Thuriot Henri

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Henri THURIOT, ou la naissance du "possibilisme"

Henri THURIOT est né le 16 janvier 1851 à Chougny, de l'union de Pierre THURIOT, sabotier, et de Reine MERLIN. C'est le 5ème enfant du couple. Il est connu comme exerçant, à Nevers, le métier de représentant, et comme appartenant à la mouvance "socialiste possibiliste" (1).

Au lendemain des élections législatives de 1885 qui virent le démarrage du courant socialiste dans la Nièvre, Henri THURIOT fut un des animateurs du groupe d'études socialistes fondé à Nevers. Il collabora à la Tribune républicaine. En 1889, candidat "possibiliste" aux élections législatives dans la circonscription de Nevers contre le boulangiste Laporte, il fut battu au 1er tour avec 2234 voix contre 8638 à Laporte, et 5810 à un royaliste. En 1891 il fut élu conseiller municipal sur une liste républicaine qui n'avait pas d'adversaire; il arrivait, par le nombre de voix obtenues, en avant-dernière position. Battu aux élections cantonales de 1892 à Nevers, il obtint 177 voix contre 2016 au révisionniste et 1822 à l'opportuniste; il se présentait sous l'étiquette "socialiste", toujours "possibiliste", aux élections législatives de 1893; il n'arriva qu'en cinquième et dernière position.

On le trouva noyé dans la Loire en mai 1896, à la Môle, près de Fourchambault. A ses obsèques, Aimé Lavy, député de Paris, prit la parole en tant qu'ami personnel : il déclara que sa qualité fondamentale était la bonté; un autre orateur rappela que, jeune homme, Thuriot s'était engagé dans un corps franc de Paris, qu'il y fut blessé grièvement et cité à l'ordre du jour pour sa belle conduite. La femme d'Henri alla s'établir chez Jean-Baptiste, frère cadet du défunt.

(1) Le socialisme possibiliste :

Après la défaite de la Commune, le mouvement ouvrier français est réduit au silence pendant plusieurs années, puis, à partir de 1876, se tiennent des congrès ouvriers regroupant des délégués de syndicats et de coopératives, auxquels se joignent bientôt des représentants des groupes d'études socialistes, animés notamment par Jules Guesde. Sous l'impulsion de ces derniers, le Congrès ouvrier de Marseille (1879) se constitue en parti, la Fédération du parti des travailleurs socialistes de France. L'unité sera de courte durée : en 1881, le courant blanquiste d'Edouard Vaillant fonde le Comité révolutionnaire central (C.R.C.), qui deviendra en 1898 le Parti socialiste révolutionnaire. En 1882, le Congrès ouvrier de Saint-Étienne se divise en deux :

  • les "possibilistes", socialistes modérés de tradition proudhonienne, forment la Fédération des travailleurs socialistes, animée par Brousse et Joffrin, et préoccupée de la conquête des municipalités;
  • les "guesdistes" créent à Roanne le Parti ouvrier français (P.O.F.), d'inspiration marxiste.

Le courant possibiliste, affaibli en 1890 par le départ de ses éléments les plus radicaux qui constituent autour d'Allemane le Parti ouvrier socialiste révolutionnaire, se fondra ultérieurement dans le mouvement syndical. Leur place à l'aile modérée du socialisme est alors prise par les socialistes indépendants, rassemblés autour d'anciens communards (Vallès, Benoît Malon, Lissagaray), puis de parlementaires comme Jaurès, Millerand, Viviani, qui défendent une politique de réformes dans le cadre politique existant.


Henri THURIOT est l'un de mes arrière grands-oncles paternels.


--Jean-Michel Th. 20 septembre 2008 à 09:11 (UTC)