Gagnepain François

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François Gagnepain
  • Botaniste célèbre, François Gagnepain naît dans la commune de Raveau au lieu-dit « Les Bois de Raveau » le 23 septembre 1866, est le fils de François Gagnepain charbonnier, et de Julie Gâteau.
    Il entre à 17 ans à l'École Normale de Varzy. Trois ans plus tard il est nommé à Nevers puis à Cercy-la-Tour. Il exercera son métier d'instituteur dans plusieurs villages de son pays natal.
  • Il adhère à la Société Botanique d'Autun, puis à celle de France. Il en devient le secrétaire en 1901-1902 après l'obtention d'un poste de préparateur à l'École des Hautes Études. Il est nommé officier d'académie et publie en 1900 une « Topographie botanique des environs de Cercy-la-Tour ».
    Lors de ses voyages, il étudie une « Flore de l'Asie orientale » et une « Flore de l'Indochine », ce qui lui vaut d'obtenir le Prix Houllevigue.
    En 1909, il devient assistant au Muséum d'Histoire Naturelle, s'installe à Montgeron et est fait Chevalier de la Légion d'Honneur en 1923.
    Il s'efforcera également de sauver de l'oubli les légendes, chansons populaires, proverbes et mots de son terroir.
    Il meurt dans le sud de la France le 23 janvier 1952 dans des conditions tragiques.

    Voici un conte qu'il a écrit:
La légende de la Douceline(1)

T't à l'heu qu' vous counaissez la Douceline, je m'en vas vous die soun histouée telle que ma poor vielle mée qu'avait bin d'la mimouée, qui racontait bin brâment les choues, mé l'a racontée un soir en taillant du chande à la veillie.
N'avait dans le temps qué je vous parle à la place dé la Douceline ène belle maison, ène maison bourgeouèse, coume vous diraint bin à c't'heue. Mais les Monsieurs qui d'meuraint là valaient pas les quat' fers d'un ch'ti chien : il ataint ch'tis, ch'tis qué j'peux pas vous die combin.
Un poor vieux charcheu de pain est venu à passer par vès ce châtiau. Il atait à la mandrille ; il atait bouéssu, avec éne besace sus son dous, un vieux chapiau sus sa tête, des sabots qu'avaint été neus dans le temps et pis éne blouse toute rapiécetée barricolée. Si bin qu'il était minabe, i fésait pitié.
Il a cogné à la porte des mauvais riches :
Bon vous l' souhète, bounes gens ! Vous me douneraint-ti bin quoqu' choue : éj seus affringalé.
Rin du tout qu'il ont répounu.
Oh ! ça serait-ti rinque des ous à rouger ou bin des miottes à ramasser ?
J'ons des chiens pour rouger les ous, et pis des poules pour picocher les miottes.
Et ce poor vieux, il est parti bin malhueu.
N'avait dans c'té maison rinque éne parsoune qu'avait bon cœur, la sarvante.
All' l'a vu, a s'est doutée du coup. All' l'a luché pas bin fort ; all' li fait signe de veni en faisant un détour, en passant par la porte dé derriée. Et pis, c'poor vieux, il est venu.
V'la un bout de pain, v'la un mourçeau d'bœu, v'la un verre de vin, mon poor houme. Sietez-vous donc là bin brâment.
Ce poor vieux i s'est-ti régalé ! N'avait longtemps qu'il avait si bin goûté.
Quand til a évu fini, i s'est pan-né la bouche avec sa main et pis il a dit coume ça :
Ma p'tite démouéselle vous m'avez sauvé la vie, éj' vourais bin sauver la voûte itou. Venez donc avec moué jusqué là-bas vès c'té bouchue là vou qué la sente tourne.
Bin voui, qu'alle a fait sans songer pus long.
Et pis les v'la partis tous deux en causant.
Tout d'un coup, c'te fille, all a pus recounu le charcheu de pain. Il avait pus ses habits rapiécetés, ni son chapiau percé, ni son berlichéchot usé, ni rin. Il était devenu un biau jeune houme bin dret.
Ses yeux lançaint des p'tillons et i dit coume ça :
Femme, faut pas m'apériender ; mais, vous m'entendez bin, faut pas argader derriée vous.
Les femmes, c'est bin curieux. Alla ar'gadé ; all a pas pu s'en arténi.
All a vu le châtiau qui s'enfonçait... qui s'enfonçait... qui s'enfonçait... tout... douc'ment.
All a pensé à son frée Pierre qu'atait domestique au châtiau. La poor ch'tite, all s'est trouvée mal en disant :
Mon Guieu ! mon frée Pierre.
En pierre té rest'ras ! qu'il a fait.
All était changée en pierre, enterrée jusqu'à la ceinture et à la place du châtiau n'avait la Douceline.
Des an-nées et des an-nées après, p'têtre pendant des guerres, des soldats passaint par là. Il ont vu c't estatue ; i s' sont areuillés et pis n'en a un qu'a dit à l'aute pour se faie rie :
Pique la vor un p'tit peu avec ton sabre.
I l'a piquée su son téton.
Eh ! bin, mes p'tits enfants du bon Guieu, vous m'crairez si vous v'lez : n'a éne goutte de sang qu'est sortue.
V'la l'histouée de la Douceline telle que ma poor mée mé la racontée quand j'atais un p'tit gas pas pus haut qu'ça, quand je courais su mes dix zans, un soir, en taillant du chande à la veillie.

(1) La Douceline est une rivière située à Munot, lui-même situé à proximité de La Charité-sur-Loire.

Ses publications:

Contribution à l'étude du pollen des Géraniacées, 1903.
Contributions à la Flore de l'Asie orientale en 2 parties et en collaboration avec Eugène-Achille Finet, 1905 et 1907.
Flore du Cambodge, du Laos et du Vietnam : Sabiacées, partie 1,en collaboration avec Jules Eugène Vidal.
Flore générale de l'Indochine, en collaboration avec Henri Lecomte et Henri Humbert. 7 volumes composent cette étude, commencés en 1908 et terminés en 1943.
Hybrides des Galeopsis angustifolia et dubia, observés à Cercy-la-Tour (Nièvre), 1889.
Les Zingibéracées de l'herbier Bodinier, 1903.


Source : Le Patrimoine des Communes de la Nièvre FLOHIC Éditions.
Association Les Amis de La Charité.
Gallica.
Wikipédia.


Martine NOËL Mai 2013