« Impiétés » : différence entre les versions

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*Texte communiqué par Pierre Volut
*Texte communiqué par Pierre Volut
*Transcripteur [[Utilisateur:Mnoel|Martine NOËL]] ([[Discussion utilisateur:Mnoel|discussion]]) 30 avril 2023 à 10:58 (CEST)
*Transcripteur [[Utilisateur:Mnoel|Martine NOËL]] ([[Discussion utilisateur:Mnoel|discussion]]) 30 avril 2023 à 10:58 (CEST)
==1719 - Querelle à l'[[Moraches église|église de Moraches]]==
Damoiselle Louise Duquesnay, dame d'Agriez, fille majeure, demeurant en la terre d'Agriez, paroisse de [[Moraches]], contre Charles Clément, prêtre, chanoine régulier de Sainte-Geneviève, prieur, [[Moraches curés|curé]] de ladite paroisse :
« Le huit de ce mois, date de la Nativité de la Vierge, estant allez à l'église de la paroisse pour entendre la messe, environ les neuf à dix heures du matin, elle fut extrêmement surprise qu'estant à sa place ordinaire, dans ladite église, dans l'interval de la procession et de la messe, fut messire Charles Clément, prebtre, [[Moraches curés|curé]] de ladite paroisse, et revêtu de ses vêtements sacerdotaux et en chappe, s'approcha de la suppliante et luy dit quelques parolles qu'elle n'entendit pas distinctement, et cependant par respect pour le lieu saint où elle estoit, elle se leva et en fesant la révérence audit sieur Clément, elle luy dit : ''Monsieur, que souhaitez-vous de moy ? Car je n'ay pas bien ouï ce que vous m'avez dit.'' À quoy ledit sieur Clément, élevant la voix d'un ton aigre et fort en colère : ''Qui vous fait si hardie de paroistre icy devant moi et d'avoir l'effronterie d'entrer dans nostre église et d'y estre aussi scandaleusement que vous y estes ?'' À quoi la suppliante luy demanda en quoi elle estoit indigne d'entendre la messe dans l'église, et en mesme temps [il] la prit par le bras en la tirant violemment, luy dit : ''Savez-vous que je suis icy chez moy et que j'ay le droit de vous chasser de mon église.''
La paroissienne résiste et demande à nouveau quelle est sa faute. Le curé se contente de répéter qu'elle scandalise tous les habitants. ''Sortez, pécheresse, sortez de l'église et n'entendez plus la messe qu'à la porte et y faites pénitence publique.''
Le curé interpelle alors l'assistance : ''N'ay-je pas bien fait de la traiter ainsy, puisqu'elle vous persécute pour recognoistre et payer les directes que vous luy devez ?'' » 
(11 septembre)
Louise Duquesnay, dame d'Agrez, est exclue de l'église non pour une cause religieuse, mais parce que le curé, solidaire de certains paroissiens, lui reproche d'encaisser sur les paysans certaines taxes seigneuriales. Le curé Charles Clément se montre alors précurseur des rédacteurs des cahiers de doléances et des révolutionnaires de la fin du siècle. Mais était-il d'accord pour supprimer la dîme ?
*Texte communiqué par Pierre Volut
*Transcripteur [[Utilisateur:Mnoel|Martine NOËL]] ([[Discussion utilisateur:Mnoel|discussion]]) 30 avril 2023 à 11:08 (CEST)


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Version du 30 avril 2023 à 10:08

19 février 1700, scandale aux cimetières de Garchizy et Varennes, commis à la Toussaint 1699

(Texte transcrit par M. de Flamare, Inventaire de la série B, p.167)

Messire Robert Callot, prêtre, curé de la paroisse de Garchizy, contre Sylvain Valleton le jeune, vigneron, et Jean Petit le jeune, aussi vigneron, et Claude Cadeau, tisserand : impiétés au cimetière, menaces et violences contre le curé et deux pères Carmes venus pour prêcher.

« Le jour de la Toussaint dernière... n'auroient pas laissé de faire lever de force et violence le nommé Jehan Godin, joueur de musette, et de le mener sur le cimetière et de l'obliger à jouer de cet instrument, tous avec des potz et des verres, beuvant et mangeant, faisant à plusieurs fois le tour de l'église pendant l'espace de plus de deux heures et chantant avec dérision : « Requiescant in pace », jurant à plusieurs fois et blasphémant le saint nom de Dieu, et meslant avec le bruit de lad. musette celuy des potz, des verres, des poëles et chaudrons qu'ils tenoient en chantant toujours « Requiescant in pace », à quoy [le curé] leur ayant fait plusieurs remontrances, ils luy auroient respondu tous en colère, pleins de vin, et réitérant leurs blasphèmes du saint nom de Dieu, qu'il se retirasse, sinon qu'il ne faisait pas bon pour luy. Et, continuant leur carillon, s'en seroient allez à Varennes, où ils auroient mené la mesme vie, auroient fait les mesmes impiétéz et scandales, et seroient mesme entréz dans l'église dudit Varennes, auroient allumé des cierges, et jouans de leurs dictz instrumens, et faisans du bruit avec lesdictz chaudrons et les mesmes poëles, et, portans lesdictz cierges tout allumez sur le cimetière, auroient faict leur beuvette sur led. Cimetière par dérision des fidelles trespassez, crians à haute vois : « Ressuscitez, morts ».

