Déportés du diocèse de Nevers

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Cette liste est tirée du Martyrologe du Clergé Français pendant la Révolution
(Ouvrage imprimé par Pillet Aîné, rue des Grands Augustins à Paris en 1840)
Voir aussi la liste des déportés des diocèses d'Autun et d'Auxerre


  • ANIME (Dom) : Bénédictin de Nevers ; condamné à la réclusion pour refus de serment ; mort à Nantes le 18/04/1794, à l’âge de 77 ans.
  • BOUARD : Chanoine de la cathédrale de Nevers ; enfermé à Nevers comme réclusionnaire en 1792, à l’âge de 71 ans ; de là, transporté à Nantes ; mort en cette ville le 17/03/1794.
  • BOUFFECHOU Claude : Prêtre et religieux capucin ; retiré à Château Chinon ; conduit à Nantes et mort dans le fond de cale de la galiote hollandaise, le 01/04/1794.
  • CASEAU : Prêtre septuagénaire de Nevers, enfermé dans cette ville comme non assermenté ; mort à Nevers dans les premiers jours de juillet 1793.
  • CHAILLOT Jacques : Prêtre et chanoine de Nevers ; arrêté comme réfractaire ; provenant de la maison de Pontaniou, est entré à l’hôpital de la Marine (Saint Louis de Brest) le 17/11/1794 (27/BRUM/III) et y est décédé le 25/11/1794 (5/FRIM/III).
  • CUSTODE : Prêtre et chanoine de Nevers ; condamné à la déportation pour refus de serment ; mort sur la gabarre à sel, au moment du débarquement à Brest, vers la fin d’avril 1794, à l’âge de 66 ans.
  • DESPRES Gabriel : Vicaire général de Paris, suivant quelques listes imprimées, mais que l’on croit être ce Després, vicaire général dans le diocèse de Nevers ; saisi à Paris comme prêtre insermenté ; enfermé dans l’église des Carmes ; massacré dans ce lieu, le 02/08/1792.
  • DUBOIS : Jeune ecclésiastique de Nevers ; ne fit pas le serment de la constitution civile du clergé ; arrêté comme réclusionnaire, conduit à Nantes en 1794 ; jeté dans la galiote du port de cette ville ; mort en ce lieu après trois jours d’agonie, le 26 mars 1794, à l’âge de 28 ans.
  • DUMENIL : Curé de Challuy les Nevers ; ne fit pas le serment de la constitution civile du clergé ; mis en réclusion à Nevers par les ordres de l’administration départementale ; enlevé du lieu de sa captivité en février 1794, transporté à Nantes ; mort sur la galiote de Nantes, à l’âge de 58 ans.
  • DUTREUIL Nicolas : Natif de Moulins en Boubonnais, curé de Munot, paroisse rattachée à La Marche ; refusa le serment de la constitution civile du clergé, enfermé à Nevers le 23/11/1792, en vertu de la loi de réclusion, conduit à Nantes le 14/02/1794, puis dans les prisons de Brest et enfin transporté malade à l’hôpital Saint Louis le 20/05/1794 (1/PRAI/II) ; mort à cet hôpital le 30/12/1794 (10/NIVO/III).
  • ESTEVE Claude : Ancien chanoine de Nevers ; ne fit pas les serments schismatiques de la révolution ; mis en réclusion à Nevers, en vertu de la loi ; envoyé à Nantes, puis dans la prison de Brest ; mort à l’hôpital Saint Louis de cette ville le 14/06/1794 (26/PRAI/II) après y être entré le 03/06/1794 (15/PRAI/II).
  • FOLLEREAU Pierre : Prêtre, religieux bénédictin, résidant à Nevers, depuis la suppression des ordres religieux ; refusa le serment schismatique de 1791 ; ne satisfit point à la loi de déportation de 1792 ; s’éloigna de Nevers ; passa dans le département de la Vienne ; arrêté, conduit à Poitiers ; condamné à mort comme prêtre réfractaire, par le tribunal criminel de ce département, le 18/03/1794 ; exécuté avec 16 autres victimes sacerdotales.
