept : bâtiment carré flanqué d'une tour d'angle, XVe siècle.

Restes d'un mur de défense à l'ouest.


  • Sources : Répertoire archéologique du département de la Nièvre rédigé sous les auspices de la Société nivernaise des Lettres, sciences et arts par M. le comte de Soultrait ; impr. nationale (Paris) – 1875 et Patrimoine des communes de la Nièvre (Éditions Flohic)
  • Photo : Éric Monnier GenNièvre

--m mirault 14 janvier 2011 à 13:21 (CET)




D’abord placée sous le vocable de Saint-Hilaire, elle devint Saint-Laurent au XIVe siècle tandis qu’était bâtie la maison du prieur. Elle fut une église prieurale et paroissiale. Elle ne subit pas – ou fort peu – de remaniements aux cours des époques qui suivirent, sinon d’ordre mobilier : installation d’un autel au décor trilobé au XVe siècle, d’une chaire en XVIIe siècle, etc... avant d'être vendue comme bien national durant la Révolution. Abandonné et se dégradant, en 1898, une tempête endommagea l’édifice ; les réparations furent effectuées grâce à une souscription.

De plan simple, le chœur est composé de l'abside et du transept avec un imposant clocher en forme de tour carré qui précède la nef. L'abside est voûtée en cul-de-four encadrée de deux absidioles, la nef à trois travées est flanquée de deux bas-côtés étroits. Le premier niveau est aveugle, le second percé de baies étroites. Les parois sont hautes et nues. La voûte couvrant la nef, charpentée, est soutenue par des colonnes aux chapiteaux sculptés, simplement décoratifs ou historiés (Daniel dans la fosse aux lions...) La tour-clocher, carrée, est percée de baies en plein-cintre jumelées, séparées par des colonnettes à chapiteaux romans. En façade, on observe la même simplicité, le même dépouillement, par une absence totale d’ornementation. Deux corbeaux soutenaient peut-être la toiture d’un porche.

A gauche, les cercueils étaient déposés avant la cérémonie d’enterrement sur une pierre des morts encore visible et le cimetière est resté le long de l'église.. A proximité , la fontaine Saint Gervais était un lieu de vénération pour soigner les coliques ou en période de sécheresse.

L’ensemble de cet édifice de grande qualité, qui a conservé tout son caractère d’origine, a été classé Monument Historique par arrêté du 28 avril 1930.

Voici la description qu'en fait Victor Gueneau en 1902 dans le tome 11 des Mémoires de la Société Académique du Nivernais [1]

L'église, en fort mauvais état, est de style romano-byzantin. Elle est de plan cruciforme et peut remonter, d'après M. de Soultrait, à la première moitié du XII" siècle. C'est son clocher à trois étages et bien ajouré qui attire l'attention du voyageur. A l'intérieur, la nef, parfaitement insignifiante, n'a ni plancher, ni voûte, ni collatéraux, aussi la traverse-t-on sans s'arrêter. Ce n'est qu'à partir du transept que les détails sont intéressants. La coupole qui s'élève au-dessus de quatre piliers garnis de colonnes engagées est fort élégante. Les bras de la croisée sont courts et voûtés en berceau cintré. Le chœur, également voûté en berceau cintré, communique par des arcades avec des collatéraux voûtés d'arête.

M. de Soultrait, dans son Répertoire archéologique de la Nièvre, donne une longue et très remarquable description de cette église et cite des chapiteaux imités de l'antique ou décorés d'ornements romans, dont l'un porte deux aigles et un autre des guerriers qui, le bouclier pointu passé au bras gauche, percent de leur lance un personnage couché à leurs pieds.

Diverses inscriptions tumulaires des XIVème et XVème siècles sont incomplètes. D'après son testament du 8 août 1541, passé par devant Jacques Bertho, notaire à Moulins Engilbert, noble homme Odo Bureau, seigneur de Chevannes, dut être inhumé en l'église Saint-Laurent de Commagny, qui est sa paroisse. Sans compter maître François Véron, seigneur de Couze, qui y reçut la sépulture le 8 juillet 1669 ; un certain nombre de personnages, plus ou moins haut placés, y furent enterrés. Leur souvenir a disparu.

Conservons seulement les noms des onze corps retirés des ruines de l'incendie arrivé, dans la nuit du 11 au 12 juillet 1739, au domaine de l'Etang, situé à Marry, et inhumés le 12 dans l'église : Jean Panne, 38 ans ; Louise Jeannot, sa femme, 38 ans ; Pierre Panne, 12 ans; Louise Panne, 13 ans; Jeanne Panne, enfants dudit Jean Panne et de Claudine La Praye, sa femme ; Jeanne La Praye, 13 ans et demi; Jeanne la Praye, 9 ans, fille de défunt Pierre La Praye et de ladite Louise Jeannot; Jeanne Bordet, 44 ans ; Jeanne Renard, 22 ans ; Jeanne Cottet, 43 ans; Anne Chamart, 13 ans.

A l'intérieur de l'église de Saint-Laurent de Commagny existaient diverses chapelles. Je dirai un mot sur les trois suivantes :

  1. La chapelle Saint-Jean ou chapelle de Marry, du côté de l'épître, fut fondée et entretenue par les seigneurs de Marry. En 1638, le Visiteur de l'abbaye de Saint Martin la trouva sans vitres, sans ornements et nullement blanchie . A cette époque Marry appartenait à la famille du Clerroy qui était toute aux Pères Picpus de Moulins-Engilbert et qui se faisait enterrer dans leur église.
  2. La Chapelle de Notre-Dame de Pitié ou Chapelle de Villaines, probablement fondée par les membres de la famille du Marry qui possédèrent la seigneurie de Villaines. Le 11 février 1516, Jean de Marry, seigneur de Villaines, ordonna par son testament qu'il serait ensépulturé en la chapelle de N. D. de l'église de Saint-Laurent de Commagny et que le jour de son obit il serait célébré 40 messes dont 3 grandes et les autres basses . Le 8 mai 1670, Jean de Jacquinet, seigneur de Villaines, décédé en la rue Chaude de Moulins Engilbert, paroisse de Commagny, fut inhumé devant l'autel. Le 17 décembre de l'année suivante, sa femme, Gabrielle de Troussebois, fut placée à côté de lui. Le 21 septembre 1679, c'est le tour de Magdeleine de Jacquinet, dame de Villaines, âgée de 35 ans, femme de François du Crest ; et, le 14 août 1685, François du Crest, seigneur de Villaines, y trouve sa place.
  3. La chapelle des saints Gervais et Protais était séparée du corps de l'église. Elle appartenait à l'office du sacristain. En 1638, elle n'avait pas de vitres, et les portes, surtout celle qui regardait le cimetière, fermaient très mal. En 1676, la couverture était entièrement ruinée et la voûte effondrée. Des réparations furent faites, car, en 1719, s'il lui manquait encore des vitres, elle était bien couverte. Malheureusement, quatorze ans plus tard, le Visiteur constate qu'elle est toujours sans vitres et en très mauvais état pour la couverture.