Thianges

De Wiki58
  • Cette commune comprend 171 habitants au recencement de 2017.
    Elle a atteint 467 habitants en 1896. Dans la langue celtique ty signifie habitation, an rivière, ge dérivé par contraction de geban, élevé. Thianges est situé sur un mamelon proche de la rive gauche d’un ruisseau descendant de l’étang de Thianges, qui se jette un peu plus loin dans la petite rivière du l’Andarge. Dès le 11e siècle, Thianges est le siège d’un fief relevant de la châtellenie de Decize. Au 12e siècle, sous le règne de Louis VII le jeune, Mgr Fromond, évêque de Nevers donne aux chanoines de la Cathédrale de Nevers, plusieurs églises dont celle de Thianges. À cette époque, le village possède donc une église.
  • Le 5 mai 1283, Gilles 1er de Château-Renaud, évêque de Nevers, divise son diocèse en deux archidiaconés : celui de Nevers ou grand archidiaconé qui comprend les quatre archiprêtrés des Vaux de Nevers, de Saint-Pierre-le-Moûtier, de Prémery et de Lurcy-le-Bourg, et celui de Decize ou petit archidiaconé, aussi appelé archidiaconé du Morvand qui comprend les archiprêtrés de Decize, Thianges, Châtillon-en-Bazois et Moulins-Engilbert.
    L’archiprêtré de Thianges a alors sous sa juridiction 43 églises paroissiales ou chapelles.
  • Deux châteaux-forts ont existé à Thianges, l’un se trouvait près de la vieille église, l’autre près du lieu-dit Germignon. Ces châteaux appartenaient à la famille de Thienges, seigneurs de l’endroit. Les de Thianges étaient aussi seigneurs de Druy, de Rosemont, de Murlin, de Noys, de Champallement, de Giry, de Pont-Saint-Didier, de Tamnay, de Brèves, de Grenant, en Nivernais, Berry et Bourbonnais. La seigneurie passe ensuite aux familles de Digoine originaires du Charolais, vers 1367, de Damas originaires du Forez en 1472 et de Mazarini-Mancini en 1670.
  • Diane-Gabrielle Damas de Thianges, fille de Claude-Leonor Damas et de Gabrielle de Rechechouart, se marie avec Philippe-Julien Mancini, neveu du cardinal Mazarin, le 14 décembre 1670. Ce dernier avait acheté le duché de Nivernais à Charles II de Gonzague en 1659 et l’avait légué à sa mort, en 1661, à ce neveu qui sera duc de Nevers de 1661 à 1707, année de sa mort. Il ajoutera à son som Mancini, celui de Mazarini.
    Thianges est ainsi réuni à ce duché. La butte de Thianges appartient encore aux Damas en 1705 mais elle sera échangée par eux aux Pinet. Cette ancienne famille vivait dans le château le plus proche de Thianges, celui des Écots.
  • À Poissons, principal village de Thianges, existaient des forges et des feux d’affinerie.
  • Le 12 juillet 1790, paraît le décret sur la constitution civile du clergé. Le curé de Thianges est alors M. Deschamps. Il est arrêté dans sa cure au début de 1793 pour n’avoir pas accepter de prêter serment à la constitution civile du clergé. Âgé de 68 ans, il sera dispensé de la déportation imposée aux non-assermentés par la loi du 26 août 1792 mais sera condamné à la réclusion sous surveillance des autorités civiles. Le curé Deschamps subit cette peine à Nevers jusqu’en février 1794. Lui et d’autres prêtres sexagénaires ou infirmes partent pour Nantes, certains mourront pendant le trajet. Les survivants seront conduits à Brest dans une gabarre à sel et endureront les pires souffrances. Le curé Deschamps mourra fin avril 1794 et son corps jeté à la mer.
  • Pendant la Terreur, la statue de saint Georges et des statues de bois sont brûlées devant l’église par des mécréants qui tentent d’abattre le clocher. Ils n’y parviendront pas.
  • Lors de la nouvelle organisation du diocèse faite par Mgr Dufètre en 1849, Thianges redevient une simple paroisse et relève du doyenné de Decize.
  • Pendant plus de la première partie du 19e siècle, il n’y a ni école ni mairie dans la commune. Les affaires sont traitées chez le maire qui conserve registres et documents de la municipalité. Les éléments de lecture, d’écriture et de calcul sont donnés gratuitement aux enfants les plus intelligents par les curés au presbytère, après le catéchisme. La première école remonte avant 1840. À cette date, on constate que la mairie vote un supplément de 100 francs à l’instituteur.
