Maison de Gonzague

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Maison de Gonzague

Louis de Gonzague et Henriette de Clèves

Par une décision donnée à Moulin, le 2 mars 1566, Charles IX décida que Louis de Gonzague jouirait de la pairie de Nevers, comme mari d'Henriette de Clèves. Ils firent leur entrée à Nevers le 6 Mai 1566. Il meurt le 22 Octobre 1595 à 56 ans. Henriette de Clèves conserva la jouissance des Duchés de Nevers et de Rethel jusqu'à sa mort le 24 Juin 1601. Louis de Gonzague et Henriette de Clèves eurent trois enfants dont Charles de Gonzague, né le 6 Mai 1580 sous le nom de Duc de Rethelois, hérita en 1595 des titres de son père. Marié en 1599 à Catherine de Lorraine. Il représenta en 1610 le comte de Toulouse au sacre de Louis XIII. Mort à Mantoue le 21 Septembre 1637. Ayant perdu ses trois enfants, il ne laissa pour héritier de ses nombreux états qu'un enfant de huit ans, Charles (futur Charles III) né en 1665, mais ses tantes se disputèrent les terres situées en France. Marie-Louise prit le titre de Duchesse de Nivernais et se fit donner par le roi le gouvernement de cette province. Elle fit son entrée à Nevers le 29 Mai 1639. Devient Reine de Pologne vers 1650. Charles III, Duc de Mantoue et de Nevers, Prince souverain en Italie, dédaigna ses terres en France. Il ne passa que deux jours à Nevers dans toute sa vie. Il vendit ses biens au Cardinal de Mazarin le 11 Juillet 1659. Il mourut à Mantoue le 14 Août 1665.

  • Source : Histoire des comtes et des dus de Nevers - L. M. Poussereau
  • Transcripteur : Mabalivet (discussion) 2 mai 2020 à 18:42 (CEST)


Fondation dotale du duc et de la duchesse de Nevers

Un document daté du 14 Février 1588 conservé en de rares exemplaires (dont un, paraphé, à la bibliothèque municipale de Versailles), institue la fondation créée par Louis de Gonzague, duc de Nevers (1539-1595) et son épouse Henriette de Clèves.

Déclaration de création

Il s'agit de doter chaque année 60 filles de familles pauvres pour favoriser leur mariage. Cette fondation est unique pour cette époque car créée du vivant des donateurs. Elle semble avoir perduré jusqu'à la Révolution, et on trouve trace dans les registres de Champallement de l'annonce du curé pour réunir le collège électoral entre 1736 et 1751 au moins.

Dispositif de sélection

Chaque paroisse située dans les terres du duc et de la duchesse de Nevers doit procéder tous les ans à l'élection d'une jeune fille pauvre. Pour assurer la présence du procureur fiscal ou de son substitut à cette élection, celle-ci sera annoncée au cours du prône du dimanche d'avant Pâques fleuries.

Le dimanche des Rameaux, un collège électoral constitué d'au moins 7 notables choisit 3 hommes et 3 femmes "des plus notables et charitables" dont le rôle est de proposer au collège électoral (celui-ci tranche en cas de désaccord sur le nom à proposer) une jeune fille, âgée d'au moins 16 ans.

Extrait des registres de Champallement


Le certificat suivant est alors donné à la jeune fille choisie .

Exemple de certificat


L'élection définitive des 60 jeunes filles a lieu le Mardi de Pâques. Toutes les jeunes filles choisies dans leurs paroisses doivent se rendre à l'église désignée à cet effet et présenter leur certificat. Chacune d'elles tire au sort un billet sur lequel est écrit "Dieu vous console" ou "Dieu vous a eslue", 60 billets seulement portant cette dernière mention. Les filles ainsi élues reçoivent alors un autre certificat donnant droit, le lundi de Pentecôte, à la dot spécifiée : 16 écus et 40 sols, soit 1000 sols (dans les années 1580, une livre de beurre coûte 3 à 4 sols, une livre de chandelles 5 à 6 sols). Elles ont, en principe, été mariées avant la Pentecôte, sinon la dot reste entre les mains du receveur jusqu'au mariage.

