Evénements 1707-1725

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1707

En 1707 le blé segle valoit communement 6 ou 7 sous le boisseau, je donnay méme du froment à 6 s[ols] à Lurcy, ou j’ecris pour leur curé ; tout etoit à si vil prix que les propriétaires ne pouvaient plus faire valoir leurs biens et les impots etant aussy excessifs, ils commencerent à abandonner la plupart des domaines, on donnoit des vaches garnies pour 19 £ et une paire de boeufs communs pour 60 £. Ls choses ont eté en cet etat plus de quatre ou cinq ans.

1709 (Famine)

L’année 1709 il fit un froid très rigoureux , il commença le jour des Rois et ne finit que le jour de la Conversion de St Paul, il fut si violent qu’il gela toutes les vignes dans le pais , les arbres et surtout les arbres fruitiers jusque dans le tronc, et plus du tiers des blés pendans à la racine , ce qui produisit une si grande et si cruelle famine que le blé qui commença à renchérir au mois de mars à valoir 34. Il alla toujours en augmentant et à tel point qu’il s’en vendit assez communément cent sous le boisseau, le froment se vendit sept francs le boisseau, l’orge un écu et l’avoine 45 sous (en marge : le tout à la mesure de decize). Encore etoit-ce une faveur que d’en donner à ce prix à quelques personnes ; il semblait que c’etoit une grace qui ne s’accorde qu’à la connoissance et quand on l’avait acheté il y avait encore bien de la peine à le conduire à cause des voleurs qui le prenoient de force et de violence sur les chemins. Une si grande affliction n’a pu être que l’effet des péchés des hommes dont il mourut le quart pour le moins de faim. Cela au printems les pretres ne pouvoient faire autre chose que d’inhumer les pauvres qui mourroient dans les rues et dans les prés en mangeant l’herbe comme les bêtes. C’est mon prédécesseur mr rousset qui a fait ces remarques dans ce tems là j’etois curé à Taise où les vivres étoient encore plus chers, la famine plus grande et la mortalité plus commune Dauboy ce 30 de xbre 1709.[not 1]

1710 à 1714 (État des lieux et travaux à son arrivée)

Le 4e jour de l’année 1710 que je pris possession de la cure de Toury, je trouvay la maison dans un grand désordre et préte à tomber . Il n’y avoit point d’escalier pour monter au grenier qui menacoit aussy ruine, les poutres en étant cassées. La place du cabinet planchée et le vestibule qui est à l’entrée faisoit un grand vuide sans plancher et c’étoit le chemin de la cave par un mauvais escalier du.. … Toutes les portes étoient pourries ; les seules et les bas murs de l’écosier avoient manqué, le toit de la maison étoit percé en plusieurs endroits , les carreaux des chambres et cabinets étoient pour la plupart otés à la place où se fait aujourd’huy la cuisine il n’y avoit qu’un vieux manteau de cheminée à quart brulé, et l’espace qui restoit sans aucun plancher servoit pour lors de grange. Il n’y avoit point de four et dans tout le logis je n’y ay trouvé que trois portes qui ayent pu me servir en les faisant raccommoder. Il n’y avoit que quinze losanges de mauvaises vitres dans toute la maison pour repousser le vent. Je fus donc d’abord obligé de faire marché avec le charpantier, menuisier, masson, vitrier et serrurier, qui eurent ….sous la forme de 200 £ de mon argent pour remettre le batiment de lad. cure en l’état, ou on le voit aujourd’huy 21 may 1714. Il est vray que j’ay premierement eu en vûë ma propre commodité, je n’ay pas de me proposer le bien pour mon successeur et c’est là en agir en bon pere de famille.

Pour ce qui regarde les héritages de lad. cure je les trouvay tous sans arbres, ayant été gelés par le froid de…. , j’en trouvay beaucoup de .. qui avoient formés un assez beau verger dans l’endroit ou est aujourd’huy le jardin. Il y avoit un buisson de ronce ? forte de mauvais bois dans le bas du verger en la place d’un fort petit jardin étoit, ou on voit maintenant une petite grange.

