Nevers église Saint Genest

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Église de l'ancienne paroisse des faïenciers, Saint-Genest date du 12ème siècle.

Désaffectée à la Révolution, elle a servi de brasserie aux 19ème et 20ème, d’entrepôt à vin et même de garage. Son plan primitif a été amputé en 1836 d'une partie importante du chœur pour élargir la rue. Elle est classée Monument Historique depuis 1923. Viollet-le-Duc considérait le portail sud comme un chef-d’œuvre pour ses bonnes proportions, la beauté et la sobriété de ses sculptures". Prosper Mérimée décrit le dessin du porche fait par l'illustre architecte dont le linteau « très mutilé représentait une espèce de procession de saints ». Si cet ouvrage a connu de pénibles aventures, un destin peu privilégié, son origine reste l'objet d'un débat ouvert à jamais.

Une assez forte imprécision signe l'apparition de l’édifice. Le statut même de cette église, ni paroissiale indépendante ni abbatiale d'un établissement conventuel, ne lui garantit pas non plus une identification très claire. La présence de certains éléments, tout comme des traces de modification du pignon du transept nord, indiquent qu'avant même de subir des atteintes terribles durant la période moderne et contemporaine, l’église Saint Genest a fait l'objet d'une profonde transformation de son état d'origine en plein Moyen Age.

II aura fallu donc quelques décennies pour réduire ce monument éminent de l'architecture romane vieux de plusieurs siècles à l’état de remise dérisoire spatialement et techniquement précaire, autorisant alors tous les irrespects et toutes !es atteintes à ses meilleurs détails architecturaux, comme l'acceptation de son sous-entretien et de sa vocation à la disparition. Propriétaires indélicats, qu'ils soient religieux ou laïcs, vandales. qu'ils soient délinquants particuliers ou publics administrativement autorises, ils ont été plus nombreux, ceux qui ont saccagé cette église, que ceux qui ont contribué à sa sauvegarde.

L'église Saint Genest en 2013

Mérimée ou Viollet-le-Duc ont établi au 19ème siècle l’intérêt historique et esthétique de l'ouvrage. Une des avancées majeures de la loi du 31 décembre 1913 touchant la préservation des Monuments Historiques ouvre la possibilité de protéger le patrimoine prive, contre l'avis même des propriétaires. C'est à partir de cette nouvelle disposition que l’église fait l'objet d'un classement en 1923. Une étape importante est alors franchie; mais la survie de l'ouvrage n'est pas complètement garantie. Le délabrement, le sous-entretien ont continué, comme les dégradations ponctuelles d’opportunité.

L'église a connu quelques travaux conservatoires dans les décennies suivantes, mais insuffisants pour enrayer sa ruine. Au début des années 1990 seulement, les propriétaires, mesurant l’état de précarité très avancée et la dangerosité de leur bien, se tournent vers la municipalité pour signaler leur difficulté à en envisager la préservation. C'est à Pierre Bérégovoy alors, à son intuition personnelle et à sa décision qu'on doit le sauvetage de l’église Saint Genest. Son refus d'envisager la perte de cette œuvre sera le prolongement très direct d'une visite des lieux. Par une délibération du 20 décembre 1991, la ville de Nevers engage donc l'acquisition de cet immeuble pour un montant de 199.000F. L’étude préalable au sauvetage de l'édifice est aussitôt commandée à l'architecte en chef des Monuments Historiques Francois Voinchet, qui la termine en décembre 1992. Le temps de mettre au point les mémoires techniques, l'appel d'offre de l'intervention est lance par une délibération du 30 septembre 1993. Les travaux commencent quelques mois plus tard, pour s'achever en mai 1996. Après trois siècles de mauvais traitements, l'avenir de l’église n'est alors plus menace. Saint Genest a quitte heureusement le statut de patrimoine en péril, sans entrer cependant dans la catégorie du patrimoine vivant. Plus exactement un patrimoine simplement sauvé ou "sauvetage". Une nouvelle décision vient offrir à l'église une heureuse inscription dans une histoire nouvelle. En effet, par délibération du ler juillet dernier à l'initiative du maire Florent Sainte Fare Garnot, le conseil municipal a décidé de céder l’église pour qu'elle devienne atelier et espace de vente de la faïencerie Georges

Article de Brigitte Dray-Dremeau – Nevers ça me botte décembre 2013-janvier 2014


--Patrick Raynal 5 janvier 2014 à 13:33 (CET)