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*''7 et 8 décembre 1914 : le 6<small><sup>e</sup></small> Bataillon capture plus de cent Bavarois. « C’est dans le tumulte de l’un de ces combats que le commandant de Robien s’élance le premier en brandissant sa canne et tombe héroïquement en criant « En avant, mes enfants ! »<br>  
*''7 et 8 décembre 1914 : le 6<small><sup>e</sup></small> Bataillon capture plus de cent Bavarois. « C’est dans le tumulte de l’un de ces combats que le commandant de Robien s’élance le premier en brandissant sa canne et tombe héroïquement en criant « En avant, mes enfants ! »<br>  


*Autre héros du bataillon, le zouave Coco, cuisinier et ordonnance. Aidé de son âne fidèle, il relève les blessés, saisit un fusil, vole au combat, prend une mitrailleuse et tombe mortellement blessé en la ramenant dans les lignes françaises.''<br><br>
*Autre héros du bataillon, le zouave Coco, cuisinier et ordonnance. Aidé de son âne fidèle, il relève les blessés, saisit un fusil, vole au combat, prend une mitrailleuse et tombe mortellement blessé en la ramenant dans les lignes françaises.''<br>


===<font color="blue"><u>'''Dans la Flandre belge</u>.'''</font color="blue">===
*Adieu Roclincourt et Thélus. En mars, nous sommes relevés par une brigade de territoriaux bretons, les 27<small><sup>e</sup></small> et 28<small><sup>e</sup></small> régiments. Nous prenons le train et nous débarquons dans le Nord et, à pied et par étapes, nous nous rendons dans la région d'Ypres, en Belgique.<br>
*''Le 6<small><sup>e</sup></small> Bataillon de Zouaves, renforcé du 8<small><sup>e</sup></small> Bataillon de Tirailleurs forme le 4<small><sup>e</sup></small> R.M.Z.T., commandé par le lieutenant-colonel Lévêque et le commandant Lefebvre. Il suit un entraînement à Rexpoede, au champ de tir de Bergues et dans les dunes de Zuydcoote. Puis il monte en ligne.''<br>
*Le secteur est calme et assez éloigné. C'est à Saint-Julien et Langemarck<small><sup>(1)</sup></small>. Nous avons traversé Elverdinghe et sommes cantonnés à l'est de Boesinghe, dans une ferme, à quelque 50 mètres du canal, bordé de sa triple rangée d'énormes peupliers. Les civils habitent ici et tous sont mercantis. Ypres est à quelques kilomètres et encore habité par ce genre de commerçants. Notre logement est le bâtiment d'exploitation de la ferme : une vaste grange construite en pierres calcaires jusqu'à 1,30 mètre du sol, le reste est en torchis, c'est-à-dire en terre. Le bâtiment est percé d'une porte cochère : c'est le type de bâtisse qu'on rencontre partout ici.<br>
*Le secteur est la charnière entre l'armée française et l'armée anglaise. En arrivant, nous creusons des tranchées de repli dans la terre des talus du canal, entre les rangées de peupliers. Il existe, pour traverser le canal, une passerelle pour piétons, formée d'assemblages de tonneaux, le tout muni d'une main-courante de corde. C'est par là que passent les corvées de ravitaillement des troupes de deuxième ligne.<br><br>
<small>(1) J'ai adopté l'orthographe des cartes françaises établies pendant la guerre (''cf La France Héroïque et ses alliés'', carte du front nord, planche 15). L'orthographe flamande est Langemark, Sint-Juliaan. De même Elverdinge, Boesinge, Steenstraat...</small><br><br>


Texte de Pierre Volut http://histoiresdedecize.pagesperso-orange.fr et http://lesbleuetsdecizois.blogspot.fr mis en page par --[[Utilisateur:Mnoel|Mnoel]] 10 décembre 2014 à 11:34 (CET)
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Version du 18 février 2015 à 10:28