Avantages professionnels et financiers

Les maris de ces jeunes filles pourront se voir octroyer des offices de notaires, sergents, geôliers, concierges, gardes des bois, messagers ... afin d' en faire de fidèles serviteurs des fondateurs. Les contrats de mariage seront passés gratuitement le lundi de la Pentecôte et chaque élue recevra une bague d'argent ("bague de souvenance de leur mariage et prières" d'une valeur de 5 sols). En recevant leur dot, les nouveaux mariés doivent jurer de ne pas la dépenser en frais de noces "parce qu'il n'est pas raisonnable que ce qui est destiné à l'aumône soit converti en luxe, mauvais usage et ivrognerie" . Ils doivent également s'astreindre à faire les prières ordonnées par la fondation.

Tenue des comptes et obligations des administrateurs

De nombreux articles prévoient des dispositions pour éviter des abus (désignation de jeunes filles ne relevant pas de la charité, non tenue des sélections par certaines paroisses). Les comptes doivent être bien tenus par les receveurs qui administrent la fondation sous peine de fortes amendes versées aux pauvres de l'Hôtel Dieu de Paris. Le procureur du Nivernais est tenu de faire un rapport à la chambre des comptes de Nevers le lendemain de la Saint-Jean (25 juin). Puis un rapport de cette assemblée est fait au conseil des fondateurs qui se tient le jour de la Saint-Louis (25 août), celui-ci entamant alors d'éventuelles poursuites contre les contrevenants.


  • Source : Trevor PEACH, revue d'histoire et de droit 73,  janv-mars 1995
  • Françoise Braun 4 septembre 2019 à 20:14 (CEST)


Duché Pairie de Nevers - 1566

" Ce jour, la cour a reçu lettres missives du Roy, cy-après, insérées, et après la lecture d'icelles, la matière mise en délibération, a été arrestée, que messire Louis de Gonzague, à présent, de Clèves, Duc de Nivernois, Pair de France, sera reçu à faire le serment de Pair de France, sans préjudice de l'instance d'opposition du Duc de Montmorency, aussi Pair de France, et des droits de préséance prétendus par lesdits Ducs, l'un contre l'autre.

" De par le Roy, nos amez et féaux, Nous avons par cy-après, fait expédier à nostre très cher et très amé cousin, le Duc de Nivernaois, lettres patentes pour la Pairie de sond. Duché, et depuis étans advertis qu'il avoit opposition pour la préséance, nous vous aurions écrit surseoir l'affaire. Mais d'autant que nostred. cousin, nous a remontré que pendant ladite opposition qui pourroit tirer en longeur, ce que luy feroyt préjudice n'estre receu en la jouissance des droits de ladite Pairie, nous vous mandons et ordonnons que, nonobstant les lettres closes que nous vous avons par cy-devant écrites, vous ayez à procéder à la réception de serment de nostred. cousin, pour raison de sadite Pairie, sans préjudice de l'instance d'opposition, et des droits de préséance prétendus par les parties d'une part et d'autre, à quoy, vous ne ferez aucune faute : Car tel est nostre vouloir.
Escript à Saint Maur, le 21 juin mil trois cens soixante six
Ainsi signé, Charles. "

" Ce jour, messire Louis de Gonzague, à présent Dict de Clèves, Duc de Nivernois, Pair de France, est venu à la cour, ayant laissé son épée à l'entrée de ladite cour, a fait et presté le serment accoutumé à Pair de France.
Après lequel, luy a esté délivré par messire Christophe de Thou, premier président, que la prestation de sondit serment est sans préjudice à l'instance d'opposition du Duc de Montmorency, aussi Pair de France, et des droits de préséance prétendus par luy et ledit Duc de Montmonrency. "

  • Source : L'histoire des grands officiers de la Couronne - Anselme - Tome 3
  • Transcription : Mabalivet (discussion) 6 juin 2020 à 12:27 (CEST)