Chateauneuf Val de Bargis

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Chateauneuf-Val-de-Bargis

Le village

  • Châteauneuf-Val-de-Bargis s'étend sur une superficie de 47,56 km² avec une altitude minimum de 211 mètres et un maximum de 373 mètres. Ses habitants les Castelneuviens et les Castelneuviennes sont, d'après le recensement publié en 2012, au nombre de 610 avec une densité de 12,83 personnes par km².

Situé dans un environnement très vallonné, Châteauneuf Val de Bargis, est une étape sur le chemin Via Lemovicensis qui part de Vézelay vers Saint Jacques de Compostelle.

Auparavant nommée Châteauneuf, cette commune a été renommée Châteauneuf-Val-de-Bargis le 25 août 1961.

Tableau récapitulatif du recensement de la population

1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2009
Population 684 671 581 518 554 565 576 587
Densité moyenne 14,40 14,10 12,20 10,90 11,60 11,90 12,10 12,30

Source : INSEE et Cassini

Vue générale
1793 1800 1806 1820 1831 1836 1841 1846 1851 1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
Population 1806 1728 1722 1931 2057 2100 2174 2310 2288 2105 2081 2147 2130 2134 2086 2006 1928 1790 1619 1582 1436 1285 1110 1000 962 911 839 781

Source : Archives de la Nièvre et Cassini

  • Avant le XIIe siècle s'appelle « Châteauneuf » le manoir féodal en remplacement du Castrum romain.
    Le château féodal, dont il ne reste aucun vestige, fut construit sur une butte et accolé au village nommé, aujourd'hui, le Château de la Tour, en souvenir du nom donné au château. Pierre de Courtenay, visitant ses terres, y fut reçu en 1184.
    Plus loin dans la vallée s'étalaient quelques maisons de vignerons et de laboureurs qui formaient une petite localité du nom de Vif. Cette localité prit peu à peu de l'importance, notamment pendant les guerres des XVe et XVIe siècles et devint châtellenie. Le bourg de Châteauneuf, tel qu'on le connaît aujourd'hui, n'est qu'un agrandissement de Vif. Le nom de Bargis qui lui est associé est celui d'une ville d'origine Gauloise qui fut détruite en 912 par des pirates scandinaves.
  • Aux XVIe et XVIIe siècles, s'appelait le Val de Bargis une étendue qui allait de Châteauneuf à la Loire.
    Le village était cantonné au bas de la colline et c'est petit à petit que se construisirent les maisons en bordure de la route nationale n° 151 et au-dessus de l'église.
  • Durant plusieurs siècles Châteauneuf connaît des périodes de guerres sans merci, périodes pendant lesquelles il est pillé, brûlé et où des scènes de meurtres sont commises. Les habitants se réfugient là où ils se sentent le mieux protégés. Tout est dévasté, la misère est à son paroxysme, toute sécurité a disparu et la peste noire continue de faire des ravages. En 1380 la guerre s'éloigne mais pour une courte durée car de nouvelles calamités s'abattent suite à des querelles de famille ; les Armagnacs vengent la mort du duc d'Orléans, font assassiner le duc de Bourgogne, le fils de Jean-sans-Peur livre la France aux Anglais, Charles VII envahit la contrée. Il est poursuivi par des troupes anglo-bourguignonnes qui prennent Châteauneuf et alentours. Durant leur séjour elles brûlent le château féodal, dévastent Bourras et Bellary. Perrinet Gressard réfugié au château de Dompierre rançonne le pays. En 1560 commence une guerre civile. Les protestants de La Charité occupent plusieurs communes dont Châteauneuf. Le culte est supprimé, les curés s'enfuient ou sont enlevés. La violence est à son comble.
    En 1568, les huguenots, commandés par Jean de Maraffin prieur de Cessy, arrivent d'Entrains et brûlent Bellary puis Bourras. Une armée de protestants allemands vient à la rescousse des coreligionnaires et se livre à des actes de barbarie. L'église est incendiée, des familles apeurées se réfugient au fond de la forêt.
  • Les invasions et les affrontements dureront jusqu'à fin 1587 puis Châteauneuf retrouve enfin la paix. Son bourg est reconstruit, son église réparée. La population qui l'avait fuit, revient. Elle s'élèvera à 1632 habitants en 1789.
  • La période révolutionnaire voit émerger des audacieux qui prennent tous les pouvoirs. Louis Bonnet fut l'un d'entre eux et vraisemblablement le plus marquant et le plus avide. Après avoir été greffier de la châtellenie, fermier des Chartreux de Bellary, il est élu maire en 1790.
    À peine déclarés biens appartenant à la Nation, il rachète les biens de l'Église à un prix fixé au gré des acheteurs.
    Les prisonniers à destination de Bourges passant par Châteauneuf, devenu riche propriétaire, il s'alloue les services de l'un d'eux pour cultiver ses terres.
  • En 1790, bien qu'ayant un fort respect pour les religieux de Bellary, il accepte sans honte, de faire l'inventaire des biens de la Chartreuse ; il demande, moyennant finance, que la garde des scellés lui soit attribuée. Sa demande est retenue et il perçoit alors 10 livres par jour du 15 décembre 1790 au 23 mars 1791.
  • Jusqu'en 1835 l'instituteur fait la classe chez lui ou dans une maison prise en location. Puis la halle sert pour deux écoles qui accueillent filles et garçons. En 1839 le maire fait une demande aux Sœurs et Instruction chrétienne de Nevers et les classes de filles sont transférées dans un grand immeuble acquis par la commune. Les Sœurs en prennent la direction en 1844 et la conservent jusqu'en 1891. Puis, elles sont chassées de cet endroit et remplacées par une institutrice qui s'installe dans l'école communale. Avec l'aide du curé Duvernoy elles ouvrent des classes dans une ancienne métairie reconstruite par ses soins. Grâce à une bonne entente avec le baron de Balorre(1), il assure la pérennité de cette école. L'école des garçons demeure dans la halle jusqu'en 1889.