Sur le champ je fis arracher les racines des arbres morts et la bocage ? et fis bécher …..l’enclos. Cela achevé je dressay le jardin à quatre grands carres sans les hors d’oeuvre au bas , je fis elever une terrace sur la base de laquelle on planta de l’aube épine pour separer le jardin d’avec le bocage qui étoit au bas ce que j’ay reduit comme j’ay pu en nature de pré. Je rendis encore praticable l’entrée du pré proche les planches, ou il y avoit une fondriére que j’ay dessigné et fait perdre par des transports de terre et par le moyen de bons fosses que je fis faire autour.

Dans le méme sens je fis l’echange avec mesdames de Toury du petit pré de fondation qui est au delà de la riviere vis-à-vis et tout à l’opposition du pré qu’elles me donnerent en echange et qui est dessous de la barre entre le pré de gabriel gachot et un autre petit pré cure joignant la fontaine pelerin. Ces deux petits pres étant donc devenus propres à la cure, je les réünis ensemble par la destruction que je fis d’une haye vive qui étoit entre deux, et je les ay separé du pré dud.gachot par un fossé sur lequel j’ay fait planter une haye vive. La méme année je fis encore faire une quantité de toises de fossés tout autour des champ de St Martin de la barre de la vign…que du jardin . Étant aussy ennuyé de faire un grand circuit pour avoir de l’eau à la fontaine de St Martin qui étoit au dedans du champ, je la fis mettre dans led. jardin en reculant la haye , ce fut un peu au mécontentement du bourg, mais il en fallu passer par là.

Tous les susdits ouvrages avec les arbres et plants que j’ay mis dans le jardin m’ont coûté le tout exactement calculé la somme de quatre cent cinquante £. Si les réparations que j’ay faites ne sont guéres apparentes, elles sont du moins assez proportionnées au batiment de la cure, qui est assez laid de luy méme . Je ferai de mon mieux pour entretenir les choses dans l’état ou elles sont. J’ay de différents fruits et excellents dans le jardin, et les ay eu dans les meilleurs jardin que je connais comme à Moulins, à Sauvigny, à St pierre le Moutier et à Nevers. Je me recommande aux priéres de mes successeurs à Toury. 21e may lundy de pentecôte 1714 Florimond Augustin Dauboy.

Le nombre de communians en 1713 étoit de 143 personnes.

Enfin la construction de la grange, les reparations faites aux presbitére, l’établissemnt du jardin avec des reparations faites aux autres heritage me coûtent la somme de 650 £ pour le tout jusqu’au susd.jour 21e may 1714.

Pour menuisier auxdites reparations, je me suis servi des Beauvale de Lucenay les Aix. Pour les serrures et autres petites ferrures je me suis servi de maître Le Bas de decize. Le vitrier étoit pierre Goicard de decize, led. vitrier eu luy seul en particulier 24 £.

1713 (Legs)

Le sixiéme jour de decembre mil sept cent, vincent bernard, Seigneur de Toury fit son testament, et en autres articles il lega et donna à l’Eglise de Toury sur Abron la somme de vingt livres en rente annuelle, pepétuelle et fonciére qu’il a specialement affectée et hypothequée sur le domaine Remond dependance de sa Seigneurie de Toury.

Pour être lad. somme de vingt £ de rente employée à entretenir d’huile à perpetuité la lampe de l’Eglise devant le St Sacrement, laissant neanmoins led. testateur la liberté à ses héritiers, successeurs et ayant causes d’entretenir à leurs frais à perpetuité lad. lampe. Quoy faisant ils seront déchargés de payer lad . rente de vingt livres et en cas de négligence et au défaut d’entretenir par eux lad. lampe le Sr curé dud. Toury et fabriciens feront payer par lesd. héritiers…dud. testateur.

Lesd. héritiers ainsy qu’ils y sont obligés m’ont délivré une expedition du sud. testament, comme elle pourra se trouver dans les titres de la cure, et en cas qu’elle se perdît, la minute est chez Lagoutte notaire royal à Nevers.

