Saint Parize le Chatel

De Wiki58

Relevé dans la presse

  • Un lecteur réagit :
    Dans votre article du 17 avril sur les Empoisonneuses d'herbe, vous paraissez convaincu que pareille croyance est loin de notre beau pays de France. C'est une erreur car la plupart de nos paysans sont aussi superstitieux que les Roumains (allusion au courrier du 17/04 émis par une Roumaine). Le fait suivant, entre mille à ma connaissance, suffira pour vous .prouver ce que j'avance. J'ai exploité, dans la commune de Saint-Parize-le-Châtel, la ferme dite de Lange ; j'y avais pour voisin un nommé B***
    Pendant trois années de suite, cet homme a perdu au printemps, dans une pâture de nouvelle création, de quinze à vingt pièces de bétail. Comme voisin, et d'accord en cela avec un vétérinaire de Nevers, homme très intelligent et très instruit (M. Ausalony) nous l'engagions dès la première année à changer ses bêtes de pâture, car nous étions convaincus que la mortalité, qui frappait là seulement, sans franchir à droite chez moi et à gauche chez lui, dans des héritages limitrophes, ne pouvait avoir qu'une cause, à savoir une nourriture trop riche puisque tous les animaux mouraient. de la maladie dite : le sang de raie.
    La seconde année, nous lui conseillâmes de faucher son pré au lieu de le faire manger en herbe. Sa réponse à tous les conseils possibles fut invariable : « On a empoisonné mon herbe, et le foin le serait aussi bien il n'y a à cela rien à faire que d'aller, je ne sais déjà plus où, trouver le désensorcelleur.
    La troisième année fut plus terrible que les deux premières : il perdit jusqu'à vingt-quatre pièces. J'ignore s'il a persisté la quatrième année, ayant quitté le pays. Mais ce dont je suis certain, c'est que si la mortalité a cessé, ce qui est très probable, au lieu d'en attribuer la cause à une chose bien naturelle, la transformation de la sole du pré, il est convaincu, comme tous les paysans ses voisins, d'un seule chose, c'est que l'empoisonneur aura été annihilé dans ses pouvoirs par le désensorcelleur.
    De semblables faits, l'homme qui a vécu à la campagne peut les citer par milliers, et par malheur nos paysans, si intelligents sur beaucoup de points, sont complètement en arrière au point de vue superstitieux.
(Le Petit Journal du 14/07/1868)