Moulins Engilbert château

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Château de Marry

Mary (Maresium), château du XVe siècle, en partie, situé dans une vallée, près des bords de la rivière de Dragne ou Vandenesse, a pris son nom de son ancienne position dans un lieu aquatique et marécageux. En effet, on remarque, à 300 mètres environ du manoir actuel, un peu plus près de la rivière, une motte autour de laquelle se dessine encore, malgré que la charrue y ait passé et repassé, une ceinture de fossés de moyenne dimension. C'est là que s'élevait l'antique habitation des sires de Mary.
Les débris de tuiles à rebords, les médailles qu'on y a découverts, prouvent évidemment que le manoir féodal avait remplacé une villa romaine.
En 1768, l'édification du château se poursuit côté sud, donnant un ensemble composite. Autour du château sont disposés des bâtiments agricoles : ferme, écurie vacherie, moulin.

Château de Moulins Engilbert

Assis à la pointe d'un rocher de granit, le château du sire Engilbert était, avant l'incendie de 1525, par sa situation et par les ouvrages de défense qui le protégeaient, une des plus redoutables forteresses féodales du Morvan. Il n'en reste que quelques tours découronnées et des pans de murs, noirs et déchiquetés, que le lierre enlace de ses mille bras.
L'entrée, aux deux côtés de laquelle se trouvaient les cachots, était fermée d'une double porte en fer et défendue par des tours, armées de créneaux et de mâchicoulis et percées de meurtrières.
En pénétrant dans l'intérieur, on se trouvait incontinent sur la place d'armes, qu'entourait une ceinture de hautes murailles, hérissées de tours, puis on entrait dans la cour d'honneur. D'obscurs souterrains régnaient sous toute l'étendue du noble édifice.
Une chapelle, complément nécessaire d'un manoir féodal, se voyait au milieu de l'ensemble. Elle était dédiée à St Anastase et avait un prêtre attaché à sa desserte. Jean Alexandre en était chapelain en 1480 et Guillaume Courtois en 1499. Ils devaient y célébrer deux messes par semaine.
Entre l'église et le portail du château, sous un pâté de maisons, qu'on a eu l'heureuse idée de faire disparaître, on voit un dédale de souterrains, disposés en couloirs, et flanqués d'espèces d'absidioles, rangées en quinconces. La plupart sont taillés dans le roc. A quelle époque remontent ces souterrains ? Quelle en était la destination ? Nous l'ignorons. Toutefois ces sortes de catacombes méritent de fixer l'attention des archéologues.
On croit communément que cette forteresse ne fut pas bâtie sur un sol vierge, mais qu'elle remplaça une antique villa, dont l'existence est d'ailleurs attestée par des médailles, des débris de tuiles à rebords et de poterie romaine, que l'on découvrit autrefois.

Elle fut acquise, avec ses dépendances, en 1216, de messire de Bursay, par Hervé de Donzy, comte de Nevers, qui l'érigea en châtellenie et mit dans son ressort un grand nombre de fiefs. Ses successeurs y placèrent, dans la suite, un capitaine-gardien, avec plusieurs hommes d'armes sous ses ordres, pour veiller à la défense du pays.
Jean du Plessoiz remplissait cette charge en 1367, et Imbert Sallonyer au commencement du siècle suivant.
Étienne du Pontot en était gouverneur en 1523.
Lazare Sallonnyer, nommé par lettre patentes de Charles II de Gonzague, du 3 septembre 1606, fut remplacé par Jacques, son fils, le 5 juillet 1535.
La châtellenie fut affermée, en 1611 à Jean Raffaud ; en 1643 à Étienne Roux ; en 1678 à Jean Rebréget...

Attirés par l'importance et agréable situation de ce château, et par sa position au centre des terres nivernaises, ces seigneurs y faisaient eux mêmes souvent leur résidence. Ils y donnèrent à diverses époques, des fêtes splendides, auxquelles on voyait accourir la haute noblesse de la province.

C'est là, au milieu d'une cour brillante, que fut célébré en 1290 le mariage de Louis Ier de Flandre avec Jeanne, comtesse de Rethel. Si on en croit Guy Coquille, ce serait encore dans ce château qu'aurait eu lieu le 30 novembre 1424 le mariage de Bonne d'Artois, veuve de Philippe de Bourgogne avec Philippe Le Bon.
Louis XI y séjourna après la bataille de Sermages en 1475.

L'affranchissement
C'est autour de cette forteresse féodale que se forma peu à peu la ville. Celle ci n'était encore au XIe siècle, qu'une bourgade de peu d'importance. Elle se développa lentement pendant le cours du suivant, mais au XIIIe, elle se trouva à même de se libérer, à prix d'argent, du lien de la servitude et s'érigea en commune.
L'affranchissement ayant donné un nouvel essor à son commerce et à son industrie, sa prospérité s'accrut. Les habitants en profitèrent pour se clore de murs, et mettre ainsi leur fortune à l'abri d'un coup de main. Ils s'adressèrent donc, par l'entremise des échevins à Marguerite de Flandre et obtinrent en 1386, la permission nécessaire. Dès lors, ils se mirent à l’œuvre et élevèrent du côté où les fortifications du château laissaient le bourg à découvert, une muraille de 600 toises de long, sur 8 mètres environ de haut et deux d'épaisseur, et la flanquèrent de 8 ou 10 grosses tours.
Ils creusèrent, en outre, des fossés qu'inondaient les eaux du Guignon.
Deux portes, armées de tourelles à créneaux et de mâchicoulis, dites l'une porte Notre Dame, l'autre porte St Antoine et un guichet donnaient entrée dans la place. Le tout formait, en y comprenant le château, un enceinte de 2000 mètres environ.
Néanmoins, ces fortifications ne l'empêchèrent pas de tomber en 1474 au pouvoir de l’armée bourguignonne, commandée par le comte de Roussy. Mais la victoire remportée, l'année suivante, par le duc de Bourbon à Sermages, la délivra des ennemis.


En 2006, la municipalité de Moulins Engilbert rachète le site et suscite la création de l’association loi 1901 "Les Amis du vieux château", qui se consacre à la sauvegarde, la mise en valeur et l’animation du vieux château et de son environnement.


Source :
http://www.chateau-fort-manoir-chateau.eu Informations tirées de Le Morvand par Jean François Baudiau en 1867