Hyde de Neuville Jean Guillaume

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(1776-1857) : Homme politique, député sous la Restauration et ministre

JG Hyde de Neuville à 20 ans
  • Il naît à la Charité-sur-Loire le 24 janvier 1776, fils du sieur Guillaume Hyde, maître de forges et de dame Marie Royer ». Il appartient à une famille d'origine anglaise, émigrée en France en 1745 à la suite des Stuarts.
  • Il entre en 1787 au collège royal de Sainte-Marie à Bourges, puis, en 1790, au collège Cardinal-Lemoine à Paris. Affilié aux sociétés contre-révolutionnaires de l'époque, il revient dans la Nièvre après l'exécution de Louis XVI, défend, à 17 ans, devant le tribunal révolutionnaire de Nevers, un ancien notaire de la ville, Pierre Maugne, père de six enfants, injustement dénoncé par Fouché, et parvient à le sauver. Arrêté à son tour, il est emprisonné à Cosne, puis, remis en liberté, il se rend à Paris, tente de sauver la reine, échoue, et se réfugie à la Charité, où il fonde avec son jeune frère une fabrique de boutons. En 1797, il défend et fait acquitter les complices du général Phelipeaux dans l'insurrection royaliste de Sancerre. Il est alors décrété d'accusation au 18 fructidor, et il réussit à se cacher à Paris.
  • Après le 18 brumaire, il devient, sous le nom de guerre de Paul Berry, l'agent actif des Bourbons, est nommé commissaire royal en Bretagne, parvient à déjouer toutes les recherches de la police, ose se rendre au Luxembourg pour proposer au premier Consul la restauration des Bourbons, et, considéré comme un ennemi irréconciliable du gouvernement, est impliqué dans le complot de la machine infernale par Fouché, qui reconnaît presque aussitôt l'avoir porté par erreur sur la liste des conjurés. Caché à Lyon pendant quelque temps, il y obtient, sous le nom de docteur Rolland, une médaille pour la propagation de la vaccine ; sa femme, pendant ce temps, négocie à Paris la levée du séquestre mis sur ses biens; mais Napoléon ayant exigé en échange un acte de fidélité, Hyde de Neuville refuse, gagne la Suisse, et n'obtient la levée du séquestre que sur la promesse de partir pour l'Amérique. Proscrit comme royaliste, il veut du moins se laver de l'accusation de complicité dans le complot de la machine infernale, traverse ostensiblement la France, s'embarque (2 mai 1807), et achète une maison à New-York, auprès du général Moreau.
  • A la nouvelle des défaites de Napoléon, il revient en France, et débarque le 14 juin 1814, en pleine Restauration. Louis XVIII le reçoit avec empressement, l'envoie en Angleterre, où il négocie heureusement la paix avec les États-Unis, puis en Italie, pour préparer secrètement et tâcher d'obtenir le transfert de Napoléon de l'île d'Elbe en Amérique. Le brusque retour de l'Empereur en France met fin à ces curieuses négociations. Il suit le roi à Gand, revient à Paris après Waterloo, rallie aux Bourbons les chefs de l'armée et est nommé officier de la Légion d'honneur à l'arrivée du roi.
  • Le 22 août 1815, le collège de département de la Nièvre l'élit député à la Chambre introuvable par 122 voix sur 162 votants et 240 inscrits. Il siège à droite, fait partie de la majorité, est nommé secrétaire de la Chambre, et moins « ultra » en actes qu'en paroles, s'oppose à ce que le maréchal Masséna soit exclu de la loi d'amnistie.
  • Le 14 janvier 1816, le roi le nomme envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire aux États-Unis ; il y conclut un traité de commerce, montre beaucoup de dévouement pour les officiers de l'armée impériale qui y vivent en proscrits, est fait baron par Louis XVIII, et, rappelé en 1821, est réélu député, le 13 novembre 1822, dans le 2e arrondissement électoral de la Nièvre (Cosne) par 161 voix sur 229 votants et 310 inscrits, contre 67 voix à M. Bogne de Faye. On lui offre l'ambassade de Constantinople, qu'il refuse, pour reprendre sa place à l'extrême-droite de la Chambre, où il renouvelle ses motions ultra-royalistes, et insiste notamment sur l'expulsion de Manuel.
  • Nommé ambassadeur à Lisbonne, il offre aide et assistance au roi Jean VI, lors de la révolte de palais qui faillit renverser ce prince du trône: celui-ci le nomme comte de Bemporta.
  • Réélu député, le 25 février 1824, par 165 voix sur 217 votants et 300 inscrits, contre 51 voix à M. Hector Lepelletier d'Aunay, il siège en vertu d'un congé, blâme la guerre d'Espagne, fait, sur la conduite de l'expédition, des révélations désagréables, parle contre les jeux de bourse, et défend l'Irlande et la Grèce. Lors des débats sur le milliard des émigrés, il réclame une indemnité pour les rentiers de l'État ruinés par la Révolution, et se trouve en disponibilité par la suppression de son ambassade. Sa vive critique des marchés Ouvrard et des dépenses exagérées de l'expédition d'Espagne lui fait enlever son traitement de disponibilité. Il encourt alors le soupçon de libéralisme pour avoir demandé la limitation de la prérogative royale conformément à la Charte.
  • Réélu député, le 17 novembre 1827, dans le 3e collège de la Mayenne, par 155 voix sur 303 votants et 344 inscrits, contre 146 voix à M. de Hercé, député sortant, il échoue le même jour à Cosne, avec 84 voix contre 129 à M. Dupin aîné, candidat de l'opposition, et, huit jours après, le 25, est élu par le collège de département de la Nièvre, avec 72 voix sur 137 votants et 174 inscrits. Il opte pour la Nièvre, fait de l'opposition au cabinet Villèle, lui reproche « l'indécence » de son attitude parlementaire, le blâme de se désintéresser du licenciement de la garde nationale, et hâte sa chute.
  • Aussi, il entre dans le ministère Martignac avec le portefeuille de la Marine, le 3 mars 1828. Il améliore l'administration coloniale, poursuit la traite des nègres, et prépare l'émancipation de la Grèce. La chute de M. de Martignac (7 août 1829) le ramène à son siège de député ; il défend les libertés menacées par le nouveau ministère, et publie une brochure en faveur de Dona Maria ; il avait été retraité comme ministre de la Marine le 8 août 1829. Le collège de département de la Nièvre lui renouvelle son mandat, le 3 juillet 1830, par 91 voix sur 152 votants et 166 inscrits.
  • Aux journées de juillet, il est le seul des députés de la droite qui se rend à la Chambre, le 30, pour défendre les droits du duc de Bordeaux ; sa voix n'est pas entendue, pas plus que les protestations persévérantes qu'il reproduit à la tribune jusqu'au 7 août. Au moment du vote de déchéance de la branche aînée, il dit : « J'ai été fidèle à mes serments comme à mes affections, et je n'ai jamais trompé cette royale famille que de faux amis, des êtres bien perfides et bien coupables viennent de précipiter dans l'abîme. Je n'ai point trahi la fortune de ceux que j'ai servis depuis mon enfance avec un zèle que rien n'a pu décourager, je ne trahirai pas leur malheur. Je ne finirai pas sans adresser au ciel des vœux ardents pour le repos, le bonheur et les libertés de ma patrie, Dieu sait s'ils sont sincères! »
  • Le 11 août, il adresse la lettre suivante au président de la Chambre : « Monsieur le Président, « Des circonstances dont je puis seul être juge m'obligent à renoncer à l'honneur de siéger à la Chambre ; je la prie d'agréer ma démission. Je ne crois pas avoir besoin d'ajouter que jusqu'à ma dernière heure je ne cesserai de former des vœux ardents pour que mon pays soit heureux et libre.
    « Veuillez exprimer à la Chambre ma vive reconnaissance pour les témoignages d'intérêt et de bienveillance que je n'ai cessé de recevoir de mes collègues.
« HYDE DE NEUVILLE. »