En 1713 on nous demanda l’amortissement du fond de la rente ..vingt livres, mais à force de remontrances, et de defenses que nous fimes gabriel gachot fabricien et moy curé, nous n’en avons encore rien payé jusqu’icy à la reserve de quelques menus frais, et si on revient à redemander l’amortissemnt qui est de 66 £ 13 s[ols] nous aurons nôtre recours sur les héritiers ou ayant cause dud. Sr de Toury, ainsy que nous y renvoïe le sieur Turgot intendant de Moulins le 7e 7bre 1714. J’ecris cecy le 7e jan[vie]r 1718.

1714

Sonnet très spirituel et très dévot sur le bon employ du tems[not 2]

Le tems m’a demandé dés jours passes le conte
Et moi j’ay répondu : le conte veut du tems,
Car celuy qui sans conte a perdu tems de tems
Comment s’il n’a du tems, pourrat-il rendre conte
Le tems m’a refusé de differer le conte,
Soutenant que mon conte a refusé le tems,
Que n’en ayant usé quand il étoit tems
En vain je demandois du tems pour rendre conte
O dieu ! quel conte peut rappeller tems de tems
Et quel tems peut suffire à faire un si grand conte
À qui vivant sans conte à mal agi du tems !
Helas ! pressé du tems et plus pressé du conte
Je rens l’ame et ne puis rendre conte du tems

P:uisque le tems perdu n’entre point dans le conte

Lisez les souvent. Vers………du fruit ,…de les scavoir par coeur.[not 3] Dauboy 8e de juin 1714

1714

Le 1er jour de may 1714 il géla bien serré en plusieurs endroits et surtout dans les paroisses circonvoisines, le blé qui étoit déjà considérablement cher augmenta incontinent de beaucoup et se vendit jusqu’à cinquante sous à la mesure de decize ; on avoit déjà…..pour de l’argent ; mais par un effet de la bonté de dieu les blés qui étoient tous gelés en épys repousserent en pied, et ou on croioit communement geler à moitié il s’en recueilli plus ou pour le moins autant que s’il n’eut pas gelé ; de sorte que le blé descendit promptement de 40 s[ols] a 15 s[ols] apres la moisson quelques restes de tramois.

1714

Le 7e de 7bre 1714 il m’en couta seize francs tant pour les arcs boutans et autres reparations que je fis faire à la maison de la cure pour les materiaux.

1715

Le huit de may il gréla considérablement dans cette paroisse mais la gréle qui fit le plus de mal et qui emporta le tiers de la récolte, fut celle qui tomba en abondance et fort grosse le 4e de juillet de lad.année 1714.

Le blé s’est vendu communement 10 et 9 s[ols], plusieurs en ont acheté à un écu de 3 £le reseau, je parle du segle, le froment est toujours plus cher de 3 ou 4 s[ols]. Le commerce, il n’y en eu point et l’argent fort rare et tout à bon marché. Le vin se vendoit par tonneau 60 £ cette année de 1715.

Mgr n[otre] Evêque tint son synode le 1er de may et par tout le diocése la fete et l’office de St jacques et philippe fut transferer au dimanche suivant. Ce premier de may étoit le mercredy d’apres le dimanche de quasimodo;

En lad. année 1715 le nombre des communians étoit de 148 personnes.

1716

Le 4e de juillet de la susd. année mil sept cent seize il gréla et il fit si grand orage dans cette p[arois]sse que tous les blés et autres grains furent partie renversés, partie ébrainés et la dépense qu’il falloit faire pour les lever montoit au tiers de leur valeur. On ne laissa pas que d’avoir encore assez de segle.

Le blé s’est vendu s’est vendu toute l’année 8 s[ols] et 7 s[ols] et 6 d[eniers] le b[oisseau] et a été le prix commun. Les bestiaux à très bon marché, il n’y avoit point de commerce et l’argent fort rare. Gros hyver. Le vin se vendoit 40 à 44 le tonneau.

Le nombre de communians étoit de 140 personnes.

