Vétérans de la Grande Armée

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Jean-Baptiste Chanteclair et la tradition familiale.

  • Né à Ainay-le-Vieux (Cher) le 3 septembre 1772, Jean-Baptiste Chanteclair s'engage le 11 octobre 1791 dans le premier Bataillon de la Nièvre. Il participe aux campagnes de 1792 et 1793 en Champagne et sur les frontières du Nord ; il est blessé d'un éclat de bombe à Valenciennes ; il est nommé sergent. Affecté à l'armée d'Italie, il reçoit sa seconde blessure, à la cuisse droite, lors de la bataille du pont Saint-Michel, en Piémont. Il fait partie de l'expédition d'Egypte ; il est encore blessé au bas ventre, pendant le siège de Saint-Jean-d'Acre.
  • Jean-Baptiste Chanteclair monte en grade ; il est nommé sous-lieutenant en janvier 1807, lieutenant en novembre 1809. Il combat en Espagne, où il reçoit deux nouvelles blessures : à Linarès le 15 décembre 1810 et à Salamanque le 22 juin 1812. Gravement atteint au bassin, il est démobilisé avec le grade d'adjudant-major. Il se retire à Montaron, où il épouse Edmée Pougault. Puis, il s'installe à Decize « où il n'a laissé que de bons souvenirs(1). »
  • Le vétéran Chanteclair a vu de nombreuses batailles, il a vu du pays, il est certainement devenu l'un des plus ardents propagandistes de l'épopée napoléonienne. Son fils Mathurin-Victor, né le 5 octobre 1821, réalisera lui aussi une brillante carrière militaire. L'École Militaire de La Flèche, l'expédition de Rome, une blessure à Solférino, la conquête de l'Algérie, le déshonneur de Metz et la captivité en Allemagne, voici les étapes d'une ascension hiérarchique qui le mènera au grade de général et aux fonctions de gouverneur de la place de Verdun. Mathurin-Victor Chanteclair est mort le 18 août 1893.

Edme Breton, du Nivernais à la Sibérie.

  • Dans le cimetière de Frasnay-Reugny, on peut encore lire sur une tombe la destinée d'un autre soldat de Napoléon qui a eu un destin exceptionnel.
  • « Ici repose EDME BRETON, né à Chazeuil le 8 avril 1789, décédé à Mussier commune de Billy le 11 octobre 1864 ; ancien sergent de sapeur du génie, il a fait la campagne d'Autriche en 1809 et la campagne de Russie en 1812 ; il a été blessé à la bataille de Wagram, les 21, 22 et 23 juin 1809, il a assisté à la prise de Vienne, il a assisté à la bataille de la Moscowa, il a fait la retraite de Moscou, il a subi le blocus de Dantzig en 1813 et 1814 ; enfin il a été fait prisonnier par violation des lois de la guerre et conduit en Sibérie jusqu'en 1816(2). »

Le chirurgien-major Jacques Saulnier.

  • « Il vient de s'éteindre à Decize M. Jacques Saulnier, ancien chirurgien-major du 19e de Ligne du Premier Empire, décoré de la croix de la Légion d'Honneur, âgé de 91 ans et demi.
    Entré au service comme aide-major le 15 Nivose an XII, il fut fait chirurgien-major en 1812 et décoré. Il fit toutes les campagnes de l'Empire, les guerres d'Allemagne, de Russie, d'Espagne, du Portugal, de Saxe et de France ; il fut licencié le 12 août 1815, pour cause d'une hémiphagie, à l'âge de 34 ans(3).
     »
  • Jacques Saulnier épouse, après sa démobilisation, Lucie Grenot ; elle décèdera en 1846. L'ancien chirurgien militaire est pendant 30 ans membre de l'administration de l'hospice de Decize. Ce vénérable vétéran meurt en « emportant l'estime de tous ceux qui l'ont connu. »

(1) Victor Gueneau, Dictionnaire biographique du Nivernais, Nevers, Imprimerie Mazeron, 1899, p. 40.
(2) Inscription relevée par M. Alain Fournet.
(3) Journal de la Nièvre, 11 juillet 1871.


Texte de Pierre Volut http://histoiresdedecize.pagesperso-orange.fr/index.htm