« Poésie durant cette difficile période » : différence entre les versions
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<center | <center>Le 13<small><sup>e</sup></small> de Ligne, poème de René Baudiot, de [[Fourchambault|<u>Fourchambault</u>]]<br><br></center> | ||
<center>Il va, portant au front un numéro fatal, <br> | <center>Il va, portant au front un numéro fatal, <br> | ||
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:::(''Paris-Centre'', mercredi 3 novembre 1914). <br> | :::(''Paris-Centre'', mercredi 3 novembre 1914). <br> | ||
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<center | <center>Le bleu d'horizon.<br><br></center> | ||
<center>A propos de la nouvelle capote de nos soldats : <br><br> | <center>A propos de la nouvelle capote de nos soldats : <br><br> | ||
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<center>Edmond Rostand, ''Le Figaro'', <br> | <center>Edmond Rostand, ''Le Figaro'', <br> | ||
::::poème repris dans la ''Semaine Religieuse du Diocèse de [[Nevers|<u>Nevers</u>]]''. <br></center> | ::::poème repris dans la ''Semaine Religieuse du Diocèse de [[Nevers|<u>Nevers</u>]]''. <br></center> | ||
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<br><br> | <center>La Lettre, poème de Maurice Levaillant,<br> parue le 28 février 1915 dans ''La Tribune'' :<br><br> | ||
Elle n'est trop souvent qu'une carte postale<br> | |||
Où la pluie a brouillé les traces du crayon ;<br> | |||
Une étoile de boue y mit un noir rayon ;<br> | |||
L'écriture est fantasque, et la marge inégale.<br> | |||
« Rassurez-vous... Toujours présent au bataillon...<br> | |||
Je vais bien... Tout va bien... Je suis joyeux et sale :<br> | |||
Et dors comme un lapin dans le creux d'un sillon... »<br> | |||
On déchiffre en tremblant, l'œil brumeux, le cœur ivre,<br> | |||
Cette page échappée au plus glorieux livre<br> | |||
A travers l'ouragan de la flamme et du fer ;<br> | |||
On la baise ; on lui rit ; on penche son oreille<br> | |||
Vers les échos puissants qu'elle apporte, pareille<br> | |||
A la conque où survit la fureur de la mer.<br><br></center> | |||
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<center>Dans un registre très différent, Viens Papa,<br> une parodie de ''Viens poupoule''<br> | |||
:(''Paris-Centre'', 4 février 1915) :<br><br> | |||
Un sam'di soir après l'turbin<br> | |||
:Guillaume dit au kronprin :<br> | |||
:« Faudra qu'nous allions l'un d'ces jours<br> | |||
:À Paris faire un tour.<br> | |||
:Nous brûl'rons tout sur not' passage<br> | |||
:Nous f'rons un grand carnage.<br> | |||
:On rigol'ra, ion se tordra,<br> | |||
:Enfin... Tu verras ça. »<br> | |||
:Amusé, enchanté,<br> | |||
:L'Kronprintz s'mit à chanter.<br> | |||
:« Viens, papa-a, viens papa-a, viens !<br> | |||
:Partons, partons, viv'ment,<br> | |||
:Ne perdons pas not-temps... AH !<br> | |||
:Viens papa […]<br> | |||
:Y a assez longtemps<br> | |||
:Qu'j'attends ce doux moment. »<br></center> | |||
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<center> ''Paris-Centre'' publie le 13 mai un poème de René Dondon,<br> un jeune poète présenté par le célèbre [[Millien Achille|<u>Achille Millien</u>]].<br> A cette vision patriotique s'oppose la mort laboureuse<br> dessinée par Lucien Laforge.</center><br> | |||
<center>Vision(s)</center> | |||
:Oh ! Qu'ils prennent mon cœur, les grands soirs de chez nous,<br> | |||
:Les grands soirs où je vois sous les cieux solitaires<br> | |||
:Une femme qui prie, une femme à genoux<br> | |||
:::Sur notre bonne vieille terre.<br><br> | |||
:Elle prie, elle pleure, elle a des cheveux blancs,<br> | |||
:C'est une paysanne, elle prie, elle espère,<br> | |||
:Et je vois s'incliner sur les vieux doigts tremblants<br> | |||
