Fié Arsène

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FIÉ Arsène Célestin (1869-1968)

Arsène Célestin Fié
  • Issu d'une modeste famille d'artisans, il nait le 31 octobre 1869 à Myennes, où il fait ses études primaires avant d'aller dans un lycée parisien. Il devient docteur en médecine à l'âge de 24 ans. Il est élu conseiller général de Saint-Amand le 28 juillet 1907 et l'année suivante conseiller municipal de cette même ville, dont il devient le maire deux ans plus tard.
  • Dès lors, il se partage entre sa clientèle médicale et la mairie de Saint-Amand. Pendant la première guerre mondiale il dirige un hôpital temporaire de 60 lits installé à Saint-Amand pour le Corps de santé de la 8e région militaire.
  • Candidat malheureux aux élections sénatoriales de 1923 sous l'étiquette de républicain socialiste, il accepte l'offre de M. Locquin, député sortant, d'occuper la 3e place (sur 4) de la liste du cartel des gauches aux élections générales du 11 mai 1924. Cette liste l'emporte par 28.206 voix sur 70.628 votants. Inscrit au groupe républicain socialiste et socialiste français, il appartient aux commissions des assurances sociales, du suffrage universel et de l'Alsace-Lorraine et s'intéresse bien sûr aux problèmes de sa compétence : création de services départementaux d'hospitalisation libre des psychopathes incurables, exercice de la médecine, montant de l'allocation journalière aux femmes en couches, responsabilité des accidents du travail, protection des enfants en bas âge, enfin de l'établissement de la liste des maladies professionnelles.
  • Le 22 avril 1928, s'étant représenté dans la circonscription de Cosne, il obtient 5.168 voix sur 15.010 votants, se plaçant derrière M. Lebœuf, républicain de gauche (6.697 voix), mais devant M. Bailly (3.072 voix). Celui-ci s'étant retiré au second tour, il est élu le 29 avril par 8.015 voix contre 7.271 pour M. Lebœuf.
  • Ses initiatives ont les mêmes objets qu'au cours de la précédente législature. En 1929, il met ses collègues de la commission de la prévoyance sociale au courant des dilapidations de la Renaissance sanitaire et obtient, à la tribune, la création d'une commission d'enquête de 7 membres qu'il préside. Six mois de recherches et d'expertises lui permettent de déceler les 200 millions de profits illicites réalisés sur les sanatoria de la Renaissance sanitaire et il peut transmettre au Garde des sceaux un rapport complet demandant des sanctions judiciaires.
  • En 1930, il intervient lors de la discussion de la loi relative aux assurances sociales. Partisan du système tchécoslovaque qui assure une retraite vieillesse décente à 65 ans, il peut convaincre la Chambre d'adopter le système du financement par répartition des cotisations au lieu de celui de la capitalisation adopté jusque-là.
  • Le 1er mai 1932, au premier tour de scrutin des élections générales, il est devancé par M. Lallement (U.R.D.) qui obtient 6.723 voix, alors qu'il en recueille 6.165 et le candidat communiste, M. Brodat, 1.476 ; il l'emporte au second tour par 7.414 voix contre 7.234 à M. Lallement sur 15.041 suffrages exprimés.
  • Toujours membre du groupe socialiste, il fait partie des commissions de la prévoyance sociale, de l'hygiène, du règlement, et aussi de la commission d'enquête sur l'affaire Stavisky dont il est vice-président.
  • Chargé du rapport sur la mort suspecte du conseiller Prince, il conclut à l'assassinat malgré les tentatives de pression, mais vite convaincu de l'impossibilité d'agir au sein du Parlement, comme au sein de la commission, il se borne ensuite au rôle d'observateur.
  • Toujours candidat à Cosne, le 26 avril 1936, il se place, comme en 1932, derrière le candidat conservateur, M. Lallement (U.R.D.) qui, avec 6.181 voix, le devance de peu (5.914 voix), le candidat communiste n'obtenant que 2.263 voix. Au second tour, le 3 mai, le retrait de ce dernier, M. Barbot, est décisif et lui permet de l'emporter par 8.227 voix contre 6.495 à M. Lallement sur 14.884 suffrages exprimés.
  • Il s'intéresse particulièrement au sort des accidentés du travail et son intervention décisive au cours du vote de la loi révisant la loi de 1898 sur l'indemnisation des accidentés du travail lui vaut la présidence du groupe parlementaire de défense des inutiles du travail qui compte 350 adhérents.
  • Il est absent lors du vote des pleins pouvoirs au maréchal Pétain, le 10 juillet 1940.
  • Maintenu dans ses fonctions de maire de Saint Amand pendant l'Occupation, il rend d'importants services à la Résistance. Son domicile plusieurs fois perquisitionné, lui-même interrogé et arrêté à deux reprises, puis interné à la caserne de Cosne, il héberge et soigne des résistants.
  • Il ne sollicite pas le renouvellement de son mandat de maire, conformément à la décision qu'il avait prise, en 1941, à la suite de divergences au sein du Conseil municipal.
  • En revanche, il retrouve son siège au Conseil général et, constamment réélu, il assumera la présidence de l'Assemblée départementale de 1945 à 1949. Devenu Président d'honneur, il peut alors se consacrer entièrement au Syndicat d'électrification de la Nièvre, qu'il fonde en 1950 ainsi qu'aux problèmes d'adduction d'eau de la Puisaye.
  • Il décède le 27 mai 1968 à Saint-Amand-en-Puisaye, presque centenaire.





Sources :
Dictionnaire des Parlementaires français, Robert et Cougny
Dictionnaire des Parlementaires français, Jean Jolly
Site de l'Assemblée Nationale
--m mirault 25 juillet 2011 à 09:28 (CEST)