Chroniques Saint Benin d'Azy

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Nicolas François Marie Tirode a été curé de Saint Benin d'Azy entre 1786 et 1811 après avoir été pendant 20 ans, curé de Rouy.
Ayant prêté serment à la Constitution, il devient le premier maire de Saint Benin d'Azy, élu le 14 décembre 1789.
Il a consigné sur les registres d'État-Civil quelques remarques dont celle-ci:

Les mariages célébrés au chef-lieu du canton

Nous sommes au début du Consulat et ce brave Tirode pense que plus tard, les généalogistes passionnés que nous sommes auront bien du mal à s'y retrouver dans les recherches qu'ils entreprendront.
Ce texte est inséré à la fin du registre des mariages de l'an VIII dans la colonne observations du tableau récapitulatif (AD Nièvre 5Mi5-243 (Saint Benin d'Azy 1793-1822, page 1220/1430)

"Les actes précédents ceux-ci sont portés au seul registre pour tout le canton de Rouy en l'an 8, en exécution d'une loi que l'expérience a déclaré contraire au bien de l'état et à celui des particuliers.
1) La population est la force d'un état ; le mariage est la véritable et légitime source ; les romains le favorisaient ; tout bon gouvernement en doit faire de même.
La loi, en enchaînant l'habitude et la décence de conclure les mariages dans les communes, a fait naître la répugnance et fait dire aux jeunes gens qu'ils ne se marieraient pas tant qu'il faudrait aller si loin, servir de jouets à la populace.
2) Les jeunes gens et leurs parents voyaient, avec dépit qu'on les obligea à braver les mauvais temps et les mauvais chemins ; qu'on les mit dans la nécessité de louer des chevaux, de conduire et d'effrayer des témoins ; et d'augmenter leur triste situation par des dépenses inutiles et ruineuses.
L'état des choses est heureusement changé. Ces notes seraient sans but pour l'avenir si de mauvais plaisants n'avaient pas dit que les mariages se feraient aux chefs lieux des arrondissements municipaux. Ces discours vagues et sans fondement peuvent faire impression sur les faibles instruits par l'expérience de leurs maux ; la crainte d'un retour funeste les empêche de considérer que les intrigants ne font entre eux qu'une guerre d'intérêts privés ; que le gouvernement fait et fait voir que le salut du peuple est la souveraine loi. Bonaparte est là ; et il peut dire avec plus de vérité que César : veni, vidi, vici.
En redonnant à chaque commune son administration naturelle, le gouvernement a fait un acte de justice et de sage politique. Rien n'était plus ridicule ni plus à charge aux administrés, que les cantons toujours encombrés d'affaires éternelles semblables à des rouages assortis de dents disparates et mal espacées, il ne pouvaient que retarder le mouvement de la machine politique, si toutefois il ne s'arrêtaient pas.
Pour faire oublier jusqu'au nom de ces complications vicieuses et les désordres ensuivis, il serait à souhaiter qu'on remplit les lacunes se trouvant aux archives communales par le défaut du registre des mariages de l'an 8. Dans le cours de sept mois, la plus part des mariages ont été couchés devant les présidents de cantons, et portés au même registre. La transcription de ces actes, pour chaque commune, jointe aux suppléments des cinq derniers mois compléteront la collection des registres ; sans travail pénible et à peu de frais.
Dans le nombre des raisons à alléguer, on pourrait dire que de toute ancienneté, les mariages ont été ordinairement célébrés au lieu du domicile de la future. Si quelques motifs intéressants les faisaient célébrer ailleurs on trouvait les renseignements dans la commune de l'épouse, ou dans celle de l'époux. Cette ressource n'existe plus dès lors que le registre des publications et celui des célébrations ne sont nulle part de l'origine des personnes intéressées.
A en juger par les réformes et les améliorations que le gouvernement opère en faveur du peuple, dans cent ans, il ne sera plus mention des cantons que dans l'histoire des abus. Si dans un avenir loin de nous, il s'agit d'établir une généalogie on remontera de naissances en naissance ; on cherchera à grands frais l'origine ; ceux des citoyens dont l'existence locale n'est qu'une histoire précaire ne parviendront peut-être jamais à la suivre.
Le dépôt général au chef lieu de département peut suppléer, oui . Mais cette sage institution suppose un dépôt dans chaque commune ; et la loi laissant à chacun la liberté de se pourvoir d'extraits où bon lui semble prévient toute envie de manœuvres par les démarches fatigantes et les frais inutiles à faire.

Maires-Tirode.jpg


--m mirault 29 février 2012 à 08:59 (CET)
Source : AD Nièvre en ligne.