:::Le bon visage d'une mère.<br><br> | |||
:Partout je la retrouve ; au fond des vieux chemins<br> | |||
:Où s'en venaient gaiement laboureurs et charrue,<br> | |||
:Partout, front incliné, joignant ses pauvres mains<br> | |||
:::Cette femme m'est apparue.<br><br> | |||
:Étranger qui passes du côté de chez nous,<br> | |||
:Vous qui ne verrez pas cette ombre solitaire,<br> | |||
:Vous direz : « Que fait donc cette femme à genoux ?<br> | |||
:::- Elle attend les fils de la Terre ! »<br> | |||
:::::::René Dondon, Contes bleus.<br> | |||
|<center>La fiancée du soldat aveugle</center> | |||
:Au village natal on volait sa pensée<br> | |||
:Dans les combats lointains, le voici de retour,<br> | |||
:Le soldat dont les yeux se sont fermés au jour<br> | |||
:Sous le jet meurtrier de la flamme lancée.<br> | |||
:Sa promise l'attend, anxieuse, elle accourt...<br> | |||
:- « Tristement je reviens, ô chère fiancée !<br> | |||
:Je ne te dirai rien de notre amour passée :<br> | |||
:Je ne suis plus celui qui peut parler d'amour.<br> | |||
:Ton image est gravée en moi, mais je dois vivre<br> | |||
:Dans l'éternelle nuit, hélas ! Je te délivre<br> | |||
:Du serment que tu fis, à l'heure des adieux.<br> | |||
:« Sans amour, sans espoir, tel sera mon partage. »<br> | |||
:- « Aveugle, ayant besoin d'être aimé davantage,<br> | |||
:Ami, garde ma foi, je t'aime encore mieux ! »<br> | |||
::Poème d'Achille Millien, Paris-Centre, 16 janvier 1919.<br> | |||
[[Image:Guerre 1914-1918 267.jpg|thumb|<center>Les aveugles de guerre</center>]] | |||
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[[Image:Guerre 1914-1918 225.jpg|thumb|300px|left|<center>Dessin de Lucien Laforge</center>]] | |||
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Textes communiqués par Pierre Volut http://histoiresdedecize.pagesperso-orange.fr/index.htm et http://lesbleuetsdecizois.blogspot.fr/ mis en page par --[[Utilisateur:Mnoel|Mnoel]] 10 novembre 2014 à 17:19 (CET) | Textes communiqués par Pierre Volut http://histoiresdedecize.pagesperso-orange.fr/index.htm et http://lesbleuetsdecizois.blogspot.fr/ mis en page par --[[Utilisateur:Mnoel|Mnoel]] 10 novembre 2014 à 17:19 (CET) | ||
[[Catégorie:Sources militaires]] | [[Catégorie:Sources militaires]] | ||
[[Catégorie:Première guerre mondiale]] | |||
Version actuelle datée du 5 avril 2021 à 15:48
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Et ses deux chiffres d'or ont l'éclat d'une épée. Quarante de ses dieux aux poumons de métal, Leur marche que tu suis, éclatante, est suivie Les voici ! Les voici ! Tous les tambours sonores
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Adieu garance ! Il faut se faire une raison, Défendre l'Avenir en habit d'horizon, Je crois, puisqu'ils n'ont pris que des couleurs de terre, Et pour le monde il sied, puisque Berlin et Vienne
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parue le 28 février 1915 dans La Tribune : Elle n'est trop souvent qu'une carte postale « Rassurez-vous... Toujours présent au bataillon... On déchiffre en tremblant, l'œil brumeux, le cœur ivre, On la baise ; on lui rit ; on penche son oreille |
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une parodie de Viens poupoule
Un sam'di soir après l'turbin
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un jeune poète présenté par le célèbre Achille Millien. A cette vision patriotique s'oppose la mort laboureuse dessinée par Lucien Laforge.
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Textes communiqués par Pierre Volut http://histoiresdedecize.pagesperso-orange.fr/index.htm et http://lesbleuetsdecizois.blogspot.fr/ mis en page par --Mnoel 10 novembre 2014 à 17:19 (CET)