Guillaume Robert

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GUILLAUME Robert (1922-2004) : Sénateur de la Nièvre de 1977 à 1992

Robert GUILLAUME
  • Né le 25 avril 1922 dans le petit village de La Fontaine-en-Duesmois, dans le Nord de la Côte-d'Or, il fait partie de la génération concernée par les conséquences de l'armistice et de la politique de collaboration de l'État français. Nommé instituteur dans l'éducation nationale en 1942, il n'occupe que peu de temps cette fonction. En effet, à l'instar des autres jeunes hommes de la classe 42, le STO lui est imposé à partir de 1943. Mais il décide de ne pas s'y soumettre et entre dans la clandestinité jusqu'à la Libération. Ce comportement lui vaut, en 1946, la médaille des réfractaires maquisards.
  • Bien que né au cœur de la Bourgogne, c'est à la marge occidentale de la Nièvre qu'il accomplit l'essentiel de sa carrière professionnelle. Professeur de technologie au collège d'enseignement secondaire de La Charité-sur-Loire, militant socialiste, il entre en politique à l'âge de 43 ans en se faisant élire conseiller municipal. En 1965, il est fait chevalier des Palmes académiques, puis officier en 1971. Cette même année, alors que sa liste est réélue, il devient maire de La Charité sur Loire, fonction qu'il exercera jusqu'en 1994, avant de redevenir, pour raisons de santé, simple conseiller municipal. Deux ans plus tard, en 1973, les électeurs du canton de sa commune lui apportent leurs suffrages pour l'envoyer à l'assemblée départementale sous les couleurs du parti socialiste. Il sera réélu conseiller général jusqu'en 1992. Bénéficiant d'une bonne implantation politique locale, il est sans conteste l'un des poids lourds du Parti socialiste de la Nièvre.
  • C'est donc fort logiquement qu'en 1974, Pierre Petit, maire socialiste de Saint-Benin-d'Azy, le prend comme suppléant lors de sa première élection au Sénat. Lorsque ce dernier est terrassé par une hémorragie cérébrale, le 21 décembre 1977, Robert Guillaume le remplace au Palais du Luxembourg. Jeune retraité de l'éducation nationale, il s'inscrit au groupe socialiste du Sénat et devient membre de la commission des affaires culturelles. Réélu sur son propre nom en 1983, dès le premier tour, avec 50,4% des voix, il conserve ainsi le fauteuil de sénateur de la Nièvre durant quinze ans.
  • Il développe pendant ces années une intense activité parlementaire. Il cosigne plusieurs dizaines de propositions de loi et de résolution, dans des domaines très divers. La législation concernant les collectivités locales l'intéresse naturellement, comme beaucoup d'élus de proximité, mais il n'en fait pas une spécialité. Il apporte son nom à des propositions de réforme du code des communes (1978) ou de la dotation globale d'équipement (1985). L'organisation de la vie publique constitue aussi une de ses préoccupations. Alors qu'il est favorable à plusieurs réformes du statut de l'élu local (1978) et du code électoral (1982 et 1983), il cosigne en avril 1983 une proposition de René Chazelle tendant à inclure les bulletins blancs parmi les suffrages exprimés. En avril 1991, c'est au financement des partis politiques qu'il s'intéresse en demandant la création, en vain, d'une commission d'enquête parlementaire.
  • Le sénateur de la Nièvre se préoccupe aussi régulièrement du domaine social. Il voit dans la réforme des modalités du versement des retraites aux veuves, aux femmes divorcées et aux épouses de commerçants, le moyen d'améliorer le sort des conjoints survivants. En 1982, il vote la loi relative aux prestations de vieillesse, d'invalidité et de veuvage. De manière récurrente, il réclame le doublement des annuités de cotisation de retraite des militaires engagés dans des conflits extérieurs. Comme tout le groupe socialiste, il vote contre la loi Peyrefitte renforçant la sécurité et protégeant la liberté des personnes en 1980. Promesse de campagne du candidat François Mitterrand, l'abolition de la peine de mort reçoit tout son soutien en 1981. En 1978, il avait déjà déposé, avec tous les membres du groupe socialiste, une proposition de loi tendant à examiner « les problèmes posés par le maintien ou la suppression de la peine de mort ».
  • Après quatre années à la commission des affaires culturelles, il intègre, en 1980, la commission des finances, du contrôle budgétaire et des comptes économiques de la Nation, dont il reste membre jusqu'en 1987. Dès le début, il prend une part active aux activités de sa commission comme rapporteur pour avis des crédits consacrés aux services généraux des services du Premier ministre. Il conserve cette responsabilité jusqu'à la loi de finances pour 1986. De manière récurrente, il déplore que l'État transfère des compétences aux collectivités locales sans leur attribuer les moyens financiers correspondants. A ce titre, l'abstention lui paraît la position la plus logique lors du vote de la loi Deferre relative aux droits et libertés des communes, des départements et des régions, en 1982.
  • C'est en pleine campagne présidentielle, le 2 avril 1988, que le maire de la cité ligérienne dépose une proposition de loi, avec ses collègues du groupe socialiste, afin d'instituer un revenu minimum d'insertion. L'exécutif ayant changé d'orientation politique, la mesure est soumise au vote du Parlement en novembre. Mais, en désaccord avec ses modalités d'application, il fait le choix de s'abstenir sur cette loi.
  • Alors qu'il change de commission en 1988 pour retourner à la commission des affaires culturelles, son activité parlementaire se fait bien plus discrète. En 1992, il vote la transposition du traité de Maastricht dans la Constitution, afin de former l'Union européenne. La même année, âgé de 70 ans, il décide de ne pas se représenter aux élections sénatoriales du mois de septembre.
  • Pour son œuvre locale et nationale, il est fait chevalier de la Légion d'honneur le 1er janvier 1993, distinction remise par François Mitterrand en avril suivant.
  • Retiré de la vie publique, Robert Guillaume s'éteint onze ans plus tard, le 7 avril 2004 à Pougues-les-Eaux dans sa 82e année.




Source : Site du Sénat.
--m mirault 25 octobre 2011 à 18:38 (CEST)