1716 Visite de Mons[ieur] l’archidiacre

Le septiéme jour de juin de l’année mil sept cent seize, nous Louis Marie Dolet de Sauliére , chanoine archidiacre de decise en l’Eglise de Nevers , en continuant le cours de nos vistes, nous nous sommes transportés sur les trois heures du soir en l’Eglise paroissiale de St Martin de Toury sur Abron, ou nous avons été reçu à la porte de l’Eglise à la manière accoutumée par mr Florimond Dauboy prêtre curé de lad. paroisse. Nous avons visité le St Sacrement, que nous avons trouvé décemment placé, les fonts baptismaux fermans bien, et sur ce qui nous a eté representé et que nous avons vû nous mémes qu’ils etoient trop bas, les paroissiens nous ont promis qu’ils les feroient elever au plus tôt. Nous avons trouvé les Stes huiles enfermées dans des vaisseaux d’argent renouvellées, le bassin qui est d’airain bien nettoyé, l’eau tres propre.

Nous avons ensuite visité l’Eglise, qui est en bon etat, tres propre et bien entretenuë, ensuite nous avons visité les vaisseaux sacrés qui consiste en calice, cibore, un soleil qui ..monté sur sur le pied du ciboire , un boite propre pour porter le viatique aux malades, l’huile des infirmes , le tout d’argent, des ornemens de toutes les couleurs qui sont tres propres, les livres servant au plein chant en assez bon ordre.

Ensuite, apres avoir exhorté les peuples que nous avons trouvé bien instruits, fort attentifs à la parole de Dieu à remplir dignement leurs devoirs et à seconder les intentions de leur pasteur. Nous avons demandé au sieur curé, qui etoit le procureur fabricien, laquel nous a repondu maitre gabriel gachot habitant et p[ro]prietaire de la p[aroi]sse, nous nous serions ensuite informé du sieur curé conjointement avec le procureur fabricien, s’il n’y avoit aucun revenu attaché à la fabrique, lequel nous a dit qu’il n’y avoit pour toute fondation que celle d’une lampe ardente entretenuë à perpetuité devant le Saint Sacrement pour la somme de vingt livres par an, de laquelle fondation etoient chargées Mesdames Bernard, dames de Toury, comme héritieres et bien tenantes de feu Mons[ieur] de Toury leur frere suivant le contrat reçu Lagoutte, que le reste du revenu de lad. fabrique ne consistoit qu’en quétes et aumônes publiques, et en la confrerie erigée depuis longtems sous le nom du Corps de Dieu, dont e revenu est de 19 £ # (en marge, écriture de Dauboy) de douze livres tout au plus ; on ne paye que tres mal depuis cette visite le revenu tant en cire qu’en argent ne paye que 4 ou 5 £, les messes payées # pour la commune année et que les remontrances qui nous ont eté faites par le sieur curé et les habitans de regler le nombre de messes dont ils sont entre eux en dispute et pour le bien de la paix et à la pluralité des voix, nous les avons fixées à huit messes par an pour le repos de l’ame des confreres, lesquelles messes seront payées suivant les status et reglemens du diocese à huit sous, faisant la somme de trois livres quatre sous qui seront prises sur lad. confrerie , desquelles chefs nous avons dressé notre proces verbal pour valloir ce que dessus ; ainsi signé le present original ce jour estant Dollet archidiacre, Delaunay prieur de Lucenay, Daubois curé de Toury, et plus bas Raboin, J.Grisolle curé de Lurcy sur abron Raboin.

1717

Le 13 et 14 d’avril les petits fruits souffrirent beaucoup de la gelée dans cette paroisse, et le 12 de mayde la méme année 1717 il fit encore une autre gelée qui n’y laissa presque point de vin. L’année a été bien féconde en segle qui vendoit 6 £ (?) le charroy et sterile en froment. Le blé s’est vendu toute l’année 7 s[ols], d’autrefois 7 s[ols] 6 d[eniers] le boisseau et a été le prix commun. Le froment 9 s[ols] 10 d[eniers] le b[oisseau]. Le vin 40 £ ou 44 £ le tonneau. Les bestiaux ont été très bon marché, il n’y avoit point de commerce et l’argent fort rare.