  • GASTE Nicolas : Natif de Lormes, curé de la paroisse d'Asnan ; arrêté en 1792 ; enfermé dans une maison claustrale de cette ville en 1794 ; envoyé à Nantes, puis transporté à Brest, mis dans la prison des matelots (Pontaniou), transféré l’hôpital Saint Louis le 21/05/1794 (2/PRAI/II) ; mort en ce lieu le 19/08/1794 (2/FRUC/II), à l’âge de 68 ans.
  • GEOFFROY : Curé de la paroisse de Fleury ; expulsé de sa cure pour refus de serment de la constitution civile du clergé ; arrêté et mis en réclusion dans une maison claustrale de Nevers, puis en février 1794, transporté à Nantes ; mort par suite de mauvais traitements sur la galiote du port de cette ville.
  • GRILLOT ou GRILLEAU Jean Baptiste : Curé de la paroisse Saint Arigle de Nevers ; ne fit point le serment schismatique de 1791 ; âgé de près de 70 ans lorsque fut rendue la loi de déportation de 1792 ; mis en réclusion à Nevers, puis transféré, ainsi que plusieurs autres prêtres à Nantes en février 1794, de là envoyé à Brest le 18 avril suivant, déposé dans la prison des matelots du port de Brest (maison de Pontaniou), transporté malade à l’hôpital Saint Louis le 26/05/1794 (7/PRAI/II) ; mort à cet hôpital le 13/06/1794 (25/PRAI/II).
  • JAMET : Curé de la paroisse de Chevenon ; ne fit pas le serment schismatique de 1791 ; enfermé à Nevers comme réclusionnaire, conduit à Nantes le 14 février 1794 ; mort dans le fond de cale de la galiote hollandaise, le 28 mars 1794, à l’âge de 52 ans.
  • LACHASSAIGNE de : Chanoine de la cathédrale de Nevers ; resta fidèle à la foi catholique, ne sortit point de France, fut mis en réclusion dans la maison claustrale de Nevers, avec plusieurs autres ecclésiastiques ; enlevé de ce lieu avec ses confrères le 14 février 1794, envoyé à Nantes ainsi qu’eux ; de là passa à Brest ; mort pendant la navigation, le 5 mai suivant, à l’âge de 62 ans, environ ; enterré près de Belle Ile en Mer, dans le diocèse de Vannes.
  • LEBON : Curé de la paroisse de Bussi la Pèle ; ne fit point les serments révolutionnaires, ne sortit point de France ; arrêté, envoyé à Nantes ; mort dans la galiote de Nantes en 1794.
  • LECLERE Louis : Natif de Beuvron, curé de la paroisse de Beuvron , proscrit pour refus de serment, néanmoins resta en France ; arrêté, condamné à mort comme prêtre réfractaire, par le tribunal criminel de Nevers, puis envoyé à Nantes, de là à Brest le 18 avril 1793, conduit malade à l’hôpital Saint Louis de cette ville le 30/05/1794 (11/PRAI/II) ; mort à cet hôpital le 14/06/1794 (26/PRAI/II).
  • LEDIVELLEC Louis-Vincent, 48 ans, ancien religieux de la chartreuse d'Apponay, au diocèse de Nevers (en 1768, la chartreuse d'Apponay, située sur la paroisse de Rémilly, comptait onze religieux ; en 1790, il n'y en avait plus que huit.) A la suppression des ordres religieux, en 1790, il se retira à Nevers où il jouissait de la pension de 900 livres que l'Etat lui avait allouée, à titre de religieux. Entré à l'hôpital de la Marine (anciennement Saint-Louis) de Brest le 20/05/1794, il y décède le 29/05/1794.
  • LEMPEREUR : Chanoine de la cathédrale de Nevers, ecclésiastique d’éminentes vertus ; ne fit point de serments révolutionnaires ; mis en réclusion dans la maison claustrale de Nevers, de là transporté à Nantes, le 14 février 1794, jeté dans l’entrepont de la galiote du port de cette ville, ensuite passa à Brest ; mort vers la fin d’avril même année, à l’âge de 65 ans.