    Jules Lepiot est instituteur communal en 1841. Vers 1845, un marchand colporteur nommé Clément-Claude Laurillard s’arrête au lieu-dit Poissons. Il sait se servir d’une plume et ouvre une école dans une maison d’habitation. Chaque enfant accueilli doit payer trente sous par mois et, en hiver, chacun doit apporter sa bûche pour le chauffage. Cette école est ensuite remplacée par celle du Tremblay, ouverte par les soins de la famille Durand. Deux religieuses de la Providence de Portieux, amenées d’Anlezy par le comte et la comtesse de Damas, viennent s’y installer en 1857 ; elles y resteront jusqu’en 1865. Elles seront remplacées par l’instituteur Brenoncelle. C’est vers 1886 qu’est construite l’école du village ; elle est inaugurée en 1887.
  • Restait à construire le presbytère. L’emplacement est acheté en 1879 mais, faute de moyens, la construction doit attendre. Elle est votée en 1894 et est achevée avant octobre 1896, date à laquelle l’abbé Guinot, nommé curé de Thianges vient l’habiter. L’ancien presbytère est loué à partir de 1897, puis vendu.
    Lors de la séparation de l’Église et de l’État, le nouveau presbytère construit pour les curés leur est retiré. Ils doivent remonter se loger dans l’ancien, mis gratuitement à leur disposition par le baron de Gémeaux qui l’a acquis en 1901.
  • En 1904 Louis Roblin est élu maire. Il sera élu député en 1905, réélu en 1910 et en 1914. La désillusion de la vie politique le ramènera aux sentiments religieux de la première partie de sa vie.
  • La commune possède une richesse qui lui vient de ses bois grâce au partage de la forêt de Glenons-les-Barbets, qui dépend de la seigneurie du même nom, mais les habitants ainsi que ceux de Ville-les-Anlezy, de Langy et de Saint-Georges y ont un droit d'usage. Les seigneurs proposent aux habitants qui profitent de cet usage, de faire un partage qui attribuerait à chaque village une étendue déterminée de bois qui deviendrait sa propriété exclusive. Les villages refusent ce partage et un procès s'engage. Il est porté devant la juridiction des Eaux et Forêts dite la Table de Marbre. Le 3 avril 1615, une sentence ordonne le partage de la forêt en quatre parts. Le partage se fait en 1623. Un quart, soit environ 400 hectares, est attribué en toute propriété aux habitants de chaque village et les trois quarts qui restent sont conservés par les seigneurs dégrevés de tous droits d'usage. Les habitants en jouissent jusqu'en l'an XIII (1804-1805). A ce moment ils voulurent partager entre eux. L'initiative part de Thianges. L'administration forestière est favorable au partage qui se fait le 18 juin 1809. Thianges aménage la forêt en laissant trois quarts pour les affouages des habitants et en réservant l'autre quart au profit de la commune. C'est la vente du bois produit par ce quart qui a enrichi la commune et qui lui a permis la construction de l'église, des écoles, du presbytère et de réaliser les investissements nécessaires pour rendre la vie plus agréable.

Relevé dans la presse

  • Meule incendiée :
    Samedi dernier, vers huit heures du soir, un incendie a détruit une meule de paille appartenant à M. Denis Loisy, fermier aux Nolats, commune de Thianges.
    Les pertes, évaluées à 300 francs, sont assurées.
(Le Courrier de la Nièvre du 05/07/1903)
  • Suicide :
    M. Pierre Cognard, âgé de 66 ans, demeurant au hameau de Poisson, commune de Thianges, s'est pendu dans sa maison.
    Ce malheureux avait manifesté à plusieurs reprises l'intention de se suicider, pour mettre un terme aux souffrances qu'il endurait depuis longtemps.
(Le Courrier de la Nièvre du 09/08/1903)
  • Incendie de meules :
    Dans la journée de dimanche, trois meules de paille appartenant à M. Denis Loisy, fermier aux Nolats, ont été incendiées.
    Les pertes, évaluées à 900 francs, sont couvertes par une assurance.
(Le Courrier de la Nièvre du 27/09/1903)