Plusieurs années auparavant, mesme en l'année 1694, firent les mesmes impiétés et scandalles et tiroient sur les fosses de leurs parens pour achever de les tuer s'ils n'estoient pas morts. »

  • A.D.N. : Cote 1B 93/1, Inventaire Flamare pp. 166-167. Texte communiqué par Pierre Volut
  • Transcripteur Martine NOËL (discussion) 10 mars 2023 à 17:28 (CET)

1719 - Scandale à l'église d'Arbourse

Messire Joseph Delafosse, prêtre, curé d'Arbourse, contre François Richer, cabaretier en ladite paroisse, et sa femme : désordre à l'église.

« Disant que l'attention qu'il a toujours eue d'entretenir ses paroissiens dans une bonne discipline a attiré la mauvaise humeur et l'inimitié du nommé François Richer, cabaretier de sa paroisse et de sa femme, qui ont cherché journellement les occasions non seulement de lui méfaire, mais encore de le troubler dans ses fonctions curiales... Le premier dimanche de Caresme, ledit Richer s'est advisé d'occuper la place que le suppliant doit tenir dans le cœur [sic pour chœur] pour pouvoir chanter vespres, après plusieurs réquisitions honnestes qui luy furent faittes de se retirer, un des assistants fut obligé de prendre ledit Richer par le bras et de le conduire dans la nef, à l'occasion de quoy il fit des hurlements épouvantables, au grand scandale de toute l'assemblée. Après que les vespres furent achevées, le suppliant avertit ses paroissiens d'envoier leurs enfans et leurs domestiques au catéchisme, en leur représentant l'obligation qu'ils avoient d'y tenir la main ; il fut interrompu par ledit Richer qui vomit plusieurs injures... » (22 avril)

1719 - Querelle à l'église de Moraches

Damoiselle Louise Duquesnay, dame d'Agriez, fille majeure, demeurant en la terre d'Agriez, paroisse de Moraches, contre Charles Clément, prêtre, chanoine régulier de Sainte-Geneviève, prieur, curé de ladite paroisse :

« Le huit de ce mois, date de la Nativité de la Vierge, estant allez à l'église de la paroisse pour entendre la messe, environ les neuf à dix heures du matin, elle fut extrêmement surprise qu'estant à sa place ordinaire, dans ladite église, dans l'interval de la procession et de la messe, fut messire Charles Clément, prebtre, curé de ladite paroisse, et revêtu de ses vêtements sacerdotaux et en chappe, s'approcha de la suppliante et luy dit quelques parolles qu'elle n'entendit pas distinctement, et cependant par respect pour le lieu saint où elle estoit, elle se leva et en fesant la révérence audit sieur Clément, elle luy dit : Monsieur, que souhaitez-vous de moy ? Car je n'ay pas bien ouï ce que vous m'avez dit. À quoy ledit sieur Clément, élevant la voix d'un ton aigre et fort en colère : Qui vous fait si hardie de paroistre icy devant moi et d'avoir l'effronterie d'entrer dans nostre église et d'y estre aussi scandaleusement que vous y estes ? À quoi la suppliante luy demanda en quoi elle estoit indigne d'entendre la messe dans l'église, et en mesme temps [il] la prit par le bras en la tirant violemment, luy dit : Savez-vous que je suis icy chez moy et que j'ay le droit de vous chasser de mon église.

La paroissienne résiste et demande à nouveau quelle est sa faute. Le curé se contente de répéter qu'elle scandalise tous les habitants. Sortez, pécheresse, sortez de l'église et n'entendez plus la messe qu'à la porte et y faites pénitence publique.

Le curé interpelle alors l'assistance : N'ay-je pas bien fait de la traiter ainsy, puisqu'elle vous persécute pour recognoistre et payer les directes que vous luy devez ? » (11 septembre)

Louise Duquesnay, dame d'Agrez, est exclue de l'église non pour une cause religieuse, mais parce que le curé, solidaire de certains paroissiens, lui reproche d'encaisser sur les paysans certaines taxes seigneuriales. Le curé Charles Clément se montre alors précurseur des rédacteurs des cahiers de doléances et des révolutionnaires de la fin du siècle. Mais était-il d'accord pour supprimer la dîme ?

Notes et références

Notes


References