Groupe de Zouaves au combat
  • L'hiver, quoique rude, était supportable. Vivre constamment dans la terre, c'est surtout l'humidité qui nous était néfaste. Depuis mon passage à l'hôpital, la première quinzaine de septembre, je ne sais plus ce qu'est un lit avec des draps. Au repos seulement nous avons le droit de nous déchausser et nous dormons tout habillés sur une litière de paille, qui sert depuis si longtemps qu'elle ressemble plutôt à du fumier. Notre linge de corps est rarement lavé, car il faut le sécher et, l'hiver, les jours de soleil sont rares. Aussi, nous avons des poux. Les chaussettes n'existent plus pour moi ; ce sont des bandes de toile, tirées des chemises ou des caleçons, qui en tiennent lieu. On peut toujours se procurer ces articles dans les sacs des morts ou des blessés.
  • La nourriture est toujours la même, et juste suffisante : soupe, c'est-à-dire bouillon, viande bouillie et rata, riz au gras, une demi-boule de pain et deux quarts de vin.
  • Vint un jour le jus du matin, avec un demi-hareng saur pour chaque zouave. C'était peu, mais c'était mieux. Par la suite, ce fut de la confiture, du pâté ou des sardines (pas véritablement des sardines, mais des sprats).
  • La maladie est presque inconnue, malgré l'humidité persistante. Je me souviens être resté en sentinelle double, dans un petit poste, une partie de la nuit, dans une eau boueuse jusqu'aux genoux. À la relève, j'étais gelé jusque sous les bras. Eh bien ! je n'ai pas eu le moindre rhume. Je paye aujourd'hui !
  • 7 et 8 décembre 1914 : le 6e Bataillon capture plus de cent Bavarois. « C’est dans le tumulte de l’un de ces combats que le commandant de Robien s’élance le premier en brandissant sa canne et tombe héroïquement en criant « En avant, mes enfants ! »
  • Autre héros du bataillon, le zouave Coco, cuisinier et ordonnance. Aidé de son âne fidèle, il relève les blessés, saisit un fusil, vole au combat, prend une mitrailleuse et tombe mortellement blessé en la ramenant dans les lignes françaises.

Dans la Flandre belge.

  • Adieu Roclincourt et Thélus. En mars, nous sommes relevés par une brigade de territoriaux bretons, les 27e et 28e régiments. Nous prenons le train et nous débarquons dans le Nord et, à pied et par étapes, nous nous rendons dans la région d'Ypres, en Belgique.
  • Le 6e Bataillon de Zouaves, renforcé du 8e Bataillon de Tirailleurs forme le 4e R.M.Z.T., commandé par le lieutenant-colonel Lévêque et le commandant Lefebvre. Il suit un entraînement à Rexpoede, au champ de tir de Bergues et dans les dunes de Zuydcoote. Puis il monte en ligne.
  • Le secteur est calme et assez éloigné. C'est à Saint-Julien et Langemarck(1). Nous avons traversé Elverdinghe et sommes cantonnés à l'est de Boesinghe, dans une ferme, à quelque 50 mètres du canal, bordé de sa triple rangée d'énormes peupliers. Les civils habitent ici et tous sont mercantis. Ypres est à quelques kilomètres et encore habité par ce genre de commerçants. Notre logement est le bâtiment d'exploitation de la ferme : une vaste grange construite en pierres calcaires jusqu'à 1,30 mètre du sol, le reste est en torchis, c'est-à-dire en terre. Le bâtiment est percé d'une porte cochère : c'est le type de bâtisse qu'on rencontre partout ici.
  • Le secteur est la charnière entre l'armée française et l'armée anglaise. En arrivant, nous creusons des tranchées de repli dans la terre des talus du canal, entre les rangées de peupliers. Il existe, pour traverser le canal, une passerelle pour piétons, formée d'assemblages de tonneaux, le tout muni d'une main-courante de corde. C'est par là que passent les corvées de ravitaillement des troupes de deuxième ligne.

(1) J'ai adopté l'orthographe des cartes françaises établies pendant la guerre (cf La France Héroïque et ses alliés, carte du front nord, planche 15). L'orthographe flamande est Langemark, Sint-Juliaan. De même Elverdinge, Boesinge, Steenstraat...

Texte de Pierre Volut http://histoiresdedecize.pagesperso-orange.fr et http://lesbleuetsdecizois.blogspot.fr mis en page par --Mnoel 10 décembre 2014 à 11:34 (CET)