La Charité sur Loire église

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L'église Sainte Croix

 
L'église Sainte Croix de La Charité sur Loire
  • Ancienne église du célèbre prieuré de ce nom (ordre de Cluny, fondation de 1052-1059), maintenant paroissiale de Sainte Croix.
  • C'est l'un des monuments romans les plus importants du centre de la France, malgré le triste état dans lequel il se trouve (en 1875).
  • Cette église, en forme de croix, se composait autrefois d'une immense nef flanquée de quatre bas côtés, d'un transept, d'un chœur, avec déambulatoire et chapelles rayonnantes, et de quatre petites absides ouvertes dans les bras du transept.
  • Un incendie détruisit la plus grande partie de la nef, qui fut reconstruite, dans des dimensions bien moindres, en 1695.
  • Il ne reste donc plus de l'église primitive que le chœur, le transept et les premières travées du bas côté nord, à l'extrémité desquels s'élève une belle tour.
  • L'église commencée au XIè siècle, fut consacrée en 1107 par le pape Paschal II, mais elle était loin d'être achevée ; elle fut agrandie et terminée au XIIè, puis restaurée et augmentée de la chapelle de la Vierge dans le premier quart du XIIIè siècle ; enfin le portail date du commencement du du XVIè siècle, et, nous l'avons dit, la nef actuelle de la fin du XVIIè.
  • Trois travées du chœur voûtées en berceau brisé, terminées par un cul-de-four ovoïde ; ces travées et l'hémicycle communiquent avec le déambulatoire par des arcades, les une en plein cintre, les autres en cintre brisé, garnies de perles, portées sur des colonnes à chapiteaux d'une richesse et d'une variété extrêmes, historiés ou imités de l'antique.
  • Au-dessus de ces arcades, un étage d'arcatures cintrées festonnées sur pilastres, dont les chapiteaux sont tous historiés.
  • Au-dessus des arcs de l'hémicycle, huit petits bas-reliefs dont les sujets sont empruntés au bestiaire.
  • La partie du déambulatoire qui correspond aux travées du chœur voûtée en demi-berceau ; celle qui contourne le sanctuaire est voûtée d'arête.
  • Arcs-doubleaux reposant sur des colonnes engagées ou sur les colonnes de l'hémicycle, et, du côté du mur de clôture, sur de courtes colonnettes portées elles-mêmes par les chapiteaux richement sculptés de pilastres ornés de cannelures, de galons, de perles, etc.
  • Quatre chapelles rayonnantes semi-circulaires composées d'une travée voûtée d'arête et d'une abside ovoïde, et éclairées chacune par cinq fenêtres à colonnettes.
  • Au centre du déambulatoire, la chapelle de la Vierge, XIIIè siècle, plan en croix grecque ; trois travées voûtées d'ogives qui retombent sur des masques, dont l'un est mitré et un autre couronné ; fenêtres gothiques avec colonnettes dont les chapiteaux portent deux rangs de feuillages ; œils-de-bœuf aux croisillons.
  • Entre les chapelles, de grandes fenêtres à colonnettes ou à pilastres.
  • Partout, dans le déambulatoire et dans les chapelles, des traces de décoration polychrome sous le badigeon.
  • Au centre du transept, coupole ornée d'une corniche perlée à sa naissance et de têtes sculptées aux angles, portée par quatre arcs cintrés sur des colonnes engagées, dont deux sont annelées d'un cordon de besants ; deux chapiteaux historiés : des personnages qui semblent s'embrasser ; deux ouvriers taillent une pierre à coups de pic ; les autres chapiteaux décorés d'aigles et d'ornements divers.
  • Bras formés de trois travées voûtées en berceau brisé, avec doubleaux retombant sur de courts pilastres cannelés reposant eux-mêmes sur des colonnes engagées ; chapiteaux ornementés aux pilastres et aux colonnes (Samson terrassant le lion ; deux hommes entourés de rinceaux ; une femme ayant les jambes enlacées par deux monstres ; deux oiseaux buvant dans un calice ; des aigles, etc.).
  • Cinq fenêtres garnies de colonnettes percent le mur nord du croisillon septentrional, et l'on y voit quelques restes de vitraux du XVIè siècle, un écusson d'argent au ray d'escarboucle d'or, probablement le blason, inexactement reproduit, de Louis de Clèves, prieur de la Charité ; le mur sud du transept refait et percé de fenêtres sans caractère et d'une porte communiquant avec l'extérieur par un couloir du XVIè siècle, voûté sur membrures prismatiques.
