Routes

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Nous voyagerons désormais à pied

On nous écrit de Cercy:

"Vous savez combien il est difficile d'aller de Nevers à Cercy par voie ferrée, ceux mêmes qui ont des voitures ou autos n'arrivent pas plus vite ; ils ont même à subir toutes sortes d'avaries, de pannes et d'ennuis coûteux résultant du pitoyable état des chemins. C'est par des centaines de francs que plusieurs de nos amis, victimes d'accidents d'autos, ont payé leur entreprise quand ils ont voulu aller dans le pays de Cercy, ou en sortir pour leurs affaires. Cependant depuis des mois et des mois, tout le long de la grande route, ont été approvisionnés des tas interminables d'excellente pierre cassée des carrières de Saint Révérien. Des dispositions ont été prises par les Américains pour que nos routes soient réparées. Nous nous perdons en conjectures sur les motifs qui empêchent des réparations si urgentes à effectuer. Aujourd'hui, sans rien exagérer, il faut prévenir les voyageurs qu'ils ne pourront, sans briser leurs autos, s'aventurer sur la route de Nevers à Cercy. il faut qu'ils aillent à pied s'ils veulent éviter des accidents dont ils pourraient être victimes dans leur personne même. A pied, ils n'attraperont que des entorses."

  • Paris-Centre, 17 février 1919
  • Relevé Pierre Volut février 2019


L'état de dégradation dans lequel est tombée la route nationale 7 entre Saint Pierre et Nevers

Lettre de ((Saint Pierre le Moûtier]], 14 février 1919 :

... Après tant de services rendus, nos braves amis américains n'ont pas hésité à s'improviser encore pionniers de la route et notre service des Ponts-et-Chaussées, trop heureux d'une si bonne aubaine, leur a discrètement passé la main. Des camions ont approvisionné de la pierre, et une équipe de trente noirs, armés de pics et de pioches, s'est attaquée à la chaussée qu'elle décape et déchire en tous sens. Rien ne les arrête, ni le gel, ni la neige. Vrai travail de nègres ! Le milieu de la chaussée, une fois bordé de lézardes de profondeur très variable, est recouvert d'une imposante couche de pierres grossièrement cassées et... c'est tout ! Ou plutôt non ! ça n'est pas tout ! Car si les camions militaires se risquent seuls dans ce dédale de trous et de pierres roulantes que rien ne lie entre elles, les noirs sont toujours là, groupés autour de feux ardents et semblent rêver au doux ciel de la Floride et de la Louisiane. Mais qu'attendent-ils ? direz-vous. Souhaitons que ce soit un cylindre à vapeur. Un abonné."

  • Paris-Centre, vendredi 21 février 1919.
  • Relevé Pierre Volut février 2019