Paix générale dans le royaume. L’été a été bien sec et hyver assez doux.

Le nombre des communions étoit de 145 personnes.

1718

Cette année de 1718 le 6e xbre je fis un chanté en service pour les trepasses de pierre petitrenaud metayer de Rets.

J’approuve et reconnois les actes ecrits cy dessus et je signe icy tous ceux qui n’auroient pas été signer à cause qu’il ne restoit de place en blanc au bout de la ligne Dauboy curé de Toury sur Abron.

Il ne s’est point trouvé d’enfans propres à faire leur premiére communion cette année 1718.

Le nombre des communians étoit de 160.

Toute l’année 1718 s’est presque passée sans pluie ce qui causa que le froment ne fut pas abondant, outre qu’il avoit été un gelé d’hyver, qui fut fort rigoureux pendant quinze jours et sans nége. Au commencement de l’année le froment ne se vendoit que dix sous, mais depuis le mois de may jusqu’à la fin de xbre il se vendit toujours 14 s[ols] le b[oisseau]. A toute l’année le segle ne s’est vendu que 7 s[ols] 6d[eniers] le b(oisseau] ou tout au plus 8 s[ols]. La vendange fut abondante, néanmoins le vin ne devint pas à meilleur marché que 24 £ ou 28 £, de 45 £ qu’il avoit valu depuis la derniére vendange. Grande chaleur pendant tout l’été. Paix générale par tout le royaume. Pas d’argent, pas de commerce, mortalité de brebis.

1718

Les vendanges furent abondantes en 1718 et on commença à les faire le 9e de 7bre.

1718 (Plantation d’une vigne)

Ayant une terre de cinq boisselées ou environ nommée pourillon ou la Rets appartenant à la cure par fondation, située au dessous de la petite vigne ou plante gachot , tenant de minuit à la vigne des Seigneurs de Toury , et d’orient et de midy du champ qui est appellé Corda du domaine Millien, n’etant pas propre d’ailleurs à produire du grain, je resolu d’y faire planter une vigne , et en 1718 le 7e de 7bre Claude Riberon dit la violette commança les fosses de l’enceinte dont il se trouva 47 toises, du côté dud. Corda qu’il garni de plan d’epines. Incontinent après qu’elle fût bouchée et fermée de haye, led. claude Riberon avec Jean Barbe aussy pionnier firent les fosses de lad . vigne. Elle se trouverent au nombre de 940 toises après qu’on les eu mesurées qui me coutent 34 £ 14 s[ols] 9 d[eniers] à raison de 9 denier par fosses (toise).

La méme année j’y fis conduire 26 charrois de fumier bien pourry dans le dessein d’aider le chapon à pousser plus promptement racine. L’année suivante savoir 1729, au mois de mars, je fis planter lad. vigne, qui s’acheva justement le dernier jour dud. mois de mars : voilà au juste ce qu’il m’en coute tant pour la nourriture des ouvriers et payements des vignerons de Cossaye, qui m’ont choisi dix milliers de chapon dans les vignes du sieur curé de cossaye et dans celles de Messieurs de la Grange, que pour le payement des ouvriers qui ont pris de l’argent et pour le fermier, j’ay fais dépense de la somme de quatre vingt livres y compris les susd. 34 £ 14 s[ols] 9 d[eniers ] que j’ay donné pour les fosses , nonobstant cette dépense j’ay en une journée de chacune dés maisons et particuliers de toute la paroisse, ce qui m’a valu et épargné, le tout supputé, une somme de quinze livres. Il est entré trente six journées de manoeuvre dans lad. vigne , tant la terre étoit difficile à manier, et six journées de bouviers tant pour la conduite dud. fermierque pour conduire la bouchure pour la haye et aller querir le chapon à Cossaye. Messire honorat Oudoux, prêtre, Bachelier de Sorbonne, curé de Vaucoulmain et doyen de Dornes aidé par Martin Bernard vigneron de la p[aroi]sse de Cours sous magny a planté le premier cep ou pied de cette vigne le 17e de mars 1729 à Toury. Dauboy

1719

Les vignes furent grélées de la cinq[uième] partie en 1719 dans cette p[aroi]sse, dans celle de Lurcy et un peu dans celle de Cossaye, du côté de decise ou il gréla aussy dans la p[aroi]sse de St Aré et dans celle de St Privé, et ce le 24e juillet 1719.

