Chadeyras Hean Patrick

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Patrick CHADEYRAS-HEAN


  • Né à Nevers le 11 septembre 1973 de parents nivernais, il fréquente les établissements scolaires Lucette Sallé puis Victor Hugo et Raoul Follereau. Il obtient un Bac G et part à Clermont-ferrand poursuivre des études de psychologie.
  • Après s'être essayé à l'écriture de romans, contes et nouvelles, il cherche son genre d'écriture ; il le trouve dans l'écriture de fables. Voulant faire revivre cet art quasiment disparu et dont la paternité est attribuée à Ésope (620 av. J.-C, 560 av. J.-C) il s'inspire du monde qui l'entoure avec ses paradoxes et ses contradictions, mais aussi de son enfance passée chez sa grand-mère à Tronsanges.
  • Son premier recueil, Le Fablier de Val contenant 93 fables a été publié en 2012 par les Éditions Kirographaires.
    Il a été réédité en juin 2013 par les Éditions Sokrys.
  • Un deuxième recueil, Histoires de Fables contenant également 93 fables est paru le 8 avril 2013 aux Editions Sokrys.
  • Le troisième recueil qui clôt la trilogie sur le monde des fables de Patrick Chadeyras-Hean sort le 15 décembre 2013. Il s'appelle Drôles de Fables, contient 64 fables et est, cette fois encore, édité par les Éditions Sokrys.

  • Quelques fables transmises par l'auteur :

  • L’Errant et le Destin (fable issue de son second recueil et non encore publié)
Un jour, refusant toute destinée,

Un drôle décida de lui échapper !
Aussitôt le Destin
D’apparaître au mutin :
« De me laisser au bord du chemin
Voilà curieuse lubie
Mon ami
Car, à la fin,
Quel que soient tes choix
J’en détermine la voie
Là où ils mènent ! »
Notre phénomène
D’hausser alors les épaules :
« Joue avec d’autres ce rôle
Sans espoir ;
Pour ma part
C’est avec ton faux-frère le hasard
Qu’il faudra de mon âme-en-peine
En suivre en spectateur la traîne
Marchant sans autre loi
Que tout droit ! »
Ainsi partit l’Errant
Par monts et vaux,
Qu’ils soient de terres ou d’eaux…

Passèrent bien des temps
Sans que de ses pas
Jamais de leur course il ne dévia
Quand il aperçut…
… Le même qu’au début :
« Toi réapparu !
Si c’est pour de ma sente divertir
Tu peux repartir ! »
Alors l’entité,
A son tour peinée,
N’osa au pauvre homme révéler
Qu’elle n’avait de place jamais bougée
Laissant le bougre entamer une nouvelle ronde
Autour du monde…
Ainsi beaucoup de fuir leur sort
De port en port
Au lieu d’en affronter

La vérité
  • De l’Art et du Cochon (fable issue du Fablier de Val)

Il était un Cochon

Qui avait choisi du peintre le tablier,
Du moins pour pinceau en avait-il le pied,
Plutôt que du boucher le torchon.
Se voulant artiste en sa fange,
Il y traçait boueuses arabesques
Qu’il disait fresques
Pareilles au grand Michel-Ange.
Mais voilà,
Qu’il manqua de talent
Ou qu’à celui-là
On y soit indifférent,
Si de son empreinte il ne s’en faisait un nom
Il finirait bel et bien en jambon !
Modelant le lisier avec soin
Le voilà sculptant tel Rodin…
… Mais non d’un groin,
On le menace toujours du boudin !
Bientôt arrive la foire
Et toujours pas de gloire.
N’en est pas qui veut la bête
Et il lui faut amuser le profane
Au risque de la couenne
S’en voir par le charcutier découper en côtelettes !
Alors lui vient belle idée de Porc
De mettre en scène, tel Molière ce génie,
De lascives, et peu savantes, Truies en habits
S’en effeuillant jusqu’à mettre mamelles toutes dehors !
On rit gras
A ce spectacle grivois et plat
Mais de viande chez les mangeurs
On n’en a pas toujours de bon le cœur.
Il en est ainsi fini
De notre artiste
A qui on préfère la saucisse !
De poète maudit
Au moins notre pauvre Goret
De se consoler
D’en partager un même Destin,
Tout autant écorché vif !
Du lard on sait toujours à la fin
Que le Verrat en est le naïf.
Mais de l’Art ou du Cochon
C’est souvent plus à ce dernier souillon
Qu’il en est quelques uns

Passant de l’autre pour génie contemporain !

  • Le Pluvian et le Crocodile (fable issue du Fablier de Val)

Il n’y a pire ennemi

De celui qui fut ami.

Voilà triste vérité
Qui, à première vue,
N’avait pas de son malentendu
Affecté les deux êtres ayant ici commune loyauté.
Qu’un petit oiseau
Ait pu dompter le plus gros des reptiles
C’était là de l’Egypte et de ses eaux
Mystère aussi envoûtant que le Nil.
Pourtant le Pluvian de ce pays
Eut du monstre fluvial accès à sa gueule
Là où pour beaucoup elle était linceul !
En fait de magie
Ce malin volatile,
Becquant miasmes et sangsues,
Avait, tel Hesire, facilement convaincu
Ce qu’y gagnerait la dentition de notre Crocodile !
On aurait pu faire là belle morale
De soi qu’on a d’un plus petit
Toujours besoin dans la vie,
Mais rappelons que pour grand nous avions là Gavial…
… Ainsi quand frappa une terrible famine
Précédée d’une étouffante canicule
Ne laissant pas même quelques tubercules
Dans la boue devenue saline
De notre peu prophétique Petsuchos,
Du fidèle passereau
Venu pour honorer ses crocs,
En familier de Thanatos
Il préféra sur l’ailé animal les refermer d’un coup !
Brisant cou et tabou
Notre lézard bestial,
Affamé dans sa fange de sédiments,
Ne fit ainsi point de sentiments
Ni grandes jérémiades lacrymales
A la perte de celui assez fou
Pour se jeter dans la mâchoire du Loup !
Il en est pareillement
De ceux qui des puissants à la cour
Servent pour quelques miettes
Mais qu’on jette
Une fois lassé de leur concours

Pour d’autres plus alléchants !

Notre Moucheron à plume aurait dû pourtant savoir
qu’il n’est pas sans risque de
s’acoquiner d’un Hippopotame à écailles…

Source :
Le site du Conseil Général de la Nièvre http://www.cg58.fr/ artistes et auteurs
Interview sur Radio Coquelicot
Site de l'auteur http://vindr.wikidot.com/


Martine NOËL février 2013