Moulins Engilbert église Saint Jean Baptiste

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L'église Saint Jean-Baptiste de Moulins-Engilbert

Description technique

Église autrefois collégiale et paroissiale de Saint Jean-Baptiste, commencement du XVIe siècle, sauf la crypte, qui est un peu plus ancienne (XVe siècle), les chapelles et la partie supérieure du clocher, qui datent de la seconde moitié du XVIe.

Plan rectangulaire, sauf la saillie du sanctuaire à trois pans ; trois chapelles du côté nord.

Édifice entièrement voûté sur ogives prismatiques retombant sur des consoles, où pénètrent des piliers et des colonnes engagées.

Nef de quatre travées, avec collatéral méridional de trois travées, sous lequel se trouve la crypte, qui est aussi voûtée sur ogives prismatiques avec des clefs portant la croix ancrée des armes de la ville, et dans laquelle on descend maintenant de la nef par un escalier relativement moderne.

Baies garnies de meneaux d'un dessin assez compliqué.

Façade irrégulière : deux portes carrées inégales, encadrées sous des arcs brisés décorés de moulures rondes retombant sur des colonnettes de même forme à chapiteaux de choux frisés.

Le tympan de la grande porte offre un piédestal dont la statue manque ; celui de la porte du collatéral, orné de festons, porte un bel écusson sculpté aux armes de Philippe de Moulins, secrétaire des rois Charles V et Charles VI, évêque de Noyon à la fin du XIVe siècle, fondateur de la collégiale de Moulins-Engilbert.

A l'angle sud de cette façade, base d'une sorte d'échauguette en encorbellement, portée sur deux contre-forts, qui servait de clocher au chapitre.

Cette partie sud de la façade semble être un peu plus ancienne que le reste : on y voit des arrachements et des irrégularités dont il est difficile de s'expliquer la cause.

Deux portes, actuellement bouchées, donnaient directement dans la crypte, dont l'aire est à peu près au niveau du sol, l'église étant bâtie à mi-côte.

Beau clocher central à deux étages, très ornementé, divisé horizontalement par des cordons de choux frisés et appuyé aux angles par des contre-forts à pinacles renfermant des niches, dont une seule est occupée par une assez bonne statue de saint Jean-Baptiste ; sur le socle de cette niche, écu aux armes (trois trèfles) de Jean de Grandrye, doyen de Saint Léonard de Corbigny et curé de Moulins de 1554 à 1570, riche ecclésiastique à qui l'on doit sans doute l'achèvement de ce clocher.

Baies en arc brisé bordées de moulures compliquées.

Petite flèche en ardoise couronnant la tour d'une manière peu heureuse.

Quelques restes de verrières, qui devaient être fort belles : arbre de Jessé à la grande baie occidentale ; jugement dernier dans l'une des hautes fenêtres de l'abside.

Dans la première travée de la nef, peinture à demi effacée représentant la légende de saint Hubert, XVIe siècle.

Écu sculpté de la famille Le Tort (trois besants et une bordure denchée) à la clef de voûte de la quatrième travée de la nef ; autre écusson, à trois oiseaux, dans la dernière travée du collatéral.

Vantaux du portail sculptés.

Fonts en granit, datés de 1511 ; cuve ornée d'une guirlande de feuillages.

Deux dalles funéraires : l'une, qui était celle d'un prêtre, datant du XIVe siècle et provenant de l'ancienne église, porte une croix fleurdelysée accostée d'un calice ; l'autre offre, gravée au trait, la représentation d'un cadavre décharné, la tête posée sur un coussin, sous une arcade cintrée ; de chaque côté de l'arcade, deux écussons : l'un aux armes du personnage (trois trèfles), l'autre parti des mêmes armes et de celles de sa femme (un arbre).

Cloches avec inscription de 1767 et de 1776.

  • Sources : Répertoire archéologique du département de la Nièvre rédigé sous les auspices de la Société nivernaise des Lettres, sciences et arts par M. le comte de Soultrait ; impr. nationale (Paris) – 1875 et Patrimoine des communes de la Nièvre (Éditions Flohic)
  • Photo : Éric Monnier (GenNièvre)

--m mirault 14 janvier 2011 à 13:21 (CET)