La moisson des grains etoit faite.

Le 14e d’aoust féte de l’Assomption de la très Sainte vierge, Mons. Louis Philippes de Launoy, prieur de Lucenay les aix fit faire solennellemnt par mons. Dubois curé de Cossaye la bénédiction de sa maison priorale après l’avoir fait rétablir tout à neuf. Il y eu grande assemblée à cette cérémonie pour les prétres du voisinage qui y assiterent etoient les curés cy, grisolle de Lurcy, Guéron de St Genest, Gamonet de St Romain, et Dauboy de Toury.

1719

L’année de 1719 une des plus séches qu’on eut vûë il y avoit longtems a été fort stérile en foin, en froment, en avoine, en orge, et en toutes sortes de legumes en ce païs cy depuis l’annonciation…il ne tomba point d’eau ou très peu jusques à la Toussaint à l’exception du 24e juillet qu’il en tomba considerablement et encore plus de gréle, qui fit grand ravage dans les vignes.

Les chaleurs furent excessives et causerent beaucoup de maladie parmi le peuple et la plus commune étoit le flux de sang qui fit mourir beaucoup de personnes . Et on n’entendoit plus dire autre chose qu’un tel se meurt, un tel est bien malade, cet autre vient de mourir et l’alarme étoit partout.

Le vin se vendoit 28 £ le tonneau , sur la fin il se vendit jusqu'à 36 £. Le blé valoit communement 9 s[ols] le boiss[eau] et le froment 14 s[ols], que le milieu de l’année le segle se vendit 14 s[ols], le froment 20 s[ols], enfin sur la fin le segle vingt à 28 s[ols] et le froment 24 s[ols]. Le foin se vendoit communement 4 £ le quintal et trois sous le faix de paille.

Guerre contre l’Espagne, peu de commerce, grandes diminutions sur la monnoye, gros casuel pour les curés. Il se fit dans cette Eglise trois services pour les trépasses, j’en eu dix francs deduction …pour chacun, chose extraordinaire en cette paroisse, j’ay eu 100 £ de casuel sans y comprendre oblations et les retributions pour les messes qui m’ont toutes été fournies à 8 s[ols]. L'hyver ne fut pas rigoureux.

Le nombre de communians étoit de 160 personnes.

1720

Le dixiéme d’avril 1720 Révérendissime Charles Fontaine Evêque de Nevers en son synode réduisit les fétes de St Jacques apôtre, de St laurent, de St Barthelemi, de St Louis et de St Matthieu à la seule obligation d’entendre la messe et permet le travail servil pour le reste de la journée.

Le 10e de may 1720 Messire Charles Fontaine Evêque de Nevers faisoit sa visite à Cossaye, et il appela les paroissiens de Toury pour les confirmer.

1720 (Crise financière)

Cette année de 1720 a été assez abondante en blé et en grains, très abondante en en foin et de mémoire d’hommes on n’avoit pas recuëilli davantage. Copieuses et riches vendanges , mais le vin fut de mauvaise qualité et fort vert, à cause que toute l’année fut pluvieuse, il ne laissa pas cependant que de se vendre au pois chérement, mais le prix le plus commun étoit de 30 £ par tonneau . Au commencement et à la fin de l’année le blé de vendoit 14 s[ols] le bois[seau]. Au mois d’août il valut jusqu’à 24 s[ols] et ce à cause que la monnoye augmentait sans cesse considerablement.