  • MOREAU l’aîné Philippe Gaspard : Ex jésuite, retiré à Château Chinon, chez son frère, curé en ce lieu ; ne fit point de serment révolutionnaire ; arrêté, avec son hôte ; amenés à Nevers et mis en réclusion, conduits à Nantes, le 14 février 1794 ; mort de faim et de la peste dans le fond de cale de la galiote du port de Nantes, le 6 avril 1794, à l’âge de 68 ans ; son frère rentra de la déportation dans sa famille en 1795 ; mourut le 5 juillet 1808.
  • PARIGOT : Prêtre, religieux de l’ordre de Grammont, chassé de son cloître, vint à Nevers ; ne fit point de serment révolutionnaire, mis en réclusion, puis envoyé à Nantes en février 1794 ; mort dans le fond de cale de la galiote hollandaise, le 4 avril, même année, à l’âge de 69 ans.
  • PAVIOT Pierre : Curé de la paroisse de Saint Saulge ; fit le serment de la constitution civile du clergé, emprisonné en 1793, envoyé dans la maison de détention de Nevers, rétracta son serment, conduit à Nantes, le 14 février 1794 ; mort dans la galiote hollandaise au printemps de la même année, à l’âge de 69 ans.
  • PIRET : Curé de la paroisse de Saint Hilaire, dans le territoire du Morvan (diocèse de Nevers) ; ne fit point de serment révolutionnaire, mis en réclusion à Nevers, puis conduit à Nantes, le 14 février 1794, mis dans le fond de cale de la galiote du port de cette ville ; mort en ce lieu de destruction au printemps de la même année.
  • POUGAULT Joseph : né à Moulins en Gilbert (son acte de décès le déclare natif de Nevers), curé de la paroisse de Tintury ; refusa le serment de la constitution civile du clergé, mis en réclusion à Nevers, conduit à Nantes, le 14 février 1794, puis dirigé sur Brest, le 18 avril suivant, enfermé dans la maison des matelots de Pontaniou, de là transporté malade à l’hôpital Saint Louis le 01/09/1794 (15/FRUC/II) ; mort à cet hôpital le 26/12/1794 (6/NIVO/III).
Un certain Durand adresse depuis l'Hospice de Brest, une lettre datée du 30/12/1794 (10/NIVO/III) à François Isambert son beau frère, lui annonçant le décès de Joseph.
"Citoyen
C'est avec douleur que je vous annonce la mort du citoyen Joseph Pougault le curé de Tinturi, votre beau frère et notre collègue. Il a emporté tous nos regrets, et a terminé sa carrière avec cette résignation, cette sérénité qui caractérisent l'honnête homme, le chrétien vertueux. Il a partagé avant de mourir toutes nos peines et tous nos travaux; il a vu décéder sous ses yeux quelques uns de ses confrères de morts cruelles et forcées; outre 14 presque agonisants restés à Nantes; tellement que de 61 embarqués à Nevers contre la loi qui excepte de la déportation les infirmes constatés et les sexagénaires, nous ne sommes plus que 13 tous hypothéqués pour la vie; il a été dépouillé, contre la justice, l'humanité et les loix, à Nevers avant de partir comme tous les autres; il le fut encore à Angers, puis jetté pendant 11 jours dans les cachots avec les criminels, sur de la paille infecte, au pain et à l'eau, au milieu de la vermine avant d'arriver à Angers. Les 16 conducteurs de Nevers commandés par le citoyen Gallois, sous un faux air de compassion, nous engagèrent à leur confier nos dernières ressources; plusieurs crurent à leurs promesses, et le citoyen votre beau frère remit au citoyen Baudiaux cidevant marchand à Nevers, puis canonnier, la somme de 300 livres en assignats, son seul avoir pour lui être rendüe le lendemain après la perquisition ou du moins pour être envoyé à sa famille : on sait actuellement qu'aucune de ces promesses n'ont été exécutées. Nous fûmes emmenés de nuit et