  • Dans le mur, à côté de cette porte, l'un des portails qui décoraient autrefois la façade de l'église : tympan cintré dans le goût roman du XIIè siècle, décoré d'un bas-relief à deux étages qui représente : 1° Jésus Christ debout dans une auréole entre les apôtres ; 2° l'Adoration des Mages et la Présentation au temple.
  • Ces bas-reliefs, quelque peu mutilés, sont fort beaux ; il est à remarquer que les yeux des personnages et les ornements des couronnes de la Vierge et des Mages sont formés de petits disques de verre incrustés dans la pierre.
  • Dans chaque bras du transept s'ouvrent deux petites absides voûtées en cul-de-four, garnies de trois arcatures sur colonnettes et pilastres ; au-dessus de ces arcs-do, une corniche billetée portant des arcatures cintrées sur colonnettes ; les absides voisines du chœur, plus profondes que les autres, précédées d'une travée voûtée en berceau communiquant avec le déambulatoire.
  • Quatre travées de la nef flanquées de bas côtés, voûtes plafonnées ; à la partie nord, des fenêtres romanes à colonnettes et un cordon billeté qui devait marquer la naissance de la voûte.
  • La nef communique avec le transept par un arc brisé sur colonnes engagées, et les bas côtés, par deux arcs cintrés entre lesquels se trouve un pilier carré.
  • En sortant de l'église l'on se trouve sur l'emplacement des premières travées de l'ancienne nef, qui étaient au nombre de six et dont il reste seulement les bas côtés du nord, convertis en habitations particulières.
  • Les deux travées du milieu sont tout à fait dénaturées ; les quatre autres offrent dans leur étagement, de grandes arcades en tiers-point de style différent, surmontées de galeries d'arceaux de deux époques : les travées contiguës au portail annonçant le XIIIè siècle, les travées près du chœur étant romanes.
  • Les grands arcs sont surmontés d'une corniche à modillons servant de base à des arcatures cintrées, dont les pilastres et les cintres sont ornés de palmettes et de petites volutes.
  • Dans les magasins que renferment ces deux dernières travées , des voûtes gothiques du XVIè siècle et un grand retable sculpté et doré du XVIIè ; il est probable que cette partie de l'église avait été disposée pour servir de chapelle particulière, ou peut-être pour le service paroissial.
  • Grand portail, actuellement isolé, élevé, dans le premier quart du XVIè siècle, par le prieur Jean de la Magdeleine de Ragny : arc en tiers-point formé d'un grand nombre de nervures et de gorges, celle du milieu garnie de six statuettes de saintes et de vertus, en costume du temps, frustes et difficiles à déterminer, placées sous des dais richement ornés : femme portant une tour ; sainte Barbe ou la Force ; sainte Catherine armée d'une épée ; figure entièrement mutilée ayant un animal à ses pieds, sainte Marguerite ? Femme tenant un écu sur lequel sont sculptés les instruments de la Passion ; femme portant un objet carré fruste, près d'elle un moulin à vent ; femme sans attribut.
  • A la pointe de l'arc, une statuette tout à fait mutilée dans le bas de la voussure, deux piédestaux qui portaient des statues de saint Jean et de saint Benoît, dont on lit les noms sur des rubans.
  • Deux contre-forts très saillants, décorés de nervures, encadrent le portail et le haut perron qui y conduit ; à la retombée d'une nervure, l'écu d'hermine, à trois bandes chargées de coquilles, du prieur de la Magdeleine.
  • A gauche du portail, au-dessus de la première travée du collatéral nord, belle tour carrée dont la base est cachée par une maison qui lui est adossée ; dans cette base s'ouvraient deux portails : celui décrit ci-dessus, dont il ne reste en place que deux bandeaux en retraite ornés de billettes et de quatre-feuilles, et un autre formé de trois retraites de cintres pleins, décorés de moulures, de perles et de besants, retombant sur un entablement et sur des chapiteaux romans finement sculptés, encadrant deux bas-reliefs superposés : 1° Jésus Christ bénissant, assis au milieu d'une gloire elliptique, étend la main gauche vers la Vierge ; des anges, dont l'un tient une croix à longue hampe, accompagnant Notre-Seigneur et Marie ; 2° quatre scènes : l'Annonciation, la Visitation, la Nativité et l'Annonciation aux bergers.
  • La Nativité représentée d'une façon assez remarquable : la Vierge est couchée dans un lit très orné à pieds tournés, surmonté d'une sorte de dais qui porte le berceau du divin enfant, accosté de l'âne et du bœuf.