Les ecus de 6 £ monterent jusqu’à 12 £ et continuellement ; il paraissoit des arrêts qui tantôt diminuerent, tantôt augmenterent les especes et l’argent n’ayant pas un prix fixe toutes les marchandises devinrent plus cheres qu’on ne les avoit jamais vës. Grand commerce dans le royaume, un grand nombre de gens riches devinrent pauvres, et de très mal à leur aise devinrent commodes ; les uns parce qu’on leur remboursoit et les autres parce qu’ils remboursoient avec des billets de banque, argent de papier inventé par le sieur Law #on prononcoit Law comme si on dit Las# anglois établi controlleur general en France par M. le duc d’Orléans régent.

Quantité de terres changerent de maitres. Cette méme année dans notre voisinage Mad. d’Anlezy de Monparreux vendit dornes à Monsieur Alexandre, Mad. de Lamenay vendit lamenay et toute sa terre de Cossaye avec Craux à Mons. Rodot et à monsieur le marquis des pouilly ; les mémes eurent encore de Mademoiselle de Bessay des Gentils la terre d’Aglan. Monsieur Bonfils acheta de Messieurs de dardigny et Cossaye la terre de Bauvoir qui fut venduë 175000 £ quoiqu’elle fut en trés mauvais etat , ainsy que Dornes qui fut vendu 190000 £, et Lamenay Craux avec ce qui est dans Cossaye , dépendance dud. Lamenay qui fut vendu 400000 £ ; Aglan vendu 53000 £.

Il ne s’est manqué que de treize francs que mon casuel ne m’ait tant valu que l’année précédente ; j’ay fait trois services vulye (?) chantés, et j’ay eu trois libera à dire tous les dimanches de l’année, revenu bien extraordinaire dans cette paroisse. Depuis que je suis curé icy je n’ay jamais manqué de retributions pour mes messes, et souvent on m’en a tant donné à célébrer que j’ay souvent aussy été obligé de les faire acquitter par mes confreres voisins.

Le nombre de communiants de la paroisse étoit cette année de 157 personnes. L’hyver a été fort doux. Depuis plus de 50 ans les bestiaux n’avoient été si chers, je vendis un jour 60 £ une petite vache toute seule.

J’ay faits ces sortes de remarques qui sont en général assez indifférentes, mais quelques uns les rejettent, elles ne déplaisent peut être pas aux autres.

Les rentes furent encore réduites la fin de l’année 1720 au denier cinquante.

Les fetes de la Toussaint et trepasses me procurent ordinairement la retribution d’env[iron] huit messes à 8 s[ols] par chacune messe, je dis des libera pour environ trente sous. Les offrandes du pain et du vin pouvoient valoir trois livres, et est à peu prés les mémes revenu pour chacune année.

1720 (Vigne de la cure)

En 1720 j’ai eu deux pintes de vin de ma vigne (c’est la vigne de la cure de Toury plantée dans un champ de cinq boisselées , nommé pourillon ou La Ress) pour la premiére récolte que j’y fis ; nous nous en servimes les autres prétres et moy dans le St sacrifice dés messes que nous dimes la méme année le jour et féte de l’illustre Saint Martin nôtre patron. Comme nous nous étions encore servi le 9e de 9bre de lad. année avec trois messes que célébrérent Messieurs durand curé de St parize, grisolle curé de Lurcy, Dubois curé de Cossaye pour la premiére fois qu’on a acquitté le service porté par la fondation gachot faite en 1729 par simonne plessier pour être acquittée annuellement et à perpétuité led. jour 9e 9bre. Nota que lesd. deux pintes de vins me coutent justement la somme de cent dix livres 110 £ y compris générallement toutes les dépenses menües et grosses que j’ay faites pour lad. vigne depuis le jour que j’ay commencé à l’établir jusqu’à ce jour 12e 9bre 1720 que je l’ay donnée à pierre henry vigneron pour la façonner moyennant la somme de 14 £ par an Dauboy.

Et à présent qu’hugues Vannereux en est le vigneron je luy donne 20 £ pour la facon ordinaire de lad. vigne …fais faire à mes frais les provins, et fournir puissement, j’écris cecy le 23e août 1732.