  • Il se retire dans sa propriété de l'Étang, près de Sancerre, où il s'occupe d'agriculture, est impliqué en 1832 dans les poursuites contre Chateaubriand, demande, dans une pétition aux Chambres (1833), l'abolition de la loi du serment politique, qui « ne mène à rien qu'à blesser la morale, à gêner les consciences, et à faire tôt ou tard rougir plus d'un homme de bien » ; cette pétition est alors repoussée presque avec indignation.
  • En 1849, le comité royaliste de la rue Duphot le porte candidat comme royaliste aux élections du 13 mai 1849, à Paris, pour l'Assemblée législative ; il n'obtient qu'un petit nombre de voix ; en 1851, il prend parti, à Sancerre, contre le mouvement démocratique qui se dessine un moment contre le coup d'État.
  • On a de lui : Réponse à l'absurde accusation d'avoir pris part à l'attentat du 3 nivôse (1801) ; Éloge historique du général Moreau (1814) ; et un certain nombre de brochures politiques de circonstance.
  • Chevalier de Saint-Louis, grand-croix de la Légion d'honneur, il s'éteint à Paris le 28 mai 1857.


Sources :
Dictionnaire des Parlementaires français, Robert et Cougny
Dictionnaire des Parlementaires français, Jean Jolly
Site de l'Assemblée Nationale
Image : Gallica
--m mirault 8 novembre 2013 à 09:32 (CET)