  • La tour divisée en quatre étages de hauteurs différentes ; les deux inférieurs séparés des autres par une frise ornée, sur une face, d'animaux hybrides fort mutilés et de rosaces, et sur les autres, de rosaces seulement, soutenue par une corniche et de petits modillons.
  • Une baie cintrée, bouchée actuellement, sous une arcature de même forme, à trois côtés du premier étage ; chaque face du second est garnie d'une rangée d'arcatures brisées festonnées, reposant alternativement sur des colonnettes et sur des pilastres ornementés à chapiteaux variés ; les deux étages supérieurs séparés par une corniche à petites arcature à peu près semblables ; à chaque face de ces étages, six baies gothiques festonnées sur colonnettes à chapiteaux garnis de crosses végétales, comprises deux à deux sous des arcatures en plein cintre, séparées par des pilastres richement ornementés.
  • Des colonnettes garnissent les angles des divers étages de ce clocher, du plus bel effet, dont toutes les parties offrent cette profusion de sculptures particulière à la dernière période romane.
  • Une flèche en ardoise, portée par une corniche à modillons, couronne le tout.
  • Il n'est pas facile d'étudier l'extérieur de l'église, l'édifice étant entouré de maisons.
  • Le mur sud de la nef a été fortement dénaturé lors de la reconstruction ; on en voit encore les fenêtres romanes encadrées sous une moulure perlée.
  • Le mur nord, autrefois compris dans les bâtiments claustraux, sans ornementation ; disposition ancienne au bras nord du transept : les fenêtres inférieures encadrées par un cordon perlé.
  • Au-dessus des fenêtres des autres murs, une rangée d'arcatures gothiques festonnées ; modillons carrés unis.
  • Même ordonnance au chœur, ornementation plus riche ; sous les arcatures, les figures assises de Notre-Seigneur et des apôtres ; saint Pierre tenant ses clefs, les autres apôtres avec des livres ou des rouleaux.
  • Remaniements au déambulatoire ; chapelles rayonnantes garnies de colonnes engagées pour contre-forts ; les cintres de leurs fenêtres, sous des cordons échiquetés, formés de claveaux taillés en pointe et s'emboîtant les uns dans les autres, que l'on a proposé de nommer claveaux alvéolés ; modillons unis ou sculptés de têtes d'animaux.
  • Tambour de la coupole octogone sur une base carrée ; les parois étaient sans doute décorées de huit bas-reliefs, deux à chaque face ; on n'en distingue plus qu'un et les traces de trois autres : c'est, au sud, l'aigle de saint Jean, dans une auréole de besants, et les restes d'une autre auréole ; à l'est et au nord, des gloires semblables, dont l'une renferme l'ange de saint Mathieu et l'autre un personnage tenant un phylactère.
  • Cette base carrée est reliée par des édicules triangulaires à la partie octogone, dont chaque face offre deux arcatures à double archivolte cintrée, l'une échiquetée, l'autre ornée de rangs de perles ; sous chacune d'elles, deux autres arcatures gothiques festonnées, semblables à celles des autres parties de l'église, renfermant des statues fort difficiles à examiner et à déterminer ; à l'est, les apôtres ?
  • Des contre-forts, montant jusqu'à la corniche à modillons unis qui supporte le toit d'ardoise, séparent les grandes arcatures.
  • Dans la chapelle de la Vierge, épitaphe de dom Robert Mauvielle, prieur claustral de la Charité, mort en odeur de sainteté en 1628 ; autre épitaphe de Catherine de la Miche, femme de Girard de Berne, morte en 1554, et de Marie de Berne, femme de Jacques de Vaulx, morte en 1567.
  • A l'entrée de la nef, banc à haut dossier du XVIIè siècle, portant une croix enlacée d'une S, monogramme du titre de l'église.

Sources : Répertoire archéologique du département de la Nièvre rédigé sous les auspices de la Société nivernaise des Lettres, sciences et arts par M. le comte de Soultrait ; impr. nationale (Paris) – 1875 et Patrimoine des communes de la Nièvre (Éditions Flohic)
Photo : Éric Monnier (GenNièvre)

L'église Notre Dame

Une centaine de tombes médiévales, la plupart antérieures au XIIIème siècle, ont été mises au jour dans une galerie souterraine de l’église Notre-Dame à l’abbaye de la Charité. Certaines des sépultures découvertes sont rupestres, c’est à dire taillées directement dans la roche, les seules à ce jour connues en Bourgogne.


Source: Revue Sites et Monuments n°182 - juillet-aout-septembre 2003


--m mirault 20 novembre 2010 à 18:07 (CET)

--Patrick Raynal 11 décembre 2013 à 18:36 (CET)