1720 (Partage d’un bois)

En mil sept cent vingt j’ay fait faire le partage du petit bois ou buisson nommé l’ourdon appartenant pour les deux tiers à la cure et l’autre tiers à Charles Déchome qui joüissoit du tout, par le peu d’attention de feu monsieur Rousset. Pendant ce tems là, il le détruisit pour la plus grande partie, en en usant comme l’unique propriétaire.

Ainsy de commun concert avec led. Déchome nous fimes fossoyer led. ourdon par les nommes Riberon et Souty pionniers ; il nous en couta vingt six livres 26 £ pour environ 32 trois cen vingt toises de fosses qui font le circuit dud. ourdon. Ce qui étant achevé nous donnames dix huit livres 18 £ à Claude et Leonard Taupin tant pour une haye qui fait le circuit que pour celle qui partage le tiers dud. bois app[artenant] aud. Déchome et le separer d’avec les deux autres tiers, qui appartiennent à la cure et qui sont du côté des crois de monts.

Il faut remarquer que dans le partage dud. ourdon qui est dans la reconnoissance que m’en a donné Déchome pardevant Deroüery, qui a reçu le terrier de la cure, il est dit que la portion de Déchome est separé des deux miennes par un fossé, au lieu qu’il n’y a qu’une simple haye , c’est que nous avions resolu de fairece faire led. fossé ce qui ne s’executa pas. Ma part étant marquée et separée et bien separée, je fis couper tous les vieux bois en buissons pour faire pousser les taillis tout de nouveau. Pour lesquelles dépenses, il m’en a couté pour le tout pour ma portion trente cinq livres 35 £.

Couté et arrété ce 11e de may mil sept cent vingt Dauboy

1721

Le 28e may la gelée gata un peu les vignes en cette paroisse et la moitié du bas quartier de la mienne fut bien endommagée de ce froid pour la premiére fois.

1724

Mercuriale ou prix des blés en 1724
Le segle se vendoit 17 s[ols] le boisseau
Le froment se vendoit 24 s[ols]
L’avoine se vendoit 8 s[ols]
L’orge se vendoit 9 s[ols]
Le foin 5 £ le charroy
Le tonneau de vin se vendoit 30 £
La susd. année fut fort pluvieuse , méme les tems de la moisson ; l’hyver assez doux, l’été sans grondeuse chaleur et bien modéré.
Le nombre de communians de nôtre paroisse a paques a été de 137.

1724

Le nombre des communians de Toury n’a été que de cent trente quatre en lad. année 1724.

L’année de 1724 a été féconde en grains, le prix du segle a été 14 s[ols] pendant toute l’année, l’orge et l’avoine se vendoient 10 s[ols] le boiss[eau] et le froment communement 26 s[ols] le boisseau. Le vin d’icy se vendoit 60 £ le tonneau, le foin étoit rare et se vendoit pour le moins 20 £ le charroy. Paix générale, grand commerce par tout le royaume, les denrées pour la v…et toutes les autres marchandises étoient fort chére. Il y eu peu d’hyver et l’été fut excessivement chaud, surtout l’automne dans le commencement.

1725 Vendange

Mémoire des dimes de vins pour 1725 qu’on vendengea le 18 8bre.
Dans la vigne Gueland j’eu trois tinées et un quart de tinée de dime, dans la petite vigne gachot trois tinées, dans la grande vigne gachot onze tinées, dans toutes les autres vignes de la paroisse trois tinées et demi, laquelle vendange a rendu six…….
Dans la vigne de la cure , il y eu 26 tinées de vendange savoir 12 dans le quartier et 14 dans celuy…….

Sources

  • Registre paroissial (BMS, archives communales) de Toury sur Abron
  • Transcrit le 10/5/2004 par Bernard Laudet

Notes et références

Notes

  1. Dans la marge : Le vin se vendoit jusqu’à 180 £ ou même jusqu’à 200 £
  2. 2 lignes en latin, attribuant ce texte au R.P Tillon frère Minime de Decize, 21 feb.1704
  3. Il existe dans ces BMS un autre sonnet qui n’a pas été transcrit

References