Nevers faubourg de Lyon

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FAUBOURG DE LYON à NEVERS (Nommé Faubourg de Lyon ou de Saint Antoine par Victor Gueneau)

  • Le commencement de ce faubourg, en quittant le pont de Loire, appartient à la commune de Nevers, le reste est divisé entre la commune de Challuy et celle de Sermoise.
    Hériman, évêque de Nevers (840-860) fonda l'hôpital-maladrerie de Saint-Antoine en même temps que celui de Saint-Lazare. On prétend que le véritable nom de cet hôpital serait Saint-Blaise. En 1236, on parle des Frères de la maison Saint-Antoine de Nevers. Au XVIe siècle, les pèlerins et les lépreux devenant rares, Saint-Antoine fut transformé en maison de convalescence pour l'hôpital Saint-Didier. L'évêque Gilles Spifame se la fit donner par le roi à titre de bénéfice, d'où avec la ville de nombreuses contestations que le Parlement crut clore en ordonnant que le revenu de Saint-Antoine serait régi par les gouverneurs de Saint-Didier. L'évêque Sorbin reprit le procès ; sur l'intervention du duc (1580), il fut décidé que l'administration de Saint-Antoine serait laissée à l'évêque sa vie durant, pour en employer le revenu à la nourriture des pauvres. En 1572, cet hôpital, ainsi que les autres maladreries entourant Nevers (Saint-Lazare, Sainte-Valière, etc.), fut réuni à Saint-Didier. La lettre qu'écrivit à cet effet le roi Charles IX dit qu'il était alors « destiné pour les malades blessés, navrés et ulcérés ». Il semble que cette réunion ne fut pas complètement exécutée, car si, en 1581, les échevins ordonnent que « les pestiférés seront incontinent transportés par les sergents de santé hors la ville, en l'hôpital Saint-Antoine » on voit, en 1607, l'évêque abandonner aux jésuites, pour le collège, deux domaines. En 1675, ces jésuites sont supplantés par l'ordre royal de Saint-Lazare, mais reviennent quelques années après et restent possesseurs sans troubles jusqu'à leur expulsion du royaume, au XVIIIe siècle. Les domaines restent alors au collège jusqu'à la Révolution.
    Les pestiférés qui, en 1530 et 1563, avaient été logés aux Cordeliers de la Chaussée et à la tour de la Boullerie, furent envoyés, en 1581, à Saint-Antoine ; puis, en 1582, cet hôpital étant trop petit, on les parqua dans l'île aux Bœufs(1), au-dessous du pont, où furent établies des loges en bois, une chapelle et un cimetière. On en trouve encore dans cette île en 1626 et 1627.

    (1) L'Île aux Bœufs a disparu à la construction du Pont Notre-Dame, en 1770.

    Victor GUENEAU dans Mémoires de la Société académique du Nivernais – 1926/T28