garottés d'Angers à Nantes, où on nous déposa à demie lieue au dessous de la ville dans la fameuse galiotte hollandoise qui servoit de prison à ceux que Carrier et ses agents destinoient à la noyade ou à la fusillade. Entassés les uns sur les autres, respirant un air empoisonné, couchant sur les planches, ayant manqué trois jours et demi de pains toujours parmi les morts et les mourants. Bientôt la dissenterie, les fièvres putrides, la contagion firent des progrès; 16 périrent rapidement parmi les nôtres et 14 d'Angers: après 33 jours dans ce cruel état où chaque jour nous espérions entendre sonner notre dernière heure. On nous embarqua 31 plus ou moins malade pour Brest, 14 resteront à la galiotte, nous ne les avons jamais oui parler. Des 31 embarqués, 6 moururent en mer et les 25 autres furent répartis partie à la maison d'arrêt de Pontanion prés le port, partie au principal hopital, dit l'hospice de la marine, 12 ont encore succombés à l'hopital: reste 13 (mon digne curé du nombre). Votre beau-frère eut en arrivant comme tous les autres une fièvre putride, puis la galle; il avait été mal guéri de cette dernière maladie et il revint pour la seconde fois à l'hopital il y a quatre mois. Enfin une fluxion de poitrine l'a emporté au 9ème jour le 6 nivose dernier à huit heures du soir. Nous lui avons donné les soins que l'amitié, l'estime et la confraternité exigeaient de nous. Si son extrait mortuaire vous était nécessaire, mandez-le moi s.v.p. en m'adressant votre lettre à la maison d'arrêt de Pontanion, prés le port à Brest; je le tirerai au bureau de l'hospice de la marine et je vous l'enverrai. Il m'a souvent dit que son regret étoit de n'avoir pu recevoir des nouvelles de la famille, quoiqu'il la eut donnée des siennes et que toutes les autorités de Brest, pleines d'humanités nous eussent permis et engagés d'écrire à nos parents et d'en recevoir des réponses. Je vous ai quelquefois fait donner de ses nouvelles par le cousin Jadioux. Vous verrez ce que vous aurez à faire pour les 300 livres confiées à Baudiaux.
J'ose présenter mes hommages à votre épouse et l'assurance de mon souvenir au cousin Follet et à sa famille.
J'étais infirme constaté avant le départ, je le suis aujourd'hui visiblement pour le reste de mes jours. Salut et fraternité. DURAND"
  • ROBILLARD : Chanoine de la cathédrale de Nevers ; ne fit pas le serment de la constitution civile du clergé, mis en réclusion à Nevers, vers 1794, puis conduit à Nantes, jeté dans le fond de cale de la galiote hollandaise ; mort dans ce lieu infect à l’âge de 63 ans, le 17 mars 1794.
  • ROUSSEAU : Chanoine de la cathédrale de Nevers ; ne fit point de serment révolutionnaire, ne sortit point de France lors de la loi de déportation de 1792 ; arrêté, mis en réclusion dans une maison claustrale de Nevers, conduit à Nantes en février 1794, jeté dans le fond de cale de la galiote hollandaise de ce port ; mort le 8 avril de la même année, à l’âge de 68 ans.
  • VADIER François : Curé de la paroisse de Huban (diocèse de Nevers) ; ne fit point de serment révolutionnaire, fut dépossédé de sa cure, mis en réclusion à Nevers en 1793, puis conduit à Nantes le 14 février 1794, de là à Brest le 18 avril suivant, transporté malade à l’hôpital Saint Louis de cette ville le 15/07/1794 (27/MESS/II) ; mort à cet hôpital, le 26/11/1794 (6/FRIM/3), à l’âge de 54 ans.


--m mirault 22 juin 2009 à 17:30 (UTC)
Merci à Christiane Delarras, Brigitte Foudrier et Patrick Pougault pour les détails apportés à cette liste (décès à Brest et lettre concernant J. Pougault)