    (1) Le baron de Balorre fut propriétaire du château de La Vénerie qu'il acheta le 7 juin 1879. Cette propriété, bien que proche de Châteauneuf-Val-de-Bargis, fait partie de la commune de Champlemy.

La Chartreuse de Bellary

  • Située sur cette commune, la Chartreuse de Bellary est le 3ème monastère dont bénéficia Châteauneuf.
    Elle fut fondée en 1209 par Hervé IV, baron de Donzy, comte de Gien, et son épouse Mahaut de Courtenay 1ère comtesse de Nevers. Elle est la fille de Pierre de Courtenay devenu comte de Nevers par son mariage avec Agnès de Nevers en 1184.
    Il a épousé Mahaut (ou Mathilde) en octobre 1199 alors qu'elle n'avait que 12 ans et sans dispense, malgré leurs proches liens du sang pour rétablir la paix avec Pierre de Courtenay contre lequel il s'est battu pour ne pas se laisser dépouiller de la seigneurie de Gien. Pierre de Courtenay voulait lui ravir cette seigneurie considérant qu'elle lui revenait, suite à des arrangements avec les barons de Donzy ses prédécesseurs. Il est fait prisonnier au château de Donzy le 3 août 1199. Philippe-Auguste, son cousin germain, parvient à le faire libérer à la condition qu'il donne sa fille en mariage à Hervé IV avec le comté de Nevers pour dot et la certitude de posséder, plus tard, les comtés de Tonnerre et d'Auxerre. Ce mariage arrangé et habile mais qui ne respecte pas les lois de l'Église, réunit le comté de Nevers et le Donziais et fait de Hervé IV un comte de Nevers.
    Une dizaine d'années après ce mariage et par l'intermédiaire du duc de Bourgogne, Hervé IV fait une demande de dispense au Pape Innocent III pour réhabiliter leur mariage. Celui-ci le ratifie par une Bulle du 10 décembre 1213 à condition que les époux fondent trois maisons religieuses à leur choix. Ce furent le prieuré de l'Épeau près de Donzy, celui de Coche dans la paroisse de Vielmanay, et enfin Bellary.
    Les moines venus de la Grande Chartreuse s'installent dans ce qui est alors une simple métairie, la villa des Saulges.
    Ils donnent à ce lieu le nom de Beau-lieu et Bel-Lariz. Lariz signifiait au Moyen-Âge, clairière ou campagne. Cet endroit, proche de la forêt, d'une abondante fontaine et d'un étang est donc choisi pour bâtir le monastère.
    Les travaux démarrés avec entrain sont interrompus à plusieurs reprises par la perte d'engouement d'Hervé IV, par le manque de moyens financiers et à cause de brigands qui sèment l'épouvante. Les ouvriers craignant pour leur vie fuient le chantier. Les moines vivant à la villa des Saulges, alertés par ce violent tapage, recourent au jeûne et à la prière. Un religieux se rend sur les lieux et fait cesser toutes ses abominations à coup d'eau bénite. Les travaux reprennent avec l'entrain du départ après que dom Étienne, premier prieur de la Chartreuse, ait rappelé à Hervé sa parole de gentilhomme. Ce n'est pas chose facile mais Hervé consent à subvenir à l'entretien du personnel. Il meurt empoisonné le 22 janvier 1223 et ne verra donc pas l'achèvement de son œuvre.
    Avec la générosité de Mahaut de Courtenay, remariée en 1225 à Guigues IV de Forez qu'elle rallie à la cause des Chartreux, et grâce à l'aide de pieuses fondations sont édifiés de très importants cloîtres qui seront terminés en 1258 et une église qui sera terminée en 1230.
    De nombreuses donations sont faites à la Chartreuse par des seigneurs, mais aussi de simples paysans ou des gens d'église.
    Malgré de nombreux et fréquents pillages, les moines fidèles à de pieux souvenirs et au cadre agréable relèvent le monastère à plusieurs reprises. Lieu de prière et foyer spirituel il devient une florissante exploitation agricole, ferme-école de la région avec des retombées positives alentours.
    Les Anglais envahissent les cloîtres au XIV e siècle alors que Bellary est très prospère. Les moines se dispersent dans des fermes voisines et les champs ne sont quasiment plus cultivés. En 1408 de nouveaux religieux arrivent à la Chartreuse, accompagnés du prieur dom Firmin Le Ver et on lui réunit le Val Saint-Georges(1).
    Bellary se trouve quasiment abandonné jusqu'en 1440. Sous le priorat de dom Guillaume Rousseau (1441-1465) Bellary pillé, en partie détruit par un incendie provoqué par l'imprudence d'un ouvrier agricole, est reconstruit et renaît de ses cendres.
    Alors que le prieuré est rebâti, les spacieux bâtiments et le magnifique portail terminés, la Chartreuse dans son état le plus florissant, la Révolution éclate. Les Chartreux trouvent la règle de Saint Bruno(2) trop contraignante ; elle est faite de solitude en cellule, de liturgies communes et de travail manuel. L'un d'entre eux, Denis Bonguelet qui apostasiera en se mariant en 1790, appartient à une loge franc-maçonnique et reçoit les membres les plus engagés des comités révolutionnaires. Il tient des propos calomnieux et tous les moines deviennent alors très impopulaires.
    En vertu d'une loi de novembre 1789 qui suspend les vœux monastiques dans tous les monastères d'hommes et de femmes et d'une autre loi, rendue par l'Assemblée Nationale en février et mars 1790 les prohibant définitivement, Louis Bonnet accompagné d'un adjoint et de son secrétaire, se présente au monastère le 27 avril 1790. Après lecture du décret les concernant, les moines quittent leurs cellules le jour même et descendent dans la chapelle dédiée à Saint Laurent appelée la maison basse, avant leur départ définitif. Un inventaire complet est dressé durant trois jours.
    Louis Bonnet devient alors le maître absolu de la Chartreuse. Il s'adaptera, au gré des circonstances et épaulé par son secrétaire Amelot, pour disperser à bon compte quantité de biens meubles et immeubles. Une vente à l'encan dure trois semaines sans qu'aucun contrôle sérieux soit fait et des biens se retrouvent dans des lieux surprenants suite à un trafic organisé.
    Début 1791 les moines quittent définitivement la Chartreuse. Elle est vendue en avril de cette même année à des marchands de biens, Nicolas Defert et François Benoist, deux Parisiens, pour le prix de 100.200 livres.
    Actuellement, cette Chartreuse appartient à un propriétaire privé.

    (1) Chartreuse située sur la paroisse de Pouques-Lormes.
    (2) Originaire de Cologne et fondateur des Chartreux


La Chartreuse de Bellary dans son état actuel



Relevé dans la presse

  • Recherches:
    Les recherches faites dans la contrée, sur ordre du parquet de Cosne, pour trouver un nommé R... qui, en empruntant une bicyclette à M. Dionnu, à La Charité, avait dit qu'il allait travailler dans une tuilerie de Châteauneuf, n'ont pas abouti.
(Le Courrier de la Nièvre du 17/05/1903)

  • Arrestations:
    Si R... n'a pas été trouvé, en revanche la gendarmerie a pincé en flagrant délit de vol deux vieux bonshommes, le nommé Menu âgé de 74 ans et une femme Pobel, âgée de 71 ans, au moment où il s'emparaient d'une dinde.
    Ils ont été dirigés sur la maison d'arrêt de Cosne.
(Le Courrier de la Nièvre du 17/05/1903)

  • Accident d'automobile :
    En passant à Châteauneuf-val-de-Bargis, une automobile portant le n° 232 a culbuté une vache qui a eu une patte brisée et que l'on a dû abattre.
    L'auteur de l'accident au lieu de s'arrêter n'a fait que continuer sa route de plus belle.
(Le Courrier de la Nièvre du 07/06/1903)

  • Vol :
    Lundi dernier, vers quatre heures du soir, des malfaiteurs inconnus se sont introduits dans la maison des époux Bezou, au hameau des Bartiers, commune de Châteauneuf en cassant la fenêtre.
    Ils ont ensuite fouillé dans les meubles, sorti tout le linge, mais ils n'ont pu trouver qu'une somme de 25 fr. et une montre dont ils se sont emparés.
    M. Bezou a porté plainte à la gendarmerie et une enquête est ouverte ; espérons qu'on arrivera à mettre la main sur les coupables.
(Le Courrier de la Nièvre du 30/08/1903)


  • Source : Château-Neuf au Val de Bargis Lucien CHARRAULT.
    Châteauneuf-Val-de-Bargis et la Chartreuse de Bellary Lucien CHARRAULT.
    Supplément au grand dictionnaire historique et géographique de Louis Moréri.
    Dictionnaire de la conversation et de la lecture volume 21.
    Les congrégations religieuses dans le diocèse de Nevers volume 1 par Mgr Crosnier.
    Carte postale de Chateauneuf-Val-de-Bargis, site Delcampe.


Martine NOËL Juin 2013