Parigny les Vaux château

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Château de Bizy

Sur ce site, déjà occupé à l’époque gallo-romaine sous le nom de Bisyacum, une maison forte dominait au XIVème siècle le confluent de la Nièvre de Champlemy avec sa soeur jumelle, la Nièvre d’Arzembouy.

Dans la mouvance du comté de Nevers, la seigneurie de Bizy, à laquelle sont attachés les droits de « haulte, moyenne et basse justice », est tenue par des nobles dits « engagistes » qui, pour leur vie durant, sont vassaux de la famille d’Avantoys, seigneurs de Grenan, Poiseux et Beaumont.

Mais, pendant la guerre de Cent Ans, Bizy subit le sort de bien des terres ravagées par les Anglais après la bataille de Poitiers et il est probable que, dès 1378, alors que le fief est aux mains de Jean de Berthier, la maison forte ait été en piteux état. En effet, lorsque Jean Demoret, seigneur de Pougues, rend hommage en 1409 au comte de Nevers, l’aveu qu’il fait porte sur « ses murailles de la maison-forte de Bisi, fosseyé a l’environ, estant en mine... item une place de molin appelé le molin des Planches estant en ruyne », ruines qui subsistent en 1460 alors que la terre est aux mains de Pernelle de Demoret.

Cette situation explique, semble-t-il, que Pierre Berthier, successeur de Jean, n’ait pas tenu le fief de Bizy au début du XVe siècle, fief auquel il portait d’autant moins d’intérêt qu’il était conseiller du comte de Nevers et garde du scel de la prévôté de cette ville de 1436 à 1443.

Mais la fortune aidant, et alors que son fils Pierre tient les mêmes offices, ce dernier reprend le fief de Bizy qui devient un apanage héréditaire. Guillaume Berthier, capitaine de cinquante hommes d’armes, rend hommage en 1464 et Pierre est titré seigneur de Bizy en 1484. Le roi Louis XI, auquel ledit Pierre avait consenti un prêt en 1474, alors qu’il était aux prises avec Charles le Téméraire en pays nivernais, n’était sans doute pas étranger à ce privilège nouveau d’hérédité puisqu’il avait aussi exempté de taille la terre de Bizy pour dix ans. Quoi qu’il en soit, les successeurs de Pierre Berthier se sont transmis la terre sans interruption jusqu’à l’actuelle propriétaire, la Vicomtesse de Murard.

Après que Pierre eut fait construire un château féodal en 1490 sur l’emplacement de la maison forte, Claude Berthier est avocat au Parlement en 1513. Charles, lui aussi avocat, épouse en 1545, en secondes noces, Charlotte Baluë, dont le grand-père, Jean, avait été le maître de l’hôtel du roi et de la reine de Navarre en 1481.

Aux environs de 1712, Edouard Berthier fait édifier un nouveau château sur l’emplacement du château féodal détruit par un incendie dix ans plus tôt. C’est une nouvelle demeure que fréquente Jean Jacques Rousseau lorsqu’il vient à Pougues « prendre les eaux », séduit par le cadre romantique et aussi, sans doute, par le charme de la jeune comtesse Rose Berthier de Bizy. Ces heures nivernaises se retrouvent dans « cinq lettres à Rose » qui figurent dans sa correspondance sous les «lettres à Madame de B... »

Après la Révolution, la terre resta aux descendants des Berthier après qu’un jugement l'eut adjugée le 21 janvier 1807 pour la somme de 521 550 francs à Marie du Bourg, femme Berthier.

Rien ne subsiste du château féodal « avec tours et pont-levis » construit en 1490 par Pierre Berthier sur l’emplacement de la maison forte avec « permission et licence» de Jean de Clamecy comte de Nevers; ce château a été détruit par un incendie aux environs de 1702.

Précédé d’une cour ouverte ornée de buis taillés, le nouveau château, édifié en 1712 sur le coteau, comporte un pavillon central à deux étages et trois travées en légère avancée, encadré par deux corps de logis d’un étage. Chacune des extrémités du bâti- ment est flanquée d’un pavillon d’un étage, en avancée.

La ligne du comble est rompue par des lucarnes rondes; à la suite d’un incendie, le toit brisé du pavillon central n’a pas été reconstitué et la lanterne qui le coiffait n’a pas été reconstruite.

Un vestibule couronné d’un fronton circulaire flanqué le pignon est, tandis qu’à l’ouest s’élève une construction du XIXe siècle dont la corniche est couronnée d’une balustrade de pierre.

La porte d’entrée, surmontée d’un double écusson aux armes des Berthier et des Chevenon, ouvre sur une salle remaniée où se remarquent une cheminée et un escalier droit du XVIIIe siècle orné d’une rampe en fer forgé. Les autres pièces présentent également des cheminées et des lambris de la même époque.

Dans le parc s’élève une chapelle à haute toiture dont l’intérieur remanié est sans caractère.

Les lignes des pelouses et celles des coteaux entourant le château convergent vers le vaste étang d’où jadis les Berthier tiraient à la fois le poisson et l’énergie hydraulique nécessaire à leurs forges dont on voit encore quatre creusets de fonderie, seuls vestiges de cette industrie qui fit, en partie, leur fortune.


  • Extraits de Châteaux en Nivernais, de Raymond Colas
  • Praynal (discussion) 24 avril 2021 